Contacter l'auteur / Contact the author

Recherche dans ce site / Search in this site

 

Les méfaits de l'alcool et du tabac

L'alcool : l'abus rend malade, dépendant et peut tuer

Selon un rapport de l'OMS publié en 2016, en Belgique chaque habitant a bu en moyenne 12.6 litres d'alcool en 2014 dont 6.1 litres de bière, 4.5 litres de vin et 1.8 litre de spiritueux. C'est 9 % de plus qu'en Allemagne et 30 % de plus qu'en France mais toujours un peu moins qu'en Estonie. Cela représente à peine un verre de bière par jour et moins d'un verre de vin tous les quinze jours. Mais si vous ne buvez pas d'alcool, cela signifie que certaines personnes en consomme beaucoup plus que ces valeurs moyennes et sont loin d'être sobres. Mais cette consommation excessive d'alcool n'est pas sans conséquences pour la santé comme nous allons le découvrir.

Les statistiques de la police fédérale belge montrent qu'un jeune conducteur ayant bu de l'alcool risque 8 fois plus d'avoir un accident de voiture qu'un adulte de 55 ans. C'est aussi pour cette raison qu'en 2015, la ministre responsable de la mobilité réduisit le taux d'alcoolémie tolérée à 0.2 g/l - tolérance zéro - pour les jeunes conducteurs ayant leur permis de conduire depuis moins de 3 ans, rejoignant ainsi les règlements déjà en vigueur dans les pays limitrophes.

Si vous êtes sensibilisé à ce problème, félicitations car vous avez pris conscience des risques associés à l'alcool et fait la part des choses entre plaisir raisonnable et abus. Mais tout le monde n'a pas encore pris conscience de ce danger, d'où la nécessité de rappeler certaines notions.

Les méfaits de l'alcool

L'alcool est "digéré" par le foie en une heure trente environ, mais une surconsommation d'alcool peut détruire les cellules hépatiques et provoquer une cirrhose du foie. A long terme, cette maladie est mortelle. Il est donc prudent de savoir quelle quantité d'alcool nous pouvons boire.

Buvez-vous trop ou non ? Est-ce bon ou pas pour votre santé ? Voici ce qu'en disent les médecins. Non seulement il est prouvé que l'alcool est une substance toxique mais c'est une drogue dure car elle peut entraîner à long terme une dépendance et de graves séquelles physiques et/ou neurologiques. Voici un inventaire non exhaustif des méfaits de l'alcool.

Chacun sait que la consommation d'alcool affecte rapidement la façon de conduire : au delà de 0.5 g d'alcool dans le sang, le champ de vision se rétrécit, la vue est altérée et les réflexes s'émoussent. Au-delà de 0.7 g, le conducteur se croit invulnérable et certains s'imaginent être les meilleurs conducteurs du monde au volant d'une voiture de course.

Selon l'OMS, en Europe, 1 jeune homme sur 4 (et dans certains pays 1 jeune homme sur 3) âgé de 15 à 29 ans est décédé des suites d'une consommation abusive d’alcool. En 1999, cela concernait quelque 55000 jeunes. Malheureusement, les jeunes entraînent souvent leurs copains, leur petite amie ou d'autres innocentes victimes dans leur délire. Et c'est sans compter les centaines de milliers de blessés et autres handicapés lourds. 

De manière générale, selon l'OMS, la consommation d'alcool entraîne 3.3 milions de décès chaque année dans le monde, ce qui représente 5.9 % des décès ! Dans la tranche d'âge 20-39 ans, la consommation d'alcool entraîne 25 % des décès.

Pour ceux et celles qui ont l'habitude de rouler un peu trop vite ou qui ne réalisent pas encore les dangers de l'alcool au volant, voici le témoignage d'un père dont la fille Jacqueline a été fauchée par un jeune conducteur ivre qui s'en sortit indemme. Sur les trois occupants de la voiture percutée, seule Jacqueline s'en sortit mais elle fut défigurée, mutilée et brûlée à 60 %. Attention, les images sont choquantes mais il faut faire passer le message pour que de telles drames ne se produisent plus.

Moralité : ne conduisez pas en état d'ivresse. Cela vaut mieux que d'être responsable de la mort d'une personne et de payer toute votre vie une insouciance d'un instant ou de vous reprocher aussi longtemps que vous vivrez d'avoir gâché une vie, sans parler des soucis financiers qu'entraîne un tel accident.

