Fourmi103

Actualités de Curiosity - 2013

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"un flux de chaleur sous la croûte martienne capable de faire fondre de façon catastrophique de grandes quantités de glace enfouies dans le sous-sol", ou liée au volcanisme, engendrant donc des débâcles glaciaires, je suis tout à fait d'accord avec cela et depuis longtemps. De même que ce n'est sans doute pas l'origine de nombreux autres fleuves martiens, en particulier les plus anciens, mais cela n'exclue pas qu'ils aient pu être alimentés en grande partie par la fonte de neiges et de glaces plutôt que par des pluies persistantes. Le problème est d'expliquer l'absence de calcaires, qu'un climat chaud et humide persistant aurait dû contribuer à former, or on n'en a encore jamais détecté. On peut certes les présumer rares et enfouis. C'est le problème sur Mars où les orbiteurs ne détectent que la nature superficielle des terrains souvent masqués de poussières. En attendant la preuve de l'existence de dépôts calcaires, j'émets des hypothèses. Pour les dépôts sulfatés, assez abondants sur Mars, les émissions volcaniques peuvent expliquer l'origine des sulfates. Leur dépôt, selon certains, n'est pas incompatible avec un climat de type glaciaire.

https://hal-lirmm.ccsd.cnrs.fr/UNIV-NANTES-THESES/tel-00762257

Localement, sans généraliser à la Planète, dans le cratère Gale, mon hypothèse est en bon accord avec le fait que les nombreux lacs terrestres alimentés par la fonte de neige, de glacier ou d'inlandsis, renferment des sédiments essentiellement détritiques et argileux, comme ceux rencontrés par Curiosity, et non pas calcaires. Leur absence, dans ce cas, peut s'expliquer ainsi et n'est pas paradoxale.

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Curiosity continue ses déplacements erratiques dans la zone d'Ireson Hill avec un parcours de 23 mètres au Sud-Est le 16 février 2017 (sol 1611).

Curiosity est arrivé dans une zone comportant de nombreux blocs rocheux, partiellement recouverts de sable sombre. Mais l'équipe du rover vise une crête plus élevée à environ 30 mètres. Ils ne peuvent pas bien la voir mais ils aimeraient être en mesure de l'atteindre le 17 février (sol 1612) afin de permettre la planification d'un déplacement du rover ce week-end. Sur la base d'images prises depuis l'orbite et par le rover, beaucoup de substrats rocheux sont exposés sur cette crête, donc ils ont choisi de se déplacer à nouveau au détriment des activités scientifiques "au contact" pouvant être réalisées au sol 1611, en espérant que le rover sera dans un meilleur endroit ce week-end pour mener ce type d'activités.
Avant ce déplacement, ChemCam et la Mastcam droite observeront une limite lumineuse/sombre sur un bloc rocheux nommé "Frenchville" (voir plus bas, il paraît que cette roche est située à gauche de l'image – perso je ne la discerne pas.. mais bon).

Donc, encore environ 28 mètres parcourus, toujours au Sud Est, le 17 février (sol 1612) . Le rover est désormais situé devant un gros bloc de roches stratifiées.

Après ce déplacement il est prévu moins d'images pour aider à la planification du week-end, car le volume autorisé de données en liaison descendante (vers la Terre) est beaucoup moins élevé que d'habitude. Ils ont donc passé plus de temps à prioriser les images post-déplacement pour cette liaison descendante, et pourraient ne pas recevoir toutes les données dont ils ont besoin pour planifier les activités scientifiques "au contact" et le déplacement de Curiosity ce week-end.

Plus tard dans l'après-midi du sol 1612, ChemCam utilisera le logiciel "AEGIS" pour sélectionner de façon autonome une cible laser LIBS et acquérir un ensemble de mesures chimiques. La mise à niveau du logiciel de REMS s'est bien passée, de sorte que la surveillance environnementale est de nouveau planifiée ! Le 18 février (sol 1613), ChemCam va acquérir des données d'étalonnage passif (sans tirs lasers), et les Navcams vont rechercher des dust devils et des nuages.


