La pupille de sortie (ou anneau oculaire) est une notion bien utile dès que l’on parle d’observation visuelle.
En sortie d’oculaire, mis au point à l’infini, toute la lumière de l’image (virtuelle) issue de l’objectif est concentrée sur un petit cercle (la pupille de sortie) que l’on fait coïncider avec la pupille de l’œil. Pour observer dans les conditions optimales, il y a donc tout intérêt à vérifier que la pupille de sortie reste dans des limites géométriques acceptables pour l’œil : soit inférieure à 7mm (pour les plus faibles grossissements) et supérieure à 0.5mm (pour les plus forts grossissements). Dans le cas de grandes pupilles, il faut savoir que le positionnement de l’observateur devient très critique lorsque la pupille de sortie est très peu supérieure ou égale au diamètre de la pupille de l’œil : un mm d’écart revient à diaphragmer l’instrument !... Ce phénomène se produit évidemment lorsque la pupille de sortie est plus grande que la pupille de l'oeil (7mm au maximum) mais aussi sur les oculaires à très grand champ (80°) utilisées avec une pupille plus petite (5 à 6 mm) : lorsque l'oeil tourne dans son orbite pour observer le bord de champ, les pupilles ne coïncident plus et il s'ensuit une réduction de la luminosité très désagréable (*). En définitive les astronomes préfèrent s’en tenir à une pupille de l’ordre de 5mm maximum qui garantit un contraste encore élevé et est plus confortable. En outre, l'âge aidant... les capacités de dilatation de la pupille diminuent pour se réduire à 4 ou 5 mm à soixante ans ; mais cela varie beaucoup d'un individu à un autre.
En pratique, la pupille de sortie exprime, indépendamment de l’instrument et du grossissement appliqué, la sensation de luminosité surfacique de l’objet observé. Par définition, le diamètre de la pupille de sortie est le quotient du diamètre de l’objectif par le grossissement ; comme le grossissement est le quotient de la focale de l’objectif par la focale de l’oculaire, la pupille de sortie est aussi le quotient de la focale de l’oculaire par le rapport F/D du télescope. C’est principalement cette dernière formule, très pratique, qui est utilisée.
Pupille de sortie = (focale oculaire) / (rapport F/D)
Ainsi, deux télescopes seront exploités dans les mêmes conditions pour l’œil s’ils présentent la même pupille de sortie. Soit par exemple un 200mm à F/D = 6 et un 300mm à F/D = 5 ; une pupille de sortie de 2mm sera obtenue dans le premier cas par un oculaire de focale = 2 X 6 = 12mm (G = 100X) et dans le deuxième cas par un oculaire de focale 2 X 5 = 10mm (G = 150X). Dans ces deux cas, la sensation de luminosité du fond du ciel est identique et toutes les informations disponibles dans chacun des deux instruments seront visibles dans les mêmes conditions de luminosité et contraste ; bien évidemment la quantité d’information collectée par le 300mm est supérieure à celle collectée par le 200mm !
(*) Au passage, on peut en déduire que l'association d'un très grand champ et d'une large pupille n'est absolument pas rentable... ce qui devrait tempérer les envies d'oculaires à super-grand champ et faibles focales !
Le tirage d'anneau oculaire (eye relief en anglais, ce qui est intraduisible) est la distance maximale entre la lentille d'oeil de l'oculaire et l'anneau oculaire (dont le diamètre est égal à la pupille de sortie) qui intercepte tout le champ de l'oculaire. Cette valeur est strictement liée à la conception de l'oculaire : courte pour les oculaires classiques (Plössl, Orthoscopiques...) et plus élevée sur les oculaires modernes comportant un élément frontal divergent.
Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas exactement la distance à laquelle il faut placer l'oeil de l'oculaire. D'une part, si vous ne souhaitez pas intercepter tout le champ, vous pouvez placer l'oeil bien en arrière et d'autre part, si l'iris de l'oeil est plus grand que la pupille de sortie (ce qui est souvent le cas en astronomie), la distance de l'oeil à la dernière lentille peut être augmentée (sans réduction du champ) de la quantité :
TA (tirage additionnel) = (Ouverture iris - Pupille de sortie)/ (2*tg(B)), où B est la moitié du champ en °
Exemple : pour un Orthoscopique de 5 mm de focale (champ 45°, eye relief 3 mm) sur une TEC 140 de 980 mm de focale :
- observation des planètes : l'iris est ouvert à 5 mm (ou plus) et la pupille de sortie est de 0.72 mm ; la distance TA est alors de 5 mm qui s'ajoutent aux 3 mm de tirage d'anneau (eye relief). L'oeil doit donc se trouver à 8 mm des lentilles ; si l'objet est bien centré, l'oeil peut être reculé à 10 mm sans grand inconvénient.
- observation de la lune : l'iris se ferme à 2.5 mm. Dans les mêmes conditions, la distance TA vaut 2 mm. L'oeil doit donc se trouver à 5 mm des lentilles ce qui est moins confortable... d'autant que l'ensemble du champ doit être intercepté !
Le tirage d'anneau (eye relief) permet donc d'évaluer le confort de l'oculaire, notamment pour les porteurs de lunettes. Les données sont généralement fournies par le fabriquant ; pour en déduire le confort effectif sur votre instrument, vous devez tenir compte de l'utilisation que vous comptez en faire, fonction du champ de l'oculaire, de la pupille de sortie et du type d'observation : astronomique (larges pupilles) ou terrestre/lune (petites pupilles).
Tous les observateurs confirmés savent qu'il est inutile et parfois nuisible d'appliquer un grossissement trop élevé. En fait c'est notre détecteur naturel (l’œil) qui conditionne le grossissement optimal. Essayons de déterminer le grossissement optimal :
Ce grossissement optimal doit en effet :
- exploiter au mieux le pouvoir séparateur de l'instrument (120/D en " avec D en mm) compte tenu du pouvoir séparateur de l’œil nu (environ 60" pour un contraste de 100%). Cela nous donne un grossissement minimal de : G=60/120*D soit Gmin = D/2 que l'on appelle grossissement résolvant théorique.
- exploiter au mieux le pouvoir séparateur de l’œil en fonction du contraste. Selon Danjon et Couder, le pouvoir séparateur de l’œil est variable en fonction des contrastes suivant le tableau ci-dessous (*) :
|
Contraste (%) |
89 |
70 |
49 |
38 |
27 |
16 |
10 |
6 |
2.5 |
|
Pouvoir séparateur |
74" |
76" |
80" |
82" |
84" |
89" |
95" |
105" |
127" |
Il ressort de ce tableau qu’il est nécessaire de «grossir» pour percevoir des faibles contrastes : par exemple, pour des contrastes minis de 5%, le pouvoir séparateur de l’œil est de 127" ce qui impose un grossissement résolvant mini de 1.05D.
D'un autre côté, il faut aussi exploiter notre détecteur (l’œil) dans les meilleures conditions compte tenu de ses aberrations optiques. Cette condition conduit à réduire la pupille de sortie à moins de un millimètre valeur pour laquelle l’œil peut être considéré comme optiquement parfait. Si D est le diamètre de l'objectif et G le grossissement, le diamètre de la pupille de sortie (ou anneau oculaire) est égal à P/D ; cela nous donne un grossissement correspondant G=D (D en mm).
Il résulte de ces considérations que le grossissement résolvant pratique est égal ou supérieur à une fois le diamètre de l'objectif.
Ensuite, si l'on pousse le grossissement, les contrastes se réduisent également ce qui diminue d'autant la possibilité de les détecter visuellement. Aussi, le grossissement optimal reste assez subtil à trouver puisqu’il dépend de la luminosité de la planète (**) et fait intervenir des caractéristiques physiologiques. On pourra retenir que les observateurs confirmés, et surtout ceux qui dessinent, suggèrent un grossissement optimal maximal très légèrement supérieur 1D soit 1.2D à 1.4D (pupille de 0.8mm à 0.7mm). La modulation entre ces deux valeurs se révèle assez critique car vraisemblablement "physiologique" (variable pour chaque individu) et aussi fonction de la transmission de l'instrument puisque la quantité de lumière disponible influe sensiblement sur la qualité des contrastes perçus. On pourra prendre par exemple Gmax = 1.4 D X Racine(T) ou T est la transmission globale de l’instrument (c.f performances). Cela donne sensiblement :
G= 194 X pour une APO de 140mm (~1.4D pour une lunette)
G= 255 X pour un Newton de 200mm
(~1.2D pour un télescope obstrué)
Au dessous de 0.7mm du pupille, et suivant votre âge (surtout au delà de 50 ans), vous noterez une gêne accrue du fait des corps flottants de l'oeil ; cette gêne est variable suivant les observateurs, l'oeil et les périodes (***) ; ce phénomène est une bonne raison de ne pas grossir davantage.
Toutefois, si vous êtes tenté par un grossissement très fort (généralement 2 X D en mm), cela reste parfaitement possible avec un instrument de bonne qualité ; c'est même recommandé si vous souffrez d'un astigmatisme prononcé. Un tel grossissement est gratifiant et facile même le repérage de certains petits détails très contrastés : ombres lunaires, division de Cassini ou de Encke.... mais en regardant de plus près vous noterez que les faibles écarts de contrastes, surtout dans les bandes des planètes gazeuses, sur des plages assez étendues, sont moins facilement visibles ou même disparaissent du fait de la chute de luminosité. Aussi, sans les proscrire, je suis assez réservé quant à l'utilisation systématique de ces grossissements très forts : en effet, en observant un peu vite, l'image reste excellente avec des bords bien nets et est impressionnante sur les bons instruments mais... des contrastes sont perdus et s'ils sont perdus... on ne les voit pas ... et l'on ne voit pas qu'ils sont perdus ! Il est donc prudent de passer d'un grossissement à l'autre ~1.5D (faibles contrastes, grandes plages) à 2D (contrastes élevés, détails fins) pour extraire de l'image le maximum d'informations.
Enfin, en appliquant un grossissement dément (3 X D en mm), l'image devient délavée et la perte de contraste est alors évidente (si elle ne l'est pas à 2D). Néanmoins, l'image reste regardable sur les instruments de bonne qualité ... ce qui est une façon rapide de tester un instrument.
(*) fort heureusement, pour un arrangement particulier des détails : point isolé ou ligne continue..., l'oeil peut résoudre des écarts angulaires bien plus faibles...
(**) par exemple, la Lune et Mars plus lumineuses que Saturne ou Jupiter permettent des grossissements plus élevés.
