La nébuleuse M17 Oméga

Marc Salameh,
Société Astronomique de France
M17, dite aussi
En effet, de magnitude 6,9 (presque visible à l’œil nu) et
d’une taille supérieure à celle de la pleine lune (
Repérage
M17 est relativement facile à trouver elle ne nécessite
pas forcément une recherche aux coordonnées ou avec un ordinateur de pointage.
La nébuleuse est située à 2 degrés au Nord de M 24 (l’écu
de Sobieski), un petit nuage d’étoiles (en fait un énorme nuage stellaire qui
s’étend sur plusieurs années lumières dans notre galaxie) bien visible à l’œil
nu situé au nord du Sagittaire.
En outre, à un degré au sud de M17, on trouve M18 un amas
ouvert intéressant.
Observations
Au Chercheur 8 X 50
M17, est visible au chercheur 8
X 50 comme une fine ligne droite d’aspect stellaire prononcé. Lorsqu’on passe à l’oculaire, on est content
de ne pas avoir été « berné »par un alignement d’étoiles pris pour
notre l’objet stellaire recherché.
Charles Messier, lui-même s’est
laissé prendre à ce jeu puisque certains objets tels que M40 ou M73 sont en
fait des étoiles rapprochées, bien sûr la modestie de ses instruments
(principalement une lunette de 60 de l’époque) rendent remarquables ses
découvertes visuelles.
Au Télescope de 200 mm de
diamètre
M17 offre à l’observateur un
spectacle intéressant, une barre horizontale évidente avec un léger panache à
son extrémité (la queue du canard) ; à cette ouverture la nébuleuse
présente l’aspect d’un 2 dont la base serait allongée.
Comme sur toutes les nébuleuses
diffuses, l’utilisation d’un filtre de type UHC ou OIII permet d’améliorer
sensiblement l’observation et donne ainsi l’impression de doublement du diamètre
instrumental.
Un des rallyes visuels de cette région du ciel
consiste à garder le filtre durant
l’observation de toutes les nébuleuses de la région telles que M17, M16
(l’aigle), M 20 (la Trifide) ou M 8 (la lagune).
Etant donné l’éclat de la
nébuleuse, il ne faut pas hésiter à utiliser des grossissements intermédiaires
(jusqu’au diamètre de l’instrument exprimé en mm) pour optimiser l’observation.
Ainsi au T200, on pourra pousser le grossissement jusqu’à 200X, ce qui
permettra d’observer plus de détails, par exemple les discontinuités dans la
nébuleuse.
Au Télescope de 280 mm de
diamètre
La forme classique du canard
incliné à 110° est bien visible, elle est encore mieux visible avec un
grossissement intermédiaire (de l’ordre de 150X) et un filtre qui
assombrit d’avantage le fond du ciel et
fait mieux ressortir la nébuleuse ; la contrepartie du filtre est
l’atténuation de l’éclat des étoiles : M17 se trouvant dans un champs très
étoilé puisque située quasiment dans la trajectoire apparente de la voie
lactée.
Avec un filtre, on pourra
commencer à observer le début du fer à cheval (Oméga) qui apparaît comme une
tache floue juste après la queue du
canard.
Au Télescope de 460 mm de
diamètre
Au Nagler
On remarque aussi une petite
tache floue au dessus de la tête du canard éclairée par l’étoile brillante; l’autre
extrémité de la nébuleuse (la queue) se termine en panache plutôt évasé, sur la
droite la matière est bien visible.
En outre, la barre du cygne est
bien brillante, elle est parcourue des zones d’ombres identiques à des
marbrures déjà accessibles au T280 avec des grossissements de 200 X et plus.
Il semblerait que l’utilisation
de filtres soit optimale pour faire ressortir la matière autour de la
nébuleuse, mais dans une moindre mesure, pour observer les zones sombres dans
la nébuleuse, celles-ci apparaissent mieux avec des grossissements
intermédiaires sans filtre.
La matière autour de la
nébuleuse a doublée par rapport au N 35mm, M17 est à présent entourée d’un halo
diffus.
On a comme l’impression de volutes
qui s’échappent de la barre, celle-ci apparaît encore plus brillante, plus
étendue (sans doute une conséquence du grossissement et de la résolution).
La forme de la nébuleuse n’est
plus limitée à l’aspect classique du canard, le halo s’étend à droite, vers le
haut et surtout vers le bas (le nord compte tenu de l’inversion de l’image) de
la nébuleuse et ce, jusqu’à 2 champs d’optique.
Les Zones sombres sont en
augmentation, puisqu’on en dénombre 3 du coté tête du cygne et 5 dans la barre
lumineuse qui rempli presque tout le champs.
On dénombre par exemple jusqu’à
10 marbrures dans la nébuleuse, elles ont plus l’aspect de chenaux que de
zébrures, et ce y compris dans le torse (partie située entre le cou et la barre
centrale).
Le complexe nébulaire (partie
brillante de M 17 et structures gazeuses périphériques) déborde largement du champs, les flammèches
qui partent perpendiculairement de la barre et du cou du canard sont encore
mieux visibles.
Au Télescope de 915 mm de
diamètre
Au Nagler
La forme du canard est plus difficile
à observer, dans la mesure où la matière (flammèches) qui semble s’échapper de
la nébuleuse est plus dense, au point de se confondre avec la barre centrale.
On aperçoit moins bien la tête
et le cou du cygne qui sont noyés dans un halo lumineux relativement
brillant ; en outre, on peut suivre la structure du fer à cheval sur tout
le coté droit et bas de la nébuleuse en faisant sortir M17 du champs optique.
Photographie
M17 au CG 11 et au C 14,
Etant donné la brillance de la
nébuleuse ainsi que son diamètre, elle est accessible à toutes les focales instrumentales.
Une focale de 500 mm à 1500 mm
fera ressortir la forme générale de la nébuleuse, voire l’Oméga qui entoure
M17.
Une focale de l’ordre de 2000 mm
permet de mieux mettre en évidence la forme de canard et de faire apparaître la
matière qui l’entoure.
Avec 3000 mm de focale et plus,
on arrive à bien détailler la nébuleuse, mais au détriment (réduction du champs
photographique) de la matière autour de la nébuleuse.
Avec un éclat et surface
semblables à ceux de la grande nébuleuse d’Orion, M17 est un des rares objets
du ciel profond pouvant être photographié avec des temps de pose relativement
courts.
Ainsi, la photo argentique prise au C14 de cet article était supposée
durer 40mn au lieu des 18mn effectives : un problème technique m’ayant
obligé d’interrompre la pose !
Avant le développement de la pellicule, je
croyais avoir sous- exposé l’objet, quelle ne fut pas ma surprise de constater
que le résultat était tout à fait exploitable.
Faites nous parvenir vos fichiers de photos, nous serions heureux d'enrichir cet article par vos travaux