Lunettes ou télescopes : les
raisons du bon choix
Philippe Morel,
Société Astronomique de France
Il y a 40 ans, le monde des amateurs ne jurait que par le
Newton et à l’époque, très rares étaient les amateurs continuant à promouvoir
les qualités des réfracteurs à longs rapports F/D. Le principal défaut du
réfracteur était alors en fait son coût dès que son diamètre dépasse 70mm.
Il y a seulement 25 ans, le monde des amateurs ne jurait
que par le Schmidt-Cassegrain et à l’époque, très
rares étaient les amateurs continuant à promouvoir les qualités des réfracteurs
à longs rapports F/D. Le principal défaut des SC était en fait son instabilité
de collimation.
Aujourd’hui, le monde des amateurs ne jure que par le
réfracteur à optique fluorite et très rares sont les amateurs continuant à
promouvoir les qualités des réfracteurs à longs rapports F/D et les Schmidt-Cassegrain.
Des principes de l’optique astronomique pourtant simples
permettent cependant de faire un choix et surtout de ne pas se laisser abuser.
Les combinaisons optiques proposées sont nombreuses mais
aucune n’est universelle. Seront abordés ici les caractéristiques, avantages et
inconvénients des formules les plus communes chez les amateurs avant quelques
propositions de choix répondant à des situations habituellement rencontrées.
Quelques
notions d’optique importantes pour choisir un instrument
Bien plus que le pouvoir séparateur et la luminosité dont
chaque fabricant vente les mérites, pour qu’elle soit d’un usage aisé, surtout
en voyage, une optique astronomique doit être facile à mettre au point en vue
d’obtenir une image nette et l’alignement des optiques doit être soit très
stable, soit avoir une tolérance élevée si la conception mécanique du tube ne
suit pas. Au-delà de ces contraintes qui seront abordées plus loin, reste à
définir ce qu’est une « bonne » optique.
1) Critère de Rayleigh

Rayleigh montre que les taches de diffraction peuvent être
encore séparées, si la plus grande différence de marche sur le front d'onde
n'excède pas le quart de la longueur d'onde (l/4). Ce critère suppose un œil
parfait (pupille inférieure au mm) et un contraste maximal égal à 1 entre
l'objet observé et le fond de ciel.

(D’après Jean Texereau :
La Construction du Télescope d’Amateur,
Vuibert 2004)
Ce défaut
de l/4 sur l’onde correspond à une
tolérance égale à l/8
à la surface d’un miroir (a) et l/2 à la surface d’une lentille (b)
…et ceci
est vrai pour toutes les valeurs de l : il faut donc connaître quelle
est la valeur de l
prise en référence par le vendeur et s’il s’agit de la précision sur le
verre ou sur l’onde.
…et à
précision égale, un miroir à l / 14 s’il est testé en lumière jaune,
sera à l / 10 en lumière
bleue et à l / 19 en lumière
rouge.
2) Critère de Couder

Les rayons lumineux issus de toutes le zones du miroir
doivent converger à l'intérieur du disque d'Airy (ou tache de
diffraction). Autrement dit, le plus grand écart d'un rayon lumineux par
rapport au foyer du télescope, écart appelé aberration transversale est
inférieur au rayon de la tache de diffraction.

