Quelques idées reçues en astro...


    Pour tordre définitivement le cou a des préjugés tenaces...



*F/D et luminosité

    En fait seul le diamètre de l'objectif (négligeant les effets de l'obstruction et les défauts optiques) conditionne le flux lumineux collecté par un télescope. Deux instruments de diamètre identiques recevront donc la même quantité de lumière indépendamment de leurs focales respectives. En visuel, à grossissement égal, les deux instruments fourniront des images équivalentes en terme de luminosité, si l'on néglige les différences propres aux oculaires utilisés. Cependant le tube de moindre focale permettra d'atteindre des grossissements plus faibles avec les oculaires de plus longue focale existant sur le marché, ce qui permettra d'exploiter son diamètre en luminosité. En photographie au foyer, le tube de moindre focale permettra de couvrir un champ plus important et donc de réduire le temps de pose grâce a une densité de lumière supérieure.

    Donc un rapport F/D plus court ne collecte pas plus de lumière à diamètre égal, mais fournit au foyer une image moins agrandie. La même quantité de lumière est étalée sur une surface image moindre, donc en apparence plus lumineuse.


*F/D et tolérance de mise au point
    On entend souvent "Avec un rapport F/D aussi élevé. la tolérance de mise au point est grande". C'est complètement faux! Tout dépend de l'élément mobile dont le déplacement sur l'axe optique est utilisé pour faire la mise au point. La tolérance de mise au point, c'est un déplacement relatif de l'oculaire par rapport au foyer optique. Dans les systèmes où la mise au point se fait par déplacement de l'oculaire, l'assertion ci-dessus est juste. Dans les systèmes où la mise au point est assurée par déplacement du miroir primaire, c'est très différent. Tout dépend de l'amplification du secondaire. Avec un tube SC a F/D = 10, le primaire est taillé a F/D = 2 et le secondaire a une amplification de 5. Un déplacement de 1 um sur le primaire induit un déplacement du foyer de 5 um. La tolérance de mise au point est donc liée au rapport F/D de l'élément mobile qui vaut ici 2. C'est un système de mise au point très peu tolérant, toutefois suffisamment démultiplié pour rendre l'opération facile. L'idéal est toujours une mise au point par déplacement de l'oculaire (crémaillère, Crayford, cabestan ...).
 

*Lambda/n et qualité optique
    La qualité d'un miroir est généralement exprimée en Lambda sur quelque chose. Cette valeur représente le plus gros écart (défaut) de la surface du miroir avec la surface théorique recherchée, en fraction de la longueur d'onde moyenne du spectre visible. Elle ne donne pas d'information sur la façon dont la surface varie entre +lambda/n et - lambda/n. Si le profil du miroir est en tôle ondulée, très peu de rayons convergeront correctement au foyer et pourtant le lambda/n pourra être bon. Le critère lambda/n est nécessaire a l'évaluation de la qualité du miroir mais non suffisant. Le critère suivant est le doucissage du miroir, qui atténue les variations locales de pente par rapport à la pente théorique locale.


*Plus la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur est grande, plus longue est la mise en température?
A priori non. Le temps de réponse du système ne dépend pas de la consigne (analogie aux systèmes du premier ordre en réponse a un échelon). De façon empirique, le tube refroidit d'autant plus rapidement que la différence de température est grande. Le temps d'attente sera donc le même dans toutes les situations thermiques. Toutefois, de grandes amplitudes thermiques déforment de façon beaucoup plus sensible les images pendant la phase de refroidissement (les contraintes mécaniques sont plus fortes dans les miroirs).
 

*Les lunettes donnent de meilleures images que les télescopes?
    Un vieux débat... Les lunettes, à diamètre égal, ont un rendement supérieur aux télescopes pour plusieurs raisons:


1. Un diamètre toujours réduit et un tube fermé les rendent peu sensibles aux turbulences interne et externe.
2. La formule optique la plus simple: moins il y a d'optique, mieux ça marche!
3. L'absence d'obstruction qui enlève classiquement 9% et plus de lumière chez les télescopes (classiquement 30% en diamètre soit 9% en surface).

    A diamètre égal donc, une lunette sera plus performante qu'un télescope. Cependant, les lunettes sont handicapées par la longueur du tube, le poids et deviennent rapidement intransportables quand le diamètre atteint ou dépasse 150mm. De plus leur prix est en général très élevé. Malgré ses défauts, un télescope de 200mm de bonne facture donnera toujours des images bien plus lumineuses qu'une lunette de 150mm (200 mm obstrue a 30% ~= 190 mm non obstrue en luminosité). De plus, quelque soit sa qualité, la lunette est toujours handicapée par un pouvoir de résolution moindre du à son diamètre inférieur. Mais, dans certains sites ou la qualité du ciel n'est pas très bonne, une lunette peut être un choix judicieux, et dans certains cas elle donnera de meilleures images que des optiques beaucoup plus grosses.  Les télescopes sont en effet plus exigeants en terme d'agitation atmosphérique, et doivent de plus être collimatés soigneusement. Maintenant, pour le ciel profond, il vaut mieux privilégier le diamètre à la qualité optique.

 
    Il y a donc dans le choix d'un instrument une véritable "quête spirituelle" à entreprendre afin d'effectuer les bons choix selon ses ambitions personnelles et son site d'observation.
 
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