La consommation d'alcool est également très déconseillée voire proscrite aux femmes enceintes. De l'avis général des médecins, au-delà de 3 verres d'alcool par semaine, la santé du fœtus est en danger. En effet, l’alcool passant du sang maternel vers le sang de l'embryon ou du fœtus, ce dernier n'ayant pas encore de foie fonctionnel, l'alcool agit directement sur son système nerveux et son cerveau. Le verre d'alcool que boit la femme enceinte représente 4 ou 5 verres d'alcool pour son bébé !

On sait depuis des décennies que l'alcool a un effet tératogène sur le foetus, c'est-à-dire qu'il provoque la formation du foetus. Il peut entraîner un retard de croissance du fœtus, un accouchement prématuré ainsi que des troubles psychiques ou du comportement chez l’enfant exposé (troubles d’apprentissage, de la mémorisation, de l’abstraction, de l’attention) ainsi que le syndrome d’alcoolisation fœtale ou SAF (anomalie faciale, retard de croissance, malformation de la boîte crânienne et de l’encéphale, troubles nerveux et dommages au système nerveux central). Autrement dit, la femme enceinte qui consomme de l'alcool présente un risque très élevé de donner naissance à un enfant handicapé, que le handicap soit visible ou invisible.

Si les méfaits de l'alcool sur la croissance de l'embryon ne vous a pas encore convaincu(e), sachez qu'un enfant sur cinq est touché par le SAF. Selon des études cliniques conduites à l'Université de Louvain (KUL), quel que soit l'âge ou le sexe du consommateur, l'alcool a un effet négatif sur le cerveau.

On ne peut pas accepter qu'une femme enceinte boive de l'alcool car il en va de la santé de son bébé. C'est une abstinence qui ne dure que neuf mois mais si les femmes concernées ne le respectent pas, leur enfant le payera toute sa vie.

De nombreuses études ont également démontré que l'alcool a également un impact très négatif sur le développement du cerveau des jeunes enfants et des adolescents, le cortex n'acquérant sa maturité que vers 20-25 ans. Une trop grande consommation d'alcool peut empêcher la circulation des informations entre l'hyppocampe et le cortex préfontral notamment. Pour rappel, l'hyppocampe joue un rôle-clé dans l'apprentissage et la mémoire. Ainsi, des analyses IRM fonctionnelles ont démontré que le cerveau d'un jeune ayant ingéré beaucoup d'alcool devient pratiquement inactif comparé à celui d'un enfant qui n'a pas bu d'alcool.

De plus, la consommation régulière d'alcool altère la formation et le développement des neurones de l'hippocampe, expliquant les défaillances cognitives des jeunes adepte des bitures.

Quiconque consomme plus de 25 verres d'alcool par semaine s'expose à des lésions cérébrales accompagnées de perte de mémoire, de créativité et d'une diminution de ses facultés d'adaptation.

Enfin, la consommation excessive d'alcool augmente le risque de cancer de la bouche et du pharynx.

Côté poids, un verre de vin ou d'apéritif par exemple représente environ 100 calories (7 calories par gramme d'alcool) qui vont immédiatement se transformer en graisse et se placer là où vous le souhaitez le moins. L'alcool est également responsable du ralentissement du métabolisme graisseux provenant de l'alimentation. Donc plus vous allez boire d'alcool, plus vous allez accumuler de graisse et donc prendre du poids. Si par ailleurs votre risque cardio-vasculaire est déjà élevé, il y a tout lieu d'être prudent et de boire de l'alcool avec modération.

Les bienfaits de l'alcool ? Beaucoup de rumeurs...

Que penser du vin ou des coktails pour jeunes, a priori anodins ? En faibles quantités, des études scientifiques attestent que c'est bénéfique pour la santé. Les personnes qui ne consomment jamais d'alcool ont plus de problèmes cardiovasculaires que celles qui en consomment de façon modérée (2 à 3 verres par jour). Mais cet effet "protecteur" n'existe que si vous mesurez votre consommation d'alcool. 