Tous les rayons venant de l’objectif
se croisent en une zone en forme de trompette appelée CAUSTIQUE
La qualité du poli des surfaces optiques a ici une
grande importance car toute la lumière réfléchie par des pentes trop abruptes
ne passera pas par la caustique, même si la précision sur le verre est
excellente et que le critère de Couder est satisfait. L’optique, dans ce cas,
sera en mesure d’offrir une résolution maximale mais avec tellement peu de
contraste que l’œil ne pourra en tirer parti.
L’idéal est de mettre la main sur une optique précise et
bien polie mais si le budget ne le permet pas dans le cas d’un achat, mieux
vaut faire une concession (dans certaines limites quand même) avec la précision
et privilégier la qualité du poli des surfaces.
3) Critère de Françon
Françon montre que dans le cas du plus
faible contraste perceptible pour un détail à contour net (égal à 0,03),
l'efficacité d'un instrument chute à 62% pour un précision de l/4 alors qu'elle passe à 92% pour
une précision de l/16. Au delà, l'amélioration du
contraste n'est pas perceptible.
Ce critère fixe donc le but à atteindre pour la précision
d'une optique. Au delà le gain n'est pas perceptible.
4)
Rapport de Strehl
C'est le rapport de l'intensité du centre du disque d'Airy
donné par un système optique, à celle d'un système optique parfait (image
théorique).
Le rapport de Strehl est égal à
1 lorsque l'optique est parfaite et sans obstruction, et tombe à 0,8 pour une
optique à l/4.
Plus le rapport de Strehl est
petit, plus le disque d'Airy perd de l'intensité au profit des anneaux, et plus
la magnitude limite est faible.
Le rapport de Strehl est donc un
indicateur direct de la qualité des images.
5)
Rapport F/D et luminosité de l’instrument
A diamètre constant, l’image focale d’un objet étendu sera
plus petite au foyer d’un instrument à court rapport F/D et donc, par élément
de surface au niveau du plan focal, la concentration de lumière sera
supérieure. Cela ne veut surtout pas dire qu’on en verra plus parce que l’image est plus lumineuse,
simplement parce qu’à focale d’oculaire constante, cette dernière sera plus
petite et tout observateur expérimenté, tant de planètes que de ciel profond
sait que les faibles grossissements ne sont que très rarement les plus adaptés.
A grossissement et diamètre égaux,
le rapport F/D n’a aucune influence sur la luminosité des images.
Les courts rapports F/D seront appréciés pour les
instruments dédiés à l’imagerie du ciel profond ou en observation visuelle sur
les gros diamètres et pour lesquels l’accessibilité à l’oculaire ne peut
imposer d’autres choix.
L’optique
d’un réfracteur et ses conséquences

© José Duez,
Club d’Astronomie Caudrésien
Les
avantages de la lunette astronomique sont son absence d’obstruction centrale et
la constance de sa collimation.
Ces deux
propriétés confèrent à la lunette astronomique la réputation de donner des
images plus piquées que les télescopes à miroir de diamètre équivalent. Nous verrons plus loin dans
quelles conditions cela reste vrai.
A
diamètre équivalent une lunette est plus onéreuse qu’un télescope ;
l’objectif en est la pièce la plus coûteuse.
Cet
objectif comporte deux ou trois lentilles dont la matière doit être
particulièrement pure. Deux
ou trois lentilles signifient aussi 4 à 6 surfaces à tailler, même si la
précision demandée à la réalisation de ces dernières est inférieure à la
précision demandée à l’exécution des surfaces des télescopes à miroir.
Quand la lumière traverse une lentille simple plan convexe
ou biconvexe les propriétés de la réfraction des rayons lumineux confèrent une
déviation supérieure aux faibles longueurs d’onde. Cette lentille offrira une
plus courte distance focale pour la lumière bleue que pour la lumière rouge :
c’est l’aberration chromatique.
Cette particularité est sans importance si l’on utilise un
filtre coloré de faible bande passante au foyer, ce qui est le cas quand on
utilise un coronographe ou un filtre interférentiel mais en observation
conventionnelle cette aberration chromatique est intolérable. Ces objectifs à
plusieurs lentilles, dits achromatiques tentent de rapprocher les foyers rouge
et bleu le plus près possible du foyer jaune.
Deux lentilles suffisent, l’une en Crown glass et la
seconde en Flint glass si la lunette a un rapport F/D > 15, ce qui rend
l’instrument difficile à transporter si son diamètre dépasse 100 mm. En
ajoutant une troisième lentille en fluorite on améliore grandement la
correction chromatique, autorisant la réalisation d’objectifs apochromatiques d’un
rapport F/D d’environ 8 permettant le transport de lunettes d’un diamètre
d’environ 150 mm. Certains constructeurs descendent même à F/D = 5 mais en
ajoutant près du foyer un doublet correcteur de champ permettant d’étendre le
champ de netteté moyenne en corrigeant l’aberration de sphéricité que nous
aborderons plus loin.
Ces combinaisons ne sont viables que si les matériaux
optiques utilisés ont une haute transmission et si le traitement anti-reflet est
très poussé. Il va sans dire que le prix de
ces bêtes de concours devient rapidement astronomique.
Prenons l’exemple d’un réfracteur japonais de 102mm de
diamètre bien connu des amateurs:
Diamètre : 102mm,
F/D=8,
Concordance du foyer bleu et du foyer rouge à 1/6000ème de
la distance focale (vu sur le site de l’importateur de ce matériel pour la
France), soit, dans ce cas :
8 x 102 / 6000 = 0,139mm = 139 microns.
La tolérance de mise au point répond cependant à des critères
bien plus limitants pour une optique. Cette dernière dépend :
du rapport F/D résultant, de la
longueur d'onde (l),
de la fraction de longueur d'onde (lD) de différence de marche :
T = ± 8 x (F/D)²
x l x lD
… et pour F/D = 8, même pour lD = l/4 le chromatisme résiduel, égal à
deux fois la tolérance de collimation, reste beaucoup trop important.

