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La passion des ondes-courtes

Icom IC-7851

WRC 2003 et la licence CEPT (II)

Suivant les actes finaux signés au terme de la conférence WRC 2003 de l'IUT, les autorités décidèrent que la condition précédemment obligatoire de réussir un examen portant sur le code Morse était supprimée mais la décision d'appliquer ou non cette condition fut laissée à la libre appréciation des administrations nationales. Chouette se dirent tous les amateurs limités aux bandes VHF et supérieures et peu familier avec la télégraphie... Et de fait cela ouvrit les bandes HF à bon nombre de nouveaux amateurs à qui nous souhaitons la bienvenue !

En pratique de nombreux pays y compris de petites entités comme la Belgique, le Luxembourg, Hong Kong ou même la Papouasie Nouvelle Guinée décidèrent de supprimer l'examen de Morse immédiatement.

Toutefois les administrations F, G, DL et LX parmi d'autres ont souhaité que les stations VHF conservent leur indicatif alors que d'autres pays ont accepté que les amateurs concernés changent d'indicatif s'ils le désiraient.

La plupart des autres pays ont suivi ce mouvement, y compris les Etats-Unis suite aux milliers de pétitions que reçut la FCC en juillet 2005 demandant la suppression du code Morse de la législation radioamateur. 

La FCC supprima l'examen de Morse fin 2006 afin d'"encourager les individus intéressés par la technologie des télécommunications ou capables de contribuer au progrès du radioamateurisme à devenir radioamateurs".

Mais par un étrange retournement de l'histoire, à présent que le Morse n'est plus obligatoire, de nombreux amateurs s'intéressent à nouveau à ce mode et apprennent le code... Comme quoi la volonté des gens à quelquefois plus d'effets qu'une loi.

A toute bonne fin, pour les Morsistes rappelons qu'il existe un excellent logiciel shareware ($20) de réception, WinMSDSP, qui permet de gérer n'importe quelle communication en Morse, y compris les liaisons Meteor Scatter jusqu'à des vitesses de 4000 mots/minute !

Logiciel HSCW à télécharger : WinMSDSP de 9A4GL

Record du monde de vitesse en Morse

Le record du monde est détenu par Theodore McElroy qui décoda sans erreur un message à la vitesse de 75.2 MPM le 2 juillet 1939.

La légende raconte qu'il stupéfia le public en ne faisant rien alors que l'émission avait commencé, à part boire un verre d'eau et allumer une cigarette. Il attendit 15 secondes avant d'écrire le texte et lorsque l'émission fut terminée, il continua à écrire durant... 15 secondes. Ce record n'a jamais été égalé. Seriez-vous le prochain challenger ?

La licence CEPT et le reste du monde

Fin 2003 la CEPT T/R 61-01 fut approuvée. Qu'est ce que cela signifie ? Cette ratification signifie qu'un amateur titulaire d'une licence VHF européenne peut émettre dans les bandes HF depuis n'importe quel pays, à condition que ce pays ait implémenté l'Appendice 1 point 2 de ce document. Ce ne sera probablement pas le cas pour San Marin ou Andorre (voir le document) car ce pays n'a pas encore ratifié cette recommandation.

Ceci dit, si la plupart des pays européens n'ont pas encore publié de décret concernant la suppression de l'article 2735 de l'UIT, la plupart des administrations ont donné des autorisations provisoires dans les limites de leur Etat sans attendre la délibération de la Commission Européenne (CEPT). En pratique, le certificat HAREC A donné au titulaire d'une ancienne licence HAREC B n'a donc pas (encore) de valeur légale dans un autre pays de la Communauté Européenne bien que la plupart d'entre eux acceptent l'équivalence, du Luxembourg à la Finlande. Tout cela est en cours de résolution.

Même en dehors de l'Europe le processus est en cours. Antérieurement aux idées exprimées à la WRC 2003, un accord fut signé le 21 mars 2002 entre la CEPT (Europe) et la CITEL (Amériques) ainsi qu'avec l'ATU (Afrique). Cet accord devrait aider l'UIT à développer les télécommunications et standardiser le certificat HAREC.

