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L'amplificateur d'image I3 de Ceoptics

Description et photographies (II)

Mis au point en collaboration avec ITT Night Vision pour la partie électronique et Tele-Vue, réputé pour la qualité de ses optiques (réfracteurs et accessoires), Ceoptics propose 2 modèles de photoamplificateurs. En fait le coeur du I3 est unique mais Tele-Vue a mis au point une pièce optique que l'on fixe à la base du système qui transforme en quelque sorte le photoamplificateur tantôt en un oculaire de 25 mm tantôt en un oculaire de 15 mm de focale. Malheureusement ces deux accessoires sont horriblement chers. Le I3 dispose d'un barillet de 31.75 ou 50 mm (1.25 ou 2"). Ces deux modèles s'adaptent donc également à la plupart des accessoires, du renvoi à 90° à la lentille de Barlow. En option un adaptateur permet de les fixer sur un boîtier photographique de 35 mm.

Le I3 de Ceoptics

 

25 mm

15 mm

Champ apparent

35° 58°

Relief oculaire

38 mm 19 mm

Poids

468 g ~ 500 g

La mise au point s'effectue à deux niveaux. Comme tout oculaire, à chaque séance vous devez effectuer la mise au point avec la crémaillère (ou votre système de mise au point électrique) et faire en sorte que l'image soit la plus petite possible, mais elle ne sera pas nette. Vous devez ensuite mettre au point l'écran de phosphore pour obtenir une image nette et des étoiles ponctuelles. Ce second réglage dépend de votre dioptrie et est similaire à celui des oculaires des jumelles; vous ne devriez donc l'effectuer qu'une seule fois, sauf si d'autres personnes utilisent l'appareil et l'adapte à leur vue.

Techniquement, le I3 de Ceoptics présente une résolution qui varie entre 51 et 64 paires de lignes/mm, supérieure à celle de l'ancien film Tri-X. Elle correspond à une résolution électronique d'environ 8 microns, meilleure que plusieurs caméras CCD haut de gamme. Leur réponse spectrale s'étend de 450 à 900 nm avec un pic à 775 nm (IR) donc plus étendue vers les courtes fréquences que la réponse de notre rétine dont la sensibilité maximale se situe à 555 nm (jaune). La puissance relative du I3 est toutefois minimale dans la partie verte du spectre (505 nm). Son écran phosphorescent présente une image verdâtre et donc monochrome (pic à 530 nm).

Il est aussi intéressant de noter que sa réponse est supérieure à 50% dans les raies de l'Hydrogène de la série de Balmer au-delà de 510 nm (vert).

Le gain de l'amplification varie automatiquement en fonction de la brillance du fond du ciel entre 30000 et 50000x pour un rapport signal bruit de 18 à 21 dB.

Courbes de réponses spectrales et lumineuses de différents objets célestes comparés à celle du photoamplificateur I3. Cliquer sur l'image pour l'agrandir. Document Ceoptics.

Comme tout composant électronique, cet accessoire n'a pas une durée de vie illimitée. Le constructeur estime sa durée de vie à 10000 heures dans des conditions d'utilisation normale, c'est-à-dire sans viser d'objets brillants telle que des phares, la Lune ou les planètes. Il est alimenté par une pile de 3V au lithium d'une durée de vie de 30 à 50 heures

Appréciation

Dès la prise en main le I3 dégage une impression de haute sophistication et de qualité professionnelle. Il est un peu plus lourd qu'un oculaire fixe de même focale, exception faites des oculaires de Tele-Vue et Antares. Cette optique est construite en aluminium, anodisée et peinte en noir comme il se doit.

Malgré son champ apparent plus réduit, le I3 de 25 mm est le plus apprécié des deux modèles car il présente un champ de courbure nettement moins prononcé que le 15 mm. Utilisé conjoitement avec une lentille de Barlow 2x ou 3x ou une Powermate de Tele-Vue 2.5x il vous permettra d'observer avec beaucoup de facilité les petits objets du ciel profond (petites galaxies pâles, nébuleuses annulaires, etc). Parfois la Powermate est indispensable pour effectuer la mise au point. Ainsi placé sur la lunette 101 de Tele-Vue, le I3 ne permet pas d'effectuer la mise au point avec la crémaillère et nécessite une Powermate pour replacer le foyer à une distance suffisante. La lentille de Barlow ou la Powermate permet d'agrandir l'image donnant l'impression que le sujet est plus lumineux mais il ne faut pas pousser le grossissement. Au-delà de 3x environ l'image présente des aberrations sous forme de statique vidéo.

La réponse lumineuse du I3 est différente de celle de notre oeil . D'une part, l'oeil présente une grande sensibilité vers le jaune et la partie bleue du spectre ce qui nous donne l'impression générale que les bras bleutés par exemple de certaines galaxies sont plus brillants que leur noyau (M33) ou que les amas d'étoiles étincellent de tous leurs feux (M45). 

D'autre part, notre oeil présente une réponse logarithmique à la lumière alors que celle du I3 est plus linéaire. Ainsi entre 505 et 605 nm par exemple (jaune-orange) , la réponse lumineuse de l'oeil augmente d'un facteur 1000 alors qu'elle n'est que 1.5 fois plus élevée dans le I3. Ces deux effets combinés rendrent les images vues à travers le I3 quelque peu différentes de leur aspect visuel ordinaire mais il reproduit plus fidèlement la répartition spectrale de ces objets.

430 nm

violet

470 nm

bleu

505 nm

vert

605 nm

jaune

670 nm

rouge

775 nm

IR

880 nm

IR

900 nm

IR

Réponse de l'oeil

20

2

1

1000

10000

0

0

0

Réponse du I3 (A)

0

75

135

205

230

250

100

0

La sensibilité étendue dans le proche infrarouge et dans les raies de l'Hydrogène et de l'Oxygène peut être tirée à profit pour observer les objets "chauds" et rouges du ciel profond. Dans des endroits reculés, à l'écart de tout éclairage public et bien sombre, le I3 donne d'excellents résultats sur les étoiles géantes (Bételgeuse, Antares), les nébuleuses d'émission et les régions HII (M42), les amas globulaires (M4, M13), les galaxies elliptiques (M87), les spirales vues de profil (M104, M107, NGC 4565) ou les régions chaotiques melées de poussières au centre de la Voie Lactée (M3, NGC 2024). Parfois l'objet pâle tant convoité n'apparaît pas au premier regard (la bande sombre d'une galaxie vue de profil par exemple) mais en refaisant la mise au point les détails finissent par apparaître. Mais c'est dans ce type de détails que le I3 présentent certaines limites comparé aux performances d'un oculaire classique. Nous y reviendrons.

Le temps d'adaptation du tube aux conditions nocturnes est rapide et s'établit en moins de 30 secondes. Par contre la brillance de l'écran au phosphore ne permet pas à votre oeil de s'accoutumer à la vision scotopique nocturne. Mais ce n'est pas un gros problème tant que l'on ne cherche pas à observer les objets du ciel profond avec des oculaires fixes qui demandent une accoutumance à l'obscurité.

Ce qui étonne l'observateur au début, outre la couleur verte de l'image est le fait que le I3 enregistre beaucoup plus d'étoiles qu'un oculaire ordinaire. Même sous un ciel pollué par l'éclairage public vous verrez beaucoup plus d'étoiles. En toute logique cet accessoire donne donc d'excellentes images si vous le dirigez vers les amas stellaires, les amas ouverts et globulaires. Ainsi M44 ou les Pléiades scintillent réellement de tous leurs feux et vous pourrez résoudre M13 jusqu'au noyau, même dans un télescope de 125 mm d'ouverture !

Ces performances font de ce petit instrument un outil très appréciable lorsqu'on veut étudier des objets rayonnant fortement en lumière rouge ou pour localiser des objets compacts de faible magnitude.

Images de M42 et de M13 réalisées par Bill Collins, directeur de Ceoptics avec l'amplificateur d'image I3. Il utilisa une lunette Astro-Physics de 178 mm f/9 équipée d'un appareil numérique Canon D30, 200 ISO, objectif Macro de 50 mm f/5.6. Pose de 6 sec.

Seul inconvénient, lorsque le gain est au maximum (pollution lumineuse, humidité dans l'air, brume, faible contraste) et le rapport signal bruit élevé dans des télescopes de long rapport focaux, f/10- f/15, l'image scintille suite à l'amplification du bruit quantique. L'écran phosphorescent ressemble alors à l'image TV que nos grands-parents observaient sur leur écran cathodique à l'époque de ses balbutiements. C'est un problème inhérent aux photomultiplicateurs. C'est le principal inconvénient que l'on peut reprocher à ce type d'accessoire. 

Sachant cela, mieux vaut l'utiliser dans de bonnes conditions, dans un ciel sans Lune, sec et limpide. Le I3 vous permet de voir des objets six fois plus pâles que ceux habituellement visibles dans votre télescope !

L'écran phosphorique présente un relief oculaire très confortable, même pour les porteurs de lunettes et un anneau de protection en caoutchouc facilite le positionnement de l'oeil durant l'observation. On oublie enfin rapidement l'image verdâtre une fois l'oeil rivé à l'oculaire...

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