L'A.P.A.M., plus prêt des étoiles - Visite de l'observatoire du Pic de Midi de Bigorre

 

Implantée dans le sud de la France dans les environs de Castres (Tarn), l’Association Photographie Astronomie Montredonnaise propose à ses adhérents des sorties à thème.

Aussi, étions-nous une dizaine en ce samedi 5 octobre, à s’être levé vers 6h00 du matin. Le temps s’annonçait clément. Deux voitures bien chargées, et zouh, à nous les hautes altitudes ! Après 3 heures de route et quelques arrêts pour admirer les paysages pyrénéens, le but de notre balade apparaît. Face à nous, le Pic du Midi et son observatoire apparaissent. L’envie d’y arriver nous tenaille, et l’euphorie commence à pointer le bout de son nez !

A La Mongie, après avoir comme tout un chacun réglé l’accès et patienter avant l’embarquement dans une énorme télécabine, c’est le départ ! Le Pic apparaît majestueux sur un fond bleu, parfois déchiré par de rares draperies immaculées. Nous nous élevons à vive allure. Et, lors des passages au niveau des poteaux, de légers balancements de la cabine provoquent une petite appréhension dans le groupe, appréhension vite oubliée par le splendide paysage qui se dévoile peu à peu. Après un changement de téléphérique, la montée se poursuit. Le panorama devient vraiment grandiose !

L’arrivée se déroule normalement. Ouf, enfin arrivés, dirons certains à mots couverts. Un long couloir débouche sur la terrasse de la face Nord qui nous dévoile une vue sur la mer de nuages. Le premier émerveillement passé, nous nous dirigeons vers la terrasse Sud. Eh là, c’est l’apothéose ! Vue panoramique sur la chaîne des Pyrénées avec en prime les coupoles ouvertes qui scrutent la star du jour - non pas toi, Pierre - mais le Soleil qui a déjà bien marqué nos visages.

Nous en profitons très largement. Nous apercevons sur la terrasse la plus basse du matériel bien connu. Mais oui, mais c’est bien sur, un C8 et un LX 200. Nous nous approchons, et là, nous rencontrons des astronomes amateurs de Toulouse. Ils font partie de l’Association Pastel et profitent également du site. Après avoir bien discuté, nous en profitons pour observer l’astre du jour. Le LX 200 avec un filtre pleine ouverture dévoile de belles tâches. Quant au C8, avec un diaphragme et un filtre H-Alpha, il permet d’admirer de magnifiques protubérances. Une petite lunette 80/400 avec filtre pleine ouverture, d’un excellent piqué, complète l’ensemble.
Pour beaucoup d’entre nous, l’observation des protubérances fut un moment d’intenses émotions. La discussion continue avec Mathieu Pasquet qui nous apprend qu’une équipe est à l’œuvre au T60 des amateurs, les veinards ! !

La journée avançant, l’appel du ventre se faisant sentir, nous nous installons au soleil, pour croquer un morceau. Moment toujours privilégié dans un groupe, les discussions vont bon train derrière un « p’tit » verre de rosé (chut !:). La température est agréable, mais à l’ombre l’eau n’a pas dégelé, et nous avons appris qu’il avait neigé durant la nuit ! La coupole du T60 est ouverte, nous sautons sur les rambardes, et nous en profitons pour photographier la bête.
Après un « p’tit » café, nous nous dirigeons vers l’exposition permanente, consacrée au site lui-même, et aux travaux passés et présents. Nous avons été agréablement surpris par la qualité et la simplicité des informations. Un aperçu du sidérostat, ainsi que l’ancien coronographe, nous rapproche un peu du monde des scientifiques qui oeuvrent depuis plusieurs décennies sur ces hauteurs.
Nous ressortons, la tête pleine d’images. Nous allons sur les terrasses supérieures pour faire quelques clichés.

La journée étant bien entamée, nous redescendons sur la terrasse où sont installés nos chers amis de Pastel. Mathieu, nous présente à Lionel, responsable de la mission en poste au T60. Lionel nous explique l’organisation sur le site pour les amateurs et les travaux qui peuvent être menés. Cerise sur le gâteau, il nous propose de visiter le local et la coupole qui abrite le T60.
Dans le petit local, bourré d’ordinateurs, deux autres membres de l’équipe sont en train de faire des traitements numériques des images acquises la veille avec la caméra Audine, en poste sur le T60. Les opérateurs font ressortir toute la quintessence de M33 avec le logiciel Prism.
Lionel nous dévoile toutes les subtilités du télescope. Le manque de place se faisant sentir, nous retournons à l’extérieur. Il est déjà 17h30, l’heure de départ de la dernière cabine ! Juste le temps de faire quelques clichés de groupe et nous voilà suspendus dans les airs sur deux câbles, parcourant le chemin en sens inverse. Les regards se portent toujours sur les bâtiments blancs qui s’éloignent, comme un vaisseau prenant le large ! Juste avant l’arrivée à la station intermédiaire, nous sommes tous sous le charme d’un spectre de Broken provoqué par l’ombre de la cabine sur les nuages, plus bas. Nous terminons notre descente dans la purée de pois.

A la Mongie, le brouillard est dense. Après quelques kilomètres de descente nous retrouvons avec plaisir le soleil. Dans les voitures, le silence s’installe, mais les têtes repassent toutes ces sensations et images accumulées dans la journée. La nuit arrivant sur l’autoroute, nous avons tous une pensée pour l’équipe du T60 qui va pouvoir encore se régaler sous ce ciel si pur. Arrivés à Castres, nous finissons la soirée dans un resto, avec pour mots de fin «On y retourne quand ?».

                                                                                        Pierre Rougé

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