Concrètement cela signifie que les pays non-européens, s'ils n'ont pas encore signé le document T/R 61-01 "adhèrent" généralement au principe, comme par exemple Israël, le Pérou ou les Etats-Unis.

Et depuis qu'ils ont supprimé le Morse de l'examen, si vous désirez émettre depuis le territoire des Etats-Unis ou de leurs possessions, vous pouvez échanger votre certificat CEPT pour une licence américaine et obtenir les mêmes privilèges qu'une lience de classe "Extra". En revanche, si vous souhaitez obtenir une licence de classe "Extra", vous devrez réussir les examens dits Elements 2 (Technician), 3 (General) et 4 (Extra). Les Etats-Unis n'accordent pas de licence "Extra" sur base de la réciprocité.

Mais que se passe-t-il si un citoyen canadien ou américain visitant l'Europe veut utiliser son émetteur ? La CEPT ne reconnaît pas le Canada ou les Etats-Unis par exemple comme pays membre non-CEPT, car ce pays n'est pas un membre de la Communauté européenne. Dans la pratique les amateurs licenciés non-européens doivent demander une autorisation provisoire d'émission dans le pays visité comme ils le feraient s'ils visitaient un autre pays d'Amérique ou d'Asie par exemple (voir IARP). Pour cela l'amateur doit écrire plusieurs mois à l'avance au Ministère des communications (ou des Transport) du pays visité. Il doit leur fournir toute les informations requises, dont l'indicatif d'appel, la classe d'émission, les dates du séjour et les numéros de série du matériel de transmission qu'il souhaite utiliser dans ce pays.

Le permis IARP

Le permis radioamateur international, IARP en anglais, est un permis réciproque et temporaire délivré à tout amateur licencié et citoyen de l'un des pays signataires des accords CITEL (donc un pays du continent amérciain). Il permet au visiteur d'utiliser temporairement une station radioamateur dans certains pays du continent américain. Le permis IARP est indépendant de la licence CEPT, cette dernière n'étant valable qu'au sein de l'Union Européenne.

Le permis IARP est délivré par l'association nationale américaine représentant l'IARU. Aux Etats-Unis il s'agit de l'ARRL, au Canada du RAC, au Brésil du LABRE, etc. Ce permis est valable un an ou jusqu'à expiration de la licence, mais il peut être renouvelé. Comme la licence CEPT, le titulaire d'un permis IARP présente deux classes de privilèges : la classe 1 tout privilège et toute bande, et la classe 2 au-dessus de 30 MHz sans Morse. L'opérateur reçoit un groupe de caractères qu'il doit ajouter devant son indicatif (par ex. PY2/VE2SKY). Actuellement les pays suivants reconnaissent le permis IARP : Argentine, Brésil, Canada, Pérou, Uruguay, USA et Vénézuéla.

Le shack et son équipment

Avant d'entrer en contact avec d'autres radioamateurs à travers le monde, de faire des QSOs en d'autres termes, vous devez acheter votre équipement, tout d'abord votre transceiver, éventuellement son alimentation associée (tout dépend s'il fonctionne sur le secteur ou sur une alimentation externe de 13.8V), ensuite le micro si longtemps attendu (sur pied ou à main ou encore relié à une pédale), votre antenne et éventuellement un pylone et un rotor, quelques dizaines de mètres de ligne de transmission terminées par des prises PL, une charge fictive (dummy load), un TOS-mètre (SWR-meter) ou un adaptateur d'antenne (antenna tuner) et l'indispensable carnet de trafic ou logbook.

Notons que le carnet de trafic ou "logbook" doit contenir au minimum 4 informations : la date et l'heure de la communication, l'indicatif du correspondant, la fréquence d'émission et la classe d'émission utilisée (par exemple J3E et non pas le mode SSB bien que tout le monde le fasse). Il doit être conservé un an à partir de la date de la dernière inscription. Quelques exemples de logbooks électroniques sont présentés ci-dessous. Dans la plupart des cas, les menus sont en anglais. D'autres produits sont listés dans la page Download (section Software).