(**) il est intéressant de savoir qu'elle est très atténuée par l'utilisation d'une tête binoculaire !
A consulter : Closer look at High magnifications
En ciel profond, un grossissement élevé assombrit le fond du ciel et améliore le contraste ; il y a donc toujours intérêt à observer avec l’oculaire qui donne le grossissement le plus élevé sur le plus grand champ compatible avec l’objet à observer : deux critères incompatibles ! En pratique, le grossissement le plus élevé compatible avec la plupart des objets du ciel profond et assombrissant «suffisamment» le fond du ciel est celui qui donne une pupille de sortie de l’ordre de 1.5mm à 2mm (instruments de 100 à 200 mm). Cet oculaire, d’utilisation fréquente, sera choisi avec le plus grand champ possible ; les Nagler, Speers Waler et d’autres oculaires à 82° de champ font ici merveille. Pour quelques nébuleuses planétaires à l’aspect quasi stellaire, il sera également possible d’utiliser l’oculaire planétaire ou un oculaire complémentaire de 1mm de pupille (grossissement dit résolvant) ou légèrement supérieur.
Par ailleurs, un oculaire de repérage ou permettant l’observation de larges amas ouverts ou de nébuleuses brillantes (M42, M20....) de 3mm de pupille environ est indispensable. Le plus souvent un champ de 65° est suffisant... mais évidemment on a le droit d'être tenté par un Nagler ou un Ethos. Cependant, avant de faire des folies, il faut tenir compte du fait que sur un télescope courant, on tangente déjà ou on dépasse les limites du champ de pleine lumière et sur une lunette... un oculaire de plus grand champ encore est souhaitable (voir ci-dessous).
Au delà et si l'instrument le permet (en particulier les lunettes non limitées par le vignetage) il est effectivement intéressant de disposer d'un oculaire permettant d'observer des objets très étendus de type América, Dentelles du Cygne, M8 & M20, M31 : pour fixer les idées, l’idéal est de pouvoir observer sur 2.5° ! Il faut toutefois ne pas méconnaitre les limitations théoriques : au delà de 5mm de pupille, dans la plupart des cas, le fond du ciel n'est plus assez sombre et la pupille de l'oeil est diaphragmée ce qui revient à diaphragmer l'instrument. Même pour des grossissements de 4 à 5mm de pupilles obtenus avec des oculaires de très large champ (80° ou plus), la rotation de l'oeil conduit à diaphragmer la pupille de sortie... raison pour laquelle je cantonne - modestement - les très larges champs (82°) à des pupilles moyennes (2 à 3mm). En fait c'est surtout une raison pour en faire l'économie parce que bien entendu, "qui peut le plus... peut le moins" et si le large champ est le but poursuivi, il ne faut pas s'en priver par des considérations théoriques.
Les oculaires indispensables seront donc :
- un oculaire planétaire de très haute qualité optique donnant
une pupille minimale entre 0.7mm et 0.8mm pour un réfracteur (1.25D
à 1.4D) et entre 0.8mm et 0.9mm pour un réflecteur
obstrué (1.1D à 1.25D) ; le champ 45° ou 50° d’un Plössl ou d’un
Orthoscopique est suffisant,
- un oculaire de ciel profond à très large champ (65°
à 80°) donnant
une pupille de l’ordre de 1.5mm à 2mm (amas globulaires, petites galaxies,
nébuleuses planétaires),
-
un oculaire de repérage et de large champ : soit un 65°/70° (ou
plus) donnant 3mm de
pupille (amas ouverts, champs galactiques, grandes nébuleuses diffuses).
Les oculaires complémentaires seront :
- un oculaire très fort de bonne qualité optique donnant une pupille minimale de 0.6mm
à 0.5mm, à utiliser lors des meilleures conditions, en parallèle
avec l'oculaire planétaire normal,
- un oculaire de grossissement résolvant (pupille 1mm
ou légèrement supérieure) à grand
champ (65° est suffisant) utilisable sur certaines nébuleuses planétaires ou
amas globulaires, la lune et, le cas échéant, sur les planètes lorsque les
conditions atmosphériques sont médiocres,
- pour les lunettes, un oculaire à très large champ et de longue
focale permettant d’exploiter le champ le plus important possible (2° à 3° de
champ réel suivant l’instrument et les types d’oculaires compatibles)
Ces indications sont surtout valables pour des instruments jusqu’à 150mm environ. A partir de 200mm et au delà, il faudra composer avec l’atmosphère et plafonner les grossissements entre (environ) 200X et 350X maximum suivant les conditions effectives. Il faudra également s’assurer que les caractéristiques mécaniques et optiques (pleine lumière, coma) sont bien compatibles avec les oculaires à grand champ ou de longue focale.
Je préfère avouer tout de suite que je ne suis plus guère adepte des lentilles de Barlow pour l’observation visuelle. En théorie pourtant, les lentilles de Barlow améliorent le rendement des oculaires hors axe en réduisant l’ouverture du faisceau. Malheureusement, en pratique, outre les aberrations optiques supplémentaires (aberration de sphéricité et aberrations chromatiques) induites par la plupart des Barlow de qualité médiocre et moyenne (y compris la Meade série 4000 dont je dispose !), les points faibles sont les réflexions internes et le centrage géométrique. En dernier lieu, les Barlow au diamètre 31.75 sont susceptibles de produire du vignetage avec les oculaires à très grand champ. Attention au critère apochromatique pour les Barlow : il veut rien dire et ne s’applique pas à un élément divergent ; en fait toutes les Barlow sont suffisamment achromatiques mais sont souvent sources d’aberrations géométriques si elles ne sont pas de très bonne qualité.
Je me souviens cependant d’excellents résultats avec une Barlow Clavé des années 70 utilisée avec les Plössl de la marque ; mais à l’époque, les oculaires à grands champs n’existaient pas et le jeu d’oculaires ne se déterminaient pas de la même façon.
Aujourd’hui, compte tenu de la variété des oculaires disponibles, je préfère un jeu d’oculaires judicieusement choisi qui combine le champ pour les plus faibles grossissements et la transmission ou la qualité optique pour les grossissements les plus forts ; une lentille de Barlow ne permet pas d’optimiser ces paramètres et est rarement compatible avec les oculaires à très grand champ.
Sachant que cet accessoire est malgré tout indispensable pour la photographie au foyer et qu'il améliore bien le rendement et le confort d'oculaires classiques (Plössl ou Orthoscopique) sur les télescopes très courts (F/D < 5), choisissez une Barlow d’excellente qualité optique et mécanique munie d’un bafflage (filetage interne) ; il y en a très peu et elles coûtent deux ou trois le prix d’un oculaire planétaire de bonne qualité ou le prix d’un oculaire à grand champ.Au contraire du télescope ou de la lunette qu'il équipe, l'oculaire "travaille" sur un très large champ apparent (>50° contre quelques degrés pour le télescope). Hors de l'axe, il apparaît alors différents défauts et disons tout de suite que l'oculaire parfait n'existe pas d'autant que certains paramètres sont incompatibles entre-eux. Les défauts et aberrations principaux sont les suivants :
Correction sur l'axe (géométrique et chromatique) : normalement corrigée ou alors ce n'est pas un oculaire... Attention toutefois à certaines Barlow qui peuvent effectivement introduire ce genre d'aberrations.
Astigmatisme et courbure de champ (hors axe) : un oculaire présente toujours l'un de ces deux défauts proportionnellement à son champ et inversement proportionnellement à sa focale ; de plus l'astigmatisme d'un oculaire n'est pas constant car inversement proportionnel au carré du rapport F/D du télescope (qui caractérise l'obliquité du cône de lumière atteignant l'oculaire) : il augmente donc très vite lorsque F/D diminue. Sur une étoile, l'astigmatisme se manifeste par une élongation sagittale d'un côté du foyer et tangentielle (à 90°) de l'autre côté et une tâche informe entre les deux éventuellement allongée dans le sens de la coma du télescope si elle est prononcée : il faut donc "jouer" de la mise au point pour caractériser l'astigmatisme. La courbure de champ se manifeste par des étoiles "au point" au centre et défocalisées sur les bords (et vice-versa) ; la sensibilité à ce dernier défaut varie suivant l'observateur et sa capacité d'acommodation. Ces deux aberrations se combinent avec les aberrations propres de l'instrument (surtout coma et courbure de champ) sans vraiment se compenser (au mieux, elles ne se cumulent pas trop) ce qui complique leur évaluation ; mais en général et pour simplifier, les aberrations dominantes en bord d'un oculaire à large champ (Wide field) sont l'astigmatisme OU la courbure de champ de l'oculaire d'une part ET la coma du télescope d'autre part. Ces deux aberrations sont donc très sensibles au type d'instrument utilisé.
Distorsion linéaire et angulaire : un oculaire présente toujours l'un des deux défauts. Les oculaires astronomiques présentent surtout une distorsion linéaire qui fait apparaître les lignes droites incurvées près des bords mais respectent les écarts angulaires (un planète reste ronde sur les bords). Les oculaires terrestres privilégient la linéarité. La distorsion est plus importante sur les oculaires à grand champ bénéficiant d'une très haute correction de l'astigmatisme (Nagler, Panoptic par exemple) ; elle est très faible sur les orthoscopiques.
Aberration sphérique de la pupille de sortie : ce n'est pas une aberration au sens habituel du terme mais une caractéristique de certains oculaires à grand champ qui produisent plus ou moins (suivant leur conception et le diamètre de la pupille de sortie de l'instrument) des effets d'ombres volantes ou de "haricots noirs" (kidney bean effect) suivant la position et l'ouverture de la pupille de l'oeil. Il faut alors placer et maintenir la pupille de l'oeil strictement dans l'axe optique pour les éviter. Pour un oculaire donné, cet effet est moins important avec un instrument de plus grand rapport F/D. C'est un paramètre de "confort".
Chromatisme de grandeur apparente (ou "chromatisme latéral" = lateral color) : il est caractérisé par une variation de la déviation angulaire suivant la longueur d'onde, d'autant plus élevée que l'on se rapproche du bord du champ. Il est bien visible dès 50° de champ sur tous les oculaires sous forme de liserés colorés qui s'épaississent lorsque l'on se rapproche des bords de champs. En général il n'apparaît que sur les objets très lumineux (limbe lunaire) et n'est pratiquement pas perceptible sur les étoiles ; il n'affecte nullement la résolution sur les planètes si elles sont maintenues au centre du champ (à +/-10° de champ apparent) ; toutes les formules modernes d'oculaires en présentent de façon quasi-équivalente.
