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  Le ciel en Vendée


Remerciements à M. F. LACLARE (OBSERVATOIRE DE LA CÔTE D'AZUR )
ainsi qu'à M. G.DAIGNE (OBSERVATOIRE DE BORDEAUX)


Instrument - Résultats en Vendée - Rendement en Vendée - Conclusion

 
 
Instrument : l'Astrolabe
 

Avant de présenter les résultats des observations faites avec l'astrolabe de Danjon dans les années 1965-70, nous rappelons le principe de l'instrument, celui de la réduction des mesures et les définitions utilisées dans le travail qui suit.

L'instrument est constitué d'une lunette horizontale mobile en azimut, précédée d'un prisme de verre équilatéral dont la face arrière est perpendiculaire à l'axe optique de la lunette. En avant et au-dessous du prisme se trouve le bain de mercure ; l 'ensemble prisme et bain de mercure est protégé de la turbulence environnante par une boîte possédant une claire-voie sur sa partie supérieure pour laisser passer les rayons lumineux.

Pour une étoile passant à 30° du zénith, un rayon lumineux pénètre dans la lunette par réflexion interne sur une face du prisme, tandis qu'un autre y pénètre après réflexion sur le bain de mercure et réflexion interne sur l'autre face du prisme.

Il se forme donc deux images dans le champ de la lunette, situées sur une morne verticale, l'une descendant tandis que l'autre monte.
Le but des observations d'astrolabe qui est la détermination de la latitude et du temps universel implique que l'on note l'instant de la coïncidence des images.

Pour s'affranchir d'erreurs personnelles quant à l'appréciation de l'instant de la coïncidence et aussi pour remédier aux variations de la distance zénithale dues à la mise au point, M. Danjon a imaginé un dispositif optique permettant d'observer non plus un seul instant de coïncidence, mais le déplacement horizontal de ces deux images correspondant au mouvement en distance zénithale de l'étoile observée de part et d'autre du cercle de hauteur.

Schéma de l'Astrolabe

Ce mode d'observation, outre qu'il permet une bien meilleure précision de l'instant du passage à la distance zénithale observée et, par suite, des résultats obtenus, présente l'avantage que les observateurs peuvent juger de la qualité des images :

1 - Par le mouvement relatif de celles-ci
2 - Par l'aspect de la figure de diffraction

L'astrolabe de Danjon modèle O.P.L. a conservé toutes les qualités d'un instrument mobile et pouvant être utilisé en campagne, sa mise en station n'exigeant que quelques heures après que l'infrastructure (fondations et pavillon) soit en place. La baie horaire qui lui est associée est réduite à un récepteur de signaux horaires et à un chronographe imprimant le 1/1000 ème de seconde.
L'objectif a une longueur focale de 1 mètre pour un diamètre de 10 centimètres, chaque image étant formée par une moitié d'objectif. Le champ de l'astrolabe est de 12 minutes et le grossissement de 175, on observe utilement les étoiles de magnitude inférieure à 6.0 .

REDUCTION ET EXPLOITATION DES OBSERVATIONS

Si dans un premier temps l'observation instrumentale permet d'apprécier la qualité des images, la précision obtenue sur les résultats constitue un critère très significatif de la qualité des mesures effectuées. Nous verrons dans l'analyse des résultats que si la qualité de ces derniers est en général bien corrélée avec celle déduite de l'observation optique, il n'en demeure pas moins que seuls, les résultats du calcul rendent compte d'anomalies telles que les fluctuations à longue période de la réfraction non perceptibles pendant l'observation.

PRINCIPE DU CALCUL

Chacun des groupes observés comprend une trentaine d'étoiles réparties en azimut sur tout l'horizon, la durée d'observation d'un groupe est d'une heure et demie. Les étoiles sont de magnitude inférieure à 6,0 et appartiennent au FK 4. A Paris, le même observateur observe 3 groupes consécutifs centrés sur le milieu de la nuit. Dans les stations de prospection le programme était quelquefois réduit à 2 groupes, mais toujours centrés sur minuit.

Chaque étoile observée fournit une équation de la forme : x sin Z + y cos Z - dz + dh = 0

  • Z est l'azimut compté positivement du Nord vers l'Est.
  • dh est la différence entre la distance zénithale observée et celle calculée à partir des coordonnées et de la distance zénithale approchées.

Les inconnues sont :

  • x/cos j correction au temps universel utilisé tandis que 9 est la latitude de l'astrolabe.
  • y correction de la latitude.
  • dz correction de la distance zénithale.

Un groupe comprenant une trentaine d'étoiles, le problème consiste à ajuster à l'ensemble des droites déduites des équations un cercle dont les coordonnées x et y ainsi que le rayon dz soient les solutions des trois inconnues. On résoud ces systèmes d'équations surabondantes par la méthode des moindres carrés. Tous les calculs, y compris ceux concernant les stations expérimentales, ont été traités sur ordinateur.

