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Platon Platon
(427-347 A.C.) n'est pas un astronome mais un philosophe. Il est
convaincu que le monde est régi apr des lois abstraites sous-jacentes
de nature mathématique. Il privilégie les réflexions
intellectuelles plutôt que les observations. Sa conception du monde
est celle d'un univers clos par un ciel sphérique portant les
étoiles et dont le centre est une Terre sphérique, isolée et
immobile ; autour de la Terre tournent, sur plusieurs sphères
emboîtées, dans l'ordre suivant : la Lune, le Soleil, Vénus,
Mercure, Mars, Jupiter et Saturne et puis la sphère céleste. Pour
Platon, les mouvements circulaires uniformes sont seuls dignes de la
perfection des corps célestes. cette conception va régner pendant
presque 2000 ans ! Eudoxe Platon
aurait proposé à son disciple Eudoxe de Cnide (408-355 A.C.) de
rechercher comment agencer de tels mouvements de manière à rendre
compte des mouvements observés des planètes. Eudoxe est ainsi
l'auteru de la toute première théorie mathématique du mouvement des
planètes. Son
système consiste à expliquer séparément le mouvement de chaque
planète par plusieurs sphères emboîtés, centrées sur la Terre et
animées de rotations uniformes. Pour
chacune des cinq planètes propement dites, Eudoxe prévoit 4 sphères
; tandis que pour la Lune et le Soleil, 3 sphères lui suffisent
chaque fois. Si on ajoute une sphère pour les étoiles, cela fait 27
sphères en tout. L'accord
entre les observations et ce modèle est satisfaisant pour Jupiter et
Saturne, passable pour Mercure, mais très mauvais pour Vénus
etsurtout pour Mars. Ce
système fut amélioré par Callipe de Cyzique qui fit passer le
nombre total de sphères à 34. Ces sphères semblent n'avoir été
que des moyens mathématiques chargés de reproduire les mouvements
des astres ; pour le penseur suivant, il s'agira au contraire de
réalités physiques. Aristote Aristote
(384-322 A.C.) est sans nul doute un des penseurs majeurs de
l'Antiquité grecque ; son influence en occident sera telle que sa
pensée ne sera guère contestée avant le XVIe siècle. Il a été
disciple de Platon et comme lui, il croit à une organisation
rationnelle du monde ; par contre, il attache beaucoup d'importance à
l'étude de la nature par l'observation. Il
marque une forte distinction entre le monde sublunaire (la Terre et
son atmosphère) et le monde des astres. Le premier est le siège des
changements incessants tandis que le second est le domaine de
l'éternité et ne peut être le siège d'aucune modification de
nature et ses mouvements se répètent ; il est immuable. Par exemple
les comètes, réalité passagères, appartiennent selon lui au monde
sublunaire. Pour
Aristote, les sphères du système d'Eudoxe-Callipe ont une réalité
matérielle ; elles sont constituées d'un gaz inconnu dont la
propriété essentielle est de tourner d'un mouvement uniforme. De
plus, Aristote nie l'existence du vide dnas la nature ; tout l'espace
est alors rempli par ces sphères, qui ont une certaine épaisseur et
qui se touchent. Pour assurer dès lors l'indépendance des sphères
d'une planète avec celles d'une autre, il doit imaginer des sphères
compensatrices disposées entre les groupes : le nombre total des
sphères atteint maintenant 56. Aristote
pose comme principe l'immobilité de la Terre et sa position centrale
dans l'Univers.
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L'immobilité
de la Terre est justifiée, pour Aristote, d'abord par sa conception
des mouvements. Il distingue : les mouvements naturels comme la
chute des corps pesants et la montée de l'air chaud et les
mouvements forcés comme l'avancement d'un bateau.
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Ces
derniers seuls s'effectuent par une action extérieure, tandis que
pour les premiers, la "cause" du mouvement est inscrite
dans la nature de l'objet : le mouvement naturel permet au corps de
rejoindre son lieu naturel ; pour les corps pesants le lieu naturel
est le centre de l'Univers, c'est-à-dire le centre de la Terre,
donc en bas, tandis que pour les corps légers le lieu naturel est
en haut. La Terre, corps pesant, doit donc rejoindre le centre de
l'Univers, comme elle y est déjà, elle ne peut-être qu'immobile.
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Aristote
développe un seconde argument contre le mouvement de la Terre. Si
la Terre tournait, un onjet lancé verticalement en l'air ne
retomberait pas au même point, car pendant le mouvement du corps la
Terre se serait déplacée vers l'est et le corps retomberait à
l'ouest du point de lancement.
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