La nébuleuse M17 Oméga


M17 au C 14,
© : Marc Salameh, SAF

Marc Salameh,

Société Astronomique de France

M17, dite aussi la nébuleuse Oméga, est la plus brillante et grande nébuleuse de nos cieux boréaux, juste après M42 (Orion). 

En effet, de magnitude 6,9 (presque visible à l’œil nu) et d’une taille supérieure à celle de la pleine lune (46’ X 37’) elle est accessible à tous types d’instruments, malgré le fait que sa situation dans le Sagittaire (bas sur l’horizon) atténue son éclat apparent d’une magnitude.


Repérage


Repérage de M17, d'après Project Pluto Guide 8.0

M17 est relativement facile à trouver elle ne nécessite pas forcément une recherche aux  coordonnées ou avec un ordinateur de pointage.

La nébuleuse est située à 2 degrés au Nord de M 24 (l’écu de Sobieski), un petit nuage d’étoiles (en fait un énorme nuage stellaire qui s’étend sur plusieurs années lumières dans notre galaxie) bien visible à l’œil nu situé au nord du Sagittaire.

En outre, à un degré au sud de M17, on trouve M18 un amas ouvert intéressant.

Observations

Au Chercheur 8 X 50

M17, est visible au chercheur 8 X 50 comme une fine ligne droite d’aspect stellaire prononcé.  Lorsqu’on passe à l’oculaire, on est content de ne pas avoir été « berné »par un alignement d’étoiles pris pour notre l’objet stellaire recherché.

Charles Messier, lui-même s’est laissé prendre à ce jeu puisque certains objets tels que M40 ou M73 sont en fait des étoiles rapprochées, bien sûr la modestie de ses instruments (principalement une lunette de 60 de l’époque) rendent remarquables ses découvertes visuelles.

Au  Télescope de 200 mm de diamètre

M17 offre à l’observateur un spectacle intéressant, une barre horizontale évidente avec un léger panache à son extrémité (la queue du canard) ; à cette ouverture la nébuleuse présente l’aspect d’un 2 dont la base serait allongée.

Comme sur toutes les nébuleuses diffuses, l’utilisation d’un filtre de type UHC ou OIII permet d’améliorer sensiblement l’observation et donne ainsi l’impression de doublement du diamètre instrumental.

 Un des rallyes visuels de cette région du ciel consiste  à garder le filtre durant l’observation de toutes les nébuleuses de la région telles que M17, M16 (l’aigle), M 20 (la Trifide) ou M 8 (la lagune).

Etant donné l’éclat de la nébuleuse, il ne faut pas hésiter à utiliser des grossissements intermédiaires (jusqu’au diamètre de l’instrument exprimé en mm) pour optimiser l’observation. Ainsi au T200, on pourra pousser le grossissement jusqu’à 200X, ce qui permettra d’observer plus de détails, par exemple les discontinuités dans la nébuleuse.

Au  Télescope de 280 mm de diamètre

La forme classique du canard incliné à 110° est bien visible, elle est encore mieux visible avec un grossissement intermédiaire (de l’ordre de 150X) et un filtre qui assombrit  d’avantage le fond du ciel et fait mieux ressortir la nébuleuse ; la contrepartie du filtre est l’atténuation de l’éclat des étoiles : M17 se trouvant dans un champs très étoilé puisque située quasiment dans la trajectoire apparente de la voie lactée.

Au T280X140 (Nagler 20mm), la nébuleuse (13’ soit près du tiers du diamètre de la pleine lune) n’est plus uniforme, elle est parcourue de zones sombres et brillantes dans la barre avec un moutonnement visible dans la partie crochet (tête du canard) où l’on remarque une étoile encore plus brillante que les autres en surimpression.

Avec un filtre, on pourra commencer à observer le début du fer à cheval (Oméga) qui apparaît comme une tache floue juste après la  queue du canard.

Au  Télescope de 460 mm de diamètre

Au Nagler 35 mm sans filtre, la forme du canard est bien visible, on retrouve son aspect photographique obtenu avec un T200 /280.

On remarque aussi une petite tache floue au dessus de la tête du canard éclairée par l’étoile brillante; l’autre extrémité de la nébuleuse (la queue) se termine en panache plutôt évasé, sur la droite la matière est bien visible.

Avec le Nagler 35mm + filtre UHC, la matière apparaît d’une manière plus évidente à l’extrémité de la queue pour former un début d’arc de cercle autour du canard : on peut ainsi commencer à observer la boucle de l’oméga.

En outre, la barre du cygne est bien brillante, elle est parcourue des zones d’ombres identiques à des marbrures déjà accessibles au T280 avec des grossissements de 200 X et plus.

Il semblerait que l’utilisation de filtres soit optimale pour faire ressortir la matière autour de la nébuleuse, mais dans une moindre mesure, pour observer les zones sombres dans la nébuleuse, celles-ci apparaissent mieux avec des grossissements intermédiaires sans filtre.

Au Nagler 20 mm sans filtre ( 115X), M 17 mériterait une observation prolongée tellement elle est riche et intéressante en détails, elle est brillante, parcourue par des zones d’absorption avec des moutonnements nuageux. La tête (crochet) apparaît moins nette et plus constituée de nébulosités diaphanes, le nombre d’étoiles autour et dans la nébuleuse augmente également.

Le Nagler 20mm avec filtre UHC donne une nébuleuse semblable à son aspect photographique lorsque apparaît la boucle de l’Oméga.

La matière autour de la nébuleuse a doublée par rapport au N 35mm, M17 est à présent entourée d’un halo diffus.

On a comme l’impression de volutes qui s’échappent de la barre, celle-ci apparaît encore plus brillante, plus étendue (sans doute une conséquence du grossissement et de la résolution).

La forme de la nébuleuse n’est plus limitée à l’aspect classique du canard, le halo s’étend à droite, vers le haut et surtout vers le bas (le nord compte tenu de l’inversion de l’image) de la nébuleuse et ce, jusqu’à 2 champs d’optique.

Les Zones sombres sont en augmentation, puisqu’on en dénombre 3 du coté tête du cygne et 5 dans la barre lumineuse qui rempli presque tout le champs.

Le Nagler 9mm (254X) sans filtre permet d’observer la matière gazeuse autour de l’objet et ce, même si elle légèrement moins évidente qu’au filtre UHC ; par contre, la nébuleuse est à ce grossissement plus détaillée.

On dénombre par exemple jusqu’à 10 marbrures dans la nébuleuse, elles ont plus l’aspect de chenaux que de zébrures, et ce y compris dans le torse (partie située entre le cou et la barre centrale).

Le complexe nébulaire (partie brillante de M 17 et structures gazeuses périphériques)  déborde largement du champs, les flammèches qui partent perpendiculairement de la barre et du cou du canard sont encore mieux visibles.

Au  Télescope de 915 mm de diamètre

Au Nagler 27 mm avec filtre, la nébuleuse est méconnaissable : on devine la forme classique du canard qui est entourée d’un halo assez brillant près de la nébuleuse pour l’être un peu moins lorsqu’on est dans la structure du fer à cheval.

La forme du canard est plus difficile à observer, dans la mesure où la matière (flammèches) qui semble s’échapper de la nébuleuse est plus dense, au point de se confondre avec la barre centrale.

On aperçoit moins bien la tête et le cou du cygne qui sont noyés dans un halo lumineux relativement brillant ; en outre, on peut suivre la structure du fer à cheval sur tout le coté droit et bas de la nébuleuse en faisant sortir M17 du champs optique.

Avec ce diamètre, l’observation de la nébuleuse qui pourrait durer des dizaines de minutes (si ce n’est la présence d’autres observateurs qui attendant en bas de l’échelle !) montre bien la structure de l’oméga visible dans la photo prise au CG11 à F/D 6,3 mais aussi les vagues qui partent de toute la nébuleuse ; de plus, contrairement aux photos saturées de lumière les chenaux dans la nébuleuse sont bien visibles, larges et lui confèrent l’aspect d’un objet morcelé.

Photographie


M17 au CG 11 et au C 14,
© : Marc Salameh, SAF

Etant donné la brillance de la nébuleuse ainsi que son diamètre, elle est accessible à toutes les  focales instrumentales.

Une focale de 500 mm à 1500 mm fera ressortir la forme générale de la nébuleuse, voire l’Oméga qui entoure M17.

Une focale de l’ordre de 2000 mm permet de mieux mettre en évidence la forme de canard et de faire apparaître la matière qui l’entoure.

Avec 3000 mm de focale et plus, on arrive à bien détailler la nébuleuse, mais au détriment (réduction du champs photographique) de la matière autour de la nébuleuse.

Avec un éclat et surface semblables à ceux de la grande nébuleuse d’Orion, M17 est un des rares objets du ciel profond pouvant être photographié avec des temps de pose relativement courts.

 Ainsi, la photo argentique  prise au C14 de cet article était supposée durer 40mn au lieu des 18mn effectives : un problème technique m’ayant obligé d’interrompre la pose !

 Avant le développement de la pellicule, je croyais avoir sous- exposé l’objet, quelle ne fut pas ma surprise de constater que le résultat était tout à fait exploitable.

 

Faites nous parvenir vos fichiers de photos, nous serions heureux d'enrichir cet article par vos travaux


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