Ce débarquement fait suite à 12 sols d'immobilisation sur la plate-forme d'atterrissage, le temps de prendre la mesure du terrain avec caméras et détecteur infrarouge. La direction de sortie choisie - la moins encombrée par les airbags - a été vers le Nord/Nord-Ouest. Mardi 13 janvier, le rover a initié sa manœuvre par une marche arrière de 25 cm, a braqué ses roues, et a pivoté de 45 degrés. Puis au bout de deux manœuvres supplémentaires, le changement d'orientation de 115° le plaçait face à la rampe. Maintenant qu'il est au sol, Spirit aura pour première mission d'examiner l'environnement immédiat de sa plate-forme, puis il fera son premier trajet vers un cratère d'impact au nord-est, à 250 m de distance. Le cratère, large de 200 m, a dû éjecter des morceaux de roche depuis une profondeur de 20 à 30 m qui méritent d'être analysés. Voilà un programme qui devrait occuper Spirit pendant plusieurs semaines. À long terme, il est question d'envoyer Spirit vers les collines les plus proches qui se dressent à l'Est. Distantes de 3 km, elles sont cinq fois plus éloignées que la " garantie " de 500 m sur laquelle on table pour cet automobile à panneaux solaires, à la vie limitée tant par ses batteries que par le froid lorsqu'approchera l'hiver (nous sommes en plein été à Gusev). Cela étant, les optimistes espèrent que Spirit tiendra un bon kilomètre. Deux à trois kilomètres sont tout à fait envisageables. Cela donne un objectif, et pas n'importe lequel : si l'on gagne le bas de la colline, on pourra chercher à voir des strates et à lire l'histoire géologique de la région. Les collines sont hautes d'environ 80 mètres. Pour revenir au présent, Spirit va s'activer désormais à se repérer et à pointer son antenne vers la Terre. Ce vendredi 16 janvier, il va être survolé par la sonde européenne Mars Express qui est en excellente santé. Les deux sondes vont tester leurs instruments de façon synchronisée, Spirit levant les yeux vers le ciel avec sa caméra et son spectromètre infrarouge, alors que Mars Express tournera sa caméra stéréo et ses deux spectromètres vers le sol. Cette observation croisée sera une occasion unique d'analyser l'atmosphère martienne et le terrain d'atterrissage. Désormais, Américains et Européens travaillent ensemble sur Mars.
Voici une vue panoramique à 360° du paysage se dressant devant Spirit. On y a identifié les collines observables à l'horizon en y ajoutant les azimuts. Ces indications proviennent de l'interprétations des images haute résolution acquises via la sonde Mars Global Surveyor et Mars Odyssey en orbite autour de Mars depuis plusieurs années. ![]() Ce panorama exceptionnel composé de 225 images mosaïquées, permet aux scientifiques de réaliser plusieurs actions majeures.
Que se passera t il dans les jours qui viennent ? Le rover va descendre de sa plate-forme après avoir coupé son cordon ombilical au moyen d'une charge pyrotechnique. Il fera ensuite une rotation progressive de 115° sur lui-même. Si aucun obstacle ne se dresse devant lui, il descendra de la plate-forme vers le Nord-Ouest, au cap 286°. De nouvelle aventures commenceront alors...
Spirit est maintenant quasiment prêt pour ses premiers tours de roues, il ne reste plus qu'un câble électrique à couper. Depuis le largage de l'étage de croisière, ce sont au total 126 éléments pyrotechniques qui ont été mis à feu pour déployer le rover. Spirit entamera alors sa rotation de 120° sur la plate-forme d'atterrissage à cause de l'airbag mal rétracté qui se situe à gauche de la rampe de descente en face du rover. Cette rotation se fera en 3 temps. D'abord une rotation de 45°. Après analyse des images les ingénieurs enverront une commande pour une deuxième rotation de 55° . Ensuite, si tout s'est bien passé, une rotation de 20 à 25° permettra de positionner précisément le rover face à la rampe de descente la moins encombrée. Durant les prochaines 24 heures, 270 megabits de données scientifiques seront reçues. Parmi ces données figurera une image de haute qualité composée d'une mosaïque de 14 images couleurs dans la direction ou Spirit quittera l'atterrisseur. Le déroulement plus lent que prévu du déploiement du rover permet aux scientifiques de faire des mesures qui n'étaient pas au programme initial. Ils vont ainsi dans les prochains jours compléter l'analyse du terrain avoisinant à l'aide de la caméra infrarouge. Il est également prévu d'analyser avec plus de précision, et avec le même instrument, 3 sites présélectionnés et de commencer le calibrage du spectromètre à rayons X.
Spirit a déployé avec succès ses roues avant et a transmis vers la Terre les premières images en infrarouge. Ces premières images de la caméra infrarouge Mini-TES ont révélé des traces de carbonate minéral. Les carbonates se forment en présence d'eau, mais il est trop tôt pour préciser si la quantité détectée provient de l'interaction avec la vapeur d'eau présente dans l'atmosphère martienne, ou d'un environnement humide passé. Un des objectifs des rovers MER est la chasse aux carbonates, ils ont été conçus en partie pour ça. Que Spirit en découvre dès la première image infrarouge est encourageant pour la suite. Les mesures faites sur orbite ont révélé de faibles concentrations de carbonates réparties de manière uniforme tout autour de la planète et qui seraient dues à l'interaction entre la poussière et les traces de vapeur d'eau atmosphérique. Les premiers résultats de Spirit indiquent une concentration supérieure à la moyenne autour du site d'atterrissage. Lorsque le rover quittera sa plate-forme d'atterrissage, les mesures infrarouges qu'il réalisera lors de ses déplacements permettront de déterminer si ces traces de carbonates proviennent de l'atmosphère ou d'un ancien lac asséché.
Au matin du sixième jour sur Mars (Sol 6), le rover a été réveillé par la chanson "Get Up, Stand Up" (Lève-toi) de Bob Marley. Quelques heures plus tard le rover a effectivement été redressé pour déployer et verrouiller ses roues avant. Il a ensuite été abaissé et relevé plusieurs fois de suite pour vérifier si le mécanisme de suspension était parfaitement verrouillé. Ces opérations se sont déroulées sans accrocs. La prochaine étape consiste maintenant à retirer le mécanisme de levage du rover et à déployer les roues arrière.
Une nouvelle tentative de rétractation supplémentaire des airbags qui obstruent légèrement le passage devant le rover n'a pas donné les résultats escomptés. Spirit devra probablement tourner de 120° vers la droite avant de quitter l'atterrisseur. Cette manœuvre a été répétée de nombreuses fois et ne devrait pas poser de problèmes. Si tout se passe bien Spirit devrait quitter son atterrisseur le 16 ou le 17 janvier.
Les ingénieurs et les scientifiques en charge de Spirit s'activent pour faire descendre le rover de sa plate-forme d'atterrissage et partir à l'exploration du terrain, mais la prudence est de mise. Il s'avère en fait nécessaire d'obtenir un meilleur dégonflage des airbags pour que le rover puisse quitter l'atterrisseur en toute sécurité. Il y a donc toute une série d'opérations à effectuer avant que Spirit puisse rouler à la surface de Mars. Les ingénieurs vont commander au rover de soulever le pétale gauche, de tirer sur les airbags puis abaisser à nouveau le pétale. Toutes ces opérations ont repoussé la date de roulage au 14 janvier au plus tôt. Les premières images stéréo ont révélé de nouveau détails dans le paysage. Des collines situées à environ 2 kilomètres pourraient constituer un objectif à atteindre pour Spirit et font l'objet de discussions entre ingénieurs et scientifiques. La caméra infra-rouge (Mini-TES = miniature thermal emission spectrometer) a commencé à envoyer les premières images démontrant ainsi qu'elle fonctionne parfaitement. Les autres instruments de Spirit semblent également fonctionner correctement. Le rover a exécuté une série de commandes mardi soir pour tirer sur la corde de rétractation des airbags du pétale de base en faisant tourner de 3 tours le moteur de rétractation. L'avant gauche qui posait le plus de soucis a ainsi pu être abaissé d'environ 5 cm. L'airbag est toutefois encore un peu trop haut et il y a encore un risque que le panneau solaire du rover le touche au moment de la descente. Le rover pourrait aussi tourner sur la plate-forme pour sortir dans une autre direction, mais le système de rétractation est optimisé pour abaisser l'avant et faire descendre le rover tout droit. Un petit problème apparu entre dimanche et lundi concernant le moteur d'orientation de l'antenne à grand gain a été résolu.
Les scientifiques commencent à émettre des hypothèses sur la formation du paysage qui entoure Spirit et comment les valider avec les instruments du rover. Les fonds de lac asséchés sont en général plats et composés de sable sédimentaire, or ce n'est pas exactement ce qu'on voit sur les images de Spirit. Si le sol est vraiment sédimentaire, alors les nombreuses roches éparpillées sur toute la surface ont probablement été apportées par des impacts aux alentours. À côté des préparatifs de Spirit pour l'exploration de son site d'atterrissage, l'équipe en charge des rovers prépare également l'atterrissage d'Opportunity. Les conditions atmosphériques du site d'atterrissage sont surveillées de près et les données de l'atterrissage de Spirit sont comparées aux données théoriques attendues, de manière à mieux prévoir les paramètres d'atterrissage d'Opportunity.