Position au 17 février (sol 1612) :


HAZCAM AVANT - 17 février (sol 1612) :

NAVCAM - 17 février (sol 1612) :

"Frenchville" :





Panos de Damia Bouic – 16 février (sol 1611) Superbe !:



ORIGINAL : http://www.unmannedspaceflight.com/index.php?act=attach&type=post&id=40864

Version colorisée :


ORIGINAL : http://www.db-prods.net/blog/wp-content/uploads/2017/02/Sol1611_postcard_colorized_web.jpg

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Le 18 février (sol 1613) l'équipe tactique du rover a reçu un peu plus de données que prévu avant la planification, mais pas assez pour finaliser rapidement les plans pour un déplacement du rover et le choix des cibles de contact ce week-end. Comme prévu, ils ont reçu les données nécessaires plus tardivement, y compris des images en couleur de l'espace de travail du bras qui ont été très utiles dans la sélection des cibles.
Le 19 février (sol 1614), ChemCam et Mastcam droite ont observé des cibles de roches. Puis la Mastcam a mesuré la quantité de poussière dans l'atmosphère et réalisé une mosaïque d'un bloc stratifié. Tard dans l'après-midi, MAHLI va imager le capteur UV de l'intrument REMS et acquérir des mosaïques de deux autre cibles rocheuses, dont "Spider Lake" (voir l'image plus bas). L'APXS mesurera ensuite la chimie de la région de "Spider Lake" dans des endroits chevauchants pour rechercher des variations spatiales de composition. Tôt le lendemain matin 20 février (sol 1615), la Mastcam mesurera de nouveau la poussière dans l'atmosphère et les Navcams vont rechercher des nuages. Plus tard, toujours sur le lol 1615, de nouveaux tests seront effectués sur l'instrument de forages, puis l'APXS sera placé sur sa cible d'étalonnage pour une intégration de nuit.

Un court parcours vers les dunes sombres au sud du rover est planifié le 21 février (sol 1616) :


Pano de Damia Bouic – 17 février (sol 1612) :

ORIGINAL : http://www.db-prods.net/marsroversimages/Curiosity/2017/Sol1612_pano.jpg


HAZCAM AVANT – 20 février (sol 1615) L'APXS au travail :

Le spectromètre alpha à rayons X (Alpha-Particle-X-ray-Spectrometer) a pour objectif de déterminer l'abondance des différents éléments (atomes) des roches et des sols. L'APXS fonctionne en émettant des particules alpha (noyaux d'hélium possédant un temps de demi-vie de 18 ans) et des rayons X produits par la décomposition radioactive d'une petite quantité de curium 244. Excités par ces deux types de radiations, les atomes constituants l'échantillon émettent à leur tour des rayons X dont l'énergie est caractéristique de leur nature. Tout comme le laser ChemCam, l'instrument APXS est aussi et surtout destiné à effectuer un premier tri des cibles potentielles justifiant un forage avec des analyses d'échantillons scientifiquement pertinentes.
La zone d'analyse de l'APXS mesure 1,7 centimètre de diamètre, la profondeur de détection variant selon que les éléments soient légers ou lourds. Elle est respectivement de 5 microns pour les premiers, et de 50 microns pour les seconds. Seule une couche extrêmement fine de matériaux réagit donc au bombardement énergétique, d'où l'importance de nettoyer auparavant la surface rocheuse avec la brosse DRT.
Pour que l'APXS fonctionne correctement, il est très important que son détecteur reste froid tout au long des mesures. Contrairement à Spirit et Opportunity, le modèle embarqué par Curiosity a la capacité à fonctionner non seulement de nuit, pour profiter gratuitement des températures nocturnes très basses, mais également de jour, grâce à un dispositif dédié de refroidissement du détecteur (source : nirgal.net).


