> LE TUBE <

Tube ouvert, tube serrurier ou tube fermé carré voire rond, ou octogonal, vaste choix. A ce sujet je vous conseil de consulter l’argumentaire de Monsieur Serge Bertorello qui fait le tour du problème en évoquant les solutions les plus couramment utilisées (http://serge.bertorello.free.fr/argument/opinion.html#ouvert). Pour ce que j’ai retenu au cours des échanges que j’ai eu avec d'autres constructeurs de télescopes, voici les principaux arguments qui ont retenus mon attention :

 

 

>> Tube ouvert ou tube fermé : peut-être cette réflexion découle t-elle du fait que j’ai taillé moi même le miroir, mais je ne pouvais imaginer laisser mon miroir à « l’air libre » pendant les observations. Une nuit d’observation en été, au cours des moissons, m’a déjà démontré la capacité de la poussière à rentrer dans un tube fermé classique, je n’ose même pas imaginer l’aspect du miroir d’un télescope placé dans un tube ouvert dans les même conditions. Donc première chose, le tube fermé permet de protéger le miroir au cours des observations.

>> Deuxième chose, il est fort désagréable de regarder à l’oculaire et de se rendre compte que la buée que l’on expire (en hiver) va directement dans le faisceau optique du miroir primaire dégradant ainsi la qualité des images observées. Le tube fermé permet d’éviter ce genre d’écueil en isolant le faisceau optique de l’observateur et des éventuels courant d’air chaud ou froid environnants.


>> Dernière chose, lorsque l’on parle de tube serrurier, ce terme décrit en fait un système complexe permettant de limiter les flexions du tube en fonction de son inclinaison. Ce système est parfois utilisé sur de grand télescope professionnels mais dans tous les cas, sa construction requiert une précision et une application toutes particulières. Bien souvent les flexions d’un tube de télescope amateur ne justifient pas l’étude et la réalisation complexe d’un tube type serrurier. Concernant les tubes ouverts en profilés d’aluminium, ceux-ci permettent de construire des instruments démontables et facilement transportables. Les conceptions sont très variées et dans mon cas, ces solutions n’ont pas retenues mon attention.

 

>> La forme du tube : l’avantage du tube rond c’est que son orientation peut varier en le faisant tourner dans son support. C’est parfois plus pratique lorsque le porte oculaire ne peut être atteint que moyennant une flexion du cou désagréable. Dans mon cas la construction d’un tube carré me permet d’avoir deux axes de déclinaison fixes sans avoir besoin de construire une boîte supplémentaire destinée à maintenir le tube. Puisque j’excluait totalement la possibilité d’utiliser un tube rond en PVC, que je me refusait à acheter un tube de Bakélite coûteux, et étant donné que le bois est un excellent isolant thermique, j’avais pour objectif de construire un tube en bois.

>> Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait un tube octogonal comme certains astronome amateur l’ont joliment fait ? Tout simplement parce que je ne pensais pas pouvoir aussi joliment le faire. De plus l’intérêt de ce genre de tube, si ce n’est esthétique, est relativement limité. Ou du moins, les avantages ne sont pas flagrants. Au final j’ai donc choisi de construire un tube carré, relativement imposant. L’avantage des tubes carré réside notamment dans l’évacuation de la chaleur. Les coins du tube permettent d’évacuer l’air chaud sans obliger cet air à passer dans le faisceau optique du miroir, les turbulences sont donc minimisées.

>> Il est vrai que la quantité de bois est un peu plus importante et que la masse de l’ensemble s’en ressent, mais la construction d’un télescope est une question de compromis… Pour finir la section carrée du tube facilite grandement le positionnement des accessoires (chercheur, porte oculaire, platine parallèle…) et étant donné que ce télescope est destiné à l’astrophotographie, ce point n’est pas négligeable.

 

>> Les matériaux utilisés : ce tube est en contre-plaqué marine d’épaisseur 10mm. Relativement lourd (c’est sont principal défaut), ce type de contre-plaqué est très résistant aux intempéries. Une épaisseur de 8mm aurait certainement suffit d’un point de vue résistance et aurait diminué la masse de l’ensemble.

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>> La couleur du tube : les couleurs claires sont préférables pour le revêtement extérieur, il est surprenant de voir comme un tube chauffe très rapidement au soleil, mieux vaut augmenter l’albédo surtout pour les télescopes qui seront utilisés de jour pour l’observation solaire. Pour le revêtement interne, un noir mat fera l’affaire, un revêtement de type velours noir sera parfait pour baffler le tube (notamment à l’opposé du porte oculaire limitant ainsi les réflexions parasites).

>> Les diaphragmes : trois diaphragmes permettent de limiter les réflexions parasites à l’intérieur du tube. Le premier est positionné à l’entrée du tube et mesure 280mm de diamètre. Le deuxième à mi chemin entre le haut du tube et le miroir mesure 265mm de diamètre et le troisième devant le miroir mesure 250mm de diamètre. Le miroir ayant un diamètre physique de 255mm est donc partiellement caché, les chanfreins en bord de miroir sont donc derrière le diaphragme et n’interviennent pas dans le trajet des rayons lumineux.

>> La fixation des axes de déclinaison : les axes de déclinaison sont des axes d’acier de 20mm de diamètre directement inséré dans le tube. L’intérieur du tube est renforcé par une plaque de contre-plaqué marine de 15mm d’épaisseur dans laquelle s’insère directement l’axe d’acier. Pour renforcer la structure, des plaques d’acier de 5mm d’épaisseur sont soudés sur les axes du côté extérieur et quatre vis les maintiennent plaqués contre le tube du télescope.

>> Le positionnement du chercheur : dans ce cas, j’ai choisi la solution de facilité. J’ai acheté (d’occasion) un chercheur classique 6*30 (Celestron LER) avec son support que je n’ai eu qu’à visser sur le tube. Un petit bout de bois permet de le rehausser et ainsi de faciliter son utilisation. Le chercheur est volontairement positionné à proximité du porte oculaire pour éviter au maximum les opérations inutiles.


>> Le système de motorisation en Déclinaison : contrairement aux dispositifs que l'on rencontre le plus fréquemment dans la littérature et sur le terrain, le dispositif de motorisation en déclinaison n'a pas été conçu avec un bras latéral positionné le long du tube et motorisé par l'intermédiaire d'une tige filetée. Ici, malgré ma tendance à ne pas essayer de trouver d'alternatives incertaines à des solutions déjà éprouvées et après en avoir discuté avec quelques astronomes amateur ayant testé cette solution, je me suis décidé à insérer la motorisation dans la fourche. Ainsi, sur les photo ci-dessous on distingue le bras (en noir) qui enserre l'axe de déclinaison et qui s'appui sur un cylindre (tige filetée limée) lui-même relié à une moteur + réducteur (récupéré à partir d'un machine à café) et fixé à l'intérieur de la fourche. Ainsi, quand la motorisation est mise en route (12V) la tige filetée tourne et entraîne le secteur lisse ce qui modifie très doucement l'inclinaison ddu tube du télescope. L'insertion d'un inverseur sur le circuit permet de choisir le sens de rotation de la motorisation.

>> Les premiers tests sont très satisfaisants mais une utilisation plus intensive me permettra de vous exposer les avantages et inconvénients de cette technique dans quelques temps.

>> Sur la photo ci-dessous à droite, on remarque la présence de pattes de sécurité, qui permettent d'éviter qu'une fois arrivé au bout du secteur lisse, le tube ne vienne à tomber.

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