Prise en main du télescope RC 200mm Astro-Tech

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Introduction

Je tiens en premier lieu à exprimer mes plus vifs remerciements à la société Optique et Vision pour l’importation de ce tube optique et son contrôle auprès de David Vernet, ainsi que pour leur gentillesse et leur professionnalisme. 

Ce télescope Ritchey-Chrétien répond d’un point de vue personnel à une attente exprimée de longue date en photographie du ciel profond. Avec ses 1600mm de focale il vient en effet combler un vide entre la courte focale de 600mm de la lunette Traveler et les 2500mm de focale obtenus au Celestron C14 avec réducteur. Ce dernier instrument est par ailleurs jugé assez difficile à exploiter correctement en photo longue pose avec APN et guidage en parallèle, à cause notamment de flexions du miroir hors de contrôle de l’instrument guide.

 

Première impression

Avec son tube en carbone, le tube optique séduit au premier coup d’œil. Son installation peut s’effectuer sur tout type de monture grâce à deux platines, l’une Vixen l’autre Losmandy, installées de chaque côté du tube. Le montage sur l’AP 900 s’effectue par l’intermédiaire de la platine Losmandy, la platine Vixen sert à la fixation d’une lunette de guidage 60/700 Vixen. L’ensemble demeure léger et le contrepoids de 10kg de la monture est pratiquement rentré au maximum lorsque l’instrument est en configuration photo.

L’optique est rapidement en équilibre thermique (notamment par rapport au C14 !). Sans lame de fermeture et avec un tube carbone, le centre de gravité est très proche du miroir primaire, ce qui change d’un Schmidt-Cassegrain. La crémaillère de mise au point n’a pas présenté à première vue de jeu ou de flexion lors des mises au point.

 

 

Ensemble tube - monture avec lunette guide

 

Défaut de bord du miroir primaire 

Le tube optique a été contrôlé par David Vernet qui a effectué un test de Roddier. Il est sorti de ce test que le polissage est satisfaisant, avec une amplitude maximale des défauts de l/3.5 et une valeur moyenne de l/18, ainsi qu'un rapport de Stehl de 0,88. Les tests ont cependant mis en évidence une diffusion prononcée, sans doute causée par de petits mais nombreux éclats en bord du miroir. Par mesure de précaution, un anneau en papier canson noir mat a été réalisé dès réception du télescope et posé dans le barillet afin de cacher ces éclats. Cet anneau diaphragme le miroir à 200mm (pour 203mm nominal), ce qui n’a aucune influence sur la luminosité ou la résolution.

 

 

Détail du miroir et de son diaphragme

 

Inspection en visuel

Le télescope a bénéficié pour sa première lumière d’un ciel d’excellente qualité, tant en terme de stabilité atmosphérique que de noirceur. En visuel à 270x (oculaire Lanthanum 6mm), les étoiles ont montré des anneaux de diffraction concentriques quasi parfaits, sans trace de diffusion. En fin de nuit, une inspection de la très brillante planète Mars (magnitude 0) a confirmé l’absence totale de diffusion autour de son disque. Il y a fort à parier que le problème mis en évidence lors du test de Roddier a été entièrement réglé par l’adjonction du diaphragme sur le tour du miroir. Cependant, ce diaphragme en papier impose une précaution supplémentaire quant au séchage du télescope après une nuit humide.

 

Premières images

Malgré la bonne collimation en visuel, la première image a montré un déséquilibre prononcé en les deux bords du champ de l’APN (350D, capteur APS-C), l’un d’eux présentant une coma importante et non l’autre. Après recollimation, ce défaut a été largement atténué. La collimation, qui ne s’effectue que sur le miroir secondaire, est en tout état de cause facile à réaliser.

Un premier cliché de la nébuleuse NGC 2261 a pu être réalisé (100 minutes de pose). L’image présentée montre un champ de diamètre 15mm, le cliché complet étant limité en netteté par une collimation encore perfectible (le début de décollimation est visible sur les étoiles en haut à gauche du cliché à pleine échelle : cliquez ici). Notons que le miroir secondaire est bien supporté par une araignée à seulement quatre branches, mais la clé Allen qui a servi à la collimation a été malencontreusement laissée sur le télescope… d’où des aigrettes supplémentaires sur les étoiles brillantes !

 

 

Pose de 100 minutes (34 fois 3 min) sur NGC 2261


Une vue non réduite de NGC 2261 peut être regardée ici.

 

De nouvelles images ont été tentées une autre nuit, dans des conditions à l’inverse très mauvaises (turbulence extrême, passages fréquents de cirrus interrompant les pauses…). La collimation a été toutefois améliorée et la planéité de champ s’avère définitivement correcte sur un détecteur de 15x22mm. Cela a été confirmé  par plusieurs poses, dont celle ci-dessous de 8 min sur B33 (les étoiles sont certes très empâtées par la turbulence, mais leur déformation dans les bords est faible et symétrique). On note par ailleurs une absence de diffusion autour de la très brillante dzeta Orionis située juste à l’extérieur du champ (le filtre Hutech du 350D modifié provoque lui-même un peu de diffusion).

 

 

Pose brute unique de 8 min sur B33

 
Une vue à pleine échelle au plein format APS-C de cette image brute peut être regardée ici.

 

Perspectives

La collimation diffère actuellement entre la configuration visuel et photo. Plusieurs éléments peuvent en être la cause (crémaillère, renvoi coudé, léger tirage vers l’arrière de la bague de réduction et de l’oculaire pour atteindre la mise au point en l’absence d’une seconde bague allonge…). Une pièce d’adaptation pour une Crayord JMI est en cours de réalisation chez Optique et Vision et permettra sans doute de conclure.

Nous attendons le réducteur AstroTech qui, s’il aplanit le champ en plus de réduire la focale (ce dont il faut encore s’assurer), devrait s’avérer très intéressant sur les vastes objets célestes, avec par ailleurs un surcroit de luminosité appréciable avec un APN (bien moins sensible qu’une CCD).


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