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Internet pour le meilleur et pour le pire

Document Justin Comack, adaptation T.Lombry.

Le siècle des télécommunications (I)

Ainsi que nous l'avons expliqué dans un autre article, le XXIe siècle est sans conteste celui des télécommunications.

Le web, la toile, le net, Internet, sont des mots magiques dans l'ère du temps qui ouvrent les autoroutes de l'information sur un immense espace de liberté d'expression, multiculturel et polyglotte. En quelques années, Internet est devenu un support accessible à tous et pratiquement incontournable. Du fait que son accès est libre et son contenu virtuellement en dehors de tout contrôle, on y trouve le meilleur comme le pire. Voyons quels sont les usages que nous faisons d'Internet et plus généralement des produits issus de la technologie de l'information.

Utilisation de l'ordinateur

Mettez un ordinateur à la disposition d'un enfant de 4 ans et il s'amusera à peindre avec la souris ou à essayer d'écrire avec le clavier. Rapidement il sera capable d'écrire son prénom. Cela peut devenir une passion vers 10 ans et parfois une dépendance quand il est plus âgé.

Encouragé dans son élan par des parents persuadés que l'ordinateur lui garantira la réussite scolaire, il n'est pas étonnant dans ces conditions que l'enfant considère son ordinateur comme un appendice de son cerveau.

Selon une étude de l'ARCEP et de New Media Trend Watch, en 2013 près de 80 % des Français disposaient d'un micro-ordinateur relié à Internet à domicile alors que la moyenne nationale était de 45 % en 2004. Cette proportion est plus élevée en Belgique, au Luxembourg et dans le Nord de l'Europe ainsi que le révèlent les rapports statistiques de l'Union Internationale des Télécommunications (UIT). Dans le monde, la Corée du Sud est le pays le plus informatisé.

La majorité des utilisateurs utilisent un PC sous Windows de moins de 5 ans dont le prix d'achat est généralement inférieur à 1000 €, écran compris. Les portables et les tablettes sont de plus en plus appréciés. Les utilisateurs travaillent régulièrement avec la suite Office (Word et Excel notamment), la messagerie et Internet.

Le marché des Apple est plus étroit (~10 % des parts de marché). Les Mac et autres eBook sont principalement utilisés par les éditeurs, les professions artistiques (PAO, infographistes, photographes, musiciens, etc) ainsi que par une poignée d'écoles.

Le marché des tablettes est en pleine croissance. L'iPad sorti en 2010 a boosté les ventes d'Apple mais aussi rapidement celles de ses concurrents. En effet, selon Strategy Analytics, 2 ans après sa sortie l'iPad détenait plus de 94 % des parts de marché. En 2015, près de 72 % des utilisateurs utilisaient une tablette sous Androïde et selon eMarketer de manière générale plus d'un milliard de personnes utilisaient une tablette. L'iPad d'Apple vient en tête de liste suivie par la Google Pixel C, la Samsung Galaxy Tab S2, l'iPad mini 4 et la Sony Xperia Z4. Toutefois, face aux limitations de ces tablettes et certains disfonctionnements, bon nombre d'utilisateurs sont revenus aux ordinateurs portables, d'un usage universel, plus complets et plus performants.

Dans les pays occidentaux ou très branchés nouvelles technologies, plus de 75 % de la population surfent sur Internet. C'est deux fois plus que dans les années 1990. Document TelaVision

L'accès à Internet fait partie du "package" à la mode au même titre que l'écran-plat de 22", le scanner, l'imprimante à jet d'encre couleur ou le GSM. Aujourd'hui, Internet est utilisé par plus d'une personne sur trois (34 %) dans le monde, soit par plus de 2.4 milliards d'habitants et ce taux augmente toujours.

Mais tous les utilisateurs ne sont pas encore englués dans la toile. Selon les dernières statistiques, y compris celles du Belgian Media Mapping, 70 % des Belges et des Français de plus de 15 ans utilisent Internet, la France ayant fait un bon de 20 % en 3-4 ans. Cette proportion atteint plus de 78 % au Luxembourg, plus de 90 % en Norvège, alors que la Grèce et le Portugal arrivent en queue de peloton avec un peu plus de 40 %. Ce sont les jeunes qui sont le plus accroc d'Internet et des nouvelles technologies.

