La Formation du Système Solaire (3)
2) - Jupiter
3) - La magnétosphère et les émissions radioélectriques de Jupiter
4) - Les Satellites
Les
Planètes Géantes se sont formées en deux temps.
Dans une
première phase, un noyau s'est formé par concentraction des grains
flottant dans la nébuleuse primitive. Ces grains étaient composés
de fer et de silicates, mais aussi par les basses températures exitant
dans l'extrémité de la nébuleuse, des glaces d'eau, d'ammoniac
et de méthane.
Le noyau grossit jusqu'à atteindre la masse critique.
La chaleur dégagée durant ce processus a permis de revaporiser les
glaces, et a attiré les matériaux qui constituaient la nébuleuse
l'hydrogène et l'hélium, mais qui n'ont pu se condenser à
cause d'une température relativement élevée, ce qui a constitué
la deuxième phase, à savoir la formation d'une atmosphère,
dans lesquelles le carbone, l'azote et l'oxigène se seraient enrichis,
à la suite de la revaporisation des glaces dans l'atmosphère.
| Haut de page | Jupiter |
Jupiter
est la plus grosse et la plus massive des planètes, et avec ses satellites
se situe au centre du système solaire, en constituant un mini sytème
jovien.
A la différence des planètes telluriques et en comparaison
avec les autres planètes géantes, Jupiter ne possède pas
de surface solide, il s'agit d'une boule de gaz, composée comme le Soleil
à 98% d'hydrogène et d'hélium.
Sa masse et son volume
étant en dessous du seuil critique ce qui permet de distinguer une planète
géante avec une une naine brune, même si sa contraction continue
encore faiblement, Jupiter émet 1.5 fois plus d'énergie qu'elle
en reçoit du Soleil.
Comme tout corps massif, la planète rayonne
autour d'elle d'un champ gravitationnel
Son diamètre est de 120600
Km, sa densité de 1.33gr/cm3 et un champ magnétique de 4 à
14 gauss
Le noyau est rocheux (silicate avec du fer) et non métallique,
avec des glaces (eau, ammoniac, méthane).La pression atteint 45 millions
d'atmosphères et plus de 2000 K
Aux alentours du noyau, vers 2 millions
d'atmosphère et 10000 K, les composants demeurent fluides, l'hydrogène
devient monoatomique et métallique, et reste mélangé à
l'hélium et l'oxygène qui se trouvent sous forme liquide.
Plus
haut dans ce système gazeux, vers 5 atmosphères et 270 K, nous trouvons
d'autres composants, comme la vapeur d'eau, le germane (GeH4), l'oxyde de carbonne(
CO).
Vers 3 atmosphères de pression les nuages
d'ammoniac absorbent les rayonnements infrarouges bloquant les rayonnements des
couches plus chaudes,formant des nuages opaques et colorés, constitués
de sulfure d'acide et de composé phosphoré situés à
plus grande profondeur. La couche d'ammoniac n'étant pas homogène,
et peu dense dans la zone équatoriale, permet au rayonnement infrarouge
de remonter jusqu'à la surface.
A 0.5 atmosphère de pression,
nous trouvons la région appelée tropopause (constituée de
nuages blancs) composée de cristaux d'ammmoniac et d'un gaz phophine (PH3)
à partir de ce niveau la température augmente en continu jusqu'au
centre de la planète.
Le bord de Jupiter est constitué essentiellement
d'hydrogène, et a une température de 1500 K, avec une pression de
1millioniéme de la pression terrestre. Cette zone où la turbulence
est très forte, pour que les composants atmoshériques (c'est-à-dire
90% d'hydrogène moléculaire (H2)10% d'hélium) s'ajoutent
à petite quantité de méthane (CH4), l'étylène
(C2H4) , le benzène (C6H6), le méthylacétylène (C4H4),
d'accétylène (C2H2) et d'éthane (C2H6), se mélangent
à tout moment.
Les deux derniers gaz sont produits dans la haute atmosphère
par le rayonnement ultraviolet solaire, qui casse les molécules de méthane
qui se recombinent en molécules plus compliquées, les hydrocarbures.
La
température est descendue à 370 K et va continuer à décroitre
jusqu'à la région tropopause.
![]() | Jupiter
et la Grande Tache rouge et les quatre satellites | ![]() |
![]() | ||
![]() | Diffèrentes
images prises par le Télescope Spacial Hubble |
|
Les nuages sur Jupiter :
La
composition physique gazeuse en surface, et fluide en dessous, a pour conséquence
d'avoir deux périodes de rotation en fonction de la latitude.
Le
système 1 : c'est la partie située de -10° à +10°
de latitude qui fait un tour en 9 h 50 m et 30s
Le système 2 :
c'est les autres zones de la planète qui font un tour en 9 h 55 m et 41s
La
singularité de Jupiter c'est la symétrie axiale, qui permet d'avoir
une dizaine de zones situées au nord et au sud de l'équateur, ce
qui traduit la présence d'une atmosphère dynamique, avec des vents
d'est et d'ouest permettant à chacune des zones et aux bandes (dans lesquelles
se trouvent dimmenses tempêtes cycloniques) de tourner à des
vitesses différentes.
Ces divers courants créent différentes
configurations : les bandes brillantes aux zones claires, les bandes sombres à
la ceinture.
La seconde singularité de Jupiter est la grande variété
de couleurs. Il y a d'abord la couleur blanche, observée dans la partie
équatoriale, cela provient des particules solides,des cristaux d'ammoniac
et du sulfure d'acide d'ammonium émanant des mouvements atmosphériques
verticaux.
Nous trouvons ensuite quatre couleurs, le rouge, le roux, le marron
et le bleu. ces différentes couleurs indiquent les différents niveaux
d'altitude. Le bleu vient des couches les plus chaudes, donc les plus profondes,
nous pouvons le voir grâce aux fenêtres dans la couverture que forment
les nuages supérieurs. Il y a ensuite le marron, puis le roux, provenant
du soufre élémentaire (sn) et se transforme en plusieurs formes
allotropiques qui sont des agents colorants, à la suite d'une photo dissociation
de l'hydrogène sulfuré(H2S) sous l'action du rayonnement solaire
ultraviolet avec l'ammoniac et l'eau.
La grande tache rouge :

De
dimension trois fois plus élevée que le diamètre terrestre,
elle tourne dans le sens inverse des aiguilles dune montre et fait une révolution
complète en six jours. Cette tempête fait rage depuis au moins trois
centenaires.Située au niveau supérieure de l'atmosphère de
Jupiter, associée aux nuages blancs, constitués essentiellement
de cristaux d'ammoniac formés à 150 K, ce qui provoque une pureté
avec une absence totale d'agent colorant.
La couleur rouge provient d'un phénoméne
de l'atmosphère supérieure avec une température très
froide de -120 K pour une pression de 1 bar, au-dessus des nuages blancs.
La magnétosphère et les émissions radioélectriques :
C'est
par hasard qu'en 1954, l'astronome américain Burke, en terminant les essais
d'une croix de Mills, observe dans les relevés de réglage un rayonnement
basse fréquence (<40 MHz) d'une durée de quelques minutes seulement,
mais revenant tous les jours et correspondant à la course de Jupiter dans
le ciel.
Il découvre que l'émission n'est pas due au rayonnement
thermique de la planète, mais à la circulation d'électrons
rapides évoluant dans le champ magnétique de Jupiter, c'était
la première fois la preuve qu'une planète autre que la Terre possédait
un champ magnétique.
Le champ magnétique de Jupiter est celui
d'un dipôle dont l'axe est incliné de 11°, sur l'axe de rotation,
et excentré ce qui lui donne que l'intensité n'est pas uniforme,
que ce soit dans l'hémisphère nord ou sud et que l'équateur
magnétique ne correspont pas avec le plan équatorial de Jupiter.
Il
y a aussi une diffèrence en ce qui concerne la magnétophère,
qui diffère avec celle de la Terre. Jupiter tournant sur elle même
deux fois et demie plus vite, les particules de la magnétophère
subissent une force centrifuge très importante.
![]() |
système
Décamétrique de Nançay |
En
étant chargées électriquement, elles sont conduites à
suivre les lignes de force du champ magnétique, et de s'éloigner
de la planète sous l'effet de la force centrifuge, elles auront alors tendance
à ce concentrer au plan équatorial magnétique pour former
un grand disque de plasma au niveau de l'orbite Io, des courants électriques
existent entre la planète et son satellite qui font de sa magnétosphère
un immense accélérateur de particules.
Nançay possède
depuis les années 1975 un instrument unique dans sa conception, le décamétrique
pour l'étude spectrale des sursauts radioélectriques du Soleil et
de Jupiter.
Le système décamétrique
est un ensemble de 144 antennes hélicoïdales de 9m de hauteur, de
5m de diamètre au sol, et de quelques centimètres au sommet, ce
qui forme une surface de 10000 m².