Un affleurement nommé "Third Lake" - images MastCam du 17 juillet (sol 1612) :


Des sphérules résultant probablement de concrétions sur la cible "Spider Lake" – images Mahli - Paul Hammond - 20 juillet (sol 1615)

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Le petit déplacement prévu le 21 février (sol 1616) s'est arrêté prématurément, après moins d'un tour de roue !.

Apparemment la roue arrière droite a été plus ou moins bloquée entre deux rochers (voir l'image HazCam correspondante plus bas). L'équipe a conclu qu'il était possible de continuer en toute sécurité, sans doute en manoeuvrant un peu, de sorte que le déplacement prévu le lendemain 22 février (sol 1617) est essentiellement le même que celui prévu précédemment. Auparavant, ChemCam et Mastcam droite observeront une cible de sable, puis la Mastcam droite va acquérir des mosaïques d'un affleurement rocheux stratifié et des dunes, cibles du déplacement. La Mastcam mesurera également la poussière dans l'atmosphère.

Finalement, le 22 février (sol 1617) Curiosity a parcouru un peu plus de 8 mètres pour se positionner une nouvelle fois Ouest Sud-Ouest en bord de dune, les roues avant "baignant" dans le sable.

Il est prévu ensuite d'énièmes tests du système de forage (espérons qu'ils arrivent enfin à déterminer une procédure fiable pour sauver cette importantissime partie de mission ! ).
Enfin, les caméras procéderont à l'imagerie habituelle post-déplacement pour permettre la planification à venir.


Position de Curiosity - 22 février (sol 1617) :


HAZCAM AVANT - 21 février (sol 1616) – Curiosity à l'arrêt suite au déplacement avorté.
Au milieu des gros blocs rocheux, les roues avant sont braquées à près de 90° :



HAZCAM AVANT – 22 février (sol 1617) :
Le rover est arrivé au bord de la dune pour jouer avec le sable..
On va dire que ce n'est pas la partie la plus passionnante de la mission.

NAVCAM - 22 février (sol 1617) :




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Nous sommes donc sur le deuxième point d'observation des "dunes de Bagnold" après celui atteint le 6 février (sol 1601) et d'où Curiosity était reparti (à la surprise générale) au bout de seulement trois sols.
Alors donc, selon les géologues de l'équipe, ce site a été choisi pour "permettre la comparaison des bords avant et arrière des dunes".

Dans ce cadre la planification du 23 février (sol 1618) inclut des observations ChemCam de "sol perturbé et non perturbé" (c'est à dire comportant ou non des ondulations.. enfin je crois). Il est également prévu d'acquérir une observation multispectrale Mastcam, ainsi que la surveillance systématique du pont du rover pour évaluer la présence de sable et de poussière. La caméra Mahli sera sollicitée sur trois cibles dont une sur le sable. L'APXS va également acquérir des données sur deux de ces cibles dont une intégration de nuit. Par ailleurs un certain nombre d'activités de surveillance de l'environnement sont planifiées.
Tout au long du sol 1618, la Mastcam effectuera également plusieurs expériences de détection de changement à deux endroits différents pour surveiller les mouvements du sable.


Le désert est tout à la fois début et fin, vie et mort
Lumière aveuglante, jeux d’ombres et de lumière
Les heures se traînent en un cortège infini

PANO DE SEAN DORAN – 22 février (sol 1617) - Superbe comme d'hab'.. :


[Ce message a été modifié par vaufrègesI3 (Édité le 24-02-2017).]

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Kaptain, c'est surtout que l'image déforme pas mal la perspective..

Sinon, selon les courbes de niveaux, la pente vers Sharp est actuellement de plus ou moins 10%.. elle devrait augmenter en s'approchant.

Une image NavCam qui permet de vérifier la finesse et la complexité particulière des rides de sable - 23 février (sol 1618) :

[Ce message a été modifié par vaufrègesI3 (Édité le 24-02-2017).]

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Sur Mars, le vent règne et a façonné les paysages depuis des milliards d'années, et continue de le faire aujourd'hui.

