Sous-dossiers

Choisissez parmis :

Retour
 
 

Les comètes

De grosses boules de neige poussiéreuse

De brillantes comètes ont été observées tout au long de l'Histoire. Intriguant les populations par leur apparition soudaine et leur aspect étrange, elles ont longtemps été considérées comme des messagères de mauvaises nouvelles, annonçant une catastrophe imminente ou la mort prochaine d'un haut personnage.

Aujourd'hui, les comètes ont perdu une bonne part de leur mystère : l'énigme de leur mouvement a été élucidée, leur nature est beaucoup mieux comprise, et elles ne font plus figure d'astres exceptionnels puisqu'on en découvre une vingtaine chaque année.

Loin du Soleil, une comète n'est qu'une grosse boule de neige poussiéreuse. Elle se réduit à un noyau irrégulier, de quelques kilomètres ou dizaines de kilomètres, constitué d'un agrégat peu dense de glaces, de roches et de poussières, qui tourne sur lui-même. Lorsque la comète se rapproche du Soleil, elle s'échauffe et, dans ses couches superficielles, les glaces se transforme en vapeur. Du côté du Soleil, le noyau éjecte des gaz, qui entraînent avec eux des fragments rocheux et des poussières. Le noyau s'entoure ainsi d'une nébulosité, la chevlure (ou coma). Celle-ci devient lumineuse par suite de la diffusion de la lumière solaire par les poussières et de la fluorescence des molécules de gaz.

Dans la direction opposée à celle du Soleil, se développe une queue incurvée et évasée, jaune pâle, formée de poussières de la chevelure que repousse la pression du rayonnement solaire. A côté de cette queue de poussières, se dessine généralement une queue rectiligne, étroite et bleutée, plus longue, formée de gaz ionisés. Cette queue de gaz (ou de plasma) peut atteindre une longueur impressionnante : celle de la grande comète de 1843 se déployait sur plus de 300 millions de kilomètres, soit une distance bien supérieure à celle de Mars au Soleil.

Des astres plus ou moins spectaculaires

A plusieurs reprises, des comètes annoncées comme susceptibles de devenir spectaculaires se sont finalement révélées décevantes pour le grand public. L'éclat d'une comète dans le ciel dépend, en effet, de plusieurs facteurs : la distance minimale à laquelle elle s'approche de la Terre et du Soleil, mais aussi de la dimension de son noyau et sa capacité à libérer, en s'échauffant, une importante quantité de gaz et de poussières. Le noyau restant inobservable de la Terre, les prévisions d'éclat sont toujours sujettes à caution.

Les comètes les plus brillantes ont, en général, une queue spectaculaire. Cependant, la longueur apparente d'une queue cométaire dépend de son orientation par rapport à la terre. Lorsqu'une queue est dirigée plus ou moins vers la Terre, elle peut sembler plus courte qu'une autre en réalité moins étendue, mais vue de profil : ainsi, la queue de la comète de 1861 s'étendait dans le ciel sur 118° (soit un arc supérieur à celui qui va de l'horizon au zénith), mais était en fait trois fois plus courte que celle de la comète de 1843 qui ne se déployait pourtant que sur 68°.

Comment les observer ?

Si l'on vous annonce le passage d'une belle comète, ne manquez pas de l'observer, car les comètes aisément visible à l'oeil nu sont assez rares : on n'en compte que quelques-unes par siècle.  En général, une comète reste observable plusieurs semaines dans de très bonnes conditions. Pour jouir du spectacle, il faut s'éloigner des villes pour avoir un ciel parfaitement sombre et pour bien apercevoir l'étendue de sa chevelure et sa queue. C'est lorsqu'elle est près du Soleil qu'une comète est le plus spectaculaire. Elle est alors visible soit avant l'aube ou au crépuscule.

On peut l'observer avec tous les instruments, mais avec l'oeil nu et les jumelles, on a une meilleure vue de son ensemble. Des instruments puissants autorisants de forts grossissements permettent une vue détaillées de la structure de la chevelure ou sa queue. 

La photographie des comètes

Pour mieux conserver le souvenir d'une belles comète, photographiez-la ! Si la comète est aisément visible à l'oeil nu, il vous suffit d'installer votre appareil photo sur un pied très stable. Choisissez la focale de l'objectif ou du zoom en fonction de la dimension de la queue : si celle-ci ne dépasse pas 20°, vous pouvez utiliser un zoom de 135mm ; si elle couvre 40°, limitez-vous à 50mm ; si elle est encore plus longue, prenez un grand angle (28 ou 35mm).

Utilisez une pellicule couleur très sensible (800 à 1600 ISO). Cadrez la comète et pour que les étoiles conservent un aspect ponctuel sur la photo, ne posez pas plus de 3 secondes avec un zoom de 135mm et de 40 à 50 secondes avec un objectif grand angle. Avec de plus longues poses, vous ferez mieux apparaître l'étendue de la queue, mais les étoiles seront enregistrées sour forme de trainées.

D'où viennent les comètes ?

Les astronomes ont de bonnes raisons de penser qu'il existe à des distances du Soleil comprises entre 20000 et 100000 fois celle de la Terre au Soleil une vaste concentration de noyaux cométaires. Au moins un million de millions de comètes formeraient là un immense halo, à peu près sphérique, le nuage de Oort. Beaucoup plus près de nous, mais tout de même au-delà de l'orbite de neptune, jusqu'à une distance de l'ordre de 100 fois celle de la Terre au Soleil, existe un autre réservoir de comètes (et d'astéroïdes), disposé cette fois à peu près selon le plan orbital moyen des planètes : c'est la ceinture de Kuiper. Elle renfermerait environ 100 millions de corps de plus de 10km de diamètre.

Les comètes que l'on observe de la Terre proviennent de ces régions lointaines du Système Solaire. Elles décrivent en général une orbite très allongée, en forme d'ellipse, de parabole ou d'hyperbole. Clles dont l'orbite est elliptique reviennent périodiquement près du Soleil ; les autres n'effectuent qu'un seul passage au voisinage du Soleil avant de repartir dans les profondeurs de l'espace.

Les comètes qui repassent près du Soleil à des intervalles de moins de 200 ans sont dites périodiques. La sonde Giotto à s'approcha à 605km seulement du noyau de la comète, dite périodique (tous les 76 ans), de Halley.

Gallerie

La comète de Halley La comète de West La comète de Hyakutake La comète de Hyakutake La comète de Hale Bopp

 

© Simon V.