Transmission, reflets, lumières parasites : liés à la qualité des traitements (multi-couche, optimisation suivant la nature des verres) et d'assemblage (traitements en noir des bords de lentilles, bafflage). La qualité de la transmission par elle-même ne peut pas être appréciée directement à l'oeil car un excellent traitement n'apporte que +0.1 magnitude de transmission par rapport à un traitement médiocre ! Aussi, lorsque des différences de luminosité sont rapportées, notamment en planétaire, elles peuvent parfois provenir de différences de grossissements : en effet les focales indiquées ne sont jamais exactes. Mais la qualité du traitement se manifeste surtout par d'autres défauts tels que des reflets, lumières parasites, éclaicissement du fond du ciel +/- importants, désagréables en planétaire et qui peuvent effectivement entraîner une réduction des contrastes en ciel profond et finalement une perte dans la perception des magnitudes limites. Par ailleurs, certains traitements apparaissent "plus chauds" ou au contraire "neutres" mais cela n'a aucune influence sur la transmission et n'a qu'une influence minime sur les contrastes planétaires (dans un sens ou dans un autre suivant les couleurs dominantes).
Diffusion : perte de contraste liée à la qualité de polissage, d'assemblage (y compris propreté) et inévitablement au nombre de surfaces des lentilles au contact de l'air (surfaces air-verre). Toutefois, on ne peut établir que des "comparaisons" et il faut alors utiliser des oculaires de focales très proches car une différence de grossissement est rapidement sensible sur la perception des contrastes planétaires. Les différences sont généralement subtiles et subjectives mais sont détectables par des observateurs attentifs.
Un derniers mots sur le test d'un oculaire : un oculaire astronomique se teste de nuit et un oculaire terrestre se teste de jour ; en effet chaque type est optimisé pour une utilisation astronomique ou terrestre : notamment quant aux distorsions et à la correction chromatique. En outre, un télescope astronomique est mal corrigé pour des objets rapprochés et d'autres aberrations peuvent apparaitre. Enfin, les planètes s'observent toujours au centre du champ ; il est donc contre-productif de placer une planète au bord du champ d'un "Wide-field" car les aberrations du télescope sont largement dominantes notamment pour les Newton, les Schmidt Cassegrain et les Dall et les aberrations que l'oculaire peut révéler ne sont pas pertinentes pour une utilisation générale.
Personnellement, je préfère les oculaires qui minimisent la courbure de champ plutôt que l'astigmatisme (s'il est modéré) et j'attache une importance au confort, à la diminution des reflets, des lumières parasites et de la diffusion. Je n'attache pas beaucoup d'importance à la distorsion ou à un chromatisme de grandeur tout juste perceptible.
Pour en savoir plus : TELESCOPE EYEPIECE: Functions and aberrations
- ces oculaires ont été utilisés uniquement avec des instruments
de F/D>5 : les conclusions ne valent donc pas pour des instruments plus courts,
-
les résultats peuvent varier d'un type d'instrument à un autre,
-
il est très important de mettre les oculaires "en température"
avant de les tester (un oculaire sortie d'une poche perturbe grandement l'équilibre
thermique d'un instrument)
- les oculaires recommandés sont marqués
ainsi : [*]
Je dispose des SP 32, 26 et 9 mm (*). Ces oculaires économiques sont de qualités tout à fait satisfaisantes. Le 32 mm est même dans sa gamme de prix tout à fait intéressant. Le champ est bien corrigé de l'astigmatisme sauf tout près des bords ; il n'y a pas de reflet mais évidemment le tirage oculaire (eye relief) est réduit et le champ un peu étroit ! Toutefois, en planétaire, il n'égalent pas les Plossl TV ; grosso-modo, le rendu est plutôt équivalent à celui d'un Nagler.
Le champ annoncé, de 68 °, est sans doute un peu optimiste. L'oculaire est d'assez bonne qualité, bien piqué au centre ; il présente un léger astigmatisme sur les bords et le contraste global est moyen du fait d'un traitement perfectible. Ce n'est sans doute pas le meilleur de la catégorie mais ce n'est pas un mauvais achat : un peu moins cher qu'un Panoptic il est logiquement d'une qualité inférieure. Le Speers 14 encore moins cher que le SWA 13.8 est toutefois nettement supérieur en contraste, qualité du champ et confort...
Le champ réel est de l'ordre de 65° (pour 68° annoncé). L'oculaire n'est pas exceptionnel mais sans défaut majeur ; il est bien piqué au centre et reste agréable à utiliser malgré un eye relief assez faible mais assez commun pour des oculaires à grand champ compacts ; il présente de l'astigmatisme sur les bords (un peu plus que le SWA 13.8 et beaucoup plus que le Panoptic 24). Mais la différence la plus évidente entre cette série SWA (déjà ancienne) et la série Panoptic ou d'autres oculaires récents semble être la qualité des traitements anti-reflets : les SWA ont manifestement un facteur global de transmission inférieur à ce qui se fait de mieux actuellement. Le rapport qualité/prix est donc à examiner au vu de la concurrence sachant que le SWA 24.5, dans sa gamme de focales, et pour son champ était (*) l'un des moins chers du marché... et qu'il est au coulant de 31.75 mm. Il me paraît être un bon achat par exemple pour un petit instrument (ETX90...).
(*) Meade ne semble pas réajuster ses prix ; Télévue paraît, en 2005, présenter un meilleur rapport qualité/prix. Par ailleurs, il faudrait maintenant compter avec les nouvelles séries 5000.
Cette Barlow (de type triplet ED) est généralement bien notée. Mais si cette Barlow est bien achromatique, elle introduit tout de même une aberration de sphéricité perceptible sur tous les instruments testés (Clavius, APO). Par ailleurs, le centrage n'est pas parfait du fait d'une légère différence de diamètre avec le porte-oculaire (constaté tout de même sur deux instruments) ; il en résulte des aberrations géométriques supplémentaires. En bref, mécaniquement et optiquement, je n'en suis pas satisfait.
Cet amplificateur 2.5X (pour ne pas dire Barlow) se fait quasiment oublier. Les corrections géométriques et chromatiques ne sont aucunement affectées et le tirage est comparable avec ou sans. Cet amplificateur n'apporte aucune aberration suplémentaire et le contraste est donc nettement meilleur qu'avec la Barlow Meade. Par ailleurs, notamment par rapport à la Barlow Meade, le centrage est parfaitement obtenu. J'ai testé l'ensemble Powermate 2.5X + Plossl 11mm et il s'avère tout à fait honorable par rapport au Pentax XO 5mm qui présente une focale presque équivalente.
Disposant d'un champ de près de 80° et vendu un peu plus de 200€, le Speers-Waler 10mm gagne a être connu car cet oculaire est tout à fait exceptionnel : un champ parfaitement corrigé d'un bord à l'autre, une transparence très agréable et un eye relief suffisant. En fait cet oculaire est souvent favorablement comparé avec les Nagler de 9 mm. Son seul inconvénient réside dans le court tirage qu'il impose en sortie du tube optique (à environ - 30mm de la mise au point d'un oculaire standard). Je l'utilise surtout en ciel profond pour amener les objets à un grossissement convenable tout en conservant l'avantage esthétique d'un très large champ.
Cet oculaire a pratiquement les mêmes qualités que le 10mm ; il présente tout de même une très légère courbure en bordure de son large champ de près de 75° à 80° mais pas d'astigmatisme. Une transparence très agréable, un eye relief bien dosé pour moi (12mm à 16mm suivant les versions) et son prix de moins de 200€ en font un oculaire de référence. Cet oculaire est désormais disponible en 82° de champ (SWA 14). Comme les autres Speers Waler, il impose un tirage court derrière le porte oculaire.
J'ai eu une première version du Speers-Waler 18 en série long focus donnée pour 70° de champ (SW 18). Cette version s'est avérée décevante avec une courbure de champ prononcée et m'a conduit à acquérir un Panoptic 19mm. Toutefois étant séduit par les autres oculaires de la gamme, j'en ai discuté avec Sky Instruments (Antares) et, à l'occasion d'une autre acquisition, ils m'ont proposé un échange standard avec la nouvelle version SWA en 82°. Cette nouvelle version est en effet très différente et ne présente plus aucune courbure de champ. Elle présente malgré tout, en bord de champ un astigmatisme un peu plus prononcé que le Panoptic 19mm qui n'est pas parfait non plus ; pour être plus précis, les défauts du SWA18 passent moins inaperçus que ceux du Panoptic 19. En fait, compte tenu de la différence de focale entre les deux oculaires (et donc de grossissements), les champs réels exempts d'aberrations sont exactement identiques sur le Panoptic et le Speers Waler SWA 18mm. Enfin, le fond du ciel étant un peu assombri par le grossissement plus important du SWA 18mm et le champ total étant plus important (effet Space Walk), les vues avec le SWA s'avèrent équivalentes ou même meilleures que celles du Panoptic 19 ! Le SWA 18 est donc réhabilité... Attention, toutefois, le SWA 18 nécessite un tirage très court (encore plus court que les SW 10 et SW 14) du porte oculaire et ne conviendra pas sur un Dobson calculé trop juste. Sa formule peut également être incompatible avec un rapport focal très court (< F/6 non testé).
Cet oculaire zoom de prix modéré est absolument unique compte tenu de ses caractéristiques ; ce n'est pas vraiment un zoom mais plutôt un oculaire à focale variable de 5 à 8mm. Il est constitué d'un élément positif principal et d'un élément divergent frontal dont la distance au corps est variable. Il semble que cette optique comporte plutôt moins de compromis qu'un zoom classique mais par contre la mise au point est totalement perdue à chaque changement de focale. Le SW 5-8mm possède également les caractéristiques exceptionnelles des autres oculaires de cette gamme : un champ extravagant de 82° à 84°, un très bon contraste, des couleurs neutres et une correction en bord de champ irréprochable : imaginez la Lune avec 7mm de focale (154 X) tenant en entier dans le champ et totalement nette d'un bord à l'autre ! Les vues à la focales minimales (un peu moins de 5mm) sont tout aussi impressionnantes. Le confort est tout à fait bon pour un zoom doté d'un aussi large champ : eye relief de 12mm. Les plus gros défauts sont d'ordre "mécanique" : absence de crantage et coulissement cahotique de la bague de zoom, hauteur inhabituelle et poids de près de 450 grammes qui nécessitent un porte-oculaire solide et une bonne monture.
