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Critique de la Scientologie

L'Eglise de Scientologie sur le banc des accusés (I)

Plusieurs instruction judiciaire sur les activités de l'Eglise de Scientologie (que nous appelerons la Scientologie) furent ouvertes en Belgique et en France depuis 1978 suite au dépôt de diverses plaintes allant de l'escroquerie (extorsion, faux et usage de faux notamment) à l'exercice illicite de l'art de guérir en passant par des violations de la vie privée, le harcèlement, l'organisation criminelle et autres abus. Dans certains procès la Scientologie fut condamnée mais en d'autres occasions et faute de preuves, le verdict se solda au bénéfice de la Scientologie.

Nous verrons page suivante que depuis cette époque toutes les sectes sont dans le collimateur de la Justice et d'organisations de vigilence privées. Cette surveillance n'est pas sans conséquences sur la manière dont ces sectes recrutent aujourd'hui car elles sont devenues beaucoup plus discrètes qu'auparavant et se camouflent sous un image anodine mais non moins dangereuse afin de ne pas éveiller les soupçons.

On dit beaucoup de choses sur la Scientologie. On la considère comme un mouvement religieux, un mouvement sectaire, une organisation pseudoscientifique, une organisation plus ou moins humanitaire, une organisation criminelle, un contre-pouvoir, etc. Où est la vérité ? La Scientologie est-elle une association exceptionnelle ou banale ?

De l'avis de tous les enquêteurs belges, français, espagnols ou allemands qui ont étudié cette organisation, jusqu'à l'infilter durant plusieurs mois, la Scientologie n'est surement pas banale pour des raisons à la fois historiques, considérant son mode de fonctionnement et le nombre de controverses et de procès dont elle continue de faire l'objet.

Histoire de la Scientologie

Nous ne rappellerons pas en détail l'histoire de ce mouvement qui est développé en long et en large et critiqué sur Internet. Rappelons simplement quelques concepts clés à la base de ce mouvement.

Rien qu'à travers son nom, l'Eglise de Scientologie joue sur les deux tableaux : la science et la religion, deux concepts qui conduisent notre vie avec plus ou moins d'importance.

Mais la Scientologie n'est pas une science; elle utilise des méthodes pseudoscientifiques et un langage qui se veut scientifique.

La Scientologie prétend également être une religion, avec un dogme, des écritures, une hiérarchie, etc. Or, elle a tous les critères d'un commerce très lucratif en commençant par la croix symbole de la Scientologie qui, bien qu'étant un signe religieux universel, est un sigle déposé par la Scientologie, comme s'il était associé à un droit commercial exclusif. Curieuse philosophie pour une religion.

A l'origine de l'Eglise de Scientologie se trouve Ron L. Hubbard, un écrivain américain et ancien militaire qui commença sa carrière en écrivant des romans de science-fiction. La qualité de ses romans est reconnue, plusieurs dizaines ayant même été portés à l'écran. A la suite de ce succès, en 1950 il écrivit "la Dianétique", une sorte de psychothérapie d'amateur à l'origine des textes fondamentaux de l'Eglise de Scientologie.

La communauté de la science-fiction fut divisée sur les prétendus mérites de Ron Hubbard. Isaac Asimov en critiqua les aspects non scientifiques tandis que l’auteur Jack Willamson qualifia la Dianétique de "révision lunatique de la psychologie freudienne [qui] ressemble à une superbe escroquerie rémunératrice". Mais, John W. Campbell et A. E. Van Vogt s’enthousiasmèrent. Campbell devint le trésorier de Hubbard et Van Vogt interrompit sa carrière d’écrivain pour ouvrir le premier centre de Dianétique à Los Angeles.

En 1953, Ron Hubbard déclara la scientologie "religion" et il fonda la première Eglise de Scientologie à Camden au New Jersey. Mais cette période pseudoscientifique n'a pas eu le succès escompté.

Risée par les psys qui ont rapidement mis en lumière le véritablement sens de la cause Scientologique, le mouvement sectaire n'a jamais pu convaincre les psychologues et les journalistes scientifiques qui n'ont cessé de dénoncer les méthodes de travail de la Scientologie et le danger qu'elle représentait pour les personnes faibles et peu critiques.