Les observations combinées montrent que dans le cratère les profils de vent diffèrent aujourd'hui des vents du nord qui ont enlevé les matériaux qui remplissaient autrefois l'espace entre le mont Sharp et le bord du cratère. Maintenant le mont Sharp lui-même est devenu un facteur important dans la détermination des directions locales de vent. Le vent a formé la montagne, puis la montagne forme le vent.

L'atmosphère martienne est environ cent fois moins dense que sur Terre, donc les vents sur Mars exercent beaucoup moins de force que les vents sur Terre. Mais le temps est LE facteur qui fait que les vents martiens dominent et façonnent le paysage. La plupart des forces qui façonnent les paysages terrestres - l'eau qui érode et déplace les sédiments, l'activité tectonique qui érige les montagnes et recycle la croûte terrestre, le volcanisme actif - n'ont plus influencé Mars depuis des milliards d'années.

Le cratère Gale est né lorsque l'impact d'un astéroïde ou d'une comète, il y a plus de 3,6 milliards d'années, a creusé un bassin de près de 160 kilomètres de diamètre. Plus tard, des sédiments comprenant des roches, du sable et des boues ont rempli le bassin, l'apport de certains de ces matériaux étant réalisé par des cours d'eau qui y circulaient à partir des terrains plus élevées entourant Gale. Curiosity a trouvé des preuves de cette ère humide datant de plus de 3 milliards d'années.
Le mont Sharp au centre du cratère est un dépôt résultant du vent, érodant et transportant ce qui avait été un bassin entièrement rempli. Le vaste volume de matériel enlevé - environ 64 000 kilomètres cubes - est compatible avec les observations orbitales sur les effets des vents, dans et autour du cratère, multiplié par un milliard d'années ou plus.


Dust devil observé par NavCam l'après midi du 1er février (sol 1597)
Les images sont en paires prises environ 12 secondes d'intervalle, avec un intervalle d'environ 90 secondes entre les paires. La synchronisation est accélérée et pas entièrement proportionnelle :

Dust devil observé par NavCam l'après midi du 4 février (sol 1599)
Mêmes conditions que le gif précédent :

Cette paire d'images montre les effets du vent sous le rover sur l'équivalent d'une journée martienne. Chaque image a été prise juste après le coucher du soleil par la caméra MARDI (Rover descendant Mars Imaging Descent) initialement chargée de prendre des images de la descente lors de l'atterrissage en 2012. La surface du sol s'étend sur environ 1 mètre) de gauche à droite. La première image a été prise le 23 janvier 2017 (sol 1587), la seconde a été prise le 24 janvier 2017 (Sol 1588) :

Après avoir terminé les observations et les mesures planifiées sur les dunes, Curiosity se dirigera vers le Sud et vers une crête où l'hématite a été identifiée à partir des observations de Mars Reconnaissance Orbiter. L'équipe scientifique de Curiosity a décidé d'appeler cette caractéristique remarquable «Vera Rubin Ridge», commémorant Vera Cooper Rubin (1928-2016), dont les observations astronomiques ont prouvé l'existence de la matière noire de l'univers.

Pendant que Curiosity se concentre sur les dunes de sable, les ingénieurs du rover analysent les résultats des tests de diagnostic sur le système de forage. Une cause possible d'un problème intermittent avec le mécanisme est qu'une plaque destinée à freiner le mouvement puisse être bloquée, peut-être en raison d'un petit débris qui empêche la libération du frein.


Nouveau soucis : L'équipe de Rover étudie également pourquoi le couvercle qui protège l'objectif de la caméra MAHLI, montée en bout du bras robotique, n'a pas ouvert complètement en réponse aux commandes du 24 février. Le bras a été soulevé pour minimiser le risque de pollution avec le sable. Le couvercle est partiellement ouvert. Des tests de diagnostic sont prévus cette semaine :


SOURCE principale : http://mars.jpl.nasa.gov/news/2017/martian-winds-carve-mountains-move-dust-raise-dust&s=2

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question
ce bidule devrait pas etre en route depuis longtemps vers le sommet ?
on attend qu'il soie complètement hs pour ça ?

