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Les épicycles

Modèle des épicycles

Le centre du monde grec se déplace vers Alexandrie. Une école d'astronomie s'y développe pendant plus de quatre siècles. Elle est moins préoccupée de philosophie (comme l'étaient Platon et Aristote) que d'observations. Par exemple, Eratosthène (273-192 A.C.) mesure le rayon terrestre ; Hipparque (190-120 A.C.), fondateur de la trigonométrie et le plus grand astronome de l'Antiquité, dresse un catalogue des positions de plus de 800 étoiles. Les astronomes de cette école ne s'inspirent ni d'Héraclide ni d'Aristarque, ils sont partisans du géocentrisme ainsi que de l'immobilité de la Terre, comme Platon et Aristote. Ils abandonnent cependant le système des sphères concentriques d'Eudoxe qui ne donnait pas entièrement satisfaction. En effet, plusieurs observations comme par exemple :

  • Les variations d'éclats des planètes (plus ou moins brillantes d'un mois à l'autre).

  • La variation du diamètre apparent de la Lune au cours d'un mois.

  • Ainsi que l'existence d'éclipses de Soleil parfois totales, parfois partielles et parfois annulaires.

Un nouveau système est élaboré par Apollonius (262-180 A.C.), amélioré par Hipparque et enfin par Ptolémée (70-140 P.C.) par lequel l'astronomie grecque atteint son sommet.

Apollonius

Selon le modèle d'Apollonius, chaque "planète" (excepté le Soleil) décrit à vitesse constante un cercle appelé épicycle, dont le centre se déplace en mouvement uniforme sur un cercle appelé déférent, centré sur la Terre. On peut ainsi obtenir des trajectoires telles que la distance Terre-planète est variable et présentant des boucles et lacets comme ceux observés.

Ces mouvements doivent être considérés par rapport aux étoiles, autrement dit, abstraction faite de la rotation quotidienne du ciel. Un choix judicieux de la valeur des rayons des deux cercles ainsi que des périodes des deux mouvements circulaires, est nécéssaire pour être le plus fidèle possible au mouvement de la planète le long de l'écliptique, y compris ses rétrogradations.

De plus, pour Mercure et Vénus, la droite rejoignant la Terre au centre de l'écliptique devrait selon Apollonius constamment passer par le Soleil.

Hipparque

Ce modèle d'Apollonius souffre cependant d'imperfections aperçues par Hipparque :

  • Ce systèle prévoit que les rétrogradations des planètes se produisent de manières strictement périodique, ce qui n'est pas le cas.

  • D'après ce modèle, le mouvement annuel du Soleil doit être uniforme ce qui n'est pas conforme à la réalité.

Pour remédier à cette dernière imperfection, Hipparque imagine que le mouvement uniforme du Soleil se fait autour d'un point qui ne coïncide pas avec la Terre : la trajectoire du Soleil est un cercle décentré par rapport à la Terre.

Ptolémée

Le modèle des épicycles sera encore amélioré au IIe siècle de notre ère par Claude Ptolémée. Son ouvrage principal "La composition mathéma-tique", plus connu sous le nom "Almageste" que les Arabes lui ont donné au Xe siècle, est le couronnement de l'astronomie antique et est admiré jusqu'au début du XVIIe siècle ! Par les outils mathématiques utilisés et ses résultats obtenus, il comporte des progrès considérables.

Comme ses deux prédécesseurs, Ptolémée est un ardent défenseur du géocentrisme. Pour lui, "la Terre ne peut avoir aucun mouvement", quand à ceux qui soutiennent que la Terre tourne, leur opinion est ridicule ..., car si elle tournait, "les corps qui ne seraient pas appuyés sur elle paraîtrait toujours avoir un mouvement contraire au sien" : les nuages, les objets lancés, les oiseaux, "paraîtraient tous ... reculer en arrière vers l'occident".

Sa théorie à propos du mouvement du Soleil est identique à celle d'Hipparque. Mais pour les cinq planètes autres que le Soleil et la Lune, il introduit des améliorations importantes : la Terre est excentrée par rapport au centre M du déférent, de plus le mouvement de centre C de l'épicycle est uniforme, non pas par rapport à la Terre ni par rapport à M, mais par rapport au point équant E symétrique de T par rapport à M (voir dessin ci-dessous - le dessin va arriver-).

Enfin, pour expliquer les mouvements des planètes de part et d'autre de l'écliptique, il imagine que pour chaque planète, déférent et épicycle sont situés dans des plans différents formant un angle variable dans le temps.

 

© Simon V.