OBSERVATION ASTRONOMIQUE

Préparer votre nuit avec méthode en notant les événements remarquables, conjonction, occultations, plage de visibilité des objets du ciel profond, heure de passage de la tâche rouge de Jupiter, des comètes, des satellites, de la station ISS, etc... Imprimer les cartes des zones d’observation avec les coordonnées A.D. et Déclinaison si nécessaire. Vous pouvez imprimer une carte du ciel du mois pour vous repérer plus facilement (Astronomie Magazine, Ciel & Espace, autre…) ou utiliser un cherche-étoiles. Vous pouvez utilisez la carte du Planétarium de Montréal que je trouve absolument superbe


 

Prévoir un support papier (vous pouvez utiliser Notelynx) pour noter toutes les informations de votre observation et en particulier les paramètres de prises de vue ou de capture, les conditions météorologiques, etc...

Le choix du site, s'il est permis, sera un plus sur le chemin de la réussite. La pollution lumineuse est l'une des premières contre-indications à la prise de vue de nuit. Car si l'œil s'adapte volontiers et corrige de petits défauts, le capteur d'une caméra ou l’objectif d’un appareil photo est moins coopérant. Si vous vous déplacez, n’oubliez pas de noter les coordonnées géographiques du lieu d’observation.

Choisir correctement son emplacement en fonction du ou des sujet(s) à traiter. S'il y a plusieurs sujets dans la nuit, prévoir les trajectoires afin de se trouver au bon endroit à la bonne heure (attention ! aux arbres). En effet rien n’est plus rageant que de devoir bouger tout son matériel parce que l’endroit choisi au départ se trouve inapproprié à l’heure de la manifestation souhaitée (conjonction, éclipse, etc…).

PRÉVOIR

De se protéger du froid

Pendant la nuit le changement de température est assez brutal. Alors même en été, prévoyez un bon pull (vraiment ! un bon pull), une bonne paire de chaussettes (en supplément de celles que vous avez à vos pieds), un blouson d'hiver et des gants (idéalement des mitaines pour garder un certain "toucher" pour la mise au point ou pour le dessin...). Pour vos pieds, un tapis de sol du genre de ceux que l'on utilise pour le camping est un bon isolant qui vous protégera efficacement du froid ou encore une paire d’après-ski (très efficace). Et puis rien de tel qu'un bon café ou un chocolat tenu bien au chaud dans une thermos.

Le confort

Observer debout demande pas mal d'efforts physiques car le dos et les jambes sont souvent sollicités. Au bout d'une heure d'observation dans des positions inconfortables, on se crispe et on fatigue très vite. Pour faire de bonnes observations, il est primordial d'être installé confortablement. C'est pourquoi les chaises ou les tabourets réglables en hauteur sont quasiment indispensables. Une table pliante (table de camping) pour poser les cartes de repérages et les accessoires est également fortement conseillée.

SUR LE SITE

L'équilibre thermique et la lutte contre la buée

Sortir l’instrument une bonne ½ heure avant de débuter les observations (pour les gros Newton ou Dobson, cela peut aller jusqu’à 1 heure et ½) pour que l'équilibre thermique soit établi entre le télescope et le milieu extérieur. La buée est un gros problème qu'il faut savoir résoudre pour éviter l'arrêt prématuré d'une soirée d'observation. En effet, par certaine nuit très humide, la buée se dépose très rapidement sur les instruments et sur tous les accessoires. Les lames de fermeture des télescopes de type Schmidt-Cassegrain y sont particulièrement sensibles. La première solution consiste à confectionner dans du carton assez épais ou mieux une feuille de plastique, un pare-buée d'une longueur approximativement 2 fois le diamètre de l'objectif à l'intérieur duquel vous pouvez mettre du papier buvard ou du vénilia (velours noir). Vous pouvez également trouver dans le commerce un système très efficace à base de résistance chauffante que l'on place devant l'objectif. Dans certains cas extrêmes l'eau peut ruisseler et s'infiltrer... Prenez donc toutes les précautions nécessaires. Eviter par exemple de respirer ou de parler à proximité de l'objectif car nous créons aussi nous même beaucoup de buée. Un séchoir à cheveux peut vous sauver une soirée. Mais il induit une turbulence instrumentale pendant 10 bonnes minutes.  Pour protéger la table sur laquelle se trouve les cartes de repérage et les accessoires, placer le tout sous un parasol. Vous pouvez également vous confectionner une petite cabine pliante en contreplaqué. Attention !… éviter les constructions lourdes…

Se protéger des lumières directes

L'acuité visuelle nocturne maximale est atteinte après 30 min passées dans l'obscurité totale. A la moindre lumière blanche, on perd le bénéfice de cette lente adaptation. Eviter les lumières directes autant que possible. Pour l'éclairage des cartes, utiliser une lampe de poche inactinique. Vous pouvez par exemple peindre l'ampoule avec plusieurs couches de vernis à ongle rouge. J’ai personnellement choisi de monter un plastique rouge devant ma lampe de poche. Si vous avez l’occasion de récupérer une lampe frontale (style chirurgien) avec batterie à la ceinture, vous avez l’appareil d’éclairage idéal. En effet, vous aurez les deux mains libres pour effectuer vos manœuvres ou vos écritures.

PS : si vous êtes fumeur, attention avec votre briquet ! , c'est très éblouissant (aussi bien pour vous, que pour les autres).