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Fredo > "ce bidule devrait pas etre en route depuis longtemps vers le sommet ?

Perso je trouve ça un peu étonnant, mais c'est pourtant une erreur assez commune d'imaginer que l'objectif de cette mission puisse consister à escalader le mont Sharp pour y planter le drapeau US ... Pas bien Fredo !

A court terme le rover devrait atteindre une crête d'hématite à un peu plus d'un km. Mais comme je l'ai précisé ici presque à chaque page, le principal objectif de la mission ce sont les argiles situées juste au dessus de la crête d'hématite à moins de deux km.

Le sommet du mont Sharp n'a quasiment pas d'intérêt scientifique, on sait qu'il est constitué d'apports purement éoliens.

Par contre les terrains qu'examine Curiosity actuellement sont constitués d'une très épaisse couche de sédiments fins déposés par l'eau au fond du lac antique.

La mission poursuit quatre objectifs principaux :

-Déterminer si des conditions propices à la vie ont pu exister sur Mars.
-Caractériser le climat de Mar.
-Préciser la géologie de Mars.
-Préparer l'exploration humaine de la planète rouge.

Soit huit axes principaux :

1.Recenser les composés organiques présents à la surface de Mars et établir leur distribution ainsi que leur concentration.
2.Quantifier les éléments chimiques fondamentaux de la biochimie : carbone, oxygène, hydrogène, azote, phosphore et soufre.
3.Identifier d'éventuelles traces de processus biologiques.
4.Caractériser la composition de la surface martienne et des couches superficielles du sol d'un point de vue minéralogique, isotopique et chimique.
5.Comprendre les processus de formation et d'altération des sols et des roches sur Mars.
6.Déterminer le schéma d'évolution de l'atmosphère de Mars sur les quatre derniers milliards d'années.
7.Établir le cycle de l'eau et le cycle du dioxyde de carbone sur Mars ainsi que la distribution actuelle de ces deux molécules sur la planète.
8.Mesurer le spectre large des radiations à la surface de Mars issues des rayons cosmiques, des bouffées de protons énergétiques émis par les éruptions solaires ou par les ondes de choc d'éjections de masse coronale, voire des neutrons secondaires issus de réactions de fission nucléaire dans l'atmosphère sous l'effet des rayonnements incidents.

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Même sans atteindre la couche d'argile située derrière la crête d'hématite, un des principaux objectifs de Curiosity aurait déjà pu être atteint : celui de l'étude des argiles et de la recherche d'éventuelles traces de matières organiques. En effet, comme nous l'a dit Vaufrèges, on a déjà trouvé des argiles qui sont assez abondantes dans certains des sédiments lacustres étudiés actuellement par Curiosity.

Malheureusement le système de forage est alors tombé en panne et ces argiles n'ont pas pu être analysées à l'aide du labo. On comprend mieux pourquoi le rover est alors resté sur place presque un mois pour tenter de résoudre le problème de forage plutôt que de continuer pour aller faire de l'escalade dans les fortes pentes du Mont Sharp, ce pour quoi il n'est pas conçu et ce qui n'est pas son objectif.

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« Le sommet du mont Sharp n'a quasiment pas d'intérêt scientifique, on sait qu'il est constitué d'apports purement éoliens. »

Je suis content de le voir rappelé car cela semble souvent être oublié.

Il semble qu'il n'y ait pas que le sommet du Mont Sharp qui soit composé de dépôts éoliens, mais près des trois quart de sa hauteur. Ce serait le cas de toute la partie supérieure située au dessus des importants dépôts phosphatés qui font suite aux argiles. Toute cette partie supérieure apparaît de couleur claire avec une très évidente stratification oblique en nette discordance sur les dépôts lacustres subhorizontaux situés au dessous qui eux sont indiscutablement essentiellement lacustres comme le démontre bien jusque là Curiosity.