Comme on le voit ci-dessus, la tolérance de mise au
point dépend du rapport F/D mais aussi de la longueur d’onde et une optique
peu précise sera plus « acceptable » dans le rouge que dans le bleu.
Pour un diamètre optique donné, le pouvoir séparateur sera aussi deux fois plus
important dans le bleu que dans le rouge : le choix d’une optique pour la
haute résolution devra tenir compte de cette propriété physique incontournable
de la nature ondulatoire de la lumière.
D’une manière générale, il faudra
toujours se méfier des optiques à rapport F/D faible et faciles à mettre au
point.
Dans le
cas des réfracteurs, la concordance des foyers doit entrer dans la tolérance de
mise au point pour autoriser la haute résolution, ce qui est possible en
portant le rapport F/D au dessus de 15 pour les objectifs à deux lentilles.
En ajoutant une troisième lentille en fluorite on améliore
grandement la correction chromatique, autorisant la réalisation d’objectifs
apochromatiques de grande qualité et d’un rapport F/D supérieur ou égal à 10.
Pour proposer l’instrument idéal, indéréglable et à « haute
résolution » les constructeurs proposent aux amateurs des optiques à F/D=8
permettant le transport de lunettes d’un diamètre d’environ 150 mm. Certains d’entre
eux descendent même à F/D = 5 mais en ajoutant près du foyer un doublet
correcteur de champ permettant d’étendre le champ de netteté moyenne.
Pour qui a la chance de pouvoir comparer à diamètre égal
une lunette achromatique ouverte à F/D = 15 datant de 1890 à une apochromatique
fluorite ouverte à F /D = 5 actuelle, le verdict est sans appel mais en
faveur de la première. Le
meilleur moyen d’obtenir des images de grande qualité reste l’utilisation de
rapport F/D élevés.
Il faut donc savoir apprécier les optiques fluorites d’un
rapport F/D inférieur à 10 pour le domaine où elles excellent : l’imagerie
à grand champ.
Afin de les racheter au niveau de la résolution on en a
fait des instruments au contraste élevé en optimisant les traitements
anti-reflets et le bafflage mais l’œil habitué à la
haute résolution ne s’y trompe pas : le contraste élevé ne peut optimiser
une résolution que si cette dernière existe.
Le
télescope Newton

© José Duez,
Club d’Astronomie Caudrésien
Le télescope Newton, comme tous les réflecteurs, est
parfaitement achromatique puisque son chromatisme n’est limité qu’à celui
induit par l’oculaire. Il permet donc l’obtention d’une image parfaitement
nette sur de petits objets placés sur l’axe optique même si le rapport F/D est
petit. Mais quand ce rapport F/D est petit, les ennuis commencent et ne
trouvent pour solution qu’une conception mécanique du tube optique que seuls de
très rares fabricants sont en mesure de proposer.
Tolérance de
collimation (TC)
Elle
évolue à l’inverse du cube du rapport F/D : donc plus le rapport F/D
diminue moins cette tolérance est grande.
TC(mm) = 0,0109 x (F/D)3

Pour un F/D = 4,5 elle est de 1mm et cette tolérance
inclut le jeu des miroirs, et la flexion du tube qui est très difficile à
maîtriser pour les gros diamètres puisque cette tolérance ne dépend que du
rapport F/D. Autant, satisfaire à cette tolérance avec un télescope de 200mm
reste possible, autant cela devient mission impossible pour un amateur peu
outillé au-dessus de ce diamètre où la réalisation d’un vrai tube de Serrurier
devient obligatoire pour garder la précision de l’alignement des optiques
quelle que soit la position du tube.
Rayon
du champ de pleine netteté (RCPN)
Conséquence de la longueur de l’aigrette de coma dont
dépend aussi la tolérance de collimation TC(mm) vue plus haut et de
l ’inverse de la distance focale F du miroir primaire.
A rapport F/D équivalent il diminue avec l’augmentation de
la focale, donc, du diamètre.
RCPN(’’)=ArcTang(TC(mm)/F)
x 206135

Si l’on veut un champ net sur l’ensemble d’un champ de 40’
avec un diamètre de 200mm il faut choisir un F/D=10...et donc, un Newton de
deux mètres de long, ou des systèmes catadioptriques, et l’on perçoit ici le
grand intérêt des rapports F/D longs, non seulement pour les tolérances
d’alignement des optiques que pour la tolérance de mise au point mais aussi
pour la qualité des images.
A l’évidence, plus on raccourcit le rapport F/D plus le
champ de vision nette rétrécit, donnant donc une préférence aux longs rapports
F/D pour l’observation des objets étendus.
Cependant, même avec 450mm de diamètre et F/D = 4,5 le
rayon du champ de pleine netteté vaut encore 101’’ : avec un grossissement
adapté, l’observation des planètes en haute résolution reste possible.
Obstruction
centrale : plus de peur que de mal !
On reproche souvent au télescope Newton comme à l’ensemble
des réflecteurs, à l’exception du Kutter et du
Herschel, la non fermeture du tube et la présence d’une obstruction centrale.
A la première objection, il est toujours possible d’y
répondre en fermant le tube avec une lame optique de qualité astronomique dont
le coût sera malheureusement astronomique lui aussi dès que l’on dépasse 250mm
de diamètre.
L’obstruction centrale par le miroir secondaire et son
support a fait couler beaucoup plus d’encre que le danger représenté par les
courts rapports F/D alors qu’il s’agit d’un problème tout à fait secondaire
(comme le miroir !).
Si a est le diamètre du petit axe du miroir
secondaire et D le diamètre du miroir primaire, l’obstruction centrale
est définie par :
Obst = a / D
L’obstruction centrale a pour conséquence immédiate un
renforcement du premier anneau de diffraction. Elle n’atteint pas le pouvoir
séparateur mais le contraste de l’image si elle supérieure à 0,25. Cela dit,
des optiques beaucoup plus obstruées ont déjà permis des résultats innatendus. Si on a la chance de dénicher les perles rares
que sont les Celestron 8 oranges versions 1970 à 1973
ou les Takahashi TSC 225 de 1989 les détails sont au
rendez-vous sur Ganymède avec des obstructions centrales largement supérieures
à 0,25 dès lors que ces optiques sont bien alignées.
A
ce stade de notre choix, les éléments suivants se dégagent :
1) A diamètre donné, on
n’en voit pas plus à court rapport F/D qu’à long rapport F/D.
2) Un F/D court est à
préférer pour un instrument destiné à l’imagerie ou quand l’accessibilité à
l’oculaire ne permet pas de faire autrement.
3) L’image sera
beaucoup plus piquée hors de l’axe avec des F/D longs.
4) La tolérance
d’alignement des optiques sera beaucoup plus grande avec un F/D long pour
lequel on pourra se permettre des approximations sur la mécanique du tube et le
réglage de l’alignement optique.
5) La tolérance de mise
au point sera beaucoup plus grande avec un F/D long qui résistera beaucoup
mieux aux variations thermiques et dont les surfaces optiques seront beaucoup
plus faciles à réaliser dans le cas d’un réfracteur ou d’un réflecteur Newton.
6) L’obstruction
centrale des réflecteurs ne constitue pas un défaut insurmontable.
Le télescope de Cassegrain

© José Duez,
Club d’Astronomie Caudrésien
L’usage de longs rapports F/D avec des télescopes de type
Newton pose souvent des problèmes d’encombrement et d’accessibilité à
l’oculaire, d’où le recours à une combinaison optique imaginée par Cassegrain
en 1672.
Un miroir convexe placé en avant foyer du miroir primaire
permet d’allonger la focale sans augmenter la longueur du tube du télescope.
Le miroir secondaire à une forme hyperbolique peu facile à
réaliser.
Ce miroir convexe augmentera la focale du miroir primaire
selon son grandissement que l’on choisit habituellement entre 2 et 5.
La focale du télescope dépend aussi de la distance
séparant les deux miroirs et plus ces derniers sont rapprochés, plus longue
sera la focale résultante.
Si le grandissement du miroir secondaire est inférieur à 2
le diamètre du miroir secondaire rend l’obstruction centrale trop importante et
la qualité des images s’en ressent.
Agissant en « étirant » la focale du miroir
primaire le Cassegrain sera beaucoup plus sensible que le Newton sur les défaut
de correction d’aberration sphérique et le primaire Newton utilisé en
Cassegrain ne supportera pas l’approximation.
En conclusion
Le télescope de Cassegrain offre donc l’avantage d’un long
rapport F/D, donc, d’une très bonne qualité d’image sous un faible encombrement
mais il supporte encore moins que le Newton la décollimation.
Le
télescope de Dall-Kirkham
Equipé d’un miroir primaire ellipsoïdal concave et d’un
miroir secondaire sphérique convexe, ce principe optique est dépourvu
d’aberration de sphéricité notable et
d’aberration chromatique.
Son astigmatisme est modéré mais sa courbure de champ
importante et sa coma très marquée.
Il s’agit en fait d’une simplification du principe
Cassegrain, faisant de ce principe une pâle réplique de son aîné.
Certains constructeurs proposent cependant des instruments
conçus sur ce principe (Takahashi, série Mewlon).
Le
télescope de Schmidt Cassegrain

© José Duez,
Club d’Astronomie Caudrésien
Le concept a été créé durant les années 60 par la firme
américaine Celestron qui a su procéder à la
réalisation industrielle de lames de Schmidt.
Il s’agit d’un télescope Cassegrain dont le miroir
primaire sphérique est ouvert à F/D = 2 dans un souci d’économie de longueur de
tube. L’aberration de sphéricité est corrigée par une lame de Schmidt placée,
non pas au rayon de courbure du miroir primaire mais au voisinage du foyer de
ce dernier.
Le porte film du Schmidt classique est remplacé par le
miroir convexe du système Cassegrain, offrant à l’ensemble et en position
moyenne de mise au point un rapport F/D = 10.
Ce système permet de loger 2 mètres de focale pour 203 mm
de diamètre dans 40 cm de longueur. D’autres constructeurs se sont inspirés de
ce système, Meade et Takahashi en particulier.
Les avantages de cette formule sont nombreux : faible
encombrement et bonne qualité d’image pour un coût relativement modéré.
Les inconvénients, sont aussi nombreux : montage
optique et mécanique très approximatif, sauf pour les Takahashi
et les premiers Celestron, obstruction centrale
importante altérant quelque peu le contraste, mise au point par déplacement du
miroir primaire n’assurant donc pas la constance de la distance focale et de
l’alignement optique.
Maksutov Cassegrain et Rutter
Maksutov

Le Maksutov-Cassegrain,
© José Duez, Club d’Astronomie Caudrésien
Le télescope Maksutov-Cassegrain
diffère du Schmidt-Cassegrain par sa lame correctrice
faite d’un ménisque concave concentrique au rayon de courbure du miroir
primaire et d’une puissance faiblement négative.
Ce ménisque est pratiquement achromatique et corrige
l’aberration de sphéricité du miroir primaire dont la forme est évidemment
sphérique.
Contrairement au Schmidt-Cassegrain,
le ménisque peut être placé près du foyer sans trahir le principe optique de base.

Le Rutter-Maksutov,
© José Duez, Club d’Astronomie Caudrésien
Comme les Cassegrain, Dall-Kirkham
et Schmidt-Cassegrain, le Rutter
Maksutov et le Maksutov-Cassegrain
permettent de loger de longs rapports F/D dans des tubes de quelques dizaines
de centimètres de longueur.
La forte concavité du ménisque interdit toutefois les
diamètres importants mais il s’agit d’excellentes combinaisons optiques peu
obstruées et peu sensibles à la décollimation. Le
représentant le plus connu de cette combinaison est l’Intes
MK 66 de 150mm de diamètre.
Conclusion : le bon choix
1) Le bon choix du débutant avant tout autre instrument :
La paire de jumelles.
2)
Le bon choix du débutant à petit budget :
Il faut un peu de diamètre sous un
faible encombrement peu décollimatable et facile à
mettre au point…et à petit prix.
Une solution :
Le Newton 115/900
3) Le bon choix du débutant sans contrainte
budgétaire :
Il faut un peu de diamètre sous un
faible encombrement peu décollimatable et facile à
mettre au point.
Une solution :
Le Rutter
Maksutov 150
…qui restera ensuite une référence en haute résolution
4) Le bon choix de l’amateur souhaitant faire des images
sachant aligner ses optiques et au budget limité :
Il faut du diamètre, de la résolution et le champ de pleine
netteté le plus large possible.
Une solution :
Le Newton 200 F/D=6
5) Le bon choix de l’amateur à
petit budget sachant aligner ses optiques, et souhaitant faire du visuel à
faible grossissement :
Il faut du diamètre sous un faible encombrement…et la
moins mauvaise optique possible
Une solution :
Les Dobson
de 250 à 400mm
6) Le bon choix de l’amateur
sachant aligner ses optiques, sans limite budgétaire et souhaitant faire du
visuel :
Il faut du diamètre sous l’encombrement le plus faible
possible et une bonne optique transportable
Deux solutions :