C'est au Royaume-Uni et aux Pays-Bas que l'on trouve le plus de 55 ans et plus actifs sur Internet. En Belgique, 62 % des hommes utilisent Internet contre 57 % des femmes.

Selon les statistiques de Nation Master, en 2002 près d'un Belge sur deux surfait sur Internet alors que le support n'existait pratiquement pas 20 ans plus tôt. Mais 2.5 % d'entre eux seulement disposaient d'un accès à haut débit. Aujourd'hui bien, la plupart des internautes exploitent une ligne en fibre optique ou le réseau public Wi-Fi.

De manière générale, en Europe plus de 63 % des habitants dispose d'un ordinateur relié à Internet et les enfants apprennent l'informatique avant de savoir écrire sans faute mais seulement 20 % de la population utilise réellement Internet.

Les internautes se connectent au web en moyenne 16.5 jours par mois, totalisant 24 heures de connexion durant lesquelles ils accèdent à 2662 pages web. Aux Etats-Unis, 234 millions de personnes s'y connectent quotidiennement soit les deux tiers de la population. Comme en Europe, leur nombre a doublé en 3 ans !

Selon le sondage de Belgian Media Mapping publié le 3 août 2007, les activités les plus populaires sont l'envoi d'e-mails, la recherche d'itinéraire routier et la gestion du compte en banque en ligne. Ainsi, 55 % des internautes consultent leurs e-mails tous les jours et 37 % le font chaque semaine.

Les réseaux sociaux

Le site Internet le plus visité est Google avec plus de 32 millions de visiteurs uniques par jour (plus d'un milliard en mai 2012 !) suivi par Facebook avec 1.1 milliard de visiteurs uniques par jour. E 2016, Facebook rassemblait de 1.7 milliard d'utilisateurs dont la moitié sur mobile contre 1 milliard en 2012 et 400 millions en 2010.

Il existe plus de 2000 réseaux sociaux. Leur taux de croissance atteint 250 % par an ! Pas étonnant dans ces conditions que les internautes aient passé 82 % de temps en plus sur ces sites entre décembre 2008 et décembre 2009. Chaque internaute passe en moyenne 5h35m par mois sur le site d'un réseau social (Facebook, Twitter, MySpace, Flickr, Badoo, Netlog, etc.).

Parmi les réseaux sociaux dédiés aux photos et vidéos, YouTube (qui appartient à Google) reçoit 26 millions de visiteurs par jour, dix fois plus qu'il y a dix ans, alors que Dailymotion reste stable avec 3.6 millions de visiteurs par jour.

MSN de Microsoft reçoit quelque 220 millions de visiteurs uniques par jour, sachant toutefois qu'il intègre "Live Mail" (Outlook, anciennement "Hotmail"), la plus grosse messagerie électronique du monde comprenant 380 millions d'utilisateurs et "Skype" (qui racheta Messenger), le "tchat room" le plus fréquenté également avec celui de Facebook.

En 2015, Instagram revendiquait 400 millions d'utilisateurs dont la majorité vivait en dehors des Etats-Unis et partagait 40 milliards de photographies et Twritter revendiquait 300 millions d'utilisateurs.

Enfin, le site de rencontre AdultFriendFinder, sur lequel nous reviendrons, reçoit plus de 3.6 millions de visiteurs par jour à la recherche de rencontres soft ou hard.

Dans ce Top 10, derrière eBay (5e), Wikipédia (6e) et Amazon (8e), nous trouvons le premier site d'actualité, celui du New York Times qui reçoit 4.1 millions de visiteurs par jour. Apple arrive en 10e place avec 3.9 millions de visiteurs par jour. 

Ceci dit, un évènement d'actualité peut également augmenter l'affluence : durant la mission spatiale MRO par exemple qui déposa les rovers d'exploration Spirit et Opportunity sur Mars (qui dure depuis 2004), les serveurs de la NASA ont enregistré 11 milliards de connexions en quelques mois, soit presque autant que MSN !

Internet : une tour de Babel

Selon l'UNESCO, on parle plus de 7000 langues et dialectes dans le monde dont 2000 couramment. Au grand dam des linguistes, environ 15 langues disparaissent chaque année.

Ceci dit, l'école supérieure américaine de Saint Ignatius en Ohio a publié une liste des principales langues parlées dans le monde. Complété par les statistiques concernant Internet, on apprend que si le mandarin est la langue la plus utilisée du fait de l'explosion de la population chinoise, c'est l'anglais qui reste la première langue officiellement parlée par plus de 2 milliards d'habitants de 115 pays, suivie du français utilisé dans 35 pays et 388 millions d'habitants et de l'arabe parlé dans 24 pays et 341 millions d'habitants. Tout facteurs confondus, y compris économiques ou tenant compte de la deuxième langue, ils classent ainsi les dix langues les plus utilisées au monde par ordre décroissant : (1) anglais, (2) français, (3) espagnol, (4) russe, (5) arabe, (6) mandarin, (7) allemand, (8) japonais, (9) portugais et (10) indi/urdu.

La situation est toutefois légèrement différente sur Internet. Selon les statistiques, les 10 langues les plus utilisées sont : (1) l'anglais pour 32 % des utilisateurs, (2) le mandarin pour également 32 % des utilisateurs et en forte croissance, (3) l'espagnol, (4) le japonais, (5) l'allemand, (6) le français, (7) le portugais, (8) le coréen, (9) l'italien, (10) l'arabe. Depuis 2000, on observe la plus forte croissance pour les publications en arabe (940 %), portugais (525 %), chinois (414 %) et français (379 %) parmi d'autres.

La sécurité sur Internet

Ainsi que nous l'avons évoqué dans les articles consacrés à la cybercriminalité et au piratage informatique, il est de notoriété publique que faute de contrôle, Internet est le terrain de chasse des hackers (cyberpirates), des pervers et la proie des virus et autres formes de malwares, sans oublier que sa gratuité en fait le support privilégié d'une publicité souvent indésirable voire de spam (pourriel).

13 ans : l'âge minimum pour accéder à Internet

En théorie, la législation interdit l'accès à Internet aux enfants de moins de 13 ans. Mais questionnez n'importe quel jeune de 12 ans, il a déjà utilisé Internet et la plupart d'entre eux ont déjà un profil sur un réseau social.

En fait, ni l'Europe ni le gouvernement ne dispose des moyens pour contrôler l'âge des internautes. Pas plus que les gestionnaires des sites Internet car n'importe quel internaute peut mentir et créer un faux profil puisque pratiquement aucun site à part quelques sites commerciaux dont Amazon exigent une copie de la carte d'identité ou une facture prouvant l'identité du propriétaire avant d'ouvrir un compte.

En revanche les parents, la famille et les professeurs ont un rôle fondamental à jouer en éduquant l'enfant, en lui expliquant les effets néfastes d'un usage intensif d'Internet, les risques qu'il encourt à discuter avec le premier venu, à lui communiquer ses coordonnées ou des photographies.

Mais combien de parents s'efforcent de jouer ce rôle de conseiller ? Ne préfèrent-ils pas se reposer ou s'occuper de leurs affaires en imaginant que leur enfant est assez grand pour faire la part des choses. Erreur ! Quand on connaît le nombre de jeunes ados qui se sont suicidés suite à des moqueries et des intimidations par Internet parfois relayées sur leur GSM, on se rend compte qu'à 10 ou 12 ans et même à 16 ans un enfant n'a pratiquement aucun sens critique et ne verra aucun risque nul part !

La plupart du temps, si un adulte ne l'accompagne pas, l'enfant fera son apprentissage seul avec tous les dérapages et incompréhensions que sous-entend une telle démarche à l'aveuglette dans un univers qu'il ne connaît pas et ne maîtrise pas !

18 ans : majeur, libre et responsable

Selon une enquête réalisée en 2007 par "InSites Consulting" en collaboration avec "Living Tomorrow" auprès de 2082 Belges et Néerlandais âgés de 18 à 64 ans, 80 % des adultes souhaitent que leur ordinateur et Internet soient mieux sécurisés et 40 % des personnes sont prêtes à payer pour cela. Un tiers (33 %) des internautes sont retissants lorsqu'ils doivent effectuer des achats en ligne. Dans le détail, on constate que les restrictions s'observent principalement en Belgique et aux Pays-Bas (mais l'exposition se tient aussi dans cette région).

Dans la tranche d'âge 55-64 ans, on note qu'ils évitent les discussions sur les réseaux sociaux et de tchater. On en déduit soit qu'ils ne ressentent pas le besoin ou n'ont pas le réflexe de discuter en ligne soit ils ont appris les leçons du manque général de courtoisie et des quiproquo qu'on observe sur les forums où il n'est jamais facile et rapide de s'expliquer par écrit et préfèrent les discussions par téléphone ou en tête-à-tête. Ils évitent également de s'enregistrer sur certains sites webs (60 %) et de disposer d'une adresse e-mail. En revanche, les jeunes adultes (18-34 ans) l'acceptent plus facilement comparativement aux autres classes d'âges.

La "suspicion" des parents est plus forte encore quand cela concerne les enfants. Ce sentiment est déjà présent chez les jeunes adultes car pour protéger leur vie privée 41 % d'entre eux donnent de fausses données personnelles ou disposent de plusieurs adresses e-mails (62 %) et suppriment dès que possible les "cookies" sauvegardées dans leur ordinateur.

Bien que la majorité des internautes soient des gens bien intentionnés, en raison de l'image pratiquement hors-la-loi qui entoure Internet, un certain nombre d'activités n'y sont pas représentées pour des raisons de sécurité. Toutefois, pour satisfaire la demande du public tout en réduisant le risque d'actions malveillantes, les banques par exemple ont renforcé la sécurité du "PC banking" en forçant les clients à encoder de multiples codes au protocole de plus en plus complexe et en utilisant des systèmes d'encryption des données. On y reviendra dans l'article consacré à la prévention du piratage informatique.

Enfin, 7 % des personnes interrogées acceptent l'idée qu'elles sont personnellement responsables de la sécurité de leur vie privée. Elles considèrent que la responsabilité incombe également au fournisseur d'accès à Internet (60 %) et à l'hébergeur (52 %). Seuls 26 % des adultes font confiance au gouvernement et estiment qu'il a un rôle à jouer dans cette protection.

Rappelons qu'en cette matière, le gouvernement et plus précisément le pouvoir législatif a pour seul rôle d'autoriser (ou interdire) le service, d'encadrer légalement l'utilisation mais il n'est pas responsable du contrôle, ni du contenu ou de la maintenance des services et installations. Le jour où le gouvernement contrôlera ou veillera sur la protection des données et notamment privées, nous seront en dictature !

A consulter : Internet, entre libertés et manipulations (2012, sur le blog)

Toutefois, nous verrons un peu plus loin que les gouvernements ne voient pas le problème sous le même angle et même en Occident, certains pays assimilent un peu trop facilement protection et censure, notamment la France. Cette violation des droits fondamentaux à tendance à s'accentuer avec la recrudescence du  terrorisme (dont les groupuscules recrutent par Internet) où les gouvernement s'accordent des "libertés" face aux droits des citoyens (surveillance, assignation à résidence et arrestations arbitraires, etc).

Voyons à présent quel est le profil des internautes et les principales activités qu'ils pratiquent sur la toile.

Les jeunes branchés

La plupart des parents constatent à regret que leurs enfants sont accrocs à leur smartphone, leur ordinateur ou leur console de jeux et passent beaucoup trop de temps dans leur monde virtuel. Est-ce un fait de société, une mode ou une évolution culturelle ? Faut-il s'en plaindre, laisser faire ou y a-t-il un juste milieu se demanderont les parents ?

Pour un jeune, Internet ou un ordinateur c'est comme une montre; ils l'utilisent depuis qu'ils savent lire et tout le temps. Le jeune utilise son smartphone ou Internet pour garder le contact avec ses amis et s'informer. Il peut jouer des heures sur une console comme un adulte peut lire, discuter ou regarder la TV durant des heures... C'est donc sans aucun doute une évolution culturelle à laquelle nous assistons. Est-elle bénéfique aux jeunes ?, c'est une autre question car comme en toute chose, il ne faut pas en abuser au risque de perdre le sens des réalités. Voyons ce que disent les sondages réalisés ces dernières années sur le sujet.

Selon une étude réalisée par Mediappro en 2006 auprès de plus de 9000 jeunes issus de neuf pays européens dont la France et la Belgique, 90 % des jeunes européens âgés de 12 à 18 ans déclarent utiliser Internet et plus de 70 % des jeunes l'utilisent essentiellement pour communiquer entre eux mais également à des fins de recherche et ludique ainsi que nous le verrons. Mais son utilisation dépend également du milieu social.

Ainsi, selon l'étude de l'INSEE, 16 % des Français vivant seuls se connectent à Internet, 25 % des couples sans enfant et 50 % des couples avec enfants. Le nombre d'enfants compte également puisqu'un deuxième enfant fait passer les équipements informatiques de 63 % à 74 % pour le micro-ordinateur et de 44 % à 55 % pour la connexion Internet. Quant aux familles monoparentales, davantage préoccupées par des soucis financiers, elles sont moins bien équipées que les familles vivant en couple : en 2004, la moitié disposait d'un micro-ordinateur, moins d'un tiers d'un accès à Internet.

Ceci dit, si les jeunes utilisent facilement l'ordinateur, en France, 47 % des parents sont dépassés par l'informatique et font confiance à leur enfant. On peut donc en déduire que ces parents ne vont pas surveiller ce que font leur enfant ou en tous cas n'auront pas l'idée de fouiller sous les icônes de "Mario Bros" par exemple pour vérifier s'il s'agit bien d'un jeu et non d'un accès à un site pornographique ou P2P déguisé.

Les jeunes accrocs aux écrans

Selon une étude publiée au Luxembourg en 2013, 96 % des jeunes de 12 à 18 ans possèdent un téléphone portable. Les jeunes ados reçoivent leur premier GSM (pas nécessairement un smartphone) vers 11 ans.

Dans un sondage effectué auprès de 8000 élèves, en moyenne un lycéen passe 7h24m par jour de classe à utiliser son portable, une durée qui monte à 8h36m les weekends et jours de congés. Un garçon passe ainsi 6h12m par jour portable en main, une fille jusqu'à 10 heures par jour !

Un lycéen passe 2h54m devant son ordinateur les jours de classe et 4h30m les autres jours. Ils regardent très peu la télévision mais en moyenne le sondage indique que les lycéens la regarde 2h30m les jours de classe et 4h06m les jours fériés.

Près de 60 % des lycéens possèdent une console de jeux et passe en moyenne plus de 2 heures à jouer chaque jour.

Quant à Internet, les lycéens l'utilisent essentiellement pour télécharger de la musique ou des films, consulter des vidéos, communiquer avec leurs amis via les réseaux sociaux et pour consulter des sites, notamment pour leurs travaux scolaires. Près de 60 % des jeunes disent surfer sur Internet sans but précis. Comme les adultes, la quasi totalité des jeunes internautes (94 %) déclare utiliser des moteurs de recherche tel que Google.

Les téléchargement et les jeux

L'utilisation d'Internet dépend du sexe, de l'âge voire du moment de la vie de l'individu. Ainsi, en 2006 un jeune sur deux a déclaré lors de l'étude Mediappro télécharger souvent de la musique et des fichiers mais ils avouent avoir une connaissance très limitée, voire erronée, des risques légaux qu'ils encourent.

Les garçons le font deux fois plus fréquemment que les filles. Un quart des jeunes déclare jouer à des jeux en réseau, les garçons nettement plus que les filles, surtout vers 14-16 ans. 45 % des jeunes, les garçons plus que les filles, disent regarder des vidéoclips et des bandes annonces de films. Ils sont 35 % à le faire fréquemment contre seulement 20 % des filles.

Selon ComScore, aux Etats-Unis, 75 % des internautes américains regardent des vidéos en ligne, notamment sur YouTube, qui même en Europe est beaucoup plus fréquenté que Dailymotion.

Enfin, 25 % jeunes déclarent avoir un blog mais pour la plupart il est en sommeil. Nous y reviendrons.

Le tchat, la pratique la plus répandue chez les jeunes

Selon Mediappro, pour près de 60 % des jeunes de 12 à 18 %, c'est le contact entre amis qui reste essentiel. De ce fait, les "tchat rooms", "Facebook" et autre "MySpace" connaissent un véritable engouement. Dans l'esprit des adolescents, ces lieux de rencontres virtuels concilient leurs besoins de sociabilité (rester en contact avec son groupe d'amis) tout en respectant les attentes parentales (rester sous la relative autorité des parents). Néanmoins, ainsi que nous le verrons, ils doivent savoir que ces "tchat rooms" sont également fréquentés par de nombreuses personnes peu recommandables, pédophiles, arnaqueurs, et autres escrocs.

A gauche, 25 % des jeunes utilisent un logiciel de messagerie instantanée (par ex. feu MSN Messenger) pour garder le contact. A droite, tchat privé via l'interface Adium d'Apple. Prix des communications : 0, il est compris dans le forfait Internet.

Selon une étude Nielsen-NetRatings, en décembre 2004, 3.5 millions de jeunes âgés de 12 à 25 ans utilisaient MSN Messenger (aujourd'hui repris par Outlook) pour garder le contact (par clavier interposé ou webcam). 1 million de jeunes supplémentaires utilisaient des services concurrents (Yahoo Messenger, AOL Instant Messenger, ICQ, etc.). Au total, 25 % des jeunes français de cette classe d'âge utilisaient donc des services de messagerie instantanée en remplacement ou en complément du téléphone ou du GSM. La raison est simple, les services sont gratuits puisque compris dans le forfait Internet.

En revanche, en 2006, selon Mediappro, près de 60 % des jeunes internautes de 12 à 18 ans affirmaient ne jamais communiquer avec des inconnus, entraînant par conséquent une baisse d'utilisation du tchat : seulement 20 % des jeunes, souvent les plus âgés, l'utilisent fréquemment. La pratique du tchat, même si elle peut être occasionnelle, concerne globalement 40 % des 17-18 ans et 10% des 12-13 ans.

Le smartphone, passion des jeunes

Selon l'UIT, fin 2013 le taux de pénétration du téléphone portable atteignit 96 % dans le monde (128 % dans les pays développés et 89 % dans les pays en développement). Si l'Europe est la partie du monde la plus connectée, l'Asie est le principal moteur de croissance.

Avec son design original, son grand écran tactile, ses fonctionnalités multiples et ses centaines de milliers de programmes, l'iPhone sorti en 2007 a révolutionné le marché du GSM.

En France et dans le Benelux, les jeunes âgés de 15 à 24 ans représentent la tranche de la population la plus équipée en smartphone, atteignant presque un taux d'équipement maximal. Leur intérêt se focalise évidement sur la communication sans fil mais ce sont également les premiers à utiliser ses capacités multimédias (voir plus bas).

En août 2005, selon l'Observatoire Sociétal du Téléphone Mobile AFOM/TNS Sofres, 94 % des jeunes français de 15 à 17 ans disposaient d'un téléphone portable et 95 % des jeunes de 18 à 24 ans. A titre de comparaison, tous âges confondus, 72 % des Français disposent d'un téléphone portable et seulement 53 % des plus de 60 ans. Ces derniers utilisent encore parfois des modèles à écran non tactile.

Cet engouement pour ce qui est devenu le smartphone touche les jeunes de toutes les classes sociales et varie très peu d'une catégorie sociale à l'autre.

Selon l'étude de Mediappro, en 2006 les jeunes de 12 à 18 ans utilisaient principalement leur téléphone portable pour envoyer et recevoir des SMS (Texto). Les filles semblent particulièrement actives en la matière, tout comme en ce qui concerne les blogs. Certains jeunes envoient plus de 1000 SMS par semaine !

Jusqu'au milieu des années 2000, les SMS étaient facturés au caractère (et un caractère accentué est facturé 3 fois plus cher qu'un non accentué) et tous les jeunes utilisateurs sans exception utilisaient des abréviations lorsqu'ils communiquaient entre eux, même sur MSN. 

Ce nouveau langage n'est pas sans effet sur l'orthographe des jeunes qui sont de plus en plus nombreux à ne plus maîtriser leur langue maternelle, tant à l'oral qu'à l'écrit. 

Heureusement, aujourd'hui les SMS ne sont plus facturés au caractère et tout le monde dispose d'un forfait de communications. La situation s'améliore aussi sur les forums, où beaucoup d'adultes prennent le temps de rédiger leur texte en langage clair, ce qui incite les jeunes à soigner un peu plus leur orthographe.

Les jeunes fans des services multimédias

Si les jeunes avouent entretenir presque un lien affectif avec leur smartphone, c'est parce que cet appareil leur permet également de l'utiliser à d'autres fins que pour communiquer. Si les jeunes l'ont rapidement compris, les autres générations ont mis quelques années, mais ont finalement intégré le smartphone.

Publicité de Radio Shack de 1991.

Si on se réfère à la publicité de "Radio Shack" présentée à droite, un document original non truqué, en 1991 on pouvait acheter séparement un téléphone portable, un répondeur, des écouteurs, des haut-parleurs, un ordinateur, un lecteur de cassette, une radio portative, une caméra, un récepteur météo, un scanner, bref autant d'appareils électroniques n'offrant qu'une seule fonctionnalité. Ensemble, ces appareils revenaient à environ 3200$, soit un peu plus de 6000$ ou ~5100 € actualisés (2015) !

Aujourd'hui le smartphone le plus simple coûte à peine 50 € et pour 200 € vous pouvez avoir un smartphone assez performant disposant de toutes les fonctions précitées, complétées par des fonctions réseaux (Wi-Fi, 3G/4G, WAP, GPS, etc), un agenda électronique, un chronomètre et une visionneuse de fichiers multimédia et bureautique. Autrement dit en 25 ans soit une génération, non seulement l'intégration a fortement progressé mais le prix public des appareils électroniques a été divisé par 25 !

Face à cette évolution, il est intéressant de noter que selon l'étude TNS/Sofres, 51 % des jeunes de 15 à 17 ans affirment maîtriser "toutes les fonctions" offertes par leur smartphone. Très curieuse de nature, c'est la seule classe d'âge à tenir majoritairement ce discours alors qu'en moyenne 20 % des utilisateurs maîtrisent toutes les fonctions de leur appareil. Cette proportion diminue avec l'âge au point que les fonctions multimédias sont marginalisées par les plus de 40 ans.

Il n'est donc pas étonnant que les fabricants misent tout sur l'engouement des jeunes pour les smartphones qui intègrent tout ce dont on a besoin.

Les jeunes âgés de 15 à 17 ans sont 31 % à consulter des sites en ligne sur leur smartphone ou depuis leur tablette, alors que la moyenne atteint seulement 13%. De même, ils sont 9 % à participer à des tchats par téléphone, alors que la moyenne nationale atteint seulement 3 %. Enfin, les jeunes sont les plus grands utilisateurs des fonctions multimédias.

On peut donc en conclure que pour les jeunes, les systèmes mobiles représente bien plus qu'un moyen de communiquer entre amis et l'utilisent comme un réel moyen d'accès aux services en ligne, un usage multifonction que les plus âgés ont tendance à délaisser au profit des systèmes traditionnels.

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