Au-delà de deux verres, à long terme vous pouvez déjà ressentir des effets négatifs sur la résistance et le fonctionnement de votre corps (physique, psychique et fonctionnel). Comme toute chose, il ne faut pas abuser de l'alcool. Il est bien évident que boire modérément reste un plaisir, d'autant plus quand on sait que chez les personnes de plus de 55 ans, un petit verre d'alcool tous les jours aurait un effet protecteur contre les maladies cardio-vasculaires.

Quant au "petit remontant" du matin, s'il vous calme, vous déstresse ou vous ravigote, l'impression n'est que passagère et vous risquez à terme de vous y habituer et de devenir dépendant de l'alcool. Même chose si vous buvez pour oublier la solitude, une douleur sentimentale, un stress ou une frustration. L'alcool devient un "palliatif", le premier pas vers la dépendance.

Ceci dit, l'alcool produit également un effet relaxant et désinhibant qui permet d'aborder plus facilement les autres, de détendre l'atmosphère et de vous changer les idées. Chacun sait notamment qu'un ou deux verres d'alcool facilitent les relations sexuelles.

Mais nous avons également tous été témoins ou victimes de ses excès : problème d'élocution, incapacité à gérer ses sentiments, perte de jugement, dispute, sans parler des conséquences dramatiques comme l'accident de voiture, le coma éthylique ou le viol... Quant à votre image en société ou dans la famille, disons qu'une personne saoule n'intéresse personne.

Etre légèrement saoul(e) ne vous autorisera pas non plus des prouesses au lit, que du contraire, car toute consommation excessive d'alcool produit des effets physiques et psychologiques négatifs. De plus, à quantité égale, l'alcool affectera plus les femmes que les hommes.

Bref, vous êtes la seule personne à pouvoir gérer votre comportement, votre consommation d'alcool et juger si elle mine ou non votre santé ou risque de mettre la vie des autres en danger. Mais si vous souhaitez préservez votre santé, ne consommez pas plus de 2 unités d'alcool par jour et à peine plus durant les festivités. Mais en aucun cas ne prenez le volant ensuite. A votre santé !

La fumée du tabac

Pendant des décennies les fabricants de cigarettes et autre cigares ne sont abstenus de nous dire que la fumée du tabac contient plus de 4000 composés chimiques dont beaucoup sont toxiques : nicotine, arsenic, ammoniaque, DDT, naphtalène, acide cyanhydrique, monoxyde de carbone, méthanol, etc. Cette fumée contient également plus de 60 produits cancérogènes parmi lesquels l'uréthane, le pyrène, le cadmium, le polonium 210, le naphtylamine, le dibenzacridine et le chlorure de vinyle... A votre santé !

Jouez au cow-boy...

Nous savons de longue date que le tabagisme est à l'origine de la plupart des cancers des poumons. Pour ne citer que quelques exemples notoires, David Millar, le premier "cow-boy" du cigarettier Marlboro mourut d'un emphysème en 1987 à l'âge de 87 ans. Wayne McLaren, le 2e "cow-boy" contracta un cancer des poumons à 49 ans et en mourut 2 ans plus tard en 1992. David McLean, le 3e "cow-boy" mourut d'un cancer des poumons en 1995 à 73 ans. Richard Hammer, le 4e "cow-boy" mourut d'un cancer des poumons en 1999 à 69 ans et Eric Lawson, le 5e "cow-boy" de Marlboro mourut également d'un cancer des poumons en 2014 à l'âge de 72 ans. Comme on dit, une vie gâchée et une famille détruite pour un plaisir de quelques minutes... Bienvenu au pays dans l'enfer Marlboro !

Le tabagisme est la première cause de cancer du larynx, du pharynx, de l'oesophage (lié à l'interaction tabac/alcool), de la vessie (lié à l'interaction tabac/régime alimentaire) et des sinus notamment. La fumée de cigarette est à l'origine de 87 % des cancers du poumon.

Extrait d'une publicité Marlboro. Entre 1987 et 2014, les cinq premiers "cow-boys" de Marlboro sont morts d'un cancer des poumons.

Une enquête a révélé que depuis 2010, le nombre de femmes atteintes de cancer suite au tabagisme a dépassé le nombre d'homme atteint de la même maladie... en 1950 ! En effet, au fil du temps, les hommes ont pris conscience des méfaits de la fumée du tabac tandis que les jeunes femmes ont succombé à la cigarette sous l'influence de la publicité. Elles en payent aujourd'hui le prix...