Carnets de trafic (Logbooks) à télécharger :

DX4WIN de KK4HD

(démo)

DXLab Suite de AA6YQ

(gratuit)

Ham Radio Deluxe 5 de IW5EDI

(gratuit)

Vous pouvez éventuellement ajouter à votre station quelques accessoires comme un ordinateur relié à Internet, une interface TNC, une clé Morse, un amplificateur linéaire et une antenna VHF pour travailler avec les satellites.

Vous découvrirez bientôt que votre shack se remplira graduellement d'accessoires, une pratique que vous connaîtrez sans doute si le radioamateurisme devient votre activité favorite. Vous pouvez préparer cette sélection quelques mois avant d'obtenir votre licence, bien que la réglementation vous interdise d'écouter le trafic radioamateur avec un appareil capable d'émettre.

Lorsque vous aurez connecté et bien disposé tout ce matériel sur votre bureau, que vous aurez lu et relu les manuels d'utilisation, les choses sérieuses pourront commencer : en effet, avant de prononcer le moindre mot au micro, il sera nécessaire d'ajuster tous ces équipements pour obtenir le TOS (VSWR) le plus bas possible à la fois à la sortie de l'émetteur mais également sur la ligne de transmission allant vers l'antenne. Travaillez tout d'abord avec une charge fictive (dummy load) afin d'éviter de parasiter les bandes pendant que vous règlerez votre émetteur.

Si vous utilisez un amplificateur linéaire, n'oubliez pas d'ajuster la plaque et la charge pour obtenir ici aussi le VSWR le plus faible possible sur la ligne en fonction de la fréquence de travail.

Quand tout cela sera bien ajusté, replacez votre cable coaxial et vérifiez une dernière fois votre signal sur votre TOS-mètre externe. Si vous n'effectuez pas ces vérifications vous avez toutes les chances de surcharger l'étage final de votre émetteur, d'avoir des pertes de signal et de forts courants, source de dommages potentiels à votre installation, si vous-même n'êtes pas blessé. Aussi, il est grand temps d'appliquer ce que vous avez appris pour réussir votre examen radioamateur.

A présent votre station est prête et je vous invite à passer sur l'air. Vérifier d'abord si la fréquence n'est pas occupée. Dans la négative, lancer votre premier CQ... C'est ici que cela devient passionnant lorsque quelqu'un répond à votre appel !

A voir : Young Lady Ham Radio Operators

A consulter : Ham shacks of dream (Galerie)

Your First Ham Shack, par KC2YTI

Futur radioamateur, ces fauteuils vous attendent... ainsi que Patty, KD4WUJ (qui est aussi une chanteuse de country), Hi ! Un QSO avec une YL représente toujours un moment de plaisir car elles sont vraiment peu nombreuses sur l'air.

Les langues

Quelle langue parle-t-on sur les ondes ? Aucune directive n'impose une langue particulière durant les communications entre radioamateurs. Aussi le polyglotte sera-t-il très à l'aise en tant que radioamateur car au fil des QSO il pourra aisément pratiquer toutes les langues qu'il maîtrise à mesure qu'il passe d'un pays ou d'un continent à l'autre. Le sentiment d'appartenir à une seule communauté nationale d'estompe et on devient vite cosmopolite avec une vision des "étrangers" bien différente de l'impression souvent mesquine et ségrégationniste de bien des gens.

Selon l'UNESCO, on parle plus de 7000 langues et dialectes dans le monde dont plus de 2000 couramment. Au grand dam des linguistes, environ 15 langues disparaissent chaque année.

Ceci dit, l'école supérieure américaine de Saint Ignatius en Ohio a publié une liste des principales langues parlées dans le monde. On y apprend que si le mandarin est la plus utilisée du fait de l'explosion de la population chinoise, c'est l'anglais qui reste la première langue officiellement parlée dans 115 pays suivie du français utilisé dans 35 pays et de l'arabe parlé dans 24 pays.

Tout facteurs confondus, y compris économiques ou tenant compte de la deuxième langue, ils classent ainsi les dix langues les plus utilisées au monde par ordre décroissant : anglais, français, espagnol, russe, arabe, mandarin, allemand, japonais, portugais et indi/urdu.

Et de fait la quasi totalité des radioamateurs parlent anglais et souvent plusieurs parmi les trois premières langues citées, les six autres étant essentiellement utilisées dans les pays dans lesquels elle constitue la langue officielle (où parfois les amateurs sont réticents à parler une langue étrangère ou les comprennent difficilement).