Depuis 1964 nous savons qu'il y a
interférence entre les émissions magnétiques provenant des
pôles de Jupiter et son plus proche satellite Io. Io est un monde de feu,
avec plus de 300 volcans en activité qui envoient, à des hauteurs
de 50 à 500 km, des jets de gaz pouvant atteindre une température
de 1000 K. Cela provoque ainsi des flux thermiques qui s'échappent de la
surface de Io vers Jupiter.
Entre 1973 et 1979 par le survol de Jupiter des
sondes Pioneer 10 et 11 et Voyager 1 et 2 on assiste aux premières mesures
locales du champ magnétique, du plasma et des ondes électrostatiques
et électromagnétiques dans l'environnement jovien.
En 1992 le
télescope spatial Hubble envoie les premières images UV des aurores
de Jupiter. En 1993 le télescope IRTF de Hawaii détecte dans l'infrarouge,des
émissions électromagnétiques au pied des lignes de champ
magnétique connectées à Io. Hubble les confirme dans l'ultraviolet
plus tard.
Jupiter
possède seize satellites qui sont répertoriés en trois catégories:
-
Quatre petits satellites internes, de diamètre environ de 50km, sont situés
sur des orbites circulaires équatoriales très proches de la planètes,
ce qui permet à Jupiter d'avoir un système d'anneaux, en effet la
planète attire constamment des particules, mais les scientifiques avancent
que certains des plus petits satellites joviens pourraient "s'émietter"
pour les alimenter régulièrement, puisque la trajectoire de leur
orbite correspond à ses anneaux.
-Quatre satellites Galilèens,
de diamètre voisin de 4000 km, sont également situés sur
des orbites circulaires et équatoriales.
les trois premiers ont des
périodes de révolution résonante (la période sidéral
de Ganymède est double de celle d'Europe et quadruble de celle d'Io).
-
Huit petits satellites externes,de diamètre environ de 20 km, de forme
non sphèrique et de couleur rouge, de surfaces irrégulières
et cratérisées provenant des poussières et des gaz volcaniques
issus de IO. Ils possèdent des orbites fortement excentriques, directes
ou rétrogrades, inclinées par rapport au plan équatorial
de la planète, et situées très loin de Jupiter.
Tous ces
satellites ont une période de révolution synchronisée avec
leur période de rotation, ils présentent toujours la même
face vers Jupiter.
IO :
Premier satellite de Jupiter, a un diamètre de 3630 km,
un noyau de 900kM de fer avec du soufre pour une densité de 3.57gr/cm3.
Son
manteau riche en silicate est soumis à un effet de marée dû
à Jupiter, la déformation soulève et abaisse la surface d'une
centaine de mètres.
Sa température, en certains points va de
130 K à 2000 k. Io ne possède pas d'eau, c'est probablement parce
qu'au début du système solaire, Jupiter était chaud et a
chassé les éléments volatils.
Io est le premier satellite
connu sur lequel on observe une activité éruptive qui éjecte
dans l'atmosphère de Io une grande quantité de gaz et de poussières
de composé souffré, ionisée par le rayonnement ultraviolet
du Soleil, et va former un plasma qui entoure l'orbite de Io.
Europe :
Deuxième satellite
de Jupiter, a un diamètre de 3130 km, un noyau de fer avec du soufre de
1500 km, une densité de 3.03gr/cm3 inférieure aux météorites
de type chondrite.
Sa surface a une température de 125 K, sur une croute
glacée d'une épaisseur de 70 à 100 km, mais il y aurait de
l'eau à l'état liquide en profondeur produite par l'échauffement
des forces de marées dû à la présence de Jupiter.
Comparaison du noyau, du manteau et de la croute des satellites Galiléens :
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Ganymède
:
Le plus gros des satellites
de Jupiter, a un diamètre de 5280 km (supérieur à celui de
Mercure pour une masse deux fois inférieur) et une densité de 1.94
gr/cm3.
Il n'y aurait pas de noyau métallique, ce satellite serait composé
de 10% de silicate et de 90% de glace d'eau.
La température de surface
est de 156 K.
Callisto :
Quatrième
lune de Jupiter, a un diamètre de 4820 km, une densité de 1.83gr/cm3.
Il
n'y aurait pas de noyau métallique, ce satellite serait aussi composé
de silicate et de glace.
Sa surface est criblée de cratères d'impacts
et n'aurait pas changé depuis 4 milliards d'années.
La température
au sol reste encore inconnue.