Optimiser le rendu des images
solaires en lumière blanche

Philippe Morel,
Société Astronomique de France
Observer
par projection : une technique délaissée
L’observation du Soleil par projection, très utilisée lors
des séances publiques et pour des pointés de taches est à l’inverse, très peu
répandue chez les preneurs de vue. Il est vrai qu’elle souffre de nombreux
inconvénients liés à la perte de contraste et de luminosité de l’image à cause
de la projection mais pour un amateur peu outillé, elle permet quand même, par
photographie de l’écran, l’obtention d’images lisibles de la surface du Soleil,
particulièrement quand les techniques de traitement viennent au secours du
preneur de vue.
L’image qui va servir à la démonstration qui va suivre est
un compositage de deux clichés pris par Honoré Arioli (SAF) durant
les Rencontres Astro Ciel 2004 à l’aide d’une lunette de 77mm de
diamètre et de 1000mm de focale. La projection était assurée par un oculaire de
25mm de distance focale. Le compositage des deux images a été réalisé par Henri
Royer (SAF), autre participant des Rencontres. Elles ont été présentées à
la réunion de la Commission du Soleil de la SAF du 6 novembre 2004.
Deux
soustractions de flou et une application de l’image sur elle-même
Les traitements décrits ici sont réalisables en utilisant
Photoshop 5.0® ou Photoshop 7.0®.

A gauche : l’image originale,
à droite : la même passée en niveaux de gris.
La
procédure nécessite au préalable le passage de l’image initiale en noir et
blanc : c’est la première étape.
Le principe de la soustraction de flou est très simple. Il
suffit d’appliquer à l’image son négatif porté à un niveau de flou gaussien
donné et de procéder, dans le menu « Appliquer une image» aux opérations « Incrustation »
et, dans le cas du Soleil en lumière blanche, 100% d’opacité.

A gauche : l’image originale en
niveaux de gris, à droite : son négatif avec un flou gaussien de 0,8 pixel
La valeur
du flou gaussien est choisie légèrement inférieur à l’unité, soit 0,8 ou 0,9 pixel.

A gauche : le négatif avec un
flou gaussien de 0,8, à droite : application en incrustation et 100%
d’opacité
La fonction « Appliquer une image» se
trouve dans le menu « Image ». Appliquer l’image avec
elle-même en utilisant pour calque le fond (option pré-réglée) et la
couche Noire (original passé en noir et blanc). Choisir en opération :
« Incrustation » et 100% d’opacité. Il est possible de
recommencer la manipulation à partir de l’image obtenue et toujours avec un
flou gaussien de 0,8 pixel. Cela donne :

A gauche : première
soustraction de flou, à droite : seconde soustraction de flou
Reste à renforcer le contraste de l’image obtenue en
l’appliquant sur elle-même en choisissant l’opération « Produit »
et l’opacité 100%. On obtient :

A gauche : seconde
soustraction de flou, à droite : après l’application de l’image sur
elle-même
Au terme de ce traitement, des irrégularités apparaissent sur la surface solaire. Un traitement comparable ne les montre pas quand on s'adresse a un autre astre que le Soleil. Malheureusement, ce qui apparaît aussi, ce sont des artefacts peu contrastes dus au bruit de fond de l'image et les poussières
présentes sur l’oculaire qu’il serait facile de faire disparaître en
« déflattant » l’image. Il suffit pour cela de viser le centre du
Soleil et de prendre une image après avoir placé un verre dépoli devant
l’objectif de la lunette. Les images du Soleil et l’image de son centre avec
dépoli pourront être ensuite importées en noir et blanc dans un logiciel comme Iris, en format .bmp, puis
être passées en .fits et « déflattées » en série avant d’être
reconverties en .bmp pour poursuite du traitement dans Photoshop 5.0® ou Photoshop 7.0®.

A gauche : l’image originale,
à droite : au terme du traitement après recolorisation
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