Répartition des langues dans le monde et notamment de l'anglais.

La langue universelle : le "bad english"

En 2013, Jeremy Gardner, fonctionnaire européen d'origine anglaise et traducteur de formation a constaté que la plupart des textes officiels européens étaient mal traduits en anglais et releva toutes les erreurs dans un article de 66 pages publié par la Direction Générale de la Traduction de la Cour des comptes.

Devant ce constat, il s'est interrogé sur la manière dont les fonctionnaires européens s'exprimaient sachant que les institutions européennes comprennent aujourd'hui des représentants de 28 pays parlant 23 langues.

Il constata que si la majorité des fonctionnaires parlent anglais, il s'agit d'une version approximative qu'on appelle le "bad english" ou "EU-english".

En effet, la plupart des fonctionnaires n'ont pas l'anglais comme langue maternelle et se sont débrouillés pour l'apprendre. Ils ne le maîtrisent donc pas et soit substituent des mots (par ex. "sickness insurance" au lieu de "health insurance") ou les empruntent à d'autres langues (au français par exemple quand ils utilisent "planification" au lieu de "planning"), des termes incorrects qui transforment parfois le sens des phrases.

L'avantage du "bad english" est qu'entre étrangers tout le monde se comprend (même si ont dit que les Anglais de souche préféreraient que les étrangers fassent un plus d'efforts !).

Si on étend cette question à toute la population européenne qui devrait tripler d'ici 2050, on constate que seulement 25 % des Européens comprennent plus ou moins l'anglais alors que 7 % d'entre eux seulement comprennent le français tandis que les autres langues sont très peu pratiquées en dehors de leur pays.

On constate la même tendance chez les radioamateurs : si ponctuellement chacun parle sa langue maternelle, lors des QSO DX, des contests et autres pile-ups, tous parlent le "bad english" avec succès !

Vous n'avez donc aucun soucis à vous faire comprendre si vous parlez mal l'anglais. Et si vous avez le verbe facile ou désirez apprendre une langue étrangère sur les ondes, le monde est à vous !

Les désastres et les services d'urgence

On ne peut pas discuter de radioamateurisme sans parler des services d'urgence. Comme en 1914 où Hiram Percy Maxim, 1WH fonda l'ARRL pour coordonner le service des stations relais qui aidaient les routiers à travers les Etats-Unis, aujourd'hui les radioamateurs assurent toujours un service similaire (cf. la définition du radioamateur) mais à une autre échelle.

Dans ce contexte, les radioamateurs sont également des volontaires qui offrent leur temps, leur savoir-faire et leur équipement au service de la communauté pour assurer les télécommunications avec les services publics lorsque les moyens habituels (radio, TV, GSM, etc) sont inutilisables (endommagés, brûlés, noyés, etc). Dans ces circonstances, il y a toujours quelques radioamateurs dont les installations sont toujours opérationnelles et qui peuvent relayer les messages aux autorités.

Aux Etats-Unis, où se trouve la plus grande communauté radioamateur, l'Amateur Radio Emergency Service (ARES) consiste en un réseau d'amateurs licenciés qui fournissent aux autorités des renseignements à propos des désastres (conditions météos, statut des infrastructures et besoins de la population), pour citer WX4NHC, la station radioamateur du National Hurricane Center, le Hurricane Watch Net, le Waterway Net, le Skywarn ainsi que le Salvation Army Team Emergency Radio Network (SATERN).

Le même type d'organisation existe dans plusieurs autres pays pour citer le Royaume Unis (RAYNET) et dans une moindre mesure en France où le Plan ORSEC s'organise en coopération avec le REF-UNION. Dans les autres pays cette collaboration est beaucoup moins étroite et active car ces pays subissent peu de désastres et les secours sont totalement pris en charge par les autorités.

Les radiomateurs en situation d'urgence

Une activité qui a la puissance de sauver des vies

A gauche, la télévision américaine explique quel a été le travail des radioamateurs après le désastre du cyclone Katrina le 29 août 2005 (raccourci WXV). A droite Bharathi Prasad, VU2RBI appelant à l'aide depuis le Sri Lanka après le tsunami du 26 décembre 2004 (wav de 399 KB).