Bref un zoom d'excellente qualité optique, ce qui est rare mais toutefois peu pratique d'emploi.
|
|
|
Oculaire variable SWA 5-8mm : position 5mm (à gauche) et 8mm (à droite)
Le SWA 5-8 me paraît parfaitement adaptée à une utilisation générale et sur la Lune. En planétaire, une formule spécialisée (Orthoscopique de haut de gamme ou Plössl...) est toujours préférable à une formule complexe mais les résultats du SWA 5-8 restent d'un très bon niveau comparable aux autres oculaires à large champ testés ici.
A noter que, à l'instar des autres Speers Waler (sauf type Long Focus), la rentrée de l'oculaire est plus importante que la moyenne et il pourrait ne pas convenir sur certains Dobsons.

Gamme Speers Waler
Oculaire compact et d'excellente qualité (confort, transmission, correction) très agréable à utiliser mais le Speers Waler 10mm n'est pas loin. Le champ est très bien corrigé ; le chromatisme quasiment toujours présent sur les oculaires à grand champ est très discret et se renforce uniquement en bord extrême de champ. Cependant, de mon point de vue le Nagler 11mm est légèrement en retrait en planétaire par rapport à un Plossl ou un Radian TV car plus "soft". Ce n'est pas gênant compte tenu de sa destination et le Nagler 11mm peut donc être recommandé sans hésitation pour un usage général quite à basculer sur un simple Plossl en planétaire si les conditions sont bonnes.
Oculaire compact et d'excellente qualité à tous points de vue ; le piqué pourrait être même meilleur que celui du T6 11mm. Toutefois le confort n'est pas bon avec un tirage d'anneau (eye relief) de 10mm seulement pour embrasser tout le champ de 82°. Le résultat est qu'il est difficile de profiter du très grand champ et qu'un panoptic 19mm est préférable pour un champ couvert équivalent ! ceci étant (et explique peut être cela) c'est le Nagler de plus longue focale en 31.75mm. Si ce n'est sa compacité, il n'a aujourd'hui plus grand intérêt par rapport à l'Ethos 13mm.
Cet oculaire est largement connu et apprécié ; j'ai du l'acquérir pour remplacer le premier 18mm Speers Waler... Les étoiles sont ponctuelles sur un large champ, mais pas jusqu'au bord (légère courbure de champ) ce qui est un peu décevant malgré tout. L'astigmatisme est perceptible près des bords du champs mais ne distrait pas l'attention. L'oculaire est peu encombrant et très agréable à utiliser sur les amas ouverts et en ciel profond... Cet oculaire ne peut toutefois convenir en terrestre car il déforme les bords du champ du fait de la distortion propre au Panoptics. C'est une valeur sûre comme d'ailleurs la quasi totalité des oculaires de Televue.
Excellent oculaire notamment par rapport au Meade SWA 24.5 : meilleur contraste et étoiles ponctuelles jusqu'au bord avec la TEC140 (vraisemblablement encore mieux que le Pan 19). Le confort est satisfaisant et l'oculaire léger. Comme tous les Panoptic, il montre une déformation du champ mais qui n'est pas gênante en astronomie.
Oculaire impressionnant et qui se révèle très agréable à utiliser. Le champ de 68° est finalement bien calibré et l'oculaire est moins lourd et moins cher qu'un Nagler 31mm. En tout état de cause, le confort est très satisfaisant et je ne lui trouve pas de défaut, hors la distorsion propre aux Panoptic et... la présence de poussières sur les lentilles ; il est notable de constater qu'à cette focale, la courbure de champ est nulle (la mise au point au centre et sur les bords de champ est strictement identique) ; le chromatisme sur le limbe lunaire (soit des conditions très sévères étant donné la quantité de lumière) est discret et limité au 1/3 externe du champ et n'altère absolument pas l'observation. Globalement rien à voir avec l'Antares 30mm qui fait alors piètre figure... Une valeur sûre à recommander en particulier avec un réfracteur qui supporte bien les champs larges à faible grossissement (pupille ~5mm).
Voilà un oculaire couteux mais bien construit et confortable. Les traitements sont toujours très poussés sur les Pentax ce qui garantit une transmission très élevée. Le champ de 70° est très bon mais avec malgré tout une légère courbure de champ (caractéristique de certains Pentax XW au dessus de 14mm) sans aucune trace d'autre aberration géométrique ; pour être exhaustif, le chromatisme sur un limbe lunaire (soit des conditions très sévères étant donné la quantité de lumière) est plus prononcé que sur le Panoptic 35mm et règne sur 50% du champ ; mais en pratique, ce défaut présent sur tous les oculaires à grand champ (au moins sur les bords), ne se remarque absolument pas vraiment en observation stellaire courante ! Le tirage d'anneau (Eye Relief) de 20mm est très confortable voire trop important et il faut bien ajuster la position de l'oeil (ou la hauteur de la bague) car, en tout état de cause à F/5, mais pas à F/7, une "aberration de la pupille de sortie" est perceptible ; mais le confort est également un point fort des Pentax XW.
J'ai néanmoins une préférence pour le Panoptic 35mm qui offre des corrections aussi bonnes ou très légèrement meilleures (du fait de l'absence de courbure de champ), qui est un peu moins lourd et avec lequel l'oeil trouve plus facilement sa position idéale. Toutefois il faut savoir qu'avec les Panoptic, si le champ est parfaitement corrigé, c'est au détriment de la géométrie. En effet, Al Nagler a privilégié la correction optique au détriment de la distortion alors que Pentax et d'autres semblent plutôt respecter la géométrie. Un observateur jeune capable d'accomoder en bordure de champ sera moins gêné qu'un observateur presbyte par une faible courbure de champ (comme celle du Pentax XW 30). Le choix entre les deux est donc affaire de goût... il faut les essayer ce qui, évidemment, est plus facile à dire qu'à faire.

Pentax
XW30, Panoptic 35mm et... Meade 32mm Plossl

De
gauche à droite : Pentax XW 30, Antares Erle 40, TV Panoptic 35mm
Le
traitement du Pentax XW est le meilleur, suivi du Panoptic et
de loin par l'Antares
Quel que soit le bien que l'on peut penser d'un Nagler 11mm pour l'usage principal auquel il est destiné (le ciel profond), il s'efface devant le contraste supérieur d'un Plossl Televue 11mm en planétaire : sur la Lune avec le Maksutov TEC MC200 à F15.5, tel craterlet vu au Nagler semble mieux délimité avec le Plossl ; sur Mars la focalisation s'avère très franche alors que l'image reste "soft" dans le Nagler ; sur Saturne, les satellites sont détectées avec un peu plus de facilité sur un ciel un "tantinet" plus sombre. Comparés aux Radians de mêmes focales (voir test des radians 8mm 10mm 12mm) les Plossl s'avèrent aussi légèrement supérieurs et donnent un peu plus de pep's ; la différence est toutefois moins franche qu'avec les Naglers.
En tout état de cause, à un prix très accessible, les Plossl Televue passent pour être parmi les meilleurs oculaires planétaires disponibles dans cette gamme de focale au moins pour les rapports de focales les plus longs (F/8 et au delà). Le champ est très "propre", exempt de chromatisme sensible même sur les bords extrêmes du champ de 50° (soit un champ supérieur à celui d'un Plossl classique ou d'un orthoscopique) ; le confort est bien moindre qu'avec des Radians bien entendu. Malheureusement, cette gamme est peu étendue et la plus faible focale est de 8mm ce qui les destine à des telescopes Cassegrain de rapport F/10 au moins ou éventuellement sur un instrument plus court avec une Powermate 2.5X qui donne d'excellents résultats ; la raison d'être de cette limitation est que - peut être - d'après certains - les Plossl TV fonctionnement moins bien avec un faisceau ouvert à F/8 et plus...
Globalement, en planétaire, les Plossl TV restituent une impression de "découpe au rasoir" des surfaces similaire à celle dégagée par le Pentax XO avec seulement une différence de teinte.
Nota : Il existe un grand nombre de variations de design pour les Plossl (la formule de TV est brevetée). Le Plossl original a été conçu comme un oculaire à "grand champ" (pour l'époque) et comprenait deux doublets dissymétriques au bénéfice d'une meilleure correction sur l'ensemble de champ (mais pas sur l'axe qui était très légèrement compromise) et au détriment d'une distorsion légèrement accrue par la dissymétrie. L'utilisation de verres à hauts indices et de fortes courbures permet désormais d'obtenir aussi bien que le design original, sur 50°, avec deux doublets symétriques sans compromis sur la correction axiale. Aussi, contrairement à ce qui se dit souvent, les Plossl dissymétriques ne seraient pas supérieurs aujourd'hui (et certainement pas sur l'axe) compte tenu de tous les degrés de liberté dont l'opticien dispose, aussi il ne se fabrique plus de Plossl de ce type ; les derniers en date étant ceux de Clavé selon une formule de Zeiss (à noter d'ailleurs que cette dissymétrie pourrait être obtenue par variation des indices de verres...). A savoir : Les Plossl sont presque orthoscopiques ; en examinant la formule d'un Plossl de loin, on voit... un monocentrique !
(*) avec les réserves d'usage car une différence de focale même minime suffit à fausser toute appréciation de la transmission de deux oculaires.
Cet oculaire doté d'un champ énorme bouscule toutes les considérations habituelles de champ/pupille ; c'est bien un cas à part et il ne peut être comparé à aucun autre. Il existe un grand nombre de revues très positives de cet oculaire exceptionnel et je ne peux que confirmer ses qualités de transmission et de correction. Mais la caractéristique unique de l'Ethos 13 est qu'il remplace un zoom !... Enfin plus exactement il rend toute focale usuelle entre 13mm et 22mm (70°/80° de champ moyen) à peu près inutile... malgré son prix c'est donc un investissement intéressant. Je l'ai beaucoup utilisé, et presque de façon exclusive, sur le Newton 200mm à F/5 : la coma y est très légèrement perceptible mais ne nécessite pas de Paracorr ; le champ de 1.30° offre des vues splendides de presque tous les amas ouverts ; par exemple, le double amas de Persée est bien plus beau avec l'Ethos 13 qu'avec le Pentax XW 30 même si ce dernier donne des étoiles un peu plus ponctuelles (le grossissement plus faible aidant à atténuer la légère coma et la très légère courbure de champ). L'Ethos 13 est donc très bien adapté à un instrument à F/5 mais convient tout à fait à des instruments jusque F/7 : le fond du ciel y est suffisamment sombre mettant bien en valeur le contraste et le champ époustouflant. Il est de moindre intérêt au delà de F/9 puisque la pupille se réduit en dessous de 1.5mm mais sur le Mak à F/15.5, il retrouve son utilité en devenant à la fois oculaire de pointage et oculaire d'utilisation générale y compris planétaire !
