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La propagation de la pandémie de Covid-19

La pandémie (II)

Début février 2020, l'épidémie impacta l'économie mondiale en commençant par toutes les sociétés commerçant avec la Chine qui n'ont pas reçu leur commande ou ont préféré annuler leur commande. Quelques semaines plus tard, le trafic aérien fut impacté avec localement une annulation de 90% des vols internationaux. On reviendra sur l'impact économique.

Dans les semaines qui suivirent l'évolution du nombre de contaminés restait exponentielle et 97% des cas furent signalés en Chine continentale.

Début mars 2020, les simulations réalisées par les économistes de l'OCDE montraient que l'épidémie au Covid-19 allait se propager dans le monde entier avec des conséquences économiques et sanitaires graves qui n'avaient jamais eu d'équivalent dans l'histoire, avec un arrêt complet des transports aériens, des commerces, la fermeture des écoles, un quasi bloquage de l'économie et surtout un nombre de contaminés et de patients Covid montant en flèche et le risque d'une saturation des hôpitaux en quelques mois.

Le 11 mars 2020, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhananom Ghebreyesus déclara que le Covid-19 avait atteint le stade de la pandémie. Près de 120000 personnes avaient été contaminées dans plus de 110 pays et plus de 4300 personnes furent décédées. Suite à cette annonce, l'état d'urgence sanitaire fut décrété dans de nombreux pays et progressivement les frontières se sont fermées.

Le 15 mars 2020, dans un communiqué de presse, le siège de l'OCDE à Paris annonça que "l'organisation passera au télétravail complet jusqu'à nouvel ordre".

Selon les autorités chinoises, le 19 mars 2020 soit 4 mois après la découverte du premier cas, 87% des personnes contaminées en Chine furent guéries et on n'observa plus de nouvelles contaminations dans ce pays; la vague était passée. Malheureusement, des ressortissants chinois contaminés revenant en Chine principalement par la Russie ont propagé une deuxième vague d'épidémie en avril. Cette contamination importée força le pays à fermer sa frontière avec la Russie.

Le 20 mars 2020, on dénombrait 244602 contaminés et plus de 10000 décès dans le monde soit en moyenne 5.3% des personnes ayant contracté le Covid-19.

Le 26 mars 2020, on dépassait les 22000 décès. La progression mondiale restait exponentielle. Les experts n'envisageaient pas la fin de la pandémie avant plusieurs mois. Les autorités devaient donc prendre des mesures d'urgence.

Les États n'ont pas tiré les leçons du passé, notamment de la propagation de la grippe espagnole en 1918-1919. On pouvait y superposer la propagation du Covid-19 à la différence que ce dernier se propagea bien plus rapidement, profitant davantage de la diversité des moyens de transport pour passer d'une ville à l'autre et toucher d'autres continents. La grippe espagnole fit entre 20 et 100 millions de morts selon les études. Document CESA.

Afin de ralentir la progression du virus et indirectement le nombre de décès, le 24 mars 2020 l'Inde décréta à son tour le confinement total de sa population. Dans les jours qui suivirent, 185 pays prirent la même décision, portant le nombre de personnes confinées chez elles à plus de 4 milliards soit plus de la moitié de la population mondiale ! Jamais l'humanité n'avait connu une telle situation.

Finalement, le confinement de Wuhan fut levé le 8 avril 2020 tout en demandant à la population de rester vigilante, le port du masque par exemple restant d'usage dans les lieux publics. Mais rapidement les autorités chinoises ont redouté les conséquences d'une deuxième vague épidémique. Et effectivement, entre le 1 et le 10 mai 2020, on signala 13 nouvelles contaminations à Wuhan et la ville de Shulan fut mise en quarantaine.

D'autres villes chinoises furent à nouveaux touchées en juin et les mois suivants et furent reconfinées. En janvier 2021, des centaines de nouveaux cas de contaminations furent découverts dans le nord de la Chine, imposant un reconfinement local (cf. page suivante). Le port du masque était toujours à l'ordre du jour. Les autorités chinoises espèrent que la vaccination permettra d'interrompre la propagation du Covid-19. On y reviendra.

Alors que le réseau mondial de surveillance des maladies infectieuses avait signalé aux virologues et aux épidémiologistes que le virus circulait déjà en Europe et ailleurs, jusque mi-mars 2020, aucun pays occidental n'imposa de règles sanitaires à la population comme si l'avertissement de l'OMS ne les concernait pas. Rétrospectivement, à quelques rares exceptions près, dans tous les pays occidentaux les autorités sanitaires et gouvernementales ont regardé arriver la première vague épidémique et simplement attendu que la population soit contaminée pour réagir !

Après avoir touché l'Asie début mars, comme prévu la vague épidémique déferla sur l'Europe où on observa le pic épidémique durant la deuxième semaine d'avril. Si certains pays s'y sont bien préparés, d'autres étaient déjà en sous-effectifs mi-mars et manquaient de ressources pour y faire face (cf. l'Italie et une partie de la France). La vague atteignit ensuite l'Afrique, l'Amérique Nord puis l'Amérique du Sud. On y reviendra.

Comparaison de la distribution spatiale des cas de contamination par les coronavirus du SARS, du MERS et du Covid-19. Document M.C.S. Wong et al. (2020) adapté par l'auteur.

En Europe, entre le 4 avril et le 10 mai 2020, c'est-à-dire juste avant la première phase du déconfinement partiel, on observa une diminution lente mais régulière du nombre de contaminés, d'hospitalisations et de décès en Belgique et en France notamment mais ces pays détiennent aussi parmi les taux de létalité les plus élevés (même si le nombre de contaminés comprend aussi les cas suspects). Les raisons sont évidentes. Bien que le cas de la France soit aggravé, les autorités des deux pays n'ont pas anticipé la gravité de l'épidémie et ont laissé leur population sans protection jusque mi-mars. On reviendra sur leur imprévoyance à propos de la gestion de la crise sanitaire de Covid-19.

Entre-temps, pas de chance, alors que certains pays avaient réouvert certains secteurs de leur économie ou avaient planifié un déconfinement à partir du 11 mai 2020, entre la fin avril et le 9 mai 2020 selon les pays, on observa à nouveau une légère augmentation des contaminations avec un Ro > 1 en Belgique, en France et en Allemagne notamment. Mais cela resta stable et même les épidémiologistes furent étonnés que le Ro se maintenait à une valeur très faible, ce qui était un bon signe pour le déconfinement.

Mais il ne fallait pas se réjouir pour autant. Le message des scientifiques (et relayé par les autorités) a toujours été que tant qu'il y a de nouvelles contaminations chaque jour, plusieurs cas chaque semaine ou même chaque mois, il faut toujours rester sur ses gardes et porter le masque dans tous les lieux fréquentés car cela signifie que le virus est toujours embusqué tel un sniper là où on ne l'attend pas.