Ecoutez plus de QSO

Ainsi, pour ne prendre que quelques exemples, le 19 août 2005 le réseau ARES fut sollicité pour venir au secours des populations après le passage du cyclone Katrina qui dévasta la Louisiane, le Mississippi et l'Alabama. Le 26 décembre 2004, après le passage du tsunami qui tua des centaines de milliers d'habitants et détruisit les infrastructures sur les côtes d'Indonésie, de Thaïlande et du Sri Lanka, les radioamateurs furent également les premières personnes à pouvoir appeler la communauté internationale à l'aide ou pour rapporter aux autorités l'état des populations et des infrastructures de leur région. A cette occasion des radioamateurs opérant à partir des cargos américains de la Croix Rouge furent alertés et ont maintenu le contact avec les opérateurs restés aux Etats-Unis. A d'autres occasions, des contacts établis par Echolink ont permis d'identifier les besoins des victimes du désastre.

Grâce à cette collaboration entre les réseaux amateurs et les autorités, la population peut être rapidement prise en charge et le cauchemar bientôt oublié. Reste toutefois à reconstruire les zones sinistrées et parfois son ou sa propre identité...

Ces réseaux d'urgence communiquent sur les bandes HF (80, 40, 30, 20 m) et prennent en charge toutes les demandes sanitaires et les premiers secours par la voie des ondes et facultativement à travers leur site web. Pour les opérateurs, ces activités deviennent des communications tactiques qui ont la puissance de sauver des vies plutôt qu'un simple hobby.

Un monde à découvrir

Avec le temps et plus d'expérience, après avoir lu des magazines de radio et rencontré d'autres amateurs dans les radio clubs et surtout beaucoup écouté les ondes-courtes, vous découvrirez que les radioamateurs ne travaillent pas seulement en CW ou phonie (SSB) mais certains utilisent également d'autres modes très intéressants comme la FM en VHF, le trafic aurora, la SSTV analogique ou digitale, le packet et d'autres modes digitaux comme la RTTY, le PSK31 ou le JT65 qui vous prendrez plaisir à décoder.

Quand le ciel est la seule limite : écoutez ces étonnants QSOs

Earth-Moon-Earth avec F1ANH - Meteor Scatter avec F6CRP

Quand la fiction rejoint la réalité. A gauche, "2001: L'Odyssée de l'Espace". A bord de la station Space Station V et en attendant sa navette pour la Lune et la base de Clavius, le Dr. Heywood Floyd contacte par téléphone sa famille restée sur Terre. Prix de la communication : 1.75$ pour 5 minutes. En 1968, c'était presque un rêve inaccessible. Aujourd'hui, pour les astronautes de telles communications sont une réalité et pratiquement pour les radioamateurs également. A droite, environ 30 ans après la sortie de "2001", les radioamateurs sont à bord de Mir et communiquent en SSTV avec d'autres radioamateurs restés au sol. Le prix ? La communication est gratuite ! Cette transmission fut enregistrée le 26 août 1999 sur 145.985 MHz par WB8ERJ. Plus vraie que la meilleure des sciences-fictions ! Rappelons qu'une situation similaire s'était déjà produite en 1969 lors du débarquement d'Apollo XI sur la Lune, lorsque Neil Armstrong et Buzz Aldrin seront en contact radiotéléphonique avec le Président Nixon (voici une version de meilleure qualité de la BBC).

A ce sujet, si la plupart des activités radioamateurs requièrent une installation standard (un transceiver et une antenne HF ou VHF) les modes digitaux requièrent soit des logiciels de décodage comme Multipsk soit des accessoires spécifiques comme une interface Pakratt PK-232 DSP qui est un petit contrôleur externe (TNC) dédié au packet radio et aux modes digitaux.

Les activités par satellite (OSCAR, ISS, Funcube, etc) ou sur de plus hautes fréquences (SHF, trafic EME, etc) requièrent des compétences techniques plus pointues, des logiciels spécifiques et des antennes directives ou encore une grande parabole compte tenu de la faible puissance des signaux reçus (cf. par exemple l'installation et les logiciels EME de VK3UM).

