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Les étoiles variables

Comme leur nom l'indique, ce sont des étoiles dont l'éclat varie au cours du temps. Selon la nature du phénomène responsable de leurs fluctuations d'éclat, on en distangue plusieurs sortes :

Les variables à éclipses

Ce sont de fausses variables. Leurs fluctuations d'éclat ne tiennent pas à leur structure même, mais du mouvement de deux étoiles tournant l'une autour de l'autre (système binaire) et telles que la Terre se trouve à peu près dans leur plan orbital. Lorsque la moins lumineuse passe devant la plus brillante, elle l'éclipse partiellement ou complètement et l'éclat total diminue. Lorsqu'elles se présentent côte à côte, au contraire, l'éclat global passe par un maximum !

Les variables pulsantes

Leurs variations d'éclat proviennent de ce qu'elles se dilatent et se contractent alternativement : elle subissent des pulsations, comme un coeur qui bat. Les plus intéressantes sont les céphéides, aux pulsations très régulières et relativement rapides (de un jour à quelques semaines).

D'autres variables, dites à longue période, ont des variations beaucoup plus lentes (elle s'échelonnent sur plusieurs mois) et souvent moins régulières : la plus remarquable est ο de la Baleine, surnomée Mira. A son éclat maximum, elle apparaît plus brillante que la polaire, mais à son minimum sa magnitude reste comprise entre 8,9 et 10 et elle n'es perceptible qu'avec des jumelles ou une petite lunette. La période moyenne de ses variations d'éclat est de 331 jours.

Les variables semi-régulières et variables irrégulières

Dans cette catégorie, se rangent des étoiles à l'éclat continuellement variable autour d'une valeur moyenne : l'exemple-type en est l'étoile α d'Orion, Bételgeuse, qui passe de la magnitude 0,4 à la magnitude 1,3, généralement en 2070 jours !

D'autres variables de cette catégorie sont des étoiles dont l'éclat reste constant pendant de longues périodes, puis s'affaiblit brusquement : tel est le cas de l'étoile R de la couronne boréale. Habituellement, elle est de magnitude 5,8, à la limite de la visibilité à l'oeil nu. Son éclat peut rester constant pendant quelques jours, sans qu'on puisse prévoir son comportement. Puis, subitement, son éclat décline, plus ou moins rapidement, et peut descendre jusqu'à la magnitude 14, hors de portée des instruments amateurs courants. Inversément, il existe aussi des variables éruptives qui, après un longue période de stabilité, connaissent de brusques augmentations d'éclat.

Les novæ

Ce sont des étoiles qui, soudainement, deviennent quelque 10000 à 100000 fois plus brillante pendant un certain temps très court, de quelques heures à un jour, puis reprennent progressivement leur éclat initial au bout de quelques mois ou de plusieurs années. Leur nom s'explique par le fait qu'on les voit briller brusquement, comme s'il s'agissait d'étoiles nouvelles. En fait, elle existait déjà auparavant, mais avec un éclat si faible qu'elles passaient inaperçues. Leur brutale augmentation d'éclat résulte de l'explosion de leurs couches superficielles. Les étoiles concernées sont des naines blanches liées physiquement à desétoiles géantes dont elles captent la matière des couches les plus externes. Parfois, elles subissent plusieurs explosions successives, à des intervalles de quelques années ou décénies : ce sont alors des novæ récurrentes. Ces étoiles explosives, apparaissent toujours le long de la Voie Lactée.

Les supernovæ

Ce sont encore des étoiles explosives, mais qui subissent un cataclysme hors du commun avec celui des novæ, libérant autant d'énergie que des milliards de Soleils. il s'agit, en fait, d'étoiles massives ayant atteint un stade avancé d'évolution et qui explosent. La plus grande partie de la masse de l'étoile est éjectée lors de l'explosion et se disperse dans l'espace en formant une nébuleuse en expansion (= reste de supernovæ). Seul subsiste la coeur de l'étoile, sous forme d'un objet compact, colossalement dense, qui est, selon le cas, une étoile à neutrons ou un trou noir.

Une bonne dizaine de supernovæ ont été observées avant l'époque moderne. La plus ancienne, mentionnée dans les chroniques chinoises, remonte à l'an 185. Dans notre galaxie, quatre ont été particulièrement observées au cours de ce millénaire. La plus ancienne a été vue en 1006 dans la constellation du Loup. Ce fut la plus brillante, avec un éclat comparable "au quart de la pleine lune" selon un témoignage de l'époque. La suivante a été aperçue en 1054 dans la constellation du Taureau et est à l'origine de la nébuleuse du Crabe. Plus brillante que Vénus, elle était visible en plein jour selon, toujours, les chroniques chinoises. Curieusement, pourtant, on n'en trouve aucune mention en Europe. La troisième a été longuement observée par Tycho Brahe en 1572, dont la constellation de Cassiopée, et la quatrième par Galilée et Kepler en 1604, dans la constellation d'Ophiucus. Des estimations statistiques donnent à penser qu'une nouvelle supernova pourrait être observée dans notre galaxie dans les années à venir. C'est toutefois dans une petite galaxie voisine, le Grand Nuage de Magellan, qu'a été observée, en 1987, la plus brillante supernova depuis celle de 1604. A son maximum d'éclat, elle atteignit la magnitude 3.

 

© Simon V.