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En hommage à Orion

La Grande Nébuleuse d'Orion, M42 (VII)

Observée dans un télescope d'au moins 200 mm d'ouverture, deux arcs nébuleux s'étirent à partir de l'extrémité nord de M42 et s'étendent loin vers le sud où ils se dissipent pour former des filaments turbulents mêlés de traits sombres. Ces deux arcs délimitent l'extension horizontale de M42, tout au moins visuellement.

La région du Trapèze est entourée d'un halo nébuleux brillant et de granules obscures. Plus au nord, M43 apparaît sous la forme d'un arc brillant détaché de M42 par une bande sombre.

A consulter : Vues panoramiques de M42 (Hubble, 2006)

Ces cinq images comptent parmi les plus belles représentations de M42 et M43 réalisées par des amateurs. Leur qualité est exceptionnelle, emblématique du savoir-faire d'amateurs passionnés. A gauche, une image réalisée par Bobby Middleton avec un télescope Newtonien de 317 mm f/7. Compositage de 12 images enregistrées sur film Kodak PJ-400 hypersensibilisé dont 10 images de 60 minutes + 2 images de 3 minutes pour le Trapèze. A sa droite, une image RGB complétée par une image en hydrogène-alpha réalisée par Robert Gendler avec une lunette Takahashi FSQ de 105 mm f/5 équipée d'une caméra CCD SBIG ST-8e et d'une roue à filtres CFW8. Au centre, une photographie prise Officina Stellare avec un Veloce RH200 f/3, roue à filtres FLI CFW-4-5 et CCD FLI Proline 11000 (RGB de 3x5 min + L de 100 min en Hα). A droite du centre, une image réalisée par Jon Christensen avec un astrographe Takahashi Epsilon de 210 mm f/3 équipé d'une caméra CCD SBIG STL11000 (11 mégapixels). Compositage LRGB (113, 18, 12 et 18 minutes) en mode binning 2x2. A l'extrême droite, une image LRGB réalisée par Ray Gralak avec une lunette Astro-Physics de 105 mm f/4.5 équipée d'une caméra CCD SBIG ST-8e et d'une roue à filtres CFW8. Expositions de 60 min sous chaque filtre RGB auxquelles s'ajoute 6 heures en Hα pour la luminance.

Par une nuit bien sombre, il faut un instrument d'au moins 300 mm d'ouverture et un grossissement de 100x pour ressentir toute l'influence de cette magnifique nébuleuse dans cette région du ciel. A mesure que vous augmentez le grossissement, de nouvelles étoiles apparaissent et des détails surgissent du néant. Les quatre étoiles du Trapèze deviennent encore plus apparentes ainsi que deux autres petits compagnons. Une large bande sombre ressemblant à une baie s'étend du Trapèze vers M43, c'est la gueule du poisson, surnom attribué en raison de sa forme. Au SO, la baie sombre est bordée par des nébuleuses brillantes et au NE par des étoiles entourées de nébulosités. Deux arcs brillants s'incurvent vers le sud à partir de la baie. Leur partie ouest est rosée.

C'est ici qu'un filtre O III ou UHC devient intéressant car il fait ressortir les régions est et ouest de M42, révélant les circonvolutions brillantes et délicates ainsi que les traces diffuses ou dentellées qui se fondent avec les régions sombres situées au sud de la nébuleuse.

A gauche, deux images du Trapèze d'Orion de 8 expositions chacune prises avec (gauche) et sans (droite) filtre O-III par F.du Toit avec un télescope Meade LX 200 de 250 mm équipé d'une caméra digitale. L'image de gauche, prise sous filtre O-III permet de résoudre les 4 étoiles du Trapèze. A droite, agrandissement d'une imade de M42 centrée sur le Trapèze réalisée par Jason Ware avec un télescope Meade RCX400 de 305 mm f/8 équipé d'une caméra CCD Yankee Robotics Trifid-2 6303E, guidage via DSI contrôlé par MaximDL. Il s'agit d'un compositage RGB d'une pose totale de 8h (R=SIII=4h, G=Hα=2h, B=OIII=2h).

La photographie de M42 est à la portée de tous. Il suffit seulement de prendre quelques précautions : éviter la présence de la Lune, placer votre instrument sur une base ou un trépied très stable à l'abri du vent, veiller à ce que le guidage équatorial ou altazimutal soit précis, munissez-vous d'une caméra CCD et enfin utiliser un rapport focal adapté garantissant un champ d'au moins 1° de diamètre.

Un rapport focal inférieur ou égal à f/6.3 est vivement conseillé pour garantir à la fois un temps d'exposition relativement rapide et un champ étendu.