En planétaire avec le MAK à F15, j'estime le contraste de l'Ethos 13mm équivalent à celui d'un Nagler, c'est à dire tout à fait bon mais tout de même inférieur à celui des Plossl TV ou même des Radians.
Je suis par contre réservé quant à l'intérêt de l'Ethos 8mm parce que plus la pupille est réduite moins il est intéressant d'avoir du champ : un "simple" Nagler (!) convient alors parfaitement mais un Ethos 8 est certainement très utile sur des instruments très courts entre F/3.5 et F/4.5. Je suis plus intéressé par la sortie d'un hypothétique Ethos 20 ou 22mm !...
Le RKE est un oculaire dérivé du Kellner selon une formule brevetée de David Rank (Edmund Optics) ; dit aussi "Kellner inversé", ce qui signifie seulement qu'il ressemble à un Kellner à l'envers, il ne comprend que trois lentilles en deux groupes. Il est vendu environ $60 aux USAs et distribué en Europe par Edmund Optic UK (à savoir, taux de change = $1 pour 1€ non compris la TVA...).
Le RKE 12mm ne présente "pas très bien" : usinage grossier, finition et anodisation médiocre, bords de lentilles non noircies, traitement classique MgF2 et reflets sur la jupe interne évidents ; cependant, à première vue, les traitements ne semblent pas beaucoup moins efficaces que ceux des TV. Le champ "commercial" est de 45°. A l'usage, l'objet est plus intéressant.

RKE
12mm vs Plossl 11mm :
Reflet en bas
sensiblement équivalent
Reflet en haut du RKE lié aux reflets
sur l'oeilleton
J'ai comparé le RKE 12mm sur la TEC140 ouverte à F/7 et le MAK à F15.5 avec le Plossl TV 11mm et le Radian 12mm :
Le confort d'observation est bon à très bon (meilleur que sur le Plossl). L'oeil se place bien (tirage 10.5mm) et je n'ai pas été gêné par des reflets internes ou externes (mais je n'ai pas testé sur la Lune). Le point focal est assez proche de celui des TV.
Sur Jupiter : l'image (turbulente) de la planète donnée par le RKE sur l'axe est vraiment très bien découpée, plus blanche qu'avec les Televue et globalement très contrastée. Une différence en faveur du RKE qui le rend très agréable, est une diffusion autour du disque vraiment minimale : cette différence avec le Plossl TV est faible mais plus sensible avec le Radian ; elle n'est pas forcément décisive pour toutes les observations mais est néanmoins persistante. C'est un bon point pour le RKE qui confirme que la simplicité des traitements n'est pas forcément un désavantage.
Avec l'APO à F7, la haute résolution n'est possible que sur 50% du champ... et encore... le reste étant gâché par, entre autres, un astigmatisme très prononcé sur les bords (*). A titre de comparaison le Plossl TV est exploitable sur les 75% du champ ou plus et le Radian sur 99%.
Avec le MAK à F15.5, l'astigmatisme hors axe est moins prononcé et l'oculaire est exploitable, en haute résolution, sur plus de la moitié champ soit ici un tout petit peu moins que sur le Plossl.
Voilà donc un oculaire de très haute définition sur l'axe mais qui va se révéler médiocre hors axe sur instrument ouvert à plus de F8 environ ; dans ce cas la motorisation est obligatoire. Sur un télescope ouvert à F10 ou moins, la simplicité du RKE donne tout son potentiel sans défaut rédhibitoire si l'on tolère de ne pas exploiter 100% du champ. D'un sens ce n'est pas très étonnant compte tenu de l'origine de la formule.
Sur étoiles doubles à fort contraste, rien à signaler : Le RKE fait aussi bien mais pas mieux que le Plossl TV. En CP et détection d'étoiles faibles, rien à signaler non plus en détection ou contraste mais la mise au point devient aléatoire s'il n'y a pas d'étoile brillante près de l'axe.
En conclusion, le RKE est un oculaire simple mais très efficace sur l'axe que l'on peut effectivement dédier à l'observation planétaire à haute résolution comme il est rapporté sur divers forums. Grâce à la simplicité de sa formule, c'est un des rares oculaires à présenter une faible diffusion apparente. En tout état de cause, ce n'est pas un oculaire "tous usages" ou "universel" ; le champ de haute résolution est plus limité que sur un oculaire moderne à quatre lentilles ou plus. A savoir : le coût importé ne le rend pas compétitif par rapport à un Plossl TV. Je n'irais donc pas conseiller d'acquérir toute la collection ; mais compte tenu de la relative rareté d'oculaires simples à très faible diffusion, un exemplaire bien choisi pour la focale "planétaire" est néanmoins une option valable pour un telescope pas trop ouvert (catadioptrique, lunette) et motorisé.
(*) Edmund Optics publie les spécifications détaillées de chaque oculaire ; ce constat est corroboré par les données disponibles ("spot size" 0.7 field) ; le RKE 8mm serait le mieux corrigé sur l'ensemble du champ.
Ce sont des Plössl modifiés (2-1-2) avec une Barlow intégrée pour présenter un eye relief de 20mm ce qui est l'intérêt de la combinaison. L'originalité annoncée réside ici dans l'utilisation de Lanthane pour un (ou plusieurs ?) verres afin d'améliorer la transmission de cet oculaire à sept lentilles et quatre groupes mais on retrouve ce type de conception (y compris les verres au Lanthane) sur un certain nombre d'oculaires dit à grand eye relief (Radian, TAK LE...). L'avantage du lanthane n'apparaît pas évident... la transmission est globalement comparable (en +/-) avec celle des oculaires complexes comportant le même nombre de lentilles. Par ailleurs, ces oculaires ont le champ limité d'un Plössl (50°). La correction sur l'axe est très bonne donnant des images contrastées et fines ; la correction hors axe est affectée d'un léger chromatisme latéral sans que cela soit gênant en pratique pour l'observation.
J'ai eu l'occasion de comparer longuement un oculaire LV6 avec un orthoscopique Perl de 6mm sur la Lune et Saturne. L'OR 6mm paraît peut être un tout petit peu plus contrasté mais la différence est loin de sauter au yeux et ne justifie pas de se priver du confort offert par le LV. Je les ai également longuement comparé avec des LVW de la même marque : ces derniers sont tout de même un tout peu plus "piqués" mais ne courent pas dans la même gamme (ils sont deux fois plus chers et ont un champ nettement plus important).
Il est à noter que les oculaires Vixen LV reçoivent souvent des avis divergents. On peut en déduire que ces oculaires ne s'adaptent pas forcément à tous les instruments et ne conviennent pas à tous les observateurs (suivant par exemple l'ouverture du faisceau et vraisemblablement, la position de l'oeil) ; mais dès lors qu'il s'agit d'observation planétaire, les oculaires complexes sont souvent susceptibles d'avis divergents... Après analyse, il en ressort qu'un oculaire plus simple de bonne qualité, de type Plössl ou Orthoscopique est moins confortable mais donne effectivement des images (un (tout petit) peu) plus contrastée. Mais si le confort est une donnée importante du choix et pour un budget serré, les LV me paraissent être d'excellentes alternatives : les LV sont en effet à peine plus chers qu'un Plössl et constituent donc un très bon achat pour une utilisation en planétaire dans l'axe, c'est à dire avec un instrument motorisé.
Les LVW sont des oculaires à champ large 65° et grand tirage d'anneau (20mm). A l'instar des Pentax XL/XW ils sont donc encombrants et lourds (~500g) mais VIXEN les a dotés d'une double jupe 2"/1.25" qui les rends pratiques à utiliser sur le terrain dans un renvoi diagonal de 2". Comme les LV, ils ont été conçus par un Ingénieur de Nikon...
Optiquement, les résultats sont excellents en particulier sur les télescopes courts : à F/D=5, le LVW 22mm est parfait d'un bord à l'autre, presque meilleur que le panoptic 24mm. Les petites focales (LVW 3.5mm, LVW 5mm) montrent un chromatisme notable mais peu gênant car localisé en bord extrême de champ (sur 1° apparent environ). Je n'ai pas noté de reflets strictement internes mais l’œil a souvent tendance à renvoyer un reflet sur la première lentille ; ceci peut dépendre de l'observateur mais est assez commun à toute la série. De même la première lentille n'est pas assez bien protégée des reflets parasites par la bonette fixe.
Malgré le grand nombre de lentilles (8 éléments en cinq groupes) le piqué du LVW 5mm est excellent, juste en dessous du Pentax XO5 testé ici et plutôt supérieur au LV5mm. Le confort d'observation avec un tirage d'anneau de 20mm est également un atout majeur de cette série d'oculaires qui n'a pour concurrent que la série des Pentax Xl ou XW sensiblement plus chers (peu testés).
Par rapport aux Radians, le piqué, la transparence et la diffusion sont identiques (testés par détection d'étoiles faibles, détection de compagnons faibles sur des doubles serrées). Les LVW sont cependant plus neutres ; le confort est différent mais ni meilleur ni moins bon : c'est affaire de goût et de moment, par exemple les reflets liés aux lumières parasites sont mieux maîtrisés avec le Radian grace à son intrajust très efficace. Les Radians sont plus petits (mais ont moins de champ).
En conclusion, les LVW constituent une très bonne gamme d'oculaires à grand champ d'usage général (planète, ciel profond) dotés d'un excellent piqué, d'une bonne transmission et adaptables sur tous les instruments. Quelques bémols : la gamme pourrait être mieux étagée et les LVW peuvent être sensibles aux reflets de lumières parasites (externes). Les LVW se trouvent encore assez facilement en occasion. A recommander.
