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Au sein
de notre galaxie, les étoiles solitaires, comme le Soleil, ne sont
qu'une minorité. La plupart vont par deux, trois ou davantage. Il
existe aussi de nombreux spécimens d'amas d'étoiles nées ensemble
et qui restent liées par la gravitation. Cela n'est pas surprenant,
puisque les étoiles naissent de lacontraction locale de certaines
nébuleuses : celles-ci sont immenses et se condensent généralement
en différents points simultanéement. On distinguent deux types
principaux d'amas stellaires, de caractéristiques différentes : les
amas ouverts (= galactiques) et amas globulaires.
Les
amas ouverts ou galactiques

Ce sont
des amas d'étoiles généralement beaucoup plus jeunes que le Soleil,
qui se concentrent dans les bras spiraux du disque de notre galaxie
et, donc, dans les constellations où s'étend la Voie lactée. De
forme irrégulière, il ne rassemblent que quelques dizaines à
centaines d'étoiles ou tout au plus quelques milliers.
Les
pléiades (M45), dans le Taureau, au nord-ouest d'Aldébaran,
constituent l'amas ouvert probablement le plus connu. Ses étoiles
principales portent le nom des sept seurs qui, selon la mythologie
grecque, échappèrent au Chasseur Orion lancé à leur poursuite,
grâce à l'aide de Zeus qui les métamorphosa en étoiles et les
plaça dans le ciel : Alcyone, Maïa, Astérope, Taygèten Celæno,
Electra et Mérope S'y ajoute Atlas et Pléione, les parents de ces
soeurs. Aisément
visible à l'oeil nu, cet amas a été observé dans toutes les
civilastions antiques. Avec une bonne vue, on distingue au moins six
étoiles, mais un oeil exercé peut, par une nuit bien sombre et pure,
en apercevoir jusqu'à onze. En 1610, Galilée, avec sa lunette, en
dénombra 36. En 1885, plus de 1 400 étoiles furent identifiées sur
les premières photographies de l'amas, obtenues à l'Observatoire de
Paris par les frères Henry. A présent, on en a recensé plus de 3
000. Dès 1859, un astronome amateur allemand, Wilhelm Tempel, surtout
connu comme découvreur de comètes, remarqua que l'une des
principales étoiles de l'amas, Mérope, est entourée d'une
nébulosité bleutée. Il s'agit d'une nébuleuse
par réflexion.
Les autres étoiles brillantes des Pléiades présentent la même
particularité : ce sont des étoiles chaudes, très jeunes à
l'échelle astronomique (60 millions d'années !), qui éclairent les
vestiges du nuage de gaz et de poussières dont elles proviennent. Les
Pléiades sont observables aux latitudes moyennes de l'hémisphère
Nord, un soir d'hiver. L'amas couvre dans le ciel une zone
représentant à peu près quatre fois la pleine lune. Il offre un
spectacle particulièrement saisissant aux jumelles (qu'est-ce que ça
donne au télescope alors !) ! Parfois, ses étoiles les plus
brillantes sont momentanément occultées par la Lune et ce
phénomène peut donner lieu à des observations intéressantes.
Distant de 410 années-lumières, l'amas , dans l'espace, un diamètre
de 30 années-lumière environ.
La
constellation du Taureau abrite un autre amas célèbre, celui des
Hyades. Visible à l'oeil nu, en forme de V oblique, près de la
brillante étoile rouge Aldébaran, il dessine la tête du Taureau
dans la configuration de cette constellation. Ce n'est en fait que le
noyau d'une agglomération stellaire plus étendue, le "courant
du Taureau". Situé à 150 années-lumière, c'est le plus proche
de tous les amas stellaires connus et il sert d'étalon pour évaluer
la distance d'autres amas. On a pu établir qu'il s'éloigne du
Système Solaire, à une vitesse de 45 km/s environ.
Parmi
les autres amas galactiques dans le Nord, figure Præsepe, appelé
aussi la Crèche ou la Ruche, entre es étoiles γ
et δ du Cancer. Perceptible à l'oeil nu, par une nuit sombre et
pure, comme une tache floue de magnitude 3, 7, plus vaste que le
disque lunaire, il ne peut être aisément résolu en étoiles avec
une lunette ou même, des jumelles ! Sa désignation courante, M44,
rappelle que Charles Messier la répertoria, au XVIIIe siècle, sous
le n°44. Cet amas rassemble environ 200 étoiles et se trouve à une
distance de 500 années-lumière.
Ne
manquez pas de découvrir aussi le double amas de Persée (h et χ
de Persée), au nord-ouest de la constellation de Persée, à
mi-distance entre α
de Persée et δ de Cassiopée. Cet ensemble est déjà mentionné
par Hipparque au IIe siècle avant notre ère. Situé entre 7 000 et 8
000 années-lumière, ces amas jumeaux rassemblent quelques centaines
d'étoiles, âgées de quelques millions d'années, qui sont, pour la
plupart, des supergéantes bleues, très massives et très chaudes.
Dans
l'hémisphère Sud, l'amas ouvert le plus remarquable est la Boîte à
bijoux (NGC 4755), dans la Croixdu Sud, au sud-est de l'étoile α
de la Croix. Quand l'astronome français Nicolas-Louis de la Caille le
découvrit, en 1752, il le prit pour une étoile peu brillante. Sa
véritable nature n'a été reconnue qu'au siècle suivant, par le
britannique John Herschel, à qui il doit son nom : Herschel fut, en
effet, émerveillé à la vue de ce petit groupe de quelques dizaines
d'étoiles rassemblées comme dans un écrin, avec quatre ou cinq
d'entre elles particulièrement brillantes et colorée, la plus
lumineuse étant une belle étoile rougeâtre de magnitude 8. L'âge
et les caractéristiques de cet amas, distant de 7 500
années-lumière, sont voisins de ceux des amas jumeaux de Persée.
Les
amas fermés ou globulaires

Le
second type d'amas d'étoiles que renferme notre galaxie est
représenté par d'énormes agglomérations stellaires, à peu près
sphériques (avec un diamètre généralement compris entre 60 et 300
années-lumière), au sein desquelles se concentrent des centaines de
milliers d'étoiles. Au nombre d'une bonne centaine, ces amas se
répartissent dans un vaste halo sphérique autour du disque de la
Galaxie et, à la différence des amas ouverts, ils sont peuplés de
très vieilles étoiles ! Au centre, elles y sont tellement serrées
qu'on ne peut les distinguer individuellement, même avec les
instruments les plus puissants !
Le plus
célèbre amas de l'hémisphère Nord est bien sûr celui d'Hercule
(M13), situé sur le bord ouest du carré de cette constellation.
Remarqué pour la première fois en 1714 par Edmond Halley, il est
perceptible à l'oeil nu comme une petite tache floue, par une nuit
pure et très sombre. Pour commencer à distinguer des étoiles à sa
périphérie, il vous faudra au moins un télescope de 115 mm. On
pense que cet amas contient près de 500 000 étoiles dans un volume
de 170 années-lumière de diamètre (remarquable non ?). Sa distance
est de 23 000 années-lumière. Pour anecdote, le messag à
l'attention d'éventuelles traces extraterrestres a été émis dans
sa direction, en 1974, à l'aide du célèbre et grand radiotélescope
d'Arecibo, à Porto-Rico ! Peut-être recevra-t-on une réponse ...
dans quelques 50 000 années !
S'il
n'a pas la célébrité de celui d'Hercule, l'amas M22, dans le
Sagitaire est pourtant bien plus brillant, mais sa position nous donne
des difficultés dans son observation aux latitudes moyennes de
l'hémisphère Nord et sa présence dans la Voie lactée ne lui permet
pas de se détacher aussi bien sur le fond du ciel ! Il fut observé
la première fois en 1665 par Abraham Ihle, avant d'être répertorié
par Messier en 1764. Situé à 2° au nord-est de l'étoile λ
du Sagittaire, il est aisément identifiable ! Sa distance, voisine de
10 000 années-lumière, en fait l'un des amas globulaires les plus
proches.
C'est
toutefois dans l'hémisphère Sud que vous découvrirez les deux amas
globulaires les plus brillants. Le plus spectaculaire, ω
du Centaure (NGC 5139), est aisément visible à l'oeil nu comme une
petite nébulosité de magnitude 4, située sur le prolongement nord
de la ligne que forme les étoiles β
et ε du Centaure. On
l’a longtemps pris pour une étoile, qui explique que l’Allemand
Johann Bayer l’ait désigné par la lettre grecque ω
(omega) dans l’atlas céleste qu’il publia en 1603. C’est
Halley, en 1677,
qui le reconnut comme un amas stellaire.Avec un diamètre estimé à
620 années-lumière, c'est le plus grand amas globulaire connu : il
renferme au moins 1 millions d'étoiles (enfin, pour l'univers, c'est
rien du tout ) ! On évalue sa distance à 16 500 années-lumière.
A
peine moins brillant et plus concentré, l'amas 47 du Toucan (NGC 104)
est très facile à localiser, l'ouest du petit Nuage de Magellan.
Pour bien l'admirer, il faut un instrument de plus de 100 mm de
diamètre ! Sa distance est de 16 000 années-lumière.
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