La fumée de tabac abrège la durée de vie des consommateurs de plusieurs années : selon une étude anglaise, 1 cigarette fumée = 11 minutes de vie en moins. Il affecte le développement du foetus ou du bébé, il peut provoquer de l'asthme ou des allergies y compris des bronchites, des pneumopathies et des pharyngites chroniques.

Les fumeurs ont deux fois plus d'accident de travail que les non-fumeurs (étude du Dr Galle), le risque d'accident cardiaque est accru de 25 % chez un fumeur, le risque d'accident cardio-vasculaire semble également augmenter chez les fumeurs, on observe des atteintes buccales et digestives en raison de la chaleur de la cigarette (800°C). Enfin la nicotine jaunit les dents et les doigts et donne une mauvaise haleine.

Mais pire que cela, le tabagisme passif suffit à rendre les cellules cancéreuses. En effet, selon une étude publiée en 2017 dans la revue "Science", le biophysicien Ludmil B. Alexandrov du Los Alamos National Laboratory et son équipe ont découvert que même des organes qui n'avaient jamais été exposés directement à la fumée de cigarette présentent des signatures typiques des cellules tumorales; l'ADN de ces cellules a été modifié indirectement par la fumée de cigarette et ont subi des mutations, devenant potentiellement le point de départ d'un cancer.

Le tabagisme accélère le vieillissement et le risque de cancer

Les travaux d'Alexandrov et son équipe ont également montré que les cellules accumulent des mutations à mesure qu'elles se divisent et vieillissent. Ainsi, en fumant ou en respirant indirectement la fumée de cigarette, le nombre de mutations cellulaires augmente et accélère le vieillissement cellulaire, en particulier dans le larynx, l'oesophage, les poumons, le foie, l'estomac et la vessie. Ce phénomène se produit même dans des organes qui ne sont pas directement exposés à la fumée. 

Ajouter la consommation de cigarettes à l'alcool ne peut qu'accélérer les méfaits sur la santé.

Les chercheurs ont pu quantifier le taux de mutations cellulaires et découvert qu'un fumeur consommant un paquet de cigarettes par jour induit chaque année 150 nouvelles mutations dans chaque cellule de ses poumons. Et plus il y a de mutations, plus il y a de risques que les cellules deviennent cancéreuses. Ce taux est 10 à 15 fois supérieur au taux normal de mutation, indépendamment d'autres facteurs comme l'âge, l'éthnie, l'environnement ou les prédispositions génétiques.

Selon l'association Retina France qui s'occupe des personnes malvoyantes, la fumée de cigarette n’est pas seulement irritante pour les poumons ou les yeux, mais elle accélère également le vieillissement de la rétine, et favorise le développement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge, la DMLA, avec à terme, un risque très élevé de cécité.

Précisons que la DMLA est une maladie de la partie centrale de la rétine qui touche en moyenne un million de Français. De nombreuses études scientifiques montrent qu'il existait une relation entre cette maladie et le tabagisme. Ainsi le risque pour un fumeur de développer la DMLA est jusqu’à 5 fois plus important que celui d’un non-fumeur ! Selon Françoise Georges, présidente de l’Association Rétina France, "seulement 10 % des personnes interrogées savent que le tabagisme menace leur vision". Car le tabac a également un impact sur le risque de cataracte, une maladie provoquée par une opacification progressive du cristallin.

Selon une étude publiée en avril 2007 dans le magazine "Tabac Actualités" N°76 citant la revue scientifique "Archives of Dermatology" Vol.143, le tabagisme accélère également le vieillissement de la peau et favorise l'apparition de ridules. Ce constat ressort d'une enquête menée auprès de 82 volontaires dont la moitié est ou était fumeurs réguliers.

L'étude conclut que seuls l'âge et le nombre de cigarettes fumées par jour provoque l'apparition de ces ridules. Chez les plus de 45 ans, par exemple le degré de vieillissement de la peau s'est avéré bien plus élevé chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. Le phénomène est encore plus marqué au-delà de 65 ans.