Ces deux oculaires (série 4000 made in Japan) sont équivalents en qualité et reçoivent généralement de bons commentaires de la part des utilisateurs ; ils sont très bien corrigés et permettent en outre d'obtenir des images planétaires piquées sur pratiquement tout leur large champ de 82° ; l'UWA 4.7mm fait presque jeu égal avec le XO5 qui est "la" référence de cette focale. L'astigmatisme est confiné aux bords extrêmes ce qui est appréciable pour suivre facilement une image planétaire dans un télescope non motorisé et c'est dans ce but que j'en avais fait l'acquisition : c'est ainsi que le 4.7mm m'a donné d'excellents résultats sur Mars avec mon T200 ; j'utilise également souvent le 6.7 mm en ciel profond et il m'a permis d'obtenir la magnitude 14 avec le Clavius. En revanche, ils sont pénibles (surtout le 4.7) sur la lune du fait de reflets internes prononcés.
Le tirage oculaire (eye relief) n'est pas très important, surtout pour le 4.7, et l'inconfort relatif est accentué par le très grand champ ; l'oculaire ne conviendra donc pas aux porteurs de lunettes. Leur atout est donc une excellente correction sur un très large champ, un excellent piqué et donc une application possible en planétaire sur un instrument non motorisé. Ils ne se trouvent plus qu'en occasion à des prix assez bas et ne peuvent être que chaudement recommandés (de futurs "collectors" ?).
Cet oculaire économique (environ $120) offre un grand champ de 74°. Il offre un bon confort d'observation en terme de tirage oculaire et de position de l'oeil mais l'astigmatisme est déjà bien présent au 2/3 du champ; il est cependant utilisable dans de bonnes conditions sur pratiquement 80% du champ (sur les 20% restant, l'astigmatisme est vraiment prononcé). Il m'a donné de bonnes images d'objets diffus (Nébuleuses América en entier...) avec la lunette TEC 140. J'ai aussi été surpris de constater qu'il réagissait plutôt bien avec le télescope à F/5 sur de grands amas ouverts. Les autres utilisateurs rapportent sensiblement les mêmes constatations ; en tout état de cause, il y a certainement mieux... et probablement, le champ annoncé est trop large par rapport au design optique. C'est donc plutôt un oculaire "de secours" ou de repérage assez loin des qualités d'un Panoptic 24 ou 35.
Cet oculaire Erfle de 65° de champ environ est très économique (environ $100) et se révèle être une bonne surprise avec un astigmatisme bien confiné aux bords extrêmes. Le confort est tout à fait correct d'autant que le champ n'est pas très important... mais suffisant compte tenu de la focale. Utilisé dernièrement sur un Maksutov à F/15, il se révèle parfait. Je pense donc pouvoir le recommander car il peut se révéler meilleur à l'usage qu'un 35 mm de moyenne gamme.
Succombant à la mode 2004, j'ai fait l'acquisition d'un TMB monocentric de 5 mm. Cet oculaire est en fait une vieille formule (~120 ans), pleine d'inconvénients et d'avantages, ressuscitée par TMB. Le Monocentrique au sens strict comporte un seul groupe optique de trois lentilles accolées ayant un centre commun (d'où leur nom) ; l'oculaire distribué par TMB est en fait une loupe tripe de Steinheil (c.f TCA J Texereau - chapître XI). La loupe triple de Steinheil est utilisée pour certains travaux de précision et son avantage, en tant qu'oculaire est que la correction est parfaite sur l'axe et, du fait qu'il n'y a que deux surfaces air-verre, la transmission est maximale. Les inconvénients sont un champ très étroit (30°) et une correction limitée hors axe (courbure de champ) ; par ailleurs, le tirage d'anneau (eye relief) est assez faible.
La bonne surprise est que le confort est satisfaisant : étant donné le champ très faible, il n'est pas nécessaire d'avoir l'oeil collé à l'oculaire et ce d'autant que la pupille est très ouverte (*). Cet oculaire est parfaitement corrigé sur l'axe et la transmission parfaite donne des images très cristallines... au centre du moins. En effet, la mauvaise surprise est que la correction n'est bonne que sur 2/3 du champ environ ce qui fait peu pour un oculaire au champ aussi étroit (et aussi cher). Par ailleurs, le mien me donne un astigmatisme d'un côté du champ ce qui n'est pas normal et pourrait provenir d'un effet de bord sur un bloc optique mal centré... La question est de savoir si ce qui est vu "sur l'axe" ne serait pas vu sur un bon oculaire classique : il n'est pas évident de répondre à cette question. Peut être que cet oculaire permet de voir les détails plus vite mais je ne pense pas qu'il en montre davantage et, sur la lune par exemple, on ne voit pas grand chose à la fois... En tout état de cause, un tel oculaire n'est pas recommandé pour un télescope non motorisé.
Mes impressions assez mitigées sont confirmées par la lecture d'un test complet de Sky and Telescope (Août 2004) qui a fait couler beaucoup d'encre ou fait "crépiter" les claviers aux USAs ; TMB s'est défendu en arguant d'un défaut sur une série... mais je fait le même constat. D'autres observateurs signalent également la qualité excellente du champ sur l'axe mais une dégradation hors axe. Malgré cela, cet oculaire rétro, dont le marketing est très réussi a beaucoup de fans.
En conclusion, il serait injuste de ne pas reconnaître ses excellentes qualités sur l'axe rapportées à l'utilisation à laquelle il est destiné (observation planétaire) ; mais il a, à mon goût, des inconvénients notables pour être pratique et plaisant à l'usage... Si vous êtes tentés par un ou deux oculaires HD, notez aussi que la gamme des TMB monocentriques est très étoffée ce qui n'est pas le cas avec les othoscopiques ou certains oculaires HD disponibles en une ou deux focales.
(*) suivant la position de l'anneau oculaire, la distance de l'oeil à l'oculaire est augmentée de la quantité :
TA = (Ouverture iris - Pupille de sortie)/ 2*tg(B), où B est la moitié du champ en °
Par exemple pour un TMB 5 mm sur une TEC 140 de 980 mm de focale, la pupille de sortie est de 0.72 mm ; si l'ouverture de l'Iris est de 5 mm, la distance TA est alors de 8 mm qui s'ajoute aux 4 mm de tirage d'anneau (eye relief). L'oeil doit donc se trouver à 12 mm des lentilles.
Voilà un oculaire haute définition intéressant. Par le passé, Pentax a conçu une série d'orthoscopiques de haute qualité et réputés ; malheureusement, Pentax a arrêté cette production et son offre en oculaire spécialisé se réduit actuellement au XO5 et XO2.8. En fait les XO ne sont pas des orthoscopiques mais relèvent d'un design propriétaire comportant pour le XO 2.8 un élément positif en deux groupes de trois lentilles et un élément négatif en un groupe de deux lentilles (soit trois groupes). Le XO5 a un design différent ; bien qu'il rappelle un Plossl, ce n'en est pas un non plus.
|
|
|
La qualité de fabrication est poussée très haut avec utilisation de verre Lanthanum, des bords noircis et un facteur de transmission annoncé de près de 98% à 550nm. Les autres caractéristiques sont un tirage d'anneau de 3.6mm et un champ capable de 44°.
Les résultats sont effectivement à la hauteur avec une image vraiment très propre et cristalline sur près de la totalité du champ : seule une très légère courbure de champ s'amorce en bord extrême. Le piqué est excellent sans aucun reflet et le XO5 s'avère être le meilleur de tous les oculaires 5mm testés. Toutefois, le confort est limite en planétaire (voir remarque sur le TMB 5mm concernant la position de l'oeil).
La XO5 en particulier fait l'unanimité et est certainement un des oculaires de la plus haute qualité jamais produit ; comparable aux Zeiss Abbe - ceci malgré trois groupes de lentilles ! Dommage qu'il n'existe pas de 4 ou 6mm. Le défaut majeur est le prix...
Les oculaires Orthoscopiques Zeiss Abbe font font référence en terme de transmission et de qualité des lentilles. Le Zeiss Abbe II (ZAO II) 4mm est issue de la dernière série réalisée par Zeiss sur commande de Baader. J'ai comparé ci-après le ZAO II 4mm et l'UO 4 avec la TEC140 (245X pupille 0.57mm soit un grossissement très fort) sur différentes cibles.
Etoiles doubles : Sur PSI Cassiopée (étoile triple à composantes faibles 4.68/9.18 22" et 9.18/10 2.6"), le ZAO permet une focalisation un peu plus franche sur les composantes faibles et l'UO4 paraît donc très légèrement moins net : c'est sur cette cible que la différence est la plus accentuée ; il en est de même, mais dans une moindre mesure, sur STF 2968 (Peg 6.69/9.48 3.3") et sur Rigel (Ori 0.18/6.68 9.5") mais ici la comparison est biaisée par la mauvaise qualité du ciel pour cette élévation. Sur une étoile double serrée (36 And 6.18/6.55 à 1") à fort contraste (les deux composantes sont égales) il m'est difficile de percevoir une différence : la double est bien séparée avec la TEC140 avec un mince filet noir entre les deux disques. MCA67 (SAO33210) est une double serrée 1" avec différence de magnitude 6/7 : la double est bien séparée dans les deux cas mais la différence est en faveur du ZAOII4 qui isole plus nettement la composante B.
Sur Uranus, la focalisation est semblable sur les deux oculaires mais le ZAO paraît très légèrement plus lumineux.
Lune : Le ZAOII4 est objectivement un plus lumineux ; l'UO4 paraît donc un tout petit peu plus terne mais il est difficile de trouver tel détail vu avec le ZAOII4 qui ne le serait pas avec l'UO4 ; les détails sont très légèrement mieux vus avec le ZAOII4 mais la différence ne saute pas aux yeux. Autrement dit si l'UO4 montre 100%, le ZAOII4 montre 105% c'est à dire qu'il n'en montre pas plus mais ce qu'il montre est "5% mieux vu"... J'ai noté toutefois, le confort supérieur du ZAO qui, en outre, offre davantage de champ que l'UO4.
Saturne : même impression de transmission supérieure du ZAOII4 ; ici, le ZAOII4, toujours par rapport à l'UO4, semble dévoiler les détails dès que l'oeil est accolé donnant un "impression" de résolution supérieure ceci étant certainement facilité par une focalisation plus franche. Cela reste toutefois une "impression" ou un "confort" parce que, au final, après observation attentive, ce qui est vu avec l'un (satellite, bandes et ombre de l'anneau) est vu avec l'autre mais avec seulement un peu plus de difficulté.
