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L'appareil photographique

Avec quel matériel débuter ?

Pour faire ses débuts de reporter du ciel, on n'a pas besoin d'un équipement très compliqué. un boitier photo muni d'un objectif courant de 50mm de focale fera parfaitement l'affaire, pourvu qu'il possède la pose B (pose qui dure aussi longtemps que l'on appuie sur le déclencheur), qu'il soit possible de lui fixer un déclencheur souple, et qu'il ait, de préférence, une ouverture d'au moins 2,8.

Pour des poses prolongées, où l'obturateur doit être maintenu ouvert plus que quelques minutes, il faut utiliser la pose T : si votre appareil en est dépourvu, procurez-vous dans un magasin d'accessoire un déclencheur à blocage. Fixez votre appareil sur un trépied stable ou bien orientez-le vers le ciel en le calant sur un support (muret, rebord de fenêtre, ...).

Enregistrer la rotation du ciel

Une première série de clichés très faciles à réaliser vous permettra de visualiser la rotation apparente du ciel. Choisissez une nuit pure, bien sombre. Chargez votre appareil d'une pélicule de 200 à 400 ISO et ouvrez le diaphragme au maximum. Placez-vous face au nord en vous efforçant d'avoir un premier plan artistique et cadrez l'étoile polaire approximativement aux 2/3 supérieurs du viseur. Posez au moins 20 minutes, mais si possible jusqu'à une heure ! Chaque étoile va laisser sur la pélicule une trainée brillante incurvée, plus ou moins épaisse selon son éclat et plus ou moins longue selon le temps de pose utilisé. Ces trainées dessinent des arcs de cercles concentriques autour du pôle céleste (dont l'étoile Polaire est très proche). Renouvelez l'opération dans d'autres directions, notamment face aux trois autres points cardinaux : vous constaterez que les trainées stellaires ont une orientation différentes.

Constituez-vous un atlas des constellations

Vous pouvez aussi, avec un appareil photo utilisé seul, vous constituer un atlas des constellations les plus remarquables, abritant les étoiles les plus lumineuses. Mais il faudra cette fois, contrairement au cas précédent, que les étoiles apparaissents sous forme de points lumineux : il faut utiliser un film très sensible (400 ISO au moins) et, en ouvrant toujours le diaphragme au maximum, vous ne poserez pas plus d'une douzaine de secondes. Sur des diapositives en couleur, vous pourrez observer les différences de coloration entre les étoiles.

La photographie en "parallèle"

Si vous souhaitez dévolopper vos talents d'astrophotographe, il vous faudra posséder une lunette ou un télescope à monture équatoriale entrainée de préférence par un moteur de manière à compenser exactement la rotation de la Terre. Le boitier photo équipé de son objectif sera fixé, grâce à un support, parallèlement au tube de l'instrument, d'où le nom de photographie en parallèle !

On peut ainsi photographier des constellations, des portions de la Voie lactée, des amas d'étoiles, des nébuleuses, ... Il vous fait une pélicule sensible (400 ISO toujours). Les poses doivent durer de 10 à 20 minutes voire davantage pour des objets diffus peu lumineux. Préalablement, la monture de l'instrument aura été mise en station. Mais ce réglage n'est jamais parfait, aussi les astres visés tendent-ils ) sortir progressivement du champ : il faut donc corriger cette dérive et les recentrer. Ce guidage s'effectue à l'aide de l'instrument lui-même, muni d'un oculaire réticulé et procurant un grossissement élevé.

La photographie au foyer

Une troisième technique, encore plus délicate, consiste à prendre les photographies directement au foyer de la lunette ou du télescope, en retirant l'objectif de l'appareil photo.

Ce montage permet de prendre de très bonnes photos de la Lune et des planètes, montrant de nombreux détails si l'instrument est assez puissant ! Mais la dimension de l'imagepose problème : au foyer d'une lunette ou d'un télescope de 900mm de focale, la Lune donne sur le film une image de 7,8mm seulement !!! C'est bien trop peu pour montrer quoi que ce soit. Il faut donc agrandir cette image à la prise de vue en utilisant soit un oculaire, soit une lentille de Barlow. Il en résulte une baisse de luminosité, qui nécessite d'alonger les temps de pose : ceux-ci s'étendront sur quelques secondes avec des films de 100 à 200 ISO. Pour obtenir de bons clichés, il faut veiller à ce que l'instrument ne subisse aucune vibration pendant la duré d'exposition et choisir des nuits où la turbulence atmosphérique est la plus réduite possible.

Pour les objets du ciel profond, bien moins lumineux que la Lune ou les planètes, il n'est plus nécessaire de recourir à un dispositif agrandissant l'image, car les temps de poses seraient démesurément trop long (plusieurs heures). Il faut donc retirer l'oculaire et placer le boitier photo directement au foyer de la lunette ou du télescope, en le fixant à l'aide d'une bague adaptrice spéciale. L'instrument doit avoir la focale la plus longue possible, 1m au minimum. Les temps de pose seront tout de même compris entre 20min et 1h. Pendant la prise de vuen il sera donc nécessaire de guider l'appareillage, grâce à une lunette montée en parallèle sur l'instrument d'observation principal.

 

© Simon V.