La nuit dernière, la température dans le cratère de Gusev n'est tombée qu'à -98°C ; elle fut donc un peu moins froide que prévu pour le rover Spirit. Toutefois, les ingénieurs de la NASA se sont rendu compte que les panneaux solaires ne produisaient que 83% de leur capacité attendue. Si cela est suffisant pour accomplir le reste de la mission, cela obligera vraisemblablement a faire quelques économies d'énergie. Il attendra toutefois encore 9 à 10 jours supplémentaires avant de quitter la plate-forme haute de 40 centimètres où il se trouve. Trois de ses instruments scientifiques ont pu être testés avec succès. Pour ceux qui sont impatients de voir quelques nouvelles photos, en voici quelques-unes. Elles ont été transmises par Spirit aujourd'hui. La liaison de données disponible n'a qu'un débit de 11000 bits par seconde. Ce débit pourra atteindre les 128 kilobits par secondes (soit deux fois une ligne téléphonique classique et dix fois plus que précédemment), une fois que la liaison UHF (Ultra Haute Fréquence - entre 300 MHz et 3 GHz) avec relais par Mars Global Surveyor et Mars Odyssey sera opérationnelle.
La sonde américaine Spirit a atterrit sur Mars, dans le cratère Gusev (environ 354°E et 2°S soit presque sur l'équateur), ce matin à 5h35 CET. Elle a pu transmettre ses premières images (voir quelques échantillons plus bas). La séquence de descente a débuté à 4h22 CET lorsque Spirit a tourné sur elle-même afin de s'orienter de sorte que son bouclier de protection thermique se trouve en avant. Après une plongée de 6 minutes à travers l'atmosphère martienne (voir séquence détaillée en bas de page), elle a touché le sol martien et s'y est stabilisée à 5h35 ce matin. Le signal confirmant le bon déroulement de l'atterrissage est arrivé au Jet Propulsion Laboratory avec environ vingt minutes de retard de communication (du à la distance entre la Terre et Mars). Après son atterrissage, Spirit a dégonflé ses airbags protecteurs puis ouvert les pétales du cône qui l'enfermait. Les panneaux solaires ont ensuite été déployés, ce qui lui permet de charger ses batteries afin d'affronter les froides nuits martiennes durant lesquelles la température descend à -100°C. Peu de temps après, la sonde Spirit a pu envoyer ses premières images que vous retrouvez ci-dessous. Les neuf prochains sols (jours martiens) seront consacrés aux tests des différentes instruments d'analyse et à l'acquisition de nouvelles images, avant que le rover ne parte pour trois mois d'epxloration à la surface de la planète. Une image panoramique en couleur devrait être reçues dans le courant de la soirée. Une autre tâche importante sera de déterminer avec exactitude le lieu de l'atterrisssage dans le cratère Gusev. Gusev a été choisi parce qu'il est susceptible d'avoir un jour accueilli un lac. Une longue et profonde vallée, apparemment creusée par des écoulement d'eau semble y mener. Spirit passera ses prochains mois à rechercher dans les roches des traces d'un tel passé humide.
Entrée atmosphérique A l'approche de Mars, la sonde s'oriente de manière à présenter le bouclier thermique en direction de la planète. L'étage de croisière se détache quinze minutes avant l'entrée atmosphérique. La sonde pénètre dans l'atmosphère martienne à la vitesse de 5,4 km/s et les frottements sur cette dernière portent le bouclier thermique à près de 1400°C. Les forces aérodynamiques ralentissent la vitesse du véhicule spatial lors de sa progression. Descente Lorsque la vitesse atteint deux fois la vitesse du son, l'ouverture du parachute supersonique ajoute une traînée supplémentaire qui freine davantage la sonde. Le bouclier thermique est alors largué et l'atterrisseur extrait du bouclier arrière tout en y restant attaché par un câble. Un système radar entre alors en action pour déterminer l'altitude de la sonde et une caméra prend, à quelques secondes d'intervalles, trois photos du sol pour déterminer sa vitesse horizontale. Si cette dernière est trop importante, la mise à feu de petites fusées du bouclier arrière permettra de la réduire. A environ 280 m du sol les airbags sont déployés pour protéger l'atterrisseur au moment de l'impact. Quelques secondes plus tard les rétrofusées du bouclier arrière arrêtent pratiquement le véhicule spatial entre 10 et 15m d'altitude. Le câble est alors coupé et l'atterrisseur tombe au sol en chute libre. Durant le déroulement des séquences EDL, la sonde transmet des signaux modulés pour signaler la réalisation des différentes étapes. Ces signaux sont émis directement vers la Terre par les antennes à faible gain installées sur l'étage de croisière, le bouclier arrière, l'atterrisseur et le rover. Environ une minute avant la chute libre, les antennes de l'atterrisseur commencent à transmettre à la sonde Mars Global Surveyor différents paramètres sur le fonctionnement de l'atterrisseur. Cette transmission de données se poursuivra jusqu'à l'atterrissage. Atterrissage. Le premier rebond pourrait propulser l'atterrisseur jusqu'à trente mètres de haut. Il pourrait ainsi parcourir par bonds successifs près d'un kilomètre avant l'immobilisation.
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