En conclusion, la qualité optique la plus évidente du ZAOII4 est sa transmission supérieure ; par rapport à l'UO4, il s'y ajoute un champ objectivement plus important et un confort d'observation supérieur dont une des caractéristiques est une focalisation toujours plus franche sur les objets de faible luminosité. En terme de piqué et/ou de résolution des contrastes, la différence n'est pas évidente après observation attentive. Cette comparaison ne vaut que pour les cibles visées mais montre un gain sur les objets de très faible luminosité. La différence entre les deux oculaires est tout de même assez ténue et l'UO 4 fait une belle prestation par rapport au Zeiss.
Il n'est pas possible de comparer le ZAO II 4 avec le Pentax XO 5 du fait de la différence des focales mais les deux oculaires dégagent une impression similaire en ce qui concerne la focalisation sur les étoiles faibles.

Zeiss
Abbe II 4mm et Pentax XO 5mm
Deux oculaires haute-définition
(à
peu près par-focaux)
UO produit une série d'oculaire orthoscopique de type Abbe. En fait ces oculaires sont produits par Oh-I Kohki au Japon et disponibles sous différentes marques (UO, Antares, Baader, Kasai) avec peut être des différences de traitement. Il s'agit de véritables orthoscopiques avec leur qualité (piqué, transmission) et leur unique défaut (faible confort) surtout pour un 4mm. Mais l'UO4 remplit parfaitement bien sa mission d'oculaire planétaire ; si le confort et le champ sont limites, le prix est très intéressant ; en effet, pour un prix presque huit fois inférieur au Zeiss Abbe II 4mm testé ci-dessus, l'UO4 offre des prestations d'un excellent niveau. D'autres modèles existent chez les mêmes fournisseurs avec des traitements améliorés (Genuine de Baader, UO HD...).
Les TAK LE sont issus de la ligne Masuyama reprise par Takahashi. Il s'agit d'orthoscopiques pourvus d'un élément frontal divergent qui permet d'allonger le tirage d'anneau. Le TAK LE 3.6 est à la hauteur de la réputation de Takahashi. A dire vrai les différences avec un UO 4 sont (hormis le grossissement un peu plus important), un confort amélioré mais un champ un peu plus petit ; autrement dit, les qualités optiques sont au dessus de tout soupçon (aucun astigmatisme ou courbure de champ) mais le champ a certainement été restreint à 42° dans cet objectif. Par ailleurs, par rapport à des oculaires offrant un bon confort à faible grossissement (Radian, Nagler ou LVW), le TAK 3.6 est beaucoup plus léger et compact ; en contrepartie, son champ apparaît aujourd'hui très réduit. Au regard de la concurrence, l'intérêt du TAL LE est donc le compromis qu'il offre en terme de confort/encombrement sans sacrifier la qualité mais avec le désavantage d'un champ très étroit. Pour une utilisation spécifique, comme par exemple pour équiper une tête binoculaire ou une tourelle d'oculaires, du fait de sa légèreté et de sa petite taille, il n'a pas d'équivalent. Pour une utilisation générale, en revanche, les TAK LE ne conviendront pas à tout le monde.
Nota : Les TAK LE 5 et 7mm plus courants (non testés) sont dotés d'un champ de 52°.
Séduit par les caractéristiques de ce zoom qui affiche un champ de 50° à la focale la plus longue alors que tous les autres sont réduits à 40°, j'en ai commandé un. La surprise fut mauvaise... Au déballage, le clic-stop était coinçé et les lentilles couvertes de graisse ; un bruit de chocs était également perceptible à l'intérieur. En définitive, le zoom ne fonctionnait pas et, inutilisable, il fut retourné au revendeur. Bien entendu, c'est le cas isolé d'une pièce mal montée (et mal contrôlée), mais cette courte expérience m'a permis de constater la piètre qualité de la fabrication mécanique : forte odeur de graisse (odeur acide) débordante un peu partout, vis de guidage des pièces optiques trop courtes et mal serrées ; cela ne peut pas tenir bien longtemps. Sans doute réalisé à bas prix en Chine, cet accessoire ne peut se qualifier en haut de gamme même avec Baader écrit dessus et un contrôle qualité défaillant. Un zoom devant avoir de bonnes qualités optiques mais aussi mécaniques, je n'ai pas demandé l'échange mais un remboursement. Je ne peux guère recommander ce zoom.
Voilà autre chose... Le zoom Pentax 8-24 présente les caractéristiques habituelles des zooms de cette gamme de focales : 38° de champ à 24mm et 60° à 8mm ; le tirage d'anneau est donné à 20mm. Il est assez gros (L=114mm X D=69mm) et lourd (550g), totalement étanche et en réalité prévu pour les lunettes d'approches de la marque (PF-80ED) ; d'ailleurs il est gradué en "grossissement" (ce qui n'a aucun intérêt pour nous) et comporte des graduations plus petites en focales au nombre de trois (24 12 et 8mm) ce qui est assez peu pratique pour déterminer le grossissement ; le coulant est au diamètre de 1.25" et comporte un filetage standard. Mécaniquement il est de bonne qualité mais la bague de zoom n'est pas crantée (ce qui le rend incompatible en binoculaire) et un peu raide ; cependant contrairement à la plupart des autres zooms de cette gamme de focales il est quasiment parafocal avec lui-même ce qui permet de modifier le grossissement sans perte notable de netteté et valorise ainsi l'effet "zoom".
Testé avec un MAK à
F/15, il s'avère très bon optiquement, de qualité
presque équivalente aux Radians ou LV de mêmes focales, peut être
un peu plus de diffusion et un peu moins bon en bord de champ (à 8mm)
mais c'est très minime ; pour donner une idée, le piqué
me semble intermédiaire entre celui d'un Nagler et celui d'un Radian
(le Radian étant le meilleur en terme de piqué). Mais la différence
est plus importante en terme de "confort" : les Radians sont en effet
plus confortables tant en ce qui
concerne le champ (surtout au dessus de 12mm de focale) que vis à vis
de la position de l'oeil un peu gênée par le
diamètre du Pentax. Il y a également un mauvais point pour le Pentax
en ce qui concerne le traitement des lumières parasites : sur les oculaires comportant un grand nombre de lentilles, on voit plus
ou moins les tranches ou bords de ces
dernières ; avec le zoom
Pentax, cet effet est très visible sur la Lune ; s'il n'entraîne
pas de reflets gênants sur l'axe optique, il est distrayant et peu esthétique
(et il faut le dire... fait un peu "bas de gamme"). Sur
les Radians dont les bords de lentilles sont noircies, cet effet est nettement
moins visible voire absent. Ce dernier défaut est surtout visible sur la lune et ne
semble pas avoir de conséquences sur les autres objets ; mais en tout
état de cause, un oculaire de plus grand champ est préférable
sur la lune.

Zoom
Pentax 8-24mm
Les zooms ne sont pas toujours appréciés du point de vue optique mais celui-ci, s'il n'est pas parfait (absence de crantage, faible champ et bords des lentilles non noircies), est très bon optiquement sur la totalité du champ. L'intérêt que je vois aux zooms est de pouvoir doser parfaitement l'intensité lumineuse sur une surface planétaire, notamment par rapport aux corps flottants de l'oeil. Parafocal, le Pentax 8-24mm est donc un zoom assez idéal pour un SCT ou un MAK de rapport F/10 à F/15 ; c'est d'ailleurs son principal défaut... dans la mesure où il rend caduque une collection d'oculaires coûteux ! Seul un plossl TV, nettement moins confortable, est sensiblement supérieur en contraste (tout comme par rapport aux Radians d'ailleurs).
Récemment soldé (début 2008), ce zoom ne semble malheureusement plus être listé par Pentax et doit être recherché en occasion. Un zoom XF 6.5-19.5mm, moins réputé, est disponible.
J'ai attendu longtemps avant d'acquérir des Radians car je n'était pas convaincu de leur intérêt. Toutefois, avec le MAK 200/F15.5, j'avais besoin d'oculaires de focales intermédiaires en planétaires pas trop lourds pour équiper la tourelle d'oculaires et pour une utilisation en binoculaire. Encore une fois je ne suis pas déçu des oculaires Televue. Les Radians de cette série (*) sont d'utilisation très agréable et ne présentent vraiment aucun défaut évident du type ombre volante, chromatisme latéral (sauf confiné aux bords extrêmes), déformations, astigmatisme... La protection contre les reflets internes est excellente avec des bords de lentilles noircies et une jupe particulièrement sombre. Comme d'habitude, les traitements sont poussés et un peu chaud sur les TV et il se peut que certains préfèrent des traitements plus clairs comme sur les Pentax XW mais en fait cela n'altère en rien la qualité des images et c'est plutôt une affaire de goût. Ils sont équipés d'une bonnette rétractable (Intrajust) souvent critiquée et il est vrai plus ou moins pratique... mais personnellement je la trouve plutôt efficace.
Sur la Lune, les Radians sont absolument "idéaux" pour le repérage et l'observation des détails lunaires du fait de leur "orthoscopie" (aucune distorsion) et de l'absence de courbure de champ ; le champ de 60° est suffisant et bien dosé alors que les ultra-grand champs sont parfois éblouissants sur la lune. Le champ est parfaitement corrigé et les contrastes élevés ; surtout aucun reflet parasite interne ou externe ne vient les réduire. Je les trouve plus adaptés que des Pentax XW sur la lune du fait de l'orthoscopie et de la planéité du champ. Le chromatisme latéral n'est pas plus prononcé que sur les autres oculaires de mon point de vue.
En planétaire ou sur les étoiles doubles, les Radians 8 à 14mm sont de très bons oculaires ; sur le Maksutov de 200mm/F15.5 ils égalent "presque" les Plossl Televue et s'avèrent certainement meilleurs que les Nagler en piqué ; la différence avec les Plossl TV semble se situer au niveau de la transmission car les Plossl semblent un peu plus lumineux ou moins diffusants ce qui facilite la détection des contrastes les plus faibles lorsque les conditions sont très favorables. Le confort des Radians est appréciable en observation courante ou en observation binoculaire.
En Ciel Profond, le champ de 58° est trop juste.
J'ai longuement testé le Radian 12mm contre le Vixen LVW 13mm. Les Radians passent pour être moins lumineux en général : je ne peux pas confirmer ; la détection d'étoiles faibles ou de doubles à fort contraste est aussi facile avec les deux oculaires et même éventuellement plus facile avec les Radians moins sujets aux lumières parasites ou reflets sur la lentille frontale. Par contre le champ des Radians est plus petit et apparaît plus sombre au premier coup d'oeil ce qui peut laisser une (fausse) impression défavorable. Les LVW sont cependant un peu plus neutres et le champ supplémentaire les rend plus universels ; le confort est différent mais ni meilleur ni moins bon : c'est affaire de goût et de moment ; par exemple les reflets liés aux lumières parasites sont mieux maîtrisés avec le Radian grace au positionnement précis de l'intrajust. Les Radians sont plus petits (mais ont moins de champ).