PRECISION DES RESULTATS

Si l'on faisait usage d'un catalogue correct et en excluant les erreurs d'observation, le cercle ajusté serait tangent à l'ensemble des droites de hauteur. Nous verrons que l'on dispose d'un moyen pour s'affranchir des erreurs de catalogue et que l'on peut déterminer par conséquent la précision réelle des observations avec l'astrolabe. On appelle résidus les écarts entre les droites de hauteur et le cercle ajusté à l'ensemble de ces droites. La qualité des résultats sera évidemment d'autant meilleure que la somme des carrés des résidus sera plus petite. On définit la qualité d'un groupe observé par l'écart quadratique des résidus :

sont les résidus
n le nombre d'équations

On utilise généralement le poids inversement proportionnel à . On a adopté ici la relation :

s étant exprimé en secondes de degré. Ainsi à s = 0’’10 correspond P = 10,0


Résultats en Vendée
 

La station était installée dans l'enceinte du collège agricole de Pétré. Cette région est caractérisée par l'absence de relief (proximité du marais) et le voisinage de la mer (environ 12 km ). L’observatoire du CAV est à environ 16 km de la mer et à 15 km de Pétré.
Les observations ont été assurées par un permanent et par le personnel missionnaire de Paris et de Font Romeu.

QUALITE MOYENNE

L'échantillon comprend 129 groupes observés entre octobre 1967 et juillet.
On donne ci-après le poids moyen obtenu par les différents observateurs :

Observateurs
Poids moyen
Effectifs
Rohart
2.5
70
Laclare
5.2
3
Feissel
3.6
15
Lam
3.0
7
Grudler
5.2
25
Vigouroux
0.9
3
Fournier
5.7
6

L'influence du vent sur la qualité des images est faible, ces dernières sont toutefois plus stables par régime maritime d'ouest. Dans ce dernier cas, l'absorption est faible (observation à l'oeil nu d’étoiles de magnitude 5,6 et 5,7) et l'on observe les anneaux de diffraction très souvent entiers. La galaxie M33 dans le Triangle est très facilement repérable sur le site du CAV, magnitude 5,7.
Il semble que la qualité soit meilleure vers le milieu de la nuit, ceci peut résulter de l'absorption alors plus faible qu'en début et fin de nuit où des bancs de brume sont assez fréquents.

COMPARAISON AVEC LES SITES PROSPECTES

Pour pouvoir comparer les résultats des observations de Paris et du Belloc à ceux de Vendée nous n'avons retenu que les bons observateurs jugés équivalents par ailleurs.

PROSPECTION EN VENDEE
INTERCOMPARAISON DES STATIONS
Distribution des poids et poids moyen

Sites
Observateurs
Nombre groupes
P > 2,0 s
< 0''22
P > 3,0 s
< 0''22
Poids moyen
Vendée
9-2-68
26-6-68
Laclar Lam Grudler Feissel Fournier
57
88%
61%
4.5
Le Belloc
30-1-68
4-6-68
Grudler Fournier
55
49%
34%
2.7
Paris
20-1-68
30-6-68
Laclar Lam Feissel
57
79%
46%
3.3
Paris
1956
1957
Moyen
3000
72%
45%
3.2

La qualité des résultats obtenus en Vendée apparaît très nettement supérieure à celle obtenue sur la même période en Cerdagne, notons toutefois que dans ce dernier site les résultats obtenus en début d'année sont affectés par la turbulence et s’améliorent en été.



Rendement en Vendée
 

Nous n'avons pas relevé de liaison significative entre la qualité des résultats et un élément météorologique déterminé. Si la qualité est affectée par une variation saisonnière, cette dernière a toutes raisons d'être équivalente à celle de Paris. La période de prospection couvrant les 6 premiers mois de l'année, le poids moyen obtenu a été étendu à l'année entière.
On a retenu seulement les bons observateurs : Grudler, Fournier, Feissel, Lam, Laclare et on a étendu à l'année moyenne la distribution de la qualité dans l'échantillon considéré.

Poids
s
MOYENNE ANIUELLE DE NUITS UTILISABLES (158)
> 5.0
< 0"14
41
> 4.0
< 0"16
66
> 3.0
< 0"18
97
> 2.0
< 0"22
189
£ 2.0
< 0"22
19

RENDEMENT ANNUEL EN VENDEE ............................ 1,95 + ou - 0,13



Conclusion
 

L'instrument qui a servi à nos différentes campagnes expérimentales est l'astrolabe; son exploitation dans des observatoires permanents fournit un volume important d'observations et de résultats qui constituent une référence. On a défini, dans chacun des sites prospectés, le rendement instrumental annuel, ce dernier tenant compte de la fréquence des nuits utilisables et de la qualité des résultats :

  • On a constaté que les meilleures valeurs de la qualité ont été obtenues dans les sites soumis à des masses d'air stable d'origine maritime et que la détérioration des résultats provient de l'instabilité due au relief notamment.
  • A des valeurs équivalentes du rendement instrumental peuvent correspondre des sites très différents. C'est ainsi que certains d'entre eux, où l'on dispose d'un plus grand nombre de nuits utilisables de qualité moyenne, se classent comme ceux où la qualité est nettement meilleure mais la fréquence des nuits moindre.