Cet épisode de très importants dépôts éoliens n'apparaît pas dans les schémas explicatifs de la formation du Mont Sharp, leur légende et commentaires, du moins dans ceux publiés par la Nasa auxquels j’ai eu accès et qui sont reproduits dans ce fil. On y semble attribuer à des dépôts de type lacustre ou "marin" l'ensemble du Mont Sharp, suivis ensuite d'une très importante érosion périphérique n‘épargnant que le Mont Sharp. Cela m'a longtemps conduit en erreur et laissé fort dubitatif car je n'arrivais pas à comprendre comment cela avait pu être possible, surtout avec cette discordance stratigraphique. Avec d’importants dépôts éoliens concernant toute la partie supérieure, cela redevient tout à fait plausible.

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Géo le curieux > "Il semble qu'il n'y ait pas que le sommet du Mont Sharp qui soit composé de dépôts éoliens, mais près des trois quart de sa hauteur. Ce serait le cas de toute la partie supérieure située au dessus des importants dépôts phosphatés qui font suite aux argiles. Toute cette partie supérieure apparaît de couleur claire avec une très évidente stratification oblique en nette discordance sur les dépôts lacustres subhorizontaux situés au dessous qui eux sont indiscutablement essentiellement lacustres comme le démontre bien jusque là Curiosity."


Tout à fait d'accord..

Le 25/11/2016, au bas du premier message page 62 de ce fil, je notais ceci - je me cite :


"Justement, le géologue Pierre Thomas avait noté une discordance entre les couches basales et sommitales du Mont Sharp.
Ci-dessous, image du haut "brute", image du bas interprétée où certaines couches et la discordance sont soulignées : Les strates inférieures sont faiblement inclinées, les strates supérieures beaucoup plus, ce qui indique que les conditions de sédimentation ont changé. Cette différence de pendage ne se voyait pas sur les images orbitales. Cette limite de pendage correspond exactement à la limite entre les terrains inférieurs hydratés et les terrains supérieurs presque anhydres (sans présence d'eau) diagnostiquée depuis l'orbite. Cette limite correspond bien à un changement majeur dans l'histoire géologico-climatique de cette région de Mars
" :

Fin de citation

Donc, comme je l'ai surligné en gras, cette différence de pendage ne se voyait pas sur les images orbitales, elles N4ont été mises en évidence qu'en 2012 grâce aux images de Curiosity, ce qui peut expliquer qu'on se soit longtemps posé la question sur l'origine de la formation du Mont Sharp.
Ceci dit, rien n'exclut qu'il ait pu exister un pic de rebond initial plus ou moins significatif, même si de nombreux cratères d'impacts en sont dépourvus.

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Avant même l'arrivée de Curiosity cette discordance était visible sur les photos satellitaires. Mais cela restait ambigu. Moi-même, habitué à l'interprétation des photos aériennes, je l'avais remarqué en passant de longues heures, chaque soir au lieu de regarder la télé, à observer en détail ces photos. Toutes les photos (plus d’une dizaine de milliers) prises par les divers satellites américains autour de Mars sont librement et facilement accessibles sur le net et facilement localisables, merci à la Nasa. Le survol de Mars est passionnant pour un géologue. Je n‘ai pas trouvé de site équivalent pour les photos prises par le satellite européen Mars Express, c‘est dommage.

J'avais lu à l'époque que des géologues européens avaient noté cette discordance et avaient émis l'hypothèse que ces dépôts supérieurs puissent être d'origine éolienne. Cette hypothèse était alors réfutée par les géologues américains... jusqu’à ce que Curiosity vienne la confirmer sans ambiguïté.

Pour le rebond central, les photos satellitaires montrent vers le centre du cratère des terrains en surélévation de caractéristiques différentes des dépôts supérieurs sans doute éoliens. Il pourrait s'agir d'un pic central, entièrement recouvert côté Nord mais qui ne serait qu'en en partie masqué côté Sud. Le cratère Gale semble avoir un pic central, lequel a pu contribuer à amorcer des dépôts de type éolien.

[Ce message a été modifié par Géo le curieux (Édité le 05-03-2017).]

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Lors du choix du site d'atterrissage de Curiosity les géologues de la Nasa avaient bien vu cette discordance sur les images satellite et y avait consacré une étude la mettant en évidence. Mais ils ne l'interprétaient pas et n'en tenaient pas compte, du moins "officiellement", dans leur hypothèse à la base de la formation du Mont Sharp considéré comme résultant de dépôts purement aquatiques. Cela n'expliquait pas cette discordance ni le fait que le "lac" à l'origine de ces dépôts aurait dû largement déborder des limites du cratère Gale pour atteindre l'altitude actuel du sommet du mont Sharp. Or on ne trouve pas de traces évidentes de dépôts du même type autour du cratère.

Un curieux mystère pour lequel Curiosity nous apporte des éléments nouveaux qui permettent d'envisager d'autres hypothèses pour le résoudre. Dont celle de dépôts éoliens ou un mixte "éolien et glaciaire" comme l'envisage le géologue Pierre Thomas. Espérons que Curiosity arrivera à s'approcher suffisamment de ces dépôts pour nous nous en donner des images assez précises pour pouvoir mieux les comprendre.

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Eh bien justement, aujourd'hui 6 mars 2017 (sol 1628) Curiosity a enfin repris sa (petite) progression en parcourant 24 mètres vers le Sud Est. La mise à jour de la position exacte n'est pas encore venue.
Sinon bonne nouvelle: le couvercle obturateur de l'objectif de la caméra MAHLI a été ouvert avec succès et l'instrument est donc de nouveau opérationnel. Le 7 mars (sol 1629) sera consacré à quelques activités de surveillance environnementale, à une cible ChemCam sélectionnée de manière autonome et à certaines activités d'étalonnage ChemCam.


HAZCAM avant - 6 mars 2017 (sol 1628) :


NAVCAM - 6 mars 2017 (sol 1628) :

Plan général pour se remettre en perspective :

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C'est marrant, en contemplant cette carte, on a vraiment l'impression qu'on a bien été obligés de prendre tout ce temps pour longer des dunes infranchissables et aller au sud-est chercher ce passage des buttes Murray. Me trompé-je ?

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Non, c'est bien ça Kaptain..

D'une part il ne valait mieux pas se risquer à s'aventurer inutilement dans ces dunes, d'autre part l'objectif, qui a toujours été l'éventail alluvionnaire descendant du Mont Sharp, se situe exactement là où existe une brèche qui permet de s'en approcher sans trop de risques.

[Ce message a été modifié par vaufrègesI3 (Édité le 07-03-2017).]

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Bonjour Daniel,

A regarder sur cette carte les vitesses, et la distance restant à parcourir, ça fait donc à la louche encore un an et demi avant d'atteindre les argiles, non ??

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Salut Bernard

Brizhell > ".. ça fait donc à la louche encore un an et demi avant d'atteindre les argiles, non ??"

Ben c'est un peu comme l'émergence du vivant : On n'en a aucune idée

En effet, depuis le problème survenu au système de forage, ça lambine pas mal..
Les géologues de la mission avaient pris l'option de forer systématiquement chaque fois que dans sa progression le rover montait d'un niveau de 50 mètres, ceci afin de bien caractériser la stratification de l'épaisse couche de sédiments.
En conséquence j'imagine que tant que le système de forage n'est pas utilisable, les géologues préfèreront que Curiosity ne progresse pas trop afin de louper le minimum de choses.

Avant que le problème du système de forage ne se pose, il était envisagé d'atteindre les argiles en toute fin 2017.. Aujourd'hui on ne sait plus.
De toute façon, à quoi servira t-il d'atteindre les argiles si le système de forage est HS, et donc que les labos SAM et CheMin sont au chômage technique ??...

Ce qui est inquiétant, c'est que cette avarie est survenue lