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Galiléo Galilei (dit "Galilée")

Cet astronome et physicien italien est un copernicien convaincu !

Son oeuvre en astronomie

Elle consiste en observations nouvelles, grâce à une lunette, et en discussions cosmologiques. En 1608, il entend parler d'une invention d'origine holandaise qui permet une vision agrandie d'objets lointains. Dès 1609, il construit lui-même des lunettes d'observation et en améliore progressivement les performances, jusqu'à un grossissement de 30 fois ! Il commence des observations astronomiques en novembre 1609. En deux mois, il réalise plusieurs découvertes qu'il publie en mars 1610 dans le "Sidereus nuncius" (le messager des étoiles).

En observant la Lune, il constate que sa surface n'est pas parfaitement polie ni lisse, mais bien accidentée et inégale, et comme la Terre, couverte de tous côtés d'énormes protubérances, de creux profonds et de sinuosités. Ceci contredit les conceptions d'Aristote selon lesquelles les astres sont parfaits donc sphériques. Par conséquent, si la Lune n'est pas essentiellement différente de la terre, cette dernière, comme la Lune pourrait bien être en mouvement ! D'autre part, Galilée donne un explication à un phénomène connu depuis longtemps, la "lumière cendrée" : luminosité grisâtre qui couvre le reste de la Lune quand la partie éclairée est un croissant fin, donc juste avant ou après la Nouvelle Lune. Galilée explique qu'il s'agit d'un "clair de Terre" : la face éclairée de la Terre diffuse de la lumière entre autre vers la Lune. Cette réciprocité renforce la conviction de Galilée que les phénomènes célestes ne sont pas fondamentalement différent des phénomènes terrestre.

Le 7 janvier 1610, il observe Jupiter : il la voit entourée de trois "étoiles" pratiquement alignée : deux d'un côté de Jupiter et une de l'autre ; le lendemain, elles sont toutes trois du même côté ; et le 10 janvier, il n'en voit plus que deux ! Il se rend bien compte que des astres accompagnent Jupiter dans son déplacement, en tournant autour de lui : ce sont des satellites, des lunes de Jupiter ! Galilée tire de cette découverte sensationnelle des arguments contre le géocentrisme et pour l'héliocentrisme :

  • Il existe des corps célestes qui ne tournent pas autour de la Terre.

  • La Terre n'est plus seule à posséder un satellite.

  • Si Jupiter se déplace en entraînant ses satellites avec lui, cela est donc possible pour la Terre et la Lune.

  • Les satellites de Jupiter forment un système solaire en miniature : les satellites les plus éloignés de Jupiter ont la période la plus longue, exactement comme Copernic a organisé le système solaire.

Quelques mois après la publication du Messager des Etoiles, il constate que Vénus présente des phases analogues à celles de la Lune, phénomène que Copernic avait prévu. Le système de Ptolémée ne peut expliquer de telles phases ; selon lui, Vénus nous présente au maximum un croissant.

Galilée physicien

Tous ces arguments portent des coups sévèrent à l'astronomie de Ptolémée et le système de Tycho Brahé devient le refuge dans anticoperniciens. En effet, ces découvertes astronomiques et leurs conséquences n'ébranlent pas l'opposition de certains à toute idée de mouvement de la Terre, opposition basée le plus souvent sur les arguments d'Aristote repris par Ptolémée. C'est en défendant l'idée du mouvement de la Terre que Galilée oeuvre en tant que physicien.

Rappelons l'argument d'Aristote : si la Terre tournait, alors un corps lancé verticalement vers le haut retomberait à l'ouest du point de départ.

Déjà en 1584, Giordano Bruno affirme qu'un corps qu'on laisse tomber à bord d'un navire en mouvement va tomber verticalement, c'est-à-dire parallèlement au mât, apr rapport au bateau. Pour Bruno, la l'objet est soumise en même temps à une chute due à la pesanteur, et à un mouvement horizontal dû au support mobile dont elle était solidaire.

Galilée va reprendre et développer cette argumentation dans le "Dialogue sur les deux grands systèmes du monde" (1632), d'ouvrage qui marque à la fois une rupture définitive avec la pensée d'Aristote au sujet du mouvement, et la naissance de la mécanique classique.

Avec Bruno et contre Aristote, il affirme qu'un boulet lâché du sommet du mât d'un bâteau en mouvement rectiligne uniforme tombe au pied du mât, comme si le bateau était immobile. En effet le boulet "possède" lui aussi le mouvement du bateau. Tout en tombant, le boulet avance et suit la progression du navire et glisse donc le long du mât.

Pour un observateur terrestre, le mouvement du boulet se décompose en deux mouvements indépendants : une chute verticale et une translation horizontale. Ensuite, Galilée applique le même raisonnement à un corps lâché du sommet d'une tour : il tombe le long de la tour et touche terre à son pied et non pas à l'ouest.

Galilée est conscient de ne pas pouvoir prouver le mouvement de la Terre, mais il a démoli l'objection présentée contre ce mouvement.

Toutes ces avancées de Galilée contre kes théories de l'Antiquité n'empêchent pas ses démêlés avec l'Église catholique qui refuse le mouvement de la Terre au nom de la lecture littérale de la Bible. Parmi les citations bibliques utilisées pour affirmer l'immobilité de la Terre et la mobilité du Soleil.

Finalement, en 1633, à l'issue d'un procès, ses idées sont condamnées, il est emprisonné puis relâché et mis en résidence surveillée, ses oeuvres sont mises à l'Index et il doit abjurer "l'hérésie du mouvement terrestre". Il conserve cependant ses convictions héliocentriques, pavient à faire publier son dernier ouvrage à Amsterdam, "Discours sur deux sciences nouvelles" qui fonde la mécanique moderne, tout en gardant intacte se foi chrétienne, car pour lui, il n'y a pas de contradiction entre la Bible et l'astronomie héliocentrique.

L'attitude de l'Église evoluera ... lentement ! Il faut attendre 1757 pour que ce soient retirés de l'Index la plupart des ouvrages favorables au mouvement de la Terre et 1822 pour que leur publication soit officiellement autorisée. Enfin, en 1981, à la demande du pape Jean-Paul II, une commission pontificale réétudie la controverse du XVIIe siècle. Dans un discours de 1992, le pape réaffirme "la légitime autonomie de la science" et juge positivement les positions prises par Galilée quand à l'interprétation de la Bible, mais n'annule pas, malgré tout, sa condamnation de 1633.

 

© Simon V.