Le tabagisme affecte le foetus et le bébé

En 2015, Nadja Reissland de l'Université de Durham et ses collègues publièrent dans la revue "Acta Paediatrica" une étude sur les réactions dun foetus lorsque la mère fumait une cigarette. Grâce à des échographies en 4D prises à 24, 28, 32 et 36 semaines de grossesse sur 20 femmes enceintes (dont quatre fumaient en moyenne 14 cigarettes/jour), les chercheurs ont pu mettre en évidence que les bébés étaient davantage agités lorsque leur mère fumait. en effet, les foetus dont les mamans fument, manifestent des signes caractéristiques de stress, se frottant fréquemment la tête et ouvrant largement la bouche. Des comportements que les bébés des femmes non-fumeuses nereproduisent pas.

Les statistiques montrent également que les femmes qui fument durant leur grossesse présentent un risque accru de complications diverses au moment d'accoucher. Ainsi, les mères fumeuses donnent naissance à 1.5 fois plus de bébés prématurés que les femmes non fumeuses.

Donneriez-vous une cigarette à un bébé ? C'est pourtant ce que font indirectement les jeunes mamans fumeuses.

Notons que parmi les affections potentiellement graves, les femmes qui fument plus d'un paquet par jour présentent également un risque plus élevé de souffrir d'un placenta praevia (une insertion anormale du placenta sur le segment inférieur de l'utérus) ou d'un placenta abruptio (un décollement prématuré du placenta). On observe également avec une augmentation des risques d'insuffisances ou d'infections respiratoires chez la mère.

Au vu de ces risques et de ces symptômes, tout médecin recommande aux mères de ne pas fumer pendant leur grossesse. Mais selon une étude réalisée par l'INPES en France en 2010, 25 % des femmes enceintes continuer à fumer durant leur grossesse. Or l'arrivée d’un enfant devrait être l'occasion pour relever le défi d'arrêter de fumer.

S'il fallait un argument de plus pour convaincre les femmes enceintes d'arrêter de fumer, en voici un autre. Jusqu'à présent le mécanisme qui se cachait dans l'utérus de la femme était inconnu. Toutefois, dans une étude publiée en 2017 par Brian Oliver de l'Université de Technologie de Sydney (UTS) et ses collègues dans la revue "American Journal of Physiology - Lung Cellular and Molecular Physiology", on apprend que les chercheurs ont découvert que l'une des raisons fondamentales qui affecte le foetus est la présence de radicaux libres et de molécules indésirables dans le corps de la mère.

Jusqu'à présent on pensait que la nicotine était à l'origine des effets les plus négatifs. Toutefois, selon Oliver quand une personne fume, de nouvelles substances toxiques et des milliards de radicaux libres, c'est-à-dire des oxydants, sont inhalés, transportés par le sang et affectent tout le corps. Ce ne sont pas juste les poumons qui sont affectés. En effet, les radicaux libres qui sont déjà connus pour endommager notre corps, peuvent conduire au cancer.

Ces radicaux  libres sont des molécules comme le peroxyde d'hydrogène (H2O2) qui est très réactif et peut modifier les tissus organiques aussi facilement qu'un agent de blanchiment (ce qu'il est aussi). Quand il agit sur le bébé d'une femme enceinte, les réactions chimiques s'étendent jusqu'au développement du bébé.

Le tabagisme détruit le chromosome Y

Dans une étude internationale publiée dans la revue "Science" en 2014 et menée sur 6000 hommes, le généticien Jan Dumanski de l'Université d’Uppsala et son équipe sont arrivés à la conclusion que les hommes qui fument ont trois fois plus de risque de voir leur chromosome Y disparaître de leurs cellules sanguines.

Pour parvenir à cette conclusion surprenante, les chercheurs ont analysé les cellules sanguines de sujets masculins à la recherche du chromosome Y, un fragment d’ADN uniquement présent chez les hommes (les femmes ayant deux chromosomes X). Cette étude confirme que les grands fumeurs ont trois fois plus de cellules sanguines sans chromosome Y que les non fumeurs tandis qu'on observe un rétrécissement du chromosome Y chez les autres fumeurs.

A gauche, l'ensemble des 23 paires de chromosomes du génome (ADN) humain. Chez les mammifères femelles, y compris les femmes, le chromosome Y est remplacé par un deuxième chromosome X (mais les deux X ne sont pas identiques). Chez les hommes fumeurs, le chromosome Y a tendance à se rétrécir ou à disparaître et serait associé à un risque accru de cancers. Ce compositage coloré fut réalisé par la technique de FISH (Fluorescent In-Situ Hybridization) qui permet de mettre en évidence les éventuels mélanges chromosomiques. A droite, la paire de chromosomes X et Y. Document Biophoto Associates.