Un bon départ : Ecoutez les radioamateurs par Internet et SDR

Avant d'obtenir votre licence de radioamateur et de lancer votre premier "CQ", et même avant d'acheter un récepteur, il y a une autre manière agréable d'écouter les radioamateurs et de partager les activités de cette communauté.

Depuis quelques années, grâce au développement d'Internet, le grand public et spécialement les SWLs peuvent écouter les bandes amateurs sans avoir de récepteur onde-courte à domicile, simplement en utilisant Internet ou un système SDR, alias "Software Defined Radio" (ou "Radio logicielle" en français).

Vous pouvez par exemple utiliser l'interface web proposée par WebSDR et sélectionner le site web de votre choix qui vous connectera à un récepteur HF ou VHF relié à Internet. La station est généralement connectée à une petite antenne (fouet ou dipole) mais elle est capable de capter tous les signaux audibles jusqu'aux antipodes, à 12000 km de distance ou même plus loin via le long path.

L'alternative est de vous connecter au cluster DXHeat, habituellement utilisé pour les QSO assistés, qui offre l'opportunité d'écouter les bandes amateurs sans contrainte ni souscription grâce à une connexion vers un système SDR.

Si vous préférez contrôler vos conditions de réception, au lieu d'acheter un récepteur onde-courte ou un transceiver, souvent cher et assez encombrant, vous pouvez acheter un petit récepteur SDR. La plupart ont une dimension allant de la clé USB au switchbox.

Ecoutez les stations radioamateurs, Cluster DXHeat

Cliquez sur un indicatif puis sélectionnez le casque d'écoute

WebSDR

Shortwave Schedule

Quelle radio onde-courte émet sur quelle fréquence (et vice versa) ?

A gauche, l'interface du cluster "DXHeat" n'affiche pas seulement tout le trafic radioamateur et les conditions de propagation mais permet également d'écouter les bandes amateurs grâce à une connexion vers un système SDR. Au centre, un système SDR de la taille d'une clé USB proposé par RTL-SDR et équipé des tuners RTL2832U et R820T2 (remplaçant le tuner R820T, Cf. Amazon). Ce doggle proposé à moins de 20€ est équipé d'un connecteur SMA au lieu d'un MCX, ce qui évite déjà d'acheter un adaptateur. Cette clé SDR est capable de recevoir les ondes-courtes entre 24-1700 MHz. Connecté à une antenne taillée pour une bande spécifique, il permet de capter pratiquement tous les types d'émissions, y compris les stations FM, le trafic aéronautique, les signaux APT des satellites météos, les chaînes de TV européennes ou encore les fréquences radioastronomiques. Vendu sans documentation ni logiciel, vous trouverez toutes les informations sur SDRSharp notamment qui propose également d'autres modèles plus performants (par ex. Airspy) ainsi que le programme SDR# (sdrsharp) présenté à droite.

Si la plupart des systèmes SDR sont proposés avec une petite antenne fouet de 20 cm de longueur juste capable de capter les radios FM, pour décoder correctement les signaux V/UHF ou SHF comme les transmissions d'ISS, les signaux APT des satellites météos ou les chaînes TV, vous devrez le connecter à une antenne externe accordée sur la bande spécifique (par ex. une petite antenna Yagi ou hélicoïdale).

Pour plus d'informations, consultez le site RTL-SDR dédié à ces accessoires et la revue anglo-saxonne roundup report décrivant quelques récepteurs SDR ainsi que les vidéos suivantes.

A voir : AirSpy SDR at work by W9RAN

How to set up a SDR radio, B.Churchward

APT Weather Satellite Reception with RTL-SDR

Enfin, notons que HamSphere développé par Kelly Lindman, 5B4AIT, est un programme simulant la propagation HF par Internet (cf. cette revue en anglais et en français sur le blog). Contrairement à Echolink qui est réservé aux radioamateurs et peut utiliser des liaisons RF, en souscrivant à HamSphere, même sans disposer de licence radioamateur vous pouvez contacter d'autres amateurs (licenciés ou non) aux quatre coins du monde. Ce n'est pas du radioamateurisme, mais simplement une communication vocale par Internet (VoIP) mais elle ressemble beaucoup aux conditions réelles de travail.

Du plaisir pour tous

Fin 2015, la FCC comptabilisait plus de 735000 licences radioamateurs aux Etats-Unis dont 23 % disposant d'une licence Extra (équivalente au CEPT classe 1) soit 11 % de plus qu'il y a 10 ans. Il y a 1.3 million d'amateurs licenciés au Japon, 176000 en Thaïlande, 141000 en Corée et quelques milliers ou dizaines de milliers dans les autres pays, ce qui porte à environ 3 millions le nombre de radioamateurs dans le monde selon l'IARU. Toutefois, si tous paient annuellement leur licence, on peut estimer que 30 à 50 % d'entre eux ne sont pas actifs (ils conservent leur licence mais n'ont soit plus de transceiver soit écoutent simplement les bandes amateurs).

Quels que soient vos centres d'intérêts, la communauté des radioamateurs est très active et ses membres vont des adolescents jusqu'aux old timers ayant plus de 90 ans. La majorité des radioamateurs sont âgés de 45 ans en Europe et 58 ans aux Etats-Unis.

Cet âge moyen assez avancé s'explique notamment par l'examen d'entrée qui rebute certaines personnes quoiqu'aujourd'hui la licence est accessible à tous. Ensuite, la vie quotidienne n'est pas toujours conciliable avec une activité qui a tendance à combler les heures, les soirées et même les congés, isolant l'amateur dans son ham shack ou dans la nature au détriment de sa famille. C'est aussi pour cette raison que certaines XYL sont également devenues radioamateurs !

Dans tous les cas, grâce aux nouvelles dispositions réglementaires, l'âge moyen des radioamateurs à tendance à rajeunir. Chaque année la communauté radioamateur s'agrandit, les radio clubs voient de nouvelles têtes blondes, signe de bonne santé et d'un regain d'intérêt de la population envers cette activité.

Amusez-vous bien et à bientôt sur l'air !

73 de Thierry, LX4SKY.

Pour plus d'informations

Download & Ham Links (sur ce site, la 1ere page à consulter)

Le radioamateurisme, UBA.be, (Menu FR > Radioamateurisme)

Comment devenir radioamateur, RAQI, Canada

Recommendation T/R 61-02, CEPT (en anglais, examens HAREC)

CEPT-ECC Report 89, CEPT (licence de base)

L'éthique et les procédures opérationnelles du radioamateur, IARU/REF

Associations radioamateurs

ECHOLINK

IARU (tous les membres)

REF-Union (F), RLX, LARU (LX), USKA (HB), UBA, UFRC (ON)

ARRL (USA), RSGB (G), DARC (DL), JARL (JA)

Sites en français

Radioamateur.org

Radioamateur Actualités News

Sites en anglais

How to Become a Radio Amateur in Canada and USA, eHam

What is Ham Radio?, ARRL

What is Amateur Radio ?, RSGB

ARRL Technical Information Service Pages (TIS)

Operating manual for Radio Amateurs, 10th Ed., ARRL, 2012 (v9 sur Google)

Ham Radio History, ARRL and al.

Get on the Air...Now!, Don Keith, Erin Press, 2015

QRZ Now.com

Mac Ham Radio (dédié aux radioamateurs sous OS X)

Groupes Radioamateurs sur Facebook

Radioamateurs et Amateur Radios

Amateur (Ham) Radio

Amateur/Ham Radio Shack & Operating pics

CQ WPC Contest

DX News

DXWorld.net

DXZone

Funny Hamradio Pictures

HAM Radio DX Group

Icom amateur radio users (private)

Kenwood - Amateur Radio HAM (private)

Mac Ham Radio

QRZ Now

QSL Printing IT9EJW

SDR - Software Defined Radio

Yaesu, The radio

Photos relatives au radioamateurisme, QRZ Now

Vidéos sur YouTube

La radioamateur, par VE2CWQ

Playlist de l'auteur sur le radioamateurisme (QSO, contests, RTX, etc)

Activités en portable (en Français)

Communication HF via une connexion Internet à distance (Kenwood TS-480)

The Simpsons & Ham Radio

DX-peditions en vidéo de James Brooks, 9V1YC, sur Dailymotion

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