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La
belle aurore !
Les
perturbations et autres défaillances (IV)
Suite à
la pression de l'onde de choc sur le champ magnétique terrestre,
quelques jours après une CME les orages géomagnétiques
entraînent une surchauffe de l'atmosphère terrestre. Entre 125 et 300 km
d'altitude la densité de l'atmosphère peut varier d'un facteur 2 à 5,
entraînant la retombée accélérée des satellites artificiels. En
quelques heures les contrôleurs du NORAD voient ainsi sur leurs écrans
plusieurs centaines de satellites changer d'orbite. Solar Max chuta ainsi
de plusieurs kilomètres. Des rushes d'activité dans les salles de
contrôle surviennent donc systématiquement pendant les éruptions
solaires les plus fortes. |

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Si
le vent solaire est très puissant (plus de 2 GW) et l'intensité des
courants induits très élevée, les satellites peuvent également être endommagés ou perdre
temporairement tout moyen de contrôle (par exemple une panne des
circuits des panneaux solaires sur PAS-6 en septembre 1997,
défaillance du gyroscope de SOHO en décembre 1998, panne des
radiateurs électriques sur Nozomi en 2003, etc). Parfois la panne est
si sévère que les ingénieurs ne parviennent pas à réparer le
module défaillant à distance; le satellite est alors perdu. C'est
une perte sèche qui peut s'élever à plus de cent millions de
dollars.
A
consulter : Les défaillances des
satellites
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Les
défaillances des satellites |
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Durant
les grandes tempêtes géomagnétiques les satellites en
orbite géostationnaires peuvent accuser des
défaillances suite à l'impact des électrons de forte
énergie (>2 MeV) et des protons (>100 MeV)
transportés par le vent solaire à plus de 500 km/s.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir. Document AGU.
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Le
rayonnement corpusculaire de forte énergie émis par le Soleil provoque non seulement des dommages aux satellites
placés sur les orbites les plus élevées, mais il corrode
également le matériel au sol. Lorsque les rayonnements UV et X
arrivent sur Terre, l'intensité du courant électrojet est telle que les orages géomagnétiques sont capables d'affecter
les systèmes de transmissions électriques. Le champ électromagnétique provoque des décharges d'électricité statique
autour des pylônes à haute tension au point de faire sauter les
systèmes de sécurité ou d'endommager les transformateurs à huile. Dans la réaction en chaîne qui s'ensuit,
toute une région peut-être plongée dans l'obscurité. Un célèbre
cas de ce genre s'est produit au Canada le 13 mars 1989, plongeant 6
millions de Québécois et une partie des Etats-Unis dans l'obscurité totale pendant 10 heures !
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A
gauche, draperie observée en Nouvelle Zélande (46°S)
par Stephen
Voss le 8 septembre 2002. A droite Todd
Carlson a photographié le ciel de Toronto (43°N)
durant et après le backout survenu au Canada dans la nuit du
13 au 14 mars 1989. |
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Mais
si les électriciens sont toujours hantés par ce genre d'accident, la
remise en activité de tout un réseau est tout aussi stressante car
tout d'un coup la demande d'électricité peut grimper d'un facteur 6
! Et si le plan de relance est mal organisé, une coupure générale
d'électricité peut à nouveau se manifester... En 1989 la remise en
état des transformateurs et du réseau hydro-électrique coûta 30
millions de dollars canadiens !
A
consulter : Les indices solaires et autres échelles
géomagnétiques
Les
variations inhabituelles du courant parasitent également les
ordinateurs de transmissions et les lignes téléphoniques. Ce champ
électromagnétique endommage les systèmes de défenses militaires des
pays nordiques, les pipelines et les gazoducs. Dans certains cas, pour
prévenir les fausses alertes, les blackouts radio ou les coupures
de courant, les prévisionnistes
doivent prédire le temps en relation avec les phénomènes
astronomiques.
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Les
perturbations ionosphériques |
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Durant
les grandes tempêtes géomagnétiques des aurores ont pu
descendre jusqu'en
Méditerranée. Pendant ces périodes, la propagation en
onde moyenne et longue est totalement interrompue via la
couche D de l'ionosphère qui se situe entre 50 et 90 km
d'altitude. Ce sont les perturbations ionosphériques
brusques. Documents R.D.Hunsuncker-PFRR-GEDDS
et T.Lombry.
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En
résumé nous pouvons classer les perturbations géomagnétiques en
plusieurs catégories :
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Les variations diurnes, engendrées par le mouvement de marée
des particules ionisées dans la haute atmosphère qui vont et viennent
à travers les lignes de force du champ magnétique;
-
Les crochets qui sont des chutes soudaines de la force
magnétique sur la face diurne de la Terre. Ils se produisent après
une augmentation de l'ionisation de la haute atmosphère suite à un
rayonnement ultraviolet intense. Le redressement est plus lent mais
régulier.
-
Les commencements soudains qui présentent une augmentation
rapide de la force du champ magnétique total. Ils sont provoqués par
la compression de la magnétosphère suite à l'arrivée de plasma
solaire.
-
Les tempêtes magnétiques principales qui suivent en général
les commencements soudains. Elles comprennent une diminution rapide du
champ magnétique suivi par une période de redressement lent jusqu'au
niveau normal. Ces tempêtes sont également dues à une augmentation
de l'ionisation et des courants circulants autour de la Terre. Elles
sont provoquées par le passage
d'une CME ou d'une autre grande discontinuité dans le vent solaire,
ce qui se produit habituellement lorsque le champ magnétique
interplanétaire (IMF) est étendu et dirigé vers le sud.
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Magnétogrammes
illustrant les différents types de perturbations
magnétiques.
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Les tempêtes magnétosphériques secondaires ou sous-tempêtes
qui consistent en général en une diminution de l'intensité du champ
magnétique en réponse au rétablissement du champ après une
tempête principale. Elles peuvent être déclenchées par des discontinuités
dans le vent solaire et une IMF orientée vers le sud. Elles peuvent
également se former sans acteur extérieur, de façon spontanée. La sous-tempête est associée à l'activité des
aurores et peut réapparaître plusieurs fois par jour durant la phase de
rétablissement. Dans le jargon, ces rechutes sont dénommées des
baies en raison de leur forme sur les magnétogrammes. Ces sous-tempêtes sont produites par des particules arrivant de
la queue géomagnétique.
-
Les petites tempêtes magnétiques qui ont tendance à se
répéter tous les 27 jours en fonction de la rotation solaire. Elles
n'entraînent qu'une faible activité aurorale limitée aux latitudes élevées.
Les
phénomènes de crochets, les commencements soudains et les tempêtes
magnétiques principales sont en général en phase avec le cycle des
taches solaires tandis que l'activité des sous-tempêtes et les petites tempêtes
magnétiques se développe en phase de déclin du cycle solaire et
sont associées aux trous coronaux qui jouent, rappelons-le, un effet
accélérateur du flux de vent solaire.
A
lire : Les
aurores sous l'emprise de boucles magnétiques (sur le blog)
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Perturbation
ionosphérique brusque et spectaculaire de la région D de l'ionosphère (40-70 km
d'altitude) survenue le 6 avril 2001 (Flux > X9) qui
dégrada la MUF et interrompit les communications HF. La
plus haute fréquence affectée est indiquée dans
l'échelle colorée en-dessous à gauche. A droite
l'atténuation en dB. Cet événement eut pour
effet d'interrompre totalement (blackout) les communications en
ondes-courtes bien au-delà de 30 MHz. En temps normal le
halo arc-en-ciel est à peine discernable (mauve) voire
inexistant (Flux ≈
B3). Ce phénomène fut suivi d'aurores très brillantes
de classe VI. Document SEC/NOAA. |
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Chimie
et structure des aurores
Pourquoi
les aurores sont-elles colorées ? Les
aurores peuvent avoir des couleurs chatoyantes ou présenter une dominance
rouge, jaune-verte ou parfois bleue. Ce phénomène s'explique par un
processus chimique similaire à celui qui illumine nos écrans de
télévision ou les tubes fluorescents au néon.
Le
spectre des aurores affiche des raies et des bandes en émission. Les
raies verte (557.7 nm) et rouge (630.0 nm) sont renforcées par le
"ciel nocturne", par la présence des atomes d'oxygène dans
la haute atmosphère. C'est
la variation d'intensité de ces raies et donc des interactions des
particules énergiques sur les molécules présentes dans la haute
atmosphère qui différencie les aurores par
la couleur.
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La
chimie des aurores |
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Consulter
le texte pour les explications. Document de l'auteur adapté d'une illustration de la
NASA. |
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La
couleur des aurores varie en fonction de la composition de la
haute atmosphère. A plus de
200 km d'altitude les particules énergiques issues du
Soleil (protons et électrons) frappent principalement des
molécules d'oxygène qui, pour revenir à leur état
stable, émettent une lumière rouge parfois
orangée.
Entre 100 et
200 km, les électrons frappent des molécules d'azote qui
émettent une lumière bleue ainsi qu'un électron
secondaire qui pourra exciter un atome d'oxygène qui
émettra une lumière verte pour retourner à l'état stable.
En-dessous de 100 km d'altitude, où
prédomine l'azote neutre, l'émission sera rouge sombre et parfois
bleue s'il s'agit d'azote ionisé. Enfin, c'est également
l'azote qui donne une coloration rouge-pourpre à la partie
inférieure de certaines draperies.
Si
l'ionosphère voit principalement la précipitation d'ions et
d'électrons ainsi que leur libération, les protons contribuent
également à la formation des aurores. Mais l'énergie moyenne des
protons et des électrons varie considérablement d'une région à
l'autre et au cours du temps. Les aurores formées par la
précipitation des protons sont probablement nombreuses mais elles
sont plus difficiles à observer. Ainsi
qu'en témoigne la simulation ci-dessous, la précipitation des
protons peut produire des aurores rouges identiques à celles formées
par les électrons.
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Image
d'une aurore induite par des électrons et des protons. A gauche l'émission rouge est provoquée par la précipitation des protons. Au milieu l'émission verte (qui peut aussi prendre
d'autres couleurs) est produite par la précipitation des électrons. A droite l'image résultante de
la combinaison des deux phénomènes. Document NASA-GSFC. |
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Les
aurores accusent également une grande variété de formes mais que l'on peut
rassembler en quatre grandes catégories (entre parenthèses la dénomination anglaise)
:
-
Les
draperies et les arcs (curtains, drapes, arcs) qui
telles de grandes tentures semblent onduler ou spiraler devant les étoiles selon
l'orientation du champ géomagnétique. Elles
comptent parmi les aurores les plus impressionnantes et sont aussi les
plus brillantes, affichant parfois des couleurs chatoyantes comme nous
le verrons plus loin;
-
Les bandes (bands) qui ressemblent aux draperies sans leur
caractère onduleux. Parfois isolée parfois alignées en rangs serrés
elles
comptent également parmi les aurores les plus étendues et les
plus brillantes.
-
Les rayons et les couronnes (rays, corona) qui se caractérisent par une limite inférieure très nette, qui va en
s'estompant vers la partie supérieure. Les arcs et les couronnes sont souvent très étendus
et peuvent occuper plus de la moitié du ciel. Bien souvent ils présentent
des sommets ou une base enchevêtrée ou convulsée très nette.
Habituellement les couronnes occupent le zénith et s'ouvrent dans toutes
les directions par un effet de perspective.
-
Les
aurores diffuses (glows) que l'on observe aux latitudes moyennes, qui ne présentent pas de contours
définis mais illuminent simplement une partie du ciel de rouge, de bleu
ou de jaune-vert.
Bien
évidemment cette classification est arbitraire. Vous pouvez observer des
rayons baignant dans une aurore diffuse, des bandes se transformer en
draperies, des arcs ressemblant à des draperies, des bandes formées de
rayons, etc. Seule
l'expérience vous aidera à les distinguer.
Prochain
chapitre
Les
missions scientifiques
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