Cette disparition en fumée serait également accompagnée d'un risque plus élevé de développer des cancers non hématologiques, c'est-à-dire tous les cancers à l'exception des leucémies (cancers du sang) et des lymphomes (cancers des cellules du système immunitaire) mais on ignore ecnore s'il y a un lien direct avec le développement des cancers.

La bonne nouvelle est que cette anomalie peut disparaître et le chromosome Y peut reprendre sa forme initiale ou même réapparaître si le sujet arrête de fumer !

Si les fumeurs invétérés veulent avoir des enfants et en particulier des garçons, ils savent à présent que le tabagisme est un facteur de risque qu'ils peuvent éviter.

Le tabagisme tue

Nous savons depuis la publication des toutes premières études scientifiques sur le tabagisme au début du XXe siècle que la consommation de tabac, même passive, est source de graves atteintes à la santé. En 2002, le tabagisme tua 5 millions de personnes dans le monde. Selon l'OMS, le tabagisme tuera 30 millions de personnes en 2030. Chaque année, en Belgique 6500 nouveaux cas de cancer sont déclarés dont 25 % chez les femmes. Le tabagisme est plus mortel que les accidents de la route, les morts de la grippe et les victimes du SIDA réunis ! Toutes les heures le tabagisme tue plus de 560 personnes et pas uniquement des fumeurs, soit une personne toutes les 6 secondes !

Les femmes sont également plus sensibles au risque de cancer que les hommes du fait que leur organisme est probablement plus fragile suite aux prises hormonales, surtout après la ménopause.

Si le tabagisme tue les grands fumeurs après 30 à 60 ans de consommation, il peut tuer un homme bien plus rapidement. Ainsi Bryan Lee Curtis commença à fumer à 13 ans. Il en est mort 20 ans plus tard dans un état littéralement cadavérique et squelettique à faire pitié lié aux effets de la chimiothérapie. Il laissa derrière lui sa femme et son enfant. Sa déchéance physique sert aujourd'hui d'exemple et est affichée sur les paquets de cigarettes vendus en Australie. Vous voilà prévenus !

Si cela vous laisse encore indifférent et si vous croyez l'adage "cela n'arrive qu'aux autres", dans ce cas vous êtes non seulement naïf mais égoïste et irresponsable.

Ceci dit, sans compter que les fumeurs vieillissent précocément, des désagréments pour les non-fumeurs (fumée, odeurs, traces) et du coût des malades pour le système de santé, bien malin et irresponsable celui qui voit encore un intérêt à fumer...

Franchement, si vous fumez, ne vous rendez-vous pas compte de ses dangers et que cela vous tue et vous rend malade à petit feu ? Réagisssez !

Etant donné que ce sont les femmes aujourd'hui qui fument le plus, souhaitons leur bonne chance, elles qui s'inquiètent déjà à 20 ans de voir quelques ridules apparaître sur leur peau de bébé sans parler des autres problèmes. Mais qu'elles ne viennent pas se plaindre ensuite des conséquences sur leur santé de leur insouscience et de leur égoïsme. On les aura prévenu. Oui les mots sont durs, mais ils ne sont rien comparés aux méfaits du tabagisme.

Si vous aimez la cigarette, réfléchissez à ceci : compte tenu du hasard des rencontres, vous avez eu une chance sur des milliards de milliards de milliards, bref une chance inouïe de venir au monde, mais vous avez une chance sur deux de mourir du cancer. Ne gâchez pas ce cadeau de la nature.

Etant donné que la loi n'interdit toujours pas de vendre un produit aussi nocif pour la santé que la cigarette, prenez l'initiative et faites une bonne action : jetez votre cigarette, arrêter de fumer et buvez moins d'alcool !

Pour plus d'informations

Canada : 3 géants du tabac condamnés à verser plus de 11 milliards d’euros, Euronews, 2015

Chaque cigarette vous détruit (goudron), YouTube

Alcool au volant, l'accident de Jaqueline Saburido (attention aux âmes sensibles, vidéo choc), YouTube

Consommation d'alcool par habitant par pays, OMS

Center for Diseases Control and Prevention (statistiques sur le tabagisme).

Retour à la Biologie


Back to:

HOME

Copyright & FAQ