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Les étoiles radios

La radioastronomie a commencé par hasard ! En 1931, Karl Jansky, qui travaillait pour les Bell Telephone Laboratories en Amérique, construisit une antenne pour déceler les interférences radios (sifflements et grincements). Il constata que les grésillements étaient causés par des tempêtes lointaines, mais que les sifflements provenaient de l'espace. Quelques années plus tard, un astronome construisit une antenne en forme d'assiette qui captait l'énergie radio provenant de nombreux point du ciel. La radioastronomie était née !

 

Karl Jansky devant son montage d'antennes radio

Etoiles radio

Au début des années 60, les astronomes constatèrent que certaines étoiles émettaient une importante quantité d'énergie radio. L'analyse de leur lumière révéla qu'elles étaient bien trop éloignées pour être des étoiles.

C'est en découvrant quelque chose d'étrange dans le spectre de ces objets ressemblant à des étoiles que les astronomes parvinrent à en percer l'énigme. A l'analyse du spectre lumineux de l'une de ces puissantes sources radio, il est apparu que les raies qui le traversaient ressemblaient au schéma bien connu des raies produites par l'hydrogène, mais qu'elles ne se trouvaient pas à la bonne place. Au lieu de se trouver du côté bleu du spectre, elles semblaient avoir été décalées vers le rouge. Les astronomes savaient déjà que les galaxies s'éloignaient de nous à des vitesse extraordinaires et qu'elles présentaient par conséquent un spectre décalé vers le rouge. Les galaxies s'éloigne de nous à une vitesse telle que leur ondes lumineuses s'étirent et nous paraissent plus longues qu'elles ne le sont en réalité.

Le décalage vers le rouge est une mesure de la distance de la galaxie. Les mystérieuses sources radio présentaient un décalage vers le rouge tellement énorme qu'elle ne pouvaient pas être des étoiles proches. Elles devaient être beaucoup plus éloignées. Il s'agissait de petits objets qui parvenaient d'une manière ou d'une autre à briller plus intensément qu'une galaxie. Les astronomes les appelèrent objets quasi stellaires ou quasars.

Les astronomes ont calculé qu'un quasar de la taille de notre système solaire est aussi lumineux que toute la Voie lactée qui est des millions de fois plus grosse. La question qui obsédait tous les astronomes était de savoir comment un quasar parvenait à produire autant d'énergie à partir d'un volume d'espace aussi restreint. S'agirait-il d'un trou noir ?

Radiotélescope moderne captant les ondes radio de l'espace et les relayant vers le "point focal" au sommet de la tour centrale. De là, le signal est dirigé vers les ordinateurs du télescope.

La Voie lactée : un quasar tranquille ?

Les quasars semblaient totalement différents d'autres galaxies, en particulier les galaxies "tranquilles" comme la nôtre. Depuis lors, on a découvert d'autres galaxies avec des centres très actifs. Les galaxies dites "actives" possèdent toutes des centres très petits mais très lumineux, qui indiquent un grand rayonnement d'énergie et la présence possible d'un trou noir. Notre galaxie, la Voie lactée, possède aussi de nombreuses étoiles près de son centre. En fait, il y a tant d'étoiles et une telle quantité de gaz et de poussière que nous ne pouvons voir le centre de la Galaxie. La lumière ne peut nous parvenir, mais la plupart des radiations énergétiques, comme les rayons X et les rayons gamma, parviennent à se frayer un passage. Les astronomes ont essayé, à l'aide de ces radiations, de créer une image des phénomènes qui se produisent au centre de la Galaxie. Ils ont constaté que des nuages de gaz tournaient autour du centre et tombaient en son sein. Il semble qu'il y ait une frontière plus ou moins nette entre l'anneau de nuages gazeux et un espace relativement vide à l'intérieur de celui-ci, probablement causé par une explosion massive au centre ou, près du centre de la Galaxie. D'après les calculs, la masse nécessaire pour maintenir les nuages en orbite autour du centre serait de l'ordre de deux à cinq millions de fois la masse du Soleil.

Une photo aux rayons X du premier quasar, découvert dans les années 60. C'est le quasar le plus proche de nous, à environ 2100 millions d'années lumière de la Terre.

Une masse aussi importante dans un espace restreint pourrait être un trou noir, mais la présence d'un trou noir au centre de notre galaxie n'est pas encore définitivement prouvée. Il pourrait s'agir d'une étoile à neutrons, mais si on pouvait démontrer que cette masse de deux à cinq millions de fois celle de notre Soleil est concentrée dans un objet d'une taille plus ou moins équivalente à celle de notre Soleil, on aurait une solide preuve de l'existence d'un trou noir noir. Et certains indices tendent en effets à le prouver : on a découvert que de puissants signaux radio étaient émis par un objet d'environ 1500 millions de kilomètres de diamètre, au centre de la Voie lactée. Il pourrait s'agir d'une énergie irradiant d'un trou noir ou d'une étoile à neutrons. On n'a pas encore, à ce jour, trouvé la solution de l'énigme.

 

Une carte du centre de notre galaxie enregistrée par un radiotélescope au Japon

 

© Simon V.