Pour l'observation du ciel profond (nébuleuses diffuses, galaxies...) on augmente la perception des détails visibles à l'oculaire, en utilisant la technique dite de "la vision décalée". Un objet faible est perçu plus brillant si on regarde juste à côté. Ceci est dû au fait que dans l'œil, les cellules photosensibles (les bâtonnets) qui travaillent dans l'obscurité sont situées en périphérie de la rétine. Cela n'est pas facile au début mais après quelques minutes d'entraînement cela devient instinctif.

ATTENTION !…

Il ne faut pas attendre d’être à une heure du départ,
pour espérer tout préparer sans rien oublier.

LE MATÉRIEL

Le télescope (lunette, Newton ou autre) devra être minutieusement inspecté afin de ne rien oublier (les contrepoids, la tige de contrepoids, le plateau porte-accessoires, etc…). L’idéal est de construire un coffret où la monture peut être rangée. Le gros avantage, si celui-ci comporte des compartiments, c’est de ne rien laisser sur le terrain. Un plateau équipé d’une boussole et d’un niveau à bulle pourra être bricolé pour dégrossir très rapidement la mise en station de la monture.

Prévoir le nettoyage du ou des Barlow(s), oculaire(s) et objectif(s), avant de partir et enfermer les dans leurs boîtes. Si vous possédez une lunette, n'oubliez pas au passage l'objectif de celle-ci. Pour les miroirs, un nettoyage régulier sans tomber dans la manie est fortement conseillé. Pour la photographie, les objectifs seront minutieusement nettoyés et protégés de la poussière ou autre cochonnerie risquant de gâcher un travail long et méthodique mené dans des conditions parfaites.

Les filtres couleurs, pollution lumineuse, Moon, etc… seront également nettoyés et rangés dans leurs boîtes.

Un plus indéniable, le moteur de mise au point, car mis à part une lourde monture qui ne bouge pas, nombreux sont ceux qui possèdent un instrument dont la structure est plus légère. En effet, caméra en marche, dès que l'on pose la main sur le bouton de mise au point, c'est la danse des canards... Seul un système de mise au point commandé à distance peut améliorer la situation de façon substantielle.

N’oubliez pas d’emporter votre cherche-étoiles, votre paire de jumelles, une boussole, une lampe de poche normale (mieux une lampe très puissante) pour le ramassage du matériel. Attention ! de ne pas allumer cette lampe alors qu’il y a encore des observateurs ( vous êtes assuré du lynchage organisé), dans ce cas, il faut rentrer votre matériel lentement et avec méthode pour ne rien oublier. 

POUR LA CAPTURE

La batterie du portable doit être bien chargée. Il faut prévoir le cas échéant une rallonge secteur avec l'alimentation secteur, si le lieu de capture est proche d'une source de tension domestique (220V). Sinon un câble avec prise allume cigare et l'adaptateur nécessaire pour alimenter le portable. Attention !... c'est toujours au plus mauvais moment que les choses se gâtent et vous empêchent de capturer l'image du siècle. Enfin on peut rêver...

Vous n’avez pas de portable, qu'à cela ne tienne, vous pouvez utiliser un micro ordinateur de bureau avec un convertisseur 12V/220V branché sur une batterie de voiture (attention à la consommation...). Bien évidemment le matériel à mettre en oeuvre est plus imposant. Prenez une table, même pliante, suffisamment solide pour supporter l'ensemble du matériel.

La place disponible sur le disque dur doit être à la hauteur des captures que l'on souhaite réaliser. Le nettoyage à la va-vite sur le site peut avoir des conséquences parfois désastreuses. Ce travail se prépare calmement à l'avance. A méditer.

La propreté du capteur est nécessaire pour obtenir des images correctes. Il est possible de placer l'électronique de la WebCam dans un boîtier étanche qui sera fortement aspiré avant fermeture afin de mettre le maximum de chances de notre côté. Il faut bien sûr s'assurer que le capteur est parfaitement propre ainsi que le verre de qualité optique que l'on aura placé devant celui-ci. Utilisez des cotons-tiges imbibés d'éther et finissez en soufflant du gaz de séchage (ex : SOUFFL'RONT de chez KF). Pour l'humidité un simple sèche cheveux peut faire l'affaire. Mettre également un sachet de SILICAGEL pour absorber l'humidité dans le boîtier juste avant la fermeture de celui-ci.

POUR LA PHOTOGRAPHIE

Vous devez vérifier le bon fonctionnement du boîtier photo. Assurez-vous que les accessoires sont rangés dans votre mallette photo (déclencheur souple, bagues et raccords, support pour Appareil Photo Numérique, adaptateur caméra Webcam, etc…).

La ou les pellicule(s) seront sortie(s) du frigo juste avant le départ et maintenue(s) dans une thermos si nécessaire. Attention ! A la mise en place de la pellicule, découper le couvercle de la boîte portant les indications : nombre de poses, sensibilité, marque et coller la sur l’arrière du boîtier avec du scotch. Cela pourra vous éviter la mésaventure qui m’est arrivée. A savoir, être persuadé d’avoir une pellicule 36 poses et tirer des photos longues poses sur une douze poses en réalité. Les perforations latérales du film s’étaient déchirées et laissaient l’impression d’un film qui avance normalement. Je ne vous dis pas la déception…

Si vous avez du matériel spécifique, n’hésitez pas à noter celui-ci dans une check-list ou ajoutez-la à celle ci afin de ne rien oublier.

Tout est prêt, enfin... presque..., alors allons-y !...