Attaquée au coeur même de sa foi, la Scientologie entama très tôt une campagne "anti-psy" pour contredire les attaques contre la secte, au point qu'elle dispose aujourd'hui d'un département spécialisé qui lutte au quotidien contre les psys et la psychiatrie. Nous en avons encore eu un exemple tout récemment, en septembre 2007, avec l'exposition anti-psy qui s'est tenue à Bruxelles et qui fit scandale.

La législation américaine a inscrit la liberté de culte dans la loi mais interdit de reconnaître une religion. Or, dans un geste d'ouverture qui s'est voulu généreux, le fisc américain a accepté que les mouvements religieux ouvrent un registre associatif, bénéficient de déductions fiscales, etc.

Cela s'est donc naturellement appliqué à l'Eglise de Scientologie, un geste que le gouvernement regrette aujourd'hui. La Scientologie est donc une religion par accident, préfabriquée et un mouvement aux relans pseudoscientifiques dont le seul but est de développer son fond de commerce en faisant de nouvelles émules qui rémunéreront la secte et lui apporteront de nouveaux "apôtres" et ainsi de suite.

A lire : La scientologie règle ses comptes avec la psychiatrie

Charlie Hebdo infiltre la Scientologie

Pour comprendre réellement les méthodes de la Scientologie, rien ne vaut le témoignage d'un membre de cette secte. En 2004, le magazine satirique "Charlie Hebdo" publia un numéro hors-série consacré aux sectes dans lequel le journaliste scientifique Antonio Fischetti écrivit un article sulfureux intitulé "La Scientologie, la secte la plus bête du monde".

"Charlie Hebdo" s'attaquant par le biais de l'humour à la Scientologie, dénonçant une secte dangereuse et manipulatrice.

Il expliquait que pour mener son enquête, il avait suivi la formation de base pour devenir scientologue, infiltrant la Scientologie pendant plusieurs mois au cours desquels il suivit des cours et participa à des stages. Il en sortit mais dénonça qu'il fut par la suite longtemps harcelé au téléphone, et avoua que s'il avait eu moins de volonté et avait à nouveau accepté de participer à des réunions, etc, il aurait facilement rechuté et serait aujourd'hui endoctriné mais également ruiné.

En effet, au début de sa formation on lui proposa d'acheter son premier support de cours pour quelques dizaines d'euros. Après un mois, il dut à nouveau payer un nouveau cours qui s'avéra plus cher, pour rapidement atteindre 1000 €, puis 3000 €, etc, il n'y avait pas de limite et bien sûr pas de justificatif ni de facture.

Fischetti dut également se plier à des jeux infantiles au cours desquels les participants devaient inventer des histoires en prenant de petits cailloux colorés en guise de personnages pour apprendre à différencier le bien du mal...

De la même manière, il nous pouvait pas consulter les livres de la bibliothèque sous le motif qu'il n'avait pas encore été initié à la lecture des textes Scientologues. Il s'est évidemment révolté devant ces mises en scènes puériles mais fut aussitôt conduit dans une pièce isolée et remis à l'ordre. Bref, il était endoctriné en suivant une méthode éprouvée que l'on applique à un petit enfant qui ne connaît encore rien de la vie, dont il faut baliser le parcours, qu'il faut surveiller et au besoin punir.

Fischetti participa également à un premier stage dit de purification (le "purif") au cours duquel il fut contraint de passer plusieurs heures dans un sauna et de surconsommer des médicaments qui lui occasionnèrent des taches sur le corps, une manière selon les Scientologues de le purifier, les taches représentant les impuretés de son corps et de son esprit. Mais ce "traitement" était prescrit sans consultation médicale ni ordonnance et lui coûta 2400 €. Le protocole lui parut d'emblée inquiétant et faisant évidemment partie d'un endoctrinement. Il n'a pas insisté et quitta la secte en toute hâte pour nous narrer sa mésaventure et avertir le public.

Les méthodes d'endocrinement

Par ces différentes méthodes, les Scientologues démontrent clairement qu'ils endocrinent leurs adeptes, réalisant un véritable "lavage de cerveau" et du corps de leur victime afin qu'ils croient en la Scientologie comme en dieu, qu'ils acceptent pour vrai l'enseignement de la Scientologie et considèrent comme néfaste et dangereuse toute influence extérieure.