Le compositage LRGB donne ici les meilleurs résultats mais la prise de vue peut s'étendre sur plusieurs heures et nécessite une réelle maîtrise ainsi qu'on le verra dans ce rapport rédigé en anglais sur la technique LRGB ainsi que dans l'article sur la photographie à haute résolution rédigé par Jean Dragesco.

NGC 1980, amas ouvert, 5h35m24s, -5°54'

Juste au sud de la Grande Nébuleuse d'Orion, entre M42 et Iota Orionis se trouve un amas ouvert d'environ 20' de diamètre contenant une trentaine d'étoiles entourées de nébulosités très pâles.

Seule la photographie à longue pose révèle les nébulosités dans lesquelles se mêlent les voiles de M42 et ceux entourant l'étoile Iota Orionis. L'amas est dominé dans sa partie sud par l'étoile Iota Orionis qui baigne toute la région dans une lueur blanche légèrement bleutée.

Iota Orionis, 44 Orionis, système triple, 5h35m24s, -5°55'

ι Orionis est l'étoile brillante située juste au sud de M42 et de l'amas ouvert NGC 1980. L'étoile blanc-bleuâtre de classe O9 se situe au centre d'une nébulosité de 5' de diamètre. C'est un système triple constitué d'un couple de magnitude 2.8 et 7.3 séparé de 11.3" dans une P.A.de 141°. Une troisième étoile rouge de magnitude 11.3 se situe à 50" de distance dans une P.A.de 103°. Dans le même champ à 8' au SO se trouve l'étoile double Σ747, un couple formé par une étoile de magnitude 4.8 et 5.7 parfaitement résolue sur l'image de gauche. Les étoiles sont séparées de 357" dans une P.A. de 223°. Plus à l'ouest se trouve l'étoile double Σ754 formé par deux étoiles de magnitude 8.4 et 9.3 séparées de 29" dans une P.A. de 347°.

De gauche à droite, le voile SE de M42, Σ747, l'amas ouvert NGC 1980 au NO de la brillante Iota Orionis et Σ754 à l'extrême droite. Document Bobby Middleton.

Σ747, étoile double, 5h35m00s, -6°00'

Il s'agit d'une étoile double très facile à résoudre située 8' au SO de Iota Orionis. Elle est formée de deux étoiles blanches de classe spectrale B1 de magnitude 4.8 et 5.7 séparées de 35.7" dans une P.A. de 223°. Le couple est entouré de nébulosités très pâles surtout révélées par photographie ou avec des instruments d'au moins 300 mm d'ouverture.

Σ754, étoile double, 5h36m24s, -6°04'

Il s'agit d'une étoile double serrée située ~30' à l'est et légèrement au sud de Iota Orionis. Le couple est formé de deux étoiles blanches de classe spectrale B3 de magnitude 5.7 et 8.9 séparées de 5.2" dans une P.A. de 287°.

NGC 1999, nébuleuse de réflexion, 5h36m30s, -6°42'

Cette nébuleuse est un objet difficile. Elle se situe 1° au SO de M42, à mi-chemin entre Σ747 et 49 Orionis, deux étoiles de 5e magnitude. A faible grossissement dans un télescope de 200 mm d'ouverture, on distingue une petite nébuleuse circulaire de 2' de diamètre dont le centre est brillant, ressemblant à une nébuleuse planétaire. Une étoile de magnitude 9.3 apparaît légèrement à l'est du centre. Il faut un instrument d'au moins 300 mm d'ouverture et un grossissement modérément fort (200x) pour remarquer que le centre de cette petite nébuleuse est en fait sombre. Environ 15' au SE se trouve la nébuleuse de réflexion IC 430.

A gauche, une image générale de toute la région entourant NGC 1999 (la zone nébuleuse entourant l'étoile brillante en-dessous à gauche). A droite, un gros-plan sur la nébuleuse obscure située près de l'étoile brillante. Documents NOAO et HST/STSCI.

IC 430, nébuleuse de réflexion, 5h38m30s, -7°05'

5' au NO de l'étoile 49 Orionis et 15' au SE de la nébuleuse NGC 1999 se trouve la nébuleuse de réflexion IC 430. Noyée dans l'éclat de l'étoile 49 Orionis de magnitude 4.8 elle est à peine visible dans un télescope de 300 mm d'ouverture et nécessite un ciel sans Lune pour être localisée. Cette petite nébuleuse pâle présente une forme d'éventail, mesurant 5' x 3' dans le sens NO-SE.

Dernier chapitre

La région de M78 et de la Boucle de Barnard

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