Malheureusement, nous verrons qu'une partie sensible de la population a pris cet avertissement à la légère ou l'a ignoré, augmentant le risque de voir le nombre de contaminés réaugmenter et avec lui son lot de décès. Comme prévu par les simulations, les cas de contamination ont réaugmenté exponentiellement à la fin des vacances d'été au point que le spectre d'une saturation des hôpitaux était attendu début novembre 2020. Pour éviter cette situation critique, en Europe la plupart des gouvernements ont réimposé un confinement partiel début novembre et en décembre 2020 qui s'est prolongé dans certains pays jusqu'en 2021.

A la fin de l'année 2020, le Covid-19 était présent dans 191 pays, y compris dans une base chilienne en Antarctique où une vingtaine de personnes assurant le support furent contaminées.

Entre avril et décembre 2020, le taux de létalité IFR de la Covid-19 est passé de 7.1 à 2.2%. Si le taux de létalité a chuté, en revanche le variant B.1.1.7 du virus est plus contagieux. On reviendra sur les vagues épidémiques page suivante.

Le Covid en Afrique

Le Covid-19 envahit tout l'Afrique en l'espace d'un mois, principalement grâce aux transports aériens et les lignes régulières restées ouvertes jusqu'en mars 2020, en particulier depuis l'Europe (France, Italie) et la Chine. Ces premiers contaminés n'ont présenté que des symptômes légers et furent tous mis en isolement. Voici les principales dates par ordre chronologique.

Le premier cas Covid fut signalé en Algérie le 3 février 2020 chez les passagers d'un avion de la compagnie Air Algérie. Il s'agit notamment de 36 étudiants algériens qui revenaient de Wuhan (cf. El Watan).

L'Égypte signala son premier cas Covid le 14 février 2020, selon le ministère égyptien de la Santé. Il s'agit d'un ressortissant chinois testé positif à l'aéroport international du Caire (cf. Egypt Today).

Le 27 février 2020, on signale le virus chez un Italien travaillant au Nigéria revenu de Milan, en Italie le 25 février 2020 (cf. NCDC).

Le virus fut ensuite signalé au Maroc le 2 mars 2020 chez un Marocain revenant d'Italie testé positif (cf. RTL) et au Sénégal le 2 mars 2020 chez un ressortissant français père de famille résidant au Sénégal depuis deux ans revenu de France le 26 février 2020. Les passagers de l'avion furent mis en quarantaine. L'homme avait séjourné à Nîmes et dans une station de ski de la région Auvergne-Rhône-Alpes (cf. Le Point).

On retrouve le virus en Afrique du Sud le 5 mars 2020 chez un homme de 38 ans revenu d'Italie avec sa femme (cf. Gouv.za). Ensuite, on signale le premier cas Covid au Cameroun le 6 mars 2020 (cf. Maroc Diplomatique) et en République Démocratique du Congo (RDC) le 10 mars 2020 à Kinshasa chez un Congolais de 52 ans qui revenait de France (cf. Jeune Afrique).

Selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) à Addis-Abeba, alors que l'Afrique concentre 17% de la population mondiale, le 1 juin 2020 elle enregistrait 124482 contaminations par le Covid-19 soit 2.1% du total mondial et 3696 décès soit un taux de létalité de 3%. Au 10 septembre 2020, le taux de létalité était tombé à 2.4%. Malgré ses manques de moyens, l'Afrique s'en sort beaucoup mieux que la Chine, l'Europe ou l'Amérique.

En RDC comme dans d'autres pays d'Afrique, il y a d'un côté les intellectuels, les nantis et les privilégiés du régime qui portent un masque pour se protéger du Covid-19 et de l'autre coté la population pauvre et les laissés pour compte qui sont dans le déni et prétendent que le virus n'existe pas. Ils ne portent donc pas de masque de protection. C'est la raison pour laquelle des ONG comme la communauté Filimbi qui a le soutien des associations LUCHA et CEPAS organise des campagnes de sensibilisation sur le risque de contamination. Ses membres visitent notamment les marchés comme ici le 29 mai 2020 et offrent un masque lavable à chaque personne. Il arrive malheureusement que leurs actions soient mal interprétées et qu'ils soivent violemment pris à parti par des habitants superstitueux qui pensent que le virus n'est présent qu'en Europe en Asie. Documents Présidence RDC et Filimbi.

Selon un article publié dans la revue "Science" le 11 novembre 2020 par Sophie Uyoga et ses collègues, en Afrique, au début de l'épidémie la séroprévalence des anticorps IgG anti-Covid-19 dans la population était similaire à celle mesurée en Espagne (5%) alors qu'elle atteignait 9.6% à Wuhan et 10.9% à Genève. Bien que le pourcentage d'immunité naturelle soit le plus bas au monde, en particulier au Kenya, le virus ne se propage que très lentement et fait très peu de victimes.

Ainsi, le premier cas de Covid-19 au Kenya fut détecté le 12 mars 2020. En une semaine, le gouvernement a institué des mesures de confinement pour limiter la propagation du virus. Au 31 juillet, la surveillance nationale avait enregistré 20636 cas et 341 décès. Cette augmentation des cas est nettement plus lente qu'en Chine, en Europe ou aux États-Unis. Récemment, il a été suggéré que "le virus se propage…… avec un résultat atténué en Afrique" mais il existe peu de données disponibles pour confirmer ou réfuter cette affirmation (cf. M.Mbow et al., 2020).

Au 31 décembre 2020, on dénombrait 2.7 millions de cas et plus de 64000 décès pour toute l'Afrique soit 10 fois moins qu'en Europe alors que l'Afrique compte presque deux fois plus d'habitants (1.2 milliard contre 741 millions d'habitants) mais répartis sur un territoire 2 fois plus vaste (21.2 millions de km2 sans le Sahara qui représente 9.2 millions de km2 mais qui sont quasiment inoccupés contre 10 millions de km2 pour l'Europe).

Les faibles chiffres de contamination et de décès constatés en Afrique par rapport aux autres continents ont été atribués à la combinaison de plusieurs facteurs. D'abord une capacité de diagnostic limitée (les données seraient donc biaisées), à la mise en œuvre rapide de mesures de confinement strictes, la prédominance d'infections asymptomatiques et légères et une pyramide des âges très différente de celle des populations européennes. En effet, au Sénégal et au Kenya par exemple, respectivement seulement 3 et 3.9% de la population a plus de 65 ans (contre 19% en Europe, 21% en Italie) et 60% de la population à moins de 20 ans (contre ~20% en Europe).

En revanche, une troisième vague épidémique est apparue fin mai 2021. L'augmentation des cas de Covid-19 en Afrique s'accélère et est "extrêmement préoccupante" selon l'OMS. En effet, de plus en plus de pays enregistrent une augmentation des cas, notamment liés à la propagation du variant Delta. Le nombre de cas est aussi élevé que lors de la deuxième vague en janvier 2020 tandis que le nombre de décès est supérieur à la première vague en août 2019. Au total, l'Afrique comptabilise plus de 4.4 millions de contaminés et plus de 104000 décès liés au Covid-19 début juillet 2021.

A gauche, l'Afrique du Sud présente beaucoup plus de cas de contamination par le Covid-19 que les autres pays africains. A droite, tableau de bord de la pandémie de Covid-19 en Afrique au 14 juillet 2021. Documents AFP et OMS.

Globalement, en Afrique les cas ont augmenté de près de 40% mi-juin 2021, et dans certains pays le nombre de décès a triplé ou quadruplé. Les cas sont en hausse dans au moins 12 pays dont l'Ouganda, la République Démocratique du Congo (RDC), la Namibie, la Zambie, le Rwanda et la Tunisie. Selon  Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, "Cela est dû à un mélange de lassitude du public, de mixité sociale, d'utilisation inefficace des mesures de santé publique et sociales, d'iniquité vaccinale et de propagation de nouveaux variants."

L'Afrique est également à la traîne en matière de vaccination, représentant un peu moins de 1.5% de tous les vaccins administrés dans le monde au 30 juin 2021. Ce retard explique la troisième vague et la propagation des variants.

Enfin, il semble que le virus soit sensible à la chaleur. En effet, des chercheurs ont constaté une baisse de 3% des contaminations lorsque la température augmente de 1°. Mais d'autres analyses à grande échelle sont nécessaires pour confirmer cette tendance. En revanche, il est certain que le Covid-19 supporte mieux l'humidité (60-90%) et les températures fraîches (entre -3 et +13°C) qu'un air sec et de fortes chaleurs mais jusqu'à présent les conditions climatiques ne l'ont pas empêché d'envahir la planète.

Le Covid en Amérique du Nord

Le premier cas de Covid-19 fut détecté aux Etats-Unis dans le comté de Snohomish, dans l'État de Washington, le 19 janvier 2020 chez un citoyen américain revenant d'un voyage dans la région de Wuhan, en Chine. Mais selon une étude publiée le 11 septembre 2020, le virus était déjà présent aux Etats-Unis une semaine plus tôt mais ne fut pas détecté (cf. T.Bedford et al., 2020; M.Worobey et al., 2020). En effet, deux autres personnes sur les 12 cas identifiés pour la première fois aux États-Unis à l'époque ont présenté des symptômes de la maladie le 14 janvier 2020.

Point de vue sur Manhattan Beach, en Californie, le 20 mars 2020. Cette plage fut fermée pour éviter que trop de personnes se rassemblent au même endroit pendant la pandémie de Covid-19. Les piétons sont priés de respecter une distanciation sociale de 6 pieds soit 1.80 m. Document iStock/Martin-DM.

Vers le 12 février 2020 (entre le 3-22 février), le virus qui était déjà implanté en Europe traversa l'Atlantique et fut détecté chez des patients sur la côte ouest des Etats-Unis. Entre le 19 janvier et le 27 février 2020, le CDC enregistra 59 personnes contaminées par le Covid-19.

Jusqu'au 27 février 2020, le CDC recommanda de donner la priorité aux tests sur les personnes contaminées ou à risque revenant de voyage d'une zone contaminée ou exposés à un cas avéré. Le CDC n'a pas recommandé de tester les cas de maladie respiratoire sans facteurs de risque connus. La vague épidémique survint mi-mars 2020. Face au manque d'action du président Trump et faute de mesures de protections généralisées, le nombre de contaminés et de décès augmentèrent ensuite rapidement.

Fin mai 2020 le virus avait contaminé plus de 1.72 million de personnes et fit plus de 100000 morts. Il y en avait 15 fois moins au Canada qui fut beaucoup moins touché par le virus. Selon le comptage établit par l'Université Johns Hopkins, fin mai 2020 les États-Unis enregistraient encore plus 1255 décès par jour.

En réponse aux critiques et sous la pression des Démocrates, le président Donald Trump demanda que les drapeaux soient mis en berne sur les bâtiments fédéraux et monuments nationaux le dernier weekend de mai.

En valeur absolue, les États-Unis sont le pays le plus endeuillé par la pandémie mais relativement à sa population, le taux de létalité est de 3.0%, contre 4.7% en Europe au 12 septembre 2020, des valeurs en baisse depuis l'été.

Suite à des révélations du journaliste américain Bob Woodward qui est à l'origine de la divulgation de l'affaire du Watergate (Nixon, 1974), on apprit que dès le 7 février 2020 le président Trump avait été informé que les effets du Covid-19 étaient beaucoup plus graves que ceux de la grippe. Mais pour éviter la panique dans la population, le Président décida de minimisa son impact et de mentir à ses citoyens (cf. The Atlantic, 2020; The New York Times, 2020; H. Holden Thorp, 2020). C'est une faute grave qui peut conduire à sa destitution comme ce fut le cas pour Richard Nixon. Finalement, les majorité des Américains se détournèrent de Donald Trump et élirent Joe Biden à la Maison Blanche.

Comme en Europe, les Etats-Unis ont connu plusieurs vagues épidémiques en raison d'un faible taux de vaccination, de la propagation de variants plus transmissibles et d'un relâchement des gestes barrières.

A gauche, les cas de contamination et de décès par le Covid-19 aux États-Unis entre le 1 mars 2020 et le 7 juillet 2022. Au centre, évolution des nouveaux cas de contamination par le Covid-19 dans le monde entre mars 2020 et avril 2021. A droite, l'évolution jusqu'en janvier 2022 avec l'impressionnant pic du variant Omicron. Documents Google/JHU et Statista adaptés par l'auteur.

Le 14 juillet 2021, le Dr Peter Hotez, vaccinologue et doyen de l'École nationale de médecine tropicale du Baylor College de Médecine avertit que si les adultes ne se font pas vacciner à des taux suffisamment élevés pour ralentir ou arrêter la propagation du Covid-19, "les enfants paieront probablement le prix" (cf. CNN). Au 14 juillet 2021, dans 46 États, les taux de nouveaux cas étaient au moins 10% plus élevés que les taux de nouveaux cas la semaine précédente.

En fait, tous les épidémiologistes sont d'avis que pour stopper la pandémie il faut vacciner massivement et très rapidement afin que 90% de la population soit protégée avant l'automne. Aucun pays n'a encore atteint cette proportion (par exemple, au 14 juillet 2021, 62.8% des Britanniques étaient totalement vaccinés contre 44.3% des Belges et 38.9% des Français, cf. Euronews).

Le Covid en Amérique du Sud

Le premier cas Covid fut signalé en Amérique du Sud le 26 février 2020, au Brésil. Il s'agit d'une personne de retour du nord de l'Italie (cf. Garda).

Selon l'OMS, l'Amérique du Sud subit le pic épidémique début mai et devint "le nouvel épicentre de la maladie" le 22 mai 2020. On observa la même croissance dans de nombreux pays d'Amérique latine. Selon l'OMS, "L'inquiétude concerne beaucoup de ces pays mais clairement le plus affecté à ce stade est le Brésil". En effet, alors que fin mai l'Europe progressait sur la voie d'une lente normalisation, l'Amérique du Sud enregistra une progression régulière de la pandémie, avec des conséquences prévisibles dramatiques en sur l'économie et l'emploi.

Selon Michael Ryan de l'OMS, le Brésil se place au 3e rang mondial pour le nombre de cas, derrière les États-Unis et la Russie. "La majorité des cas sont recensés dans la région de Sao Paolo […] mais les taux de prévalence les plus élevés sont dans l'Amazonas, où environ 490 personnes pour 100000 habitants sont infectées, ce qui est assez haut". Selon des chercheurs brésiliens, les chiffres officiels sous-estiment largement la réalité de la pandémie au Brésil. Pour certains scientifiques, le nombre de réels de personnes contaminées par le Covid-19 serait jusqu'à 15 fois supérieur aux chiffres officiels (cf. Euronews).

Le 26 février 2020, le Brésil enregistra 807 décès liés au Covid-19 (cf. AA). Son taux de létalité atteignit 6.1%. Il retomba à 3% au 10 septembre 2020. Nous verrons page suivante à propos des vagues épidémiques qu'à partir de fin 2020, le Brésil connut une deuxième vague qui affecta gravement la population.

On reviendra sur la réaction des différents pays face à la pandémie (cf. la gestion de la crise sanitaire de Covid-19).

Comment sait-on que l'épidémie est terminée ? La définition de l'OMS est très claire : l'épidémie est terminée lorsqu'il n'y a plus de cas de contamination durant deux fois la période d'incubation du virus soit ~1 mois pour le Covid-19.

Le Covid au Japon

Parmi les autres pays touchés par la pandémie, le Japon a subi une troisième vague épidémique début 2021 et une quatrième vague épidémique en avril 2021. Bien que le pays dispose de 13 lits pour 1000 habitants soit plus du double qu'en Europe (cf. la gestion de ka crise sanitaire) et que ses technologies comptent parmi les plus avancées, la raison de cette flambée de cas est liée à la structure du système hospitalier japonais qui est géré par le secteur privé et souvent sous-dimensionné.  Le pays manque de lits en unités de soins intensifs et d'équipements. Ainsi, un patient Covid gravement malade a dû attendre près de 2 jours dans une ambulance avant de pouvoir bénéficier d'un lit d'hôpital ! La plupart des personnes contaminées sont confinées chez elles sans le moindre suivi.

Le Covid en Inde

En Inde, où vivent 1.3 milliard de personnes, le Premier Ministre ultra-nationaliste Narendra Modi continue à ignorer les avis des experts de la santé et des scientifiques, à l'image du président Bolsonaro au Brésil. Résultat, au 28 avril 2021 l'Inde avait enregistré plus de 18 millions de contaminations et 201187 personnes sont décédées du Covid-19. Le 1 mai 2021, on dépassait les 400000 nouveaux cas en 24 heures ! En fait, le système hospitalier indien s'est effondré et c'est la loi de la jungle. Souvent les malades du Covid ont de l'argent mais les infrastructures sanitaires sont à court de ressources, en personnel et en équipement, et chacun doit se débrouiller pour soigner ses proches, avec le risque de ne recevoir aucun soin et de mourir sur place, d'où les donations faites par l'Europe et les États-Unis ainsi que par les CEO de Google et de Microsoft, qui sont d'origine indienne (cf. la gestion de la crise sanitaire).

La vérité dissimulée

En Chine, en Russie, en Corée du Nord et en Iran notamment, certaines informations y compris des photos suggèrent que l'impact de l'épidémie a été caché au public et aux médias par les autorités.

En Chine

Selon Michael Ryan, le directeur des services d'urgence sanitaire à l'OMS, au 13 février 2020, "la Chine a signalé 1820 cas de Covid-19 confirmés en laboratoire, portant le total à 46550 cas et 1368 décès. En outre, la Chine a signalé 13332 cas de Covid-19 cliniquement confirmés dans la province de Hubei et, fait crucial, nous comprenons que la plupart de ces cas se rapportent à une période remontant au début de l'épidémie" (cf. UN).

Après révision des méthodes de dépistage et de calcul, depuis février 2020 tous les patients suspects ayant subi une simple radio pulmonaire peuvent être considérés comme des malades "confirmés". 

Mais malgré la correction de la méthode de comptage à deux reprises (février et avril 2020), le nombre de cas est étonnement bas et selon le Renseignement américain, Beijing n'a pas dit toute la vérite sur l'épidémie (cf. Bloomberg). Selon l'ONG American Enterprise Institute (AEI) : "Les chiffres du Covid-19 en Chine ne sont arithmétiquement pas raisonnables. Le Parti communiste a délibérément rendu l'estimation difficile, mais, en dehors de la ville de Wuhan et de la province du Hubei, les cas sont trop faibles d'un facteur 100 ou plus".

Le 16 avril 2020, le président Trump déclara que la Chine a dissimulé la gravité de l'épidémie avec l'aval de l'OMS et qu'une enquête a été ouverte. Par conséquent, les États-Unis ont annoncé qu'ils suspendaient leur contribution financière à l'OMS qui s'élève à plus de 400 millions de dollars par an (cf. Fox News, The Conversation). Le même jour, lors d'une interview au "Financial Times," le président Macron a également émit des réserves sur la gestion de la crise et évoqué le manque de transparence de la Chine et de la Russie, rejoignent les doutes exprimés par Londres et Washington (cf. résumé par Le Monde).

A gauche, des patients infectés par le Covid-19 sont placés en quarantaine dans le centre sportif de Wuhan converti en hôpital temporaire le 17 février 2020. A droite, le 3 février 2020, le personnel de la santé non indispensable manifeste près de l'hôpital Queen Mary de Hong Kong pour exiger que le gouvernement ferme la frontière de la région autonome avec la Chine afin de réduire la propagation du Covid-19 sur son territoire. Hong Kong comptait 15 contaminés au Covid-19 (et plus de 17000 cas confirmés dans le monde et plus de 3000 morts). Documents Xinhua/Xiao Yijiu via Getty Images et Anthony Kwan/Getty Images.

Les habitants de Wuhan ne croient pas les chiffres officiels publiés par le gouvernement. Des photos de dizaines de cercueils apportés dans des hôpitaux et des centaines d'urnes déposées dans une salle funéraire suggèrent que le nombre de décès est très élevé (cf. Bloomberg, Le Monde, Caixin). Cela s'est confirmé le 17 avril 2020 lorsque Beijing a revu son bilan à la hausse, faisant doubler le nombre de décès à Wuhan, le portant à 3869 morts. Plus étrange, 21 millions d'abonnements GSM ont été annulés ces derniers mois. Certains pensent qu'une fraction sensible de leurs propriétaires - peut-être 10% - seraient décédés du Covid-19 (cf. IBTimes).

Selon des estimations, la Chine aurait eu 10 à 15 fois plus de décès que les valeurs qu'elle a publiées jusqu'à présent mais on ne peut pas le certifier (cf. Le Monde). Faute de transparence du régime chinois, ce n'est actuellement qu'une rumeur mais sachant que de nombreux chinois ont filmé ce qui se passait en Chine et notamment à Wuhan ainsi que des journalistes d'investigation comme ceux du magazine "Caixin", nous connaitrons peut être la vérité un jour.

Plus récemment, le 6 janvier 2021 l'OMS déclara que la Chine avait bloqué l'arrivée d'une équipe de chercheurs enquêtant sur les origines de la pandémie de Covid-19 pour une question d'autorisation et un problème de visa alors qu'il existait un accord entre l'OMS et la Chine à ce sujet (cf. CNN). Le problème fut résolu dix jours plus tard. Les chercheurs sont immédiatement partis enquêter à Wuhan pour trouver l'origine de la pandémie. Mais le sujet est sensible et la collaboration risque d'être difficile car la Chine cherche tous les moyens pour écarter sa responsabilité dans la pandémie. En effet, Beijing n'est pas prêt d'admettre que le virus est originaire de son pays malgré les preuves génétiques trouvées sur les chauves-souris chinoises.

Selon le webzine "Global Times" de Beijing, en janvier 2021 deux villes proches de la capitale chinoise, Shijiazhuang, capitale de la province du Hebei située à 300 km au nord de Beijing, et Xingtai, furent reconfinées après l'apparition de dizaines de nouveaux cas de contamination au Covid-19. L'état de "guerre sanitaire" fut déclaré dans cette province. Selon Feng Zijian, un expert du CDC chinois, le virus trouvé dans les deux villes présentaient des séquences importées, probablement d'Europe, mais cette information n'est pas confirmée.

Tous les cas de Shijiazhuang furent tracés jusqu'au village de Xiaoguozhuang. Le canton entier où se trouve Xiaoguozhuang a été confiné et les habitants des 20 villages du canton ont subi un test sérologique. Les personnes positives au Covid-19 ne sont plus autorisées à se rendre à Beijing. Le 6 janvier 2021, les habitants recevaient le vaccin produit par le laboratoire chinois Sinopharm.

A gauche, le 7 janvier 2021 un agent pulvérise du désinfectant dans un centre régional de la chaîne du froid à Wuhan, en Chine. Au centre, un membre du personnel médical prélève un échantillon sur une fillette dans une communauté résidentielle de Qiaoxi, de la ville de Shijiazhuang, capitale de la province chinoise du Hebei, le 6 janvier 2021. Documents News.cn/Xinhua et News.cn/Xinhua. A droite, selon cette infographie du webzine "Global Times" de Beijing, la Chine aurait subi des contaminations importées par des voies inattendues comme le transport maritime d'aliments congelés. Contrairement à ce que prétend cette propagande, il n'a jamais été démontré qu'on pouvait contracter la Covid-19 au contact d'aliments ou d'emballages alimentaires.

Au 8 janvier 2021, le Hebei où résident 75 millions d'habitants signala 476 cas confirmés de Covid-19 transmis localement et 36 cas importés. Un total de 197 cas asymptomatiques transmis localement et 5 cas asymptomatiques importés étaient en observation médicale.

Selon les journalistes, "les autorités locales se félicitent d'avoir, semble-t-il, réussi à enrayer l’épidémie". Toutefois, trois responsables locaux du district le plus touché ont été sanctionnés.

Selon le "Global Times", depuis juillet 2020 des cas apparaissent régulièrement dans différentes provinces chinoises, notamment à Shanghaï, dans le Xinjiang et dans le Liaoning.

Le 13 janvier 2021, on apprenait que 500000 des 11 millions d'habitants de Shijiazhuang étaient confinés. En même temps, dans la province du Heilongjiang située dans le nord-est de la Chine, on signala 40 nouveaux cas de Covid-19 et 50 asymptomatiques (cf. Global Times).

Mi-janvier, il y avait 31 nouveaux cas de Covid-19 à Beijing dont 3 personnes asymptomatiques arrivées en train. Les vacances du Nouvel An furent prolongées de 2 semaines. Un décès a été officiellement rapporté, le premier depuis plusieurs mois d'accalmie. 

Puis, comme ailleurs dans le monde, en mars 2022 la Chine subit la vague Omicron avec une ampleur sans précédent. Bien qu'elle fut maîtrisée en quelques mois, malgré un nuveau un nouveau pic épidémique durant les vacances d'été, pour l'instant les Chinois semblent maîtriser la situation.

Évolution de la pandémie de Covid-19 en Chine. Document Google/JHU.

Ceci dit, comme nous l'avons expliqué, le gouvernement de Beijing censure toujours l'information et propage de la propagande si bien qu'on ignore combien de personnes ont réellement été contaminées et sont décédées de la Covid-19 en Chine.

Selon le webzine "Global Times", la Chine aurait subi des contaminations importées par des voies inattendues comme le transport maritime comme le prétend l'infographie présentée ci-dessus à droite. Selon cette source, entre juillet et novembre 2020, on retrouva la trace du Covid-19 sur des produits congelés importés d'Equateur et d'Argentine, soit 40 cas de contamination au total qui se sont ensuite répandus dans 16 provinces chinoises. Ils s'ajoutent aux cas importés par des voyageurs contaminés revenant par avion des quatre coins du monde.

Mais l'expérience nous a appris à nous méfier des informations contrôlées par les autorités chinoises. Est-il possible que les pays étrangers aient exportés des denrées contaminées vers la Chine ? La Chine a effectivement testé et désinfecté les produits congelés importés de l'étranger, craignant que le virus ne réintègre le pays de cette façon.

En Occident, les experts restent sceptiques sur le fait qu'il s'agit de sources potentielles de contamination. En effet, selon l'OMS il est "hautement improbable que les gens puissent contracter la Covid-19 à partir d'aliments ou d'emballages alimentaires". Le CDC américain déclara également que le risque est "considéré comme très faible". Les deux organisations insistent sur le fait qu'il n'y a aucune preuve d'une telle transmission, et les pays ont même menacé de porter plainte contre la Chine auprès de l'OMC (l'Organisation Mondiale du Commerce) pour restrictions à l'importation.

Une nouvelle fois, à travers ce genre de preuve fabriquée qui n'est rien d'autre que de la propagande, la Chine veut se disculper et reporter sa responsabilité de la pandémie sur les autres pays et en profiter pour les discréditer aux yeux des citoyens chinois. La censure et la propagande chinoises sont une réalité non seulement en Chine mais dans le monde car cette idéologie influence également certains médias étrangers qui se contentent de rapporter des faits sans les vérifier (cf. la note en bas de la page 1).

En Russie

On constate le même manque de transparence en Russie où le nombre de cas est anormalement faible alors qu'on sait que certaines villes sont confinées - même le président Poutine fut confiné chez lui - et donc que le risque sanitaire est majeur. Ces allégations de dissimulation ont été réfutées par le Kremlin et l'OMS ne met pas en doute l'avis du ministère russe de la Santé (cf. Le Monde, Le Point).

Au 1er janvier 2021, selon le tableau de bord du JHU, pour un pays de 144 millions d'habitants, la Russie comptait 3.2 millions de contaminés et 59137 morts. Le relativement faible nombre de contaminations peut s'expliquer par l'étendue du territoire. Mais proportionnellement au nombre d'habitants (144.5 millions en Russie) et sachant que la majorité d'entre eux vit dans le sud-ouest (en-dessous de 60°N et à l'ouest de 70°E) sur un ~1/6e de la superficie du pays, ces nombres sont suspects. D'autant plus le nombre de décès : il est 12 fois plus faible en Russie qu'en Belgique, 5 fois plus faible qu'en Europe et 2 fois plus faible qu'au Brésil.

Sans pouvoir le prouver, il semble qu'on retrouve le même manque de "glasnost" (ouverture et transparence) que lors de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986 et de l'épidémie de SIDA dans les années 1980.

En Corée du Nord

En Corée du Nord, malgré son isolationnisme et son mutisme, elle est touchée par le virus. Le 20 mars 2020, des médias locaux ont confirmé la mise en quarantaine "forcée" de personnes porteuses du Covid-19 (cf. Anadolu Agency).

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un présidant le 5 janvier 2021 la séance d'ouverture du 8e Congrès du Parti des Travailleurs. Notez que personne ne porte de masque de protection. Document KCNA.

Selon l'agence de presse centrale coréenne (KCNA), tous les étrangers sauf trois qui étaient maintenus en quarantaine furent libérés le 19 mars 2020 ainsi que plus de 2590 citoyens des provinces du Nord et du Sud de Phyongan. Mais Pyongyang n'a signalé aucun cas de contamination. Officiellement, le président Kim Jong-Un affirme avoir pris des mesures strictes pour empêcher la propagation de l'épidémie.

Plus récemment, lors de la séance d'ouverture du 8e Congrès du Parti des Travailleurs qui a lieu environ tous les 5 ans et réunit ~5000 dignitaires, sur aucune des images publiées par le journal KCNA, les membres du parti ne portent de masque de protection, bien qu'on ne puisse pas affirmer que c'est également le cas en d'autres endroits.

Mais du point de vue de la propagande, les images sont en accord avec les déclarations officielles qui prétendent que la Corée du Nord n'a enregistré aucun cas de Covid-19. La photo présentée à droite renforce donc cette idée. D'ailleurs depuis le début de la pandémie, la Corée du Nord n'a signalé aucun cas de Covid-19 à l'OMS.

Mais comment un pays médicalement et socialement sous-équipé pourrait échapper à la pandémie quand celle-ci a contaminé près de 85 millions de personnes et tué plus de 1.8 million de personnes dans 191 pays au 1 janvier 2021 ? Seule concession, le régime de Kim a reconnu le danger du virus et a déployé des efforts pour arrêter sa propagation.

Depuis juillet 2020 tous les voyages internationaux qui étaient déjà limités avant la pandémie ont été supprimés, tandis que les voyages intérieurs sont fortement limités (cf. CNN). Les médias d'État nord-coréens publient régulièrement des articles rappelant à la population l'importance de sa campagne anti-épidémique d'urgence. Le régime aurait fait exécuter deux personnes qui n'ont pas suivi les directives anti-Covid-19, dont un douanier qui n'a pas suivi les règles de prévention des virus lors de l'importation de marchandises de Chine.

Les observateurs internationaux estiment que Pyongyang adopte une réponse vigilante car elle sait que son infrastructure de soins de santé délabrée ne peut probablement pas contenir une épidémie majeure de Covid-19 (cf. CNN). En effet, la Corée du Nord ne dispose d'aucun vaccin contre le Covid-19 ni d'aucun médicament antiviral.

Finalement, le 12 mai 2022 la Corée du Nord annonça avoir détecté les premiers cas de Covid-19 depuis le début de la pandémie. Selon la KCNA, des échantillons prélevés sur des patients fiévreux à Pyongyang "coïncident avec le variant BA.2. d'Omicron". Immédiatement, le dirigeant nord-coréen Kim Jong ordonna le confinement du pays entier ! Le fait que le système de santé du pays est déficient explique cette mesure radicale. Selon la KCNA, l'objectif annoncé est de bloquer la propagation du "virus malveillant" (cf. RTBF).

Le 13 mai 2022, selon KCNA on signala 21 décès supplémentaires et 174440 nouveaux "cas de fièvre", bien qu'il n'ait pas précisé combien de décès et de cas étaient liés au Covid-19, probablement en raison de la capacité de test extrêmement limitée du pays.

En Iran

Quant à l'Iran, des indices et notamment des photos montrant des dizaines de sacs contenant des cadavres et des photos satellites de cimetières récemment utilisés suggèrent également que les autorités dissimulent le nombre réel de décès (cf. France24, Nouvel Obs, NYTimes).

Contamination sur les navires

Un impact imprévu a été la contamination de passagers ou de membres d'équipages sur des navires. L'endroit étant confiné, c'est un foyer potentiel extrêmement contagieux.

Début février 2020, une épidémie au Covid-19 fut signalée à bord du navire de croisière Diamond Princess de Princess Cruises comprenant 3711 personnes de 28 nationalités dont 1045 membres d'équipage. Le patient zéro fut testé positif au Covid-19 après une escale à Hong Kong. Le navire fut placé en quarantaine le 5 février 2020, peu de temps après son arrivée à Yokohama, au Japon. Au total, sur  634 cas confirmés, 306 étaient symptomatiques et 328 asymptomatiques. 476 personnes contaminées soit 50.6% avaient 60 ans et plus. La proportion par sexe était de 321 hommes et 313 femmes. Les porteurs du virus furent pris en charge dans des hôpitaux spécialisés dans les maladies infectieuses du Japon et furent considérés dans les statistiques comme des cas importés. Les descriptions et les progrès cliniques n'ont pas été communiqués au public (cf. K.Mizumoto et al., 2020; Science, 2020).

Le Diamond Princess à quai dans le port de Yokohama, près de Tokyo le 6 février 2020. Document Kazuhiro Nogi/AFP.

Aux dernières nouvelles, l'épidémie fit 7 morts et contamina environ 700 passagers. Le taux de létalité atteint 1.2% et la proportion de personnes asymptomatiques atteint 18%, ce qui est très élevé.

Selon les conclusions d'une étude publiée dans les "PNAS" le 28 juillet 2020, les souches du Covid-19 partageaient la même mutation, ce qui suggère que "la dissémination du SARS-CoV-2 à bord du Diamond Princess a comme origine un seul évènement d'introduction, avant le début de la quarantaine". Autrement dit, un seul passager serait à l'origine des 700 contaminations !

Le 25 mars 2020, on rapporta le cas d'une femme de 63 ans atteinte du Covid-19 sur le navire de croisière Victoria de Costa transportant 726 passagers en Méditerranée. La personne fut débarquée en Crète tandis que les autres passagers furent placés en confinement dans leurs cabines. Beaucoup d'entre eux présentaient de la fièvre. Le navire a ensuite accosté dans un port près de Rome où tout le personnel et les passagers furent placés en quarantaine et certains emmenés à l'hôpital (cf. L'Express).

Un autre navire de croisière, le Diadema de Costa, comprenant 1255 passagers signala également la présence de personnes contaminées à bord. Tout le monde fut placé en isolement dans sa cabine. Un personne testée positive au Covid-19 et un autre passager ayant des difficultés respiratoires furent débarqués et soignés à Dubaï (cf. L'Express).

Enfin, on apprit le 2 août 2020 qu'un navire de croisière de la compagnie norvégienne Hurtigruten fut immobilisé en raison d'une épidémie au Covid-19. Le capitaine n'avait pas déclaré les cas de Covid et avait laissé débarquer des passager potentiellement contaminés lors de plusieurs escales. Cette fois, les 158 membres d'équipage furent placés en quarantaine : 36 d'entre eux se sont révélés positifs. Les quelque 400 passagers qui étaient présents à bord du navire depuis mi-juillet furent invités à se confiner (cf. Euronews).

L'armée est également impactée. Le premier cas signalé sont 33 membres du porte-avions américain USS Theodore Roosevelt (CVN 71) comprenant 4800 membres d'équipage en mission au Moyen-Orient qui furent contaminés par le Covid-19 fin mars 2020. Sa mission fut temporairement interrompue pour débarquer les marins qui furent mis en quarantaine à la base navale de Guam. (cf. CNN).

Selon CNN, au total le 1 avril 2020 le Pentagone déclara que 814 militaires américains avaient été testés positifs au Covid-19 (contre seulement 133 contaminés le 26 mars 2020). Bien que le Pentagone affirma que cela n'a pas affecté la puissance militaire du pays et évita d'en parler sur ses pages web - quel responsable avouerait publiquement une vulnérabilité ? - , le navire fut tout même immobilisé quelques semaines le temps de transférer les malades à terre et de décontaminer le navire, affectant la disponibilité de la force de frappe des Etats-Unis dans cette région sensible du monde.

A gauche, le porte-avions américain USS Theodore Roosevelt (CVN 71). A droite, le porte-avions français Charles de Gaulle (R91) photrographié le 24 avril 2019. Documents US Navy.

La France connut une situation plus grave que le Ministère tenta d'étouffer. Selon le Ministère des Armées, 1081 marins sur 1767 membres d'équipage du porte-avions Charles de Gaulle ont été contaminés par le Covid-19 dont 24 étaient encore hospitalisés le 17 avril 2020 y compris un marin en réanimation (cf. LCI). Les premiers cas seraient peut-être apparus lors d'une escale à Brest remontant entre le 13 et le 16 mars 2020 au cours de laquelle les marins ont pu avoir des contacts avec leurs familles. Lors d'une escale, le commandant aurait alerté l'État-major qu'un marin présentait les symptômes du Covid-19. Il aurait demandé le confinement immédiat mais le Ministère des Armées refusa. Sous couvert de l'anonymat un marin dénonça cette situation à la presse : "Nous aurions dû rester à terre. [...] Les mesures barrières étaient difficiles à respecter. L'armée a joué avec notre santé [...] tout ça manque de transparence". Le porte-parole de la Marine nationale n'a pas voulu commenter ces propos, soulignant seulement qu'aucun autre vaisseau n'a été contaminé et de rappeler que le porte-avions revenait d'une mission de guerre contre Daech. Bref, pas de compassion à l'État-major !

Pour le président Macron, poursuivre les opérations militaires au Sahel, en France ou en mer, reste la priorité. Interrogée par les sénateurs de la commission des affaires étrangères et des forces armées le 10 avril 2020, la ministre Florence Parly déclara : "Est-ce que le Covid-19 change nos plans et nos opérations, oui, parfois. Mais est-ce qu’il nous dévie de nos objectifs, non". A sa demande (cf. Twitter du 13 avril 2020), elle ordonna à tous les éléments du groupe aéronaval de rejoindre leur base. Les marins contaminés furent finalement débarqués à Toulon et le navire fut décontaminé.

Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Sollicité à ce sujet, le Ministère des Armées a répondu que "le chef d'État-major de la Marine a ordonné une enquête de commandement [une enquête interne] afin de tirer tous les enseignements de la gestion de l'épidémie au sein du groupe aéronaval et pour faire toute la lumière sur les conditions de propagation du virus à bord du porte-avions". Une enquête épidémiologique fut également ordonnée concernant la propagation du virus à bord du navire, des témoignages confirmant que des marins malades avaient embarqués au début de la msision et que les mesures de distanciation sociale n'ont pas été respectées à bord du navire. Les enquête suivent leur cours (cf. France Bleue, The HuffingtonPost).

Comme aux Etats-Unis, le porte-avions français a été immobilisé quelques semaines et quoiqu'en dise le président guerrier Macron, cette négligence de la Marine affecte la disponibilité de la force de frappe française.

L'aide aux sans-abris

Partout en Europe, les sans-abris exclus du système économlique sont abandonnés dans la rue sans aucune ressource ni logement et ont rejoint les dizaines de milliers de SDF qui essayent de survivre dans nos villes. Certains bénéficient heureusement de l'aide sociale. Parmi eux, il y a des mères célibataires avec enfant, des femmes plus âgées cherchant vainement un emploi et de plus en plus de jeunes sans perspective d'avenir. L'État les a abandonnés ! C'est aussi la population la plus exposée aux maladies et où la mortalité, y compris par suicide, est importante.

Si les personnes aisées et toutes celles ayant un toit peuvent éviter d'être contaminées par le virus en restant chez elles ou peuvent se faire soigner, les sans-abris sont les plus vulnérables et les grands oubliés de cette pandémie. On estime qu'il y en au moins 11300 sans-abris en Belgique et entre 140000 et 250000 en France, leur nombre ayant doublé dans les capitales entre moins de deux ans (cf. Belspo, Marianne). Si dans certains pays comme en Belgque, ils peuvent se faire vacciner contre la Covid-19, ailleurs ils sont sous les radars des organismes officiels et seules les ONG peuvent les secourir..

Les sans-abris sont particulièrement exposés au Covid-19 et ont été les grands oubliés des mesures des gouvernements. Dans certains villes belges, ils sont même exclus du centre-ville soi-disant pour empêcher la mendicité organisée. Document Mehdi Taamallah/NurPhoto.

Selon Médecin du Monde, globalement les mesures de lutte contre le Covid-19 ne sont pas adaptées aux sans-abris, il manque d'hébergements et ils n'ont pas accès aux soins. Or l'État à l'obligation de leur venir en aide. Les plus chanceux ont trouvé temporairement un logement chez un ami, d'autres bénéficient d'un toit dans des centres d'hébergement d'urgence. Face à l'urgence, en France, le Palais des festivals de Cannes a été couverti en dortoir pour les sans-abris (cf. France24). À Bruxelles (B), à Calgary (Ca.) et en Californie notamment des chambres d'hôtels furent réquisitionnées à leur intention, Bruxelles ayant investi 30 millions d'euros dans cette action.

Mais à Las Végas où les 150000 chambres d'hôtels sont vides, suite à la fermeture d'un foyer, le maire n'a temporairement rien trouvé de mieux que de placer les sans-abris sur un tapis posé à même le macadam d'un parking (cf. ABC News), ce qui indigna la population et plusieurs stars l'ont clairement dit sur Twitter. La situation resta ainsi pendant une semaine le temps que le foyer ouvre à nouveau.

Mais beaucoup de SDF restent dans la rue, y compris des immigrés clandestins. Les établissements pouvant les recevoir sont même devenus des lieux à risque puisque certaines personnes sont des porteuses saines du virus qui doivent être isolées. Selon une enquête menée à Bruxelles, quelque 200 SDF de la capitale seraient porteurs du virus soit 2% des sans-abris. Dans tout le pays, en raison du confinement les abris de nuits ont été fermés. Chaque commune doit temporairement fournir un logement à ces personnes qui, comme à Arlon, sont dépistées pour le Covid-19 et soignées. A défaut d'aide communale, ce sont les associations caritatives qui ont pris la relève.

En France, Françoise Haouzi, responsable à Paris de l'approvisionnement des "Restos du Coeur" a dénoncé la détresse des SDF : "C'est la première fois que je vois dans Paris des personnes à la rue souffrir de la faim. Avant, ils leur suffisaient de se poster devant un fast-food pour obtenir un sandwich. Aujourd'hui, ils ne peuvent plus survivre en faisant la manche car ils ne croisent plus grand monde dans les rues. Les métros sont vides. Les joggeurs sortent sans leur porte-monnaie. La détresse des SDF est effroyable." (cf. Le Parisien).

En résumé, la situation des SDF et des plus pauvres bénéficiant (parfois) de l'aide sociale est toujours aussi dramatique. Et vu que leurs voix ne comptent pas aux élections et qu'ils ne rapportent pas d'argent, nos élus et nos dirigeants les ont oubliés ! Pas étonnant dans ces conditions que leur suicide passe inaperçu. Bienvenu en Europe, où même les nationaux indigents sont moins bien traités que les clandestins et les chiens !

Les réfugiés

Quant aux réfugiés, c'est à peine si les États s'en occupent. Mais plutôt que de mourir de faim, d'une balle ou de croupir en prison dans leur pays d'origine, certains illégaux n'hésitent pas à retenter leur chance.

Les réfugiés sont pratiquement abandonnés par l'Europe. Ces hommes, ces femmes et ces enfants s'entassent par milliers dans des camps fermés oubliés par les États qui les ont reçu à contre-coeur comme à Lampedusa en Italie ou à Lesbos en Grèce (France24) sans oublier ce qui s'est passé dans la "Jungle de Calais" en France.

Ces "hot spots" ou "plate-formes régionales de débarquement" comme les fonctionnaires les appellent pompeusement sont la honte de l'Europe, devenant au fil du temps de véritables bidonvilles insalubres et dangereux où chacun se débrouille comme il peut pour survivre et où sommeille maintenant le Covid-19 aux côtés des autres menaces sanitaires.

Interviewé par Euronews le 10 avril 2020, Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, déclara que ces populations doivent être gérées et les malades traités contre le Covid-19 non seulement dans leur propre intérêt mais aussi dans l'intérêt de tous car c'est par ces "clusters" distribués à travers l'Europe que le virus pourrait déclencher une deuxième vague à travers le continent. Etonnement, les médias n'y ont pratiquement pas fait écho.

Sachant le triste sort qu'on réserva aux réfugiés (comme aux sans-abris) durant la crise, on peut craindre que l'après-crise leur sera fatal. A moins que finalement les communes remplacent l'inhumanité d'une Europe devenue xénophobe et ultralibérale et se décident à leur venir en aide en leur donnant une véritable seconde chance. Mais pour y arriver, il faudra que l'administration change de mentalité et se rappelle qu'un jour pratiquement tous ces réfugiés et sans-logis ont travaillé pour leur pays et que la plupart ont encore le coeur sur la main et à l'ouvrage.

Bonne nouvelle, en avril 2020 des collectifs ont lancé un appel demandant la régularisation définitive des étrangers illégaux présents dans les pays de l'Union européenne (cf. Libération). En 2022, cette bonne idée n'a toujours pas été suivie d'effet.

Prochain chapitre

De nouvelles vagues épidémiques

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