"Charlie Hebdo" critiquant la Scientologie avec humour et intelligence.

A force de répéter ces messages et de participer à des mises en scènes et des stages de purification, où l'adepte est à l'occasion mis en valeur pour l'inciter à "s'améliorer" et parfaire son "enseignement", à condition qu'il soit encadré et continuellement endoctriné, les êtres les plus intelligents vont finir par accepter et adhérer à la philosophie de leur soi-disant protecteur et mentor.

Finalement, la secte pourra le critiquer, le blâmer ou le punir, l'adepte reconnaîtra toujours qu'il a commis une erreur, qu'il n'a pas agit pour le bénéfice de la communauté ou dans son propre bien, bref qu'il a tord et que l'organisation a raison, une fois de plus.

Notons que ces méthodes de soumission et les slogans du genre "le chef à raison", "vous avez tord de le croire", "nous savons mieux que vous ce qui vous convient", "vous n'êtes pas là pour réfléchir", "vous n'avez pas le droit de refuser", etc, s'appliquent également à d'autres organisations où on impose des directives à l'individu sans son consentement, où la personne est devenue un numéro, presqu'un être de non droit à qui on applique bêtement et méchamment le règlement et des procédures : aux soldats, aux prisonniers, aux chomeurs, etc.

Même s'il a en théorie un contrat avec des droits et des devoirs réciproques, dans ces trois exemples, l'individu n'a pratiquement plus de droits et est contraint d'obéir sous peine d'être sanctionné. Bien sûr il peut se défendre s'il considère avoir été abusé, mais l'autorité applique le règlement et ne peut pas s'adapter en fonction des individus, c'est l'individu qui doit s'adapter et donc se plier aux exigences de l'organisation, jamais l'inverse. L'individu perd ses libertés.

Dans le cas de la Scientologie, soumis à l'autorité omnipotente de l'organisation, l'adepte devient victime. Il perd progressivement son esprit critique et reporte tout pouvoir de décision sur l'organisation qu'il estime être mieux placée que lui pour juger le bien fondé de ses actes. Ainsi, la Scientologie endoctrine ses membres.

Spam (courrier électronique non sollicité) envoyé par l'Eglise de Scientologie.

En suivant cette formation, l'adepte finit non seulement par se ruiner fiancièrement mais il est également psychologiquement détruit et dépendant, incapable d'avoir un regard critique sur les activités de la secte et de ses membres.

En fait comme toutes les sectes, la Scientologie est une entreprise de destruction de l'individu au profit de l'organisation. La croyance n'est qu'un prétexte.

Si l'adepte essaye de quitter la secte, il sera harcelé voire intimidé, et plus violemment encore si ses relations proches sont membres de la secte et en particulier ses enfants ou ses parents.

Plus problématique encore, la victime prise au piège d'un secte ne reconnaîtra jamais avoir été abusée et trompée car cela remettrait en question son sens critique. Or personne ne veut passer pour "un con", reconnaître qu'il a été abusé ou être sectaire, bref de manquer d'intelligence en avouant avoir été victime d'une secte ou d'avoir commis un erreur au cours d'un moment de faiblesse.

C'est ici qu'on se rend compte du pouvoir de l'endocrinement et qu'il est souvent très difficile sinon impossible de faire changer un adepte d'opinion. S'il écoute vos arguments, il trouvera toujours des prétextes pour ne pas les accepter mais il ne pourra bien sûr pas les démontrer. De ce fait, tout dialogue est généralement impossible avec des gens sectaires qui se retranchent derrière les textes et la doctrine.

Heureusement, certaines adeptes parviennent à quitter la Scientologie ou leur secte au bout de quelques mois seulement, mais pour d'autres l'endoctrinement peut commencer dès l'enfance et durer plusieurs décennies.

Dans ce cas, le sevrage laisse toujours des séquelles sur le plan psychologique (comportemental, sociabilité, émotivité, sens critique, etc). C'est pour éviter ce genre de problèmes et l'atteinte aux libertés qu'il faut sensibiliser les gens aux risques que représentent les mouvements sectaires. Si vous comprenez ces mécanismes, vous pouvez y échapper. Prenons d'autres exemples.

Deuxième partie

Les libertés d'association, de pensée et de religion

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