Les Radians sont cependant diversement appréciés mais je ne sais pas trop pourquoi ; il est vrai que leur gamme d'emploi est assez étroite. La qualité des traitements multi-couches des Radians a été améliorée après leur sortie... et les séries à 7 ou 6 lentilles (*) sont peut être différentes ? Il y donc peut être Radians et Radians...
En conclusion pour les oculaires Radians 8 à 14mm testés ici, il s'agit de très bons oculaires planétaires adaptés aux catadioptriques et dotés d'un excellent confort. A recommander sur la Lune ou en binoculaire.
(*) Attention, il y a deux séries de Radians : les Radians 8mm à 18mm à six lentilles en quatre groupes et les Radians de 3mm à 6mm à sept lentilles en cinq groupes ; cinq groupes, c'est beaucoup et je suspecte que les performances de cette dernière série se rapprochent plus de celles des Naglers en planétaire (c'est à dire un peu plus "soft").
J'ai procédé à une comparaison systématique de différents oculaires 5mm sur Saturne et la lunette TEC140, à savoir : XO5, UWA4.7, LV5, LVW5, SP9.7+Barlow, Speers 5-8mm.

Speers
5-8mm, LV5mm, Meade 9.7mm+ Barlow, XO5mm, Meade UWA 4.7mm
A cette focale, le grossissement est optimal et la qualité de l'oculaire intervient, à mon avis, de façon cruciale. La difficulté était de trouver le bon critère de comparaison. J'ai laissé tombé la notion de transparence très difficile à apprécier à l'oeil sur des oculaires dont la focale diffère tout de même sensiblement (de 5.1mm à 4.7mm) ainsi que les caractéristiques hors axes rapportées par ailleurs. En ce qui concerne le contraste, la planète Saturne n'est pas le meilleur objet mais j'ai le sentiment que les différences sont subtiles.
En définitive, la visibilité de la division de Cassini devant le globe m'a paru être le critère le plus objectif pour départager les oculaires. Tous les oculaires montrent ce détail mais plus ou moins facilement, de façon plus ou moins tranchante ou évidente à chaque essai... c'est donc bien le piqué qui est apprécié.
- le Pentax XO5 s'en sort le mieux : le détail est tranché,
immédiatement visible à chaque essai, note 20/20,
- l'UWA 4.7 s'en
sort pratiquement aussi bien (c'est une bonne surprise), peut être légèrement
avantagé par sa focale la plus courte, note 18/20,
- les LVW5 et LV5
se suivent avec respectivement 17/20 et 16/20. Le détail est toujours bien vu,
parfois un peu moins évident qu'avec le Pentax,
- le Speers 5-8 (à
5mm) montre le détail mais il est un peu plus noyé dans la lumière de l'anneau,
note 13/20,
- la combinaison Meade SP9.7mm + Barlow 4000 s'en sort
nettement moins bien en donnant une image plutôt assombrie et légèrement pâteuse,
note 10/20.
J'ai acheté il y a une quinzaine d'années une Barlow Perl Royal et trois oculaires de 25mm 18mm et 6mm de type Orthoscopiques Perl Royal ; tous ces accessoires sont au coulant 24.5mm. En fait je souhaitais m'en séparer mais n'ayant pas trouvé acquéreur, je les ai examiné d'un peu plus près.
Barlow Perl Royal : il s'agit d'une barlow à trois éléments collés ; l'achromatisme est sans défaut apparent mais en revanche elle introduit une aberration de sphéricité au start test à très fort grossissement et les images s'en ressentent. La qualité globale de cette barlow est donc, au mieux, très moyenne... à vrai dire pas très satisfaisante !.
Oculaires orthoscopiques de 25 et 18mm : ces oculaires donnent des images très contrastés et sans aucune diffusion sur les objets brillants. L'astigmatisme est assez vite présent sur un champ relativement étroit mais c'est fréquent sur les orthoscopiques. De ce fait et compte tenu de leur longue focale, ces oculaires ne présentent plus beaucoup d'intérêt aujourd'hui, hormis pour réhabiliter un instrument ancien au coulant de 24.5mm.
Oculaire orthoscopique 6mm : c'est la bonne surprise du lot ! Les images au centre du champ sont parfaites, cristallines et sans aucune diffusion, de qualité "orthoscopique Abbe" précisément. Bien évidemment l'inconfort de l'observation peut conduire à préférer un autre oculaire mais c'est un autre débat.
En conclusion, si vous trouvez en occasion des orthoscopiques anciens, même au coulant 24.5, en petites focales (9mm à 4m) cela peut se révéler un excellent achat.
J'ai testé quelques oculaires médiocres mais d'une façon générale, les défauts sur l'axe sont rarissimes ; la différence se joue au niveau des traitements, du montage et de l'absence ou présence d'une diffusion d'ensemble. Hors axe, c'est une autre histoire mais on ne peut pas toujours incriminer l'oculaire.
Il y a grosso modo quatres séries "optimales" pour l'utilisateur :
- la petite série des Premiums : ce sont des oculaires aux traitements et montages optimisés qui donnent les meilleurs résultats possibles pour un minimum de lentilles. Il y en a peu et ils sont rares et souvent chers (mais pas toujours). On y trouve les Pentax XO, les Zeiss Abbe (ZAOII testé) et les Plossl TV (sous réserve d'une longue focale relative F6 ou plus). On peut éventuellement ajouter les TMB monocentric, sur l'axe, mais leur comportement hors axe n'est pas satisfaisant sur les rapports courts. Il existe aussi des modèles que l'on ne trouve que d'occasion. Quoique très bons, je ne classe pas les Othoscopiques courants (UO, Baader) parmi les Premium mais j'y classe cependant les Plossl TV.
- la série des grands champs optimisés à grand tirage d'anneau et d'utilisation générale : type Pentax XW et Vixen LVW qui bénéficient d'un large champ, d'un excellent confort et de performances excellentes à la fois en planétaire et en ciel profond. En planétaire, ils font presque jeu égal avec des petits oculaires "spécialisés" (divers orthos fournis par Oh-I Kohki, UO, Baader...), sauf Premium. Il existe d'autres marques mais non testées.
- la série des ultra grand champs type Nagler et surtout ETHOS : ici on s'attache à une bonne correction hors axe et toujours la qualité des traitements, l'absence de reflets ou la conception générale de l'optique ; le piqué sur l'axe compte moins. Il en existe maintenant beaucoup et je suis loin de pouvoir donner une avis circonstancié. J'ai été vraiment "bluffé" par l'Ethos ; les Naglers font référence sur toute la gamme mais des marques plus marginales peuvent réserver de bonnes surprises (telle le Speers-Waler 10mm).
- la série des très grandes focales à partir de 25mm : on retrouve les Panoptics et Pentax XW ou encore, à un prix plus élevé, les Naglers. Dans cette gamme, il faut s'assurer que l'oculaire choisi conviendra bien au telescope.
J'estime que, en dehors de ces quatre catégories "optimales", l'acquisition est à discuter suivant l'utilisation envisagée... Par exemple, les oculaires dits "planétaires" de type TAK LE, UO et autres Orthoscopiques réalisés par Oh-I Kohki et vendus sous différentes marques (Antares, Baader...) sont excellents mais en retrait des premiums et ni plus ni moins excellents sur l'axe ou seulement marginalement supérieurs aux Pentax XW ou Vixen LVW ; alors pourquoi observer dans l'inconfort ? Les Radians ne déméritent pas du tout au contraire et sont recommandables en binoculaire, en planétaire et surtout sur la Lune, mais le champ est un peu réduit pour la catégorie et il sont moins universels que des XW ou LVW. Les Panoptic, s'ils excellent en CP, ne me paraissent pas adaptés au planétaire et sont plus intéressants (par rapport aux ultra-grand champs) dans les longues focales ou pour leur taille réduite.
Il existe aussi bien sûr d'autres marques et d'autres types sur lesquels je ne pose aucun jugement (TMB Burgess, WO...) et que, probablement, je n'aurais jamais l'occasion de tester. Toutes ces marques fournissent de très bons oculaires mais les gammes ne sont pas forcément homogènes et il faut les repérer au préalable.
Quoiqu'il en soit, si je m'en tiens aux tests effectués, les valeurs sûres toute catégories mises à part me paraissent être les séries des Televue (toutes catégories), Vixen LVW, UO, Pentax XO et XW et TAK LE. On peut y ajouter les Speers Waler 14mm 10mm 7mm et le Zoom Speers Waler 5-8 (mais les autres oculaires de la gamme Speers Waler sont moins intéressants). Hormis les Vixen LVW et Pentax XW d'utilisation générale, les autres gammes (y compris les différentes gammes de Televue) sont spécialisées.
Enfin, en matière d'oculaires, il ne faut pas hésiter à acheter d'occasion, par exemple les Meade UWA, Vixen LW, Pentax XL, Televue et tout orthoscopique... Outre l'aspect économique il y a plusieurs bonnes raisons : 1.Si vous êtes déçu, vous pourrez vous séparer de la pièce sans regret. 2.S'il existe de mauvais objectifs dans une série, ce n'est pas le cas en matière d'oculaires ; ils sont tous identiques (éventuellement porter attention au pays de fabrication chez Meade). 3.A moins de le démonter, de frotter les lentilles au papier de verre ou de le faire chuter sur une surface dure, il est pratiquement impossible d'endommager un oculaire. 4.Les séries les plus récentes sont optimisées pour réduire les coûts de fabrication décentralisée dans des pays à faible coût de main d'oeuvre. Cela n'améliore pas la qualité, bien au contraire. Par exemple, Meade ne fournira jamais mieux que son excellente série UWA 4000 ou ses Orthoscopiques Research Grade fabriqués au Japon. 4.Les séries anciennes pourraient avoir des traitements un peu moins performants mais la différence n'est visible que par les maniaques et sans effet sur les performances réelles. 5.En résumé, un oculaire réputé ou de haut de gamme d'occasion est certainement préférable, à tout point de vue, à un oculaire de moyenne gamme neuf.
Laurent (
) - Astronome
amateur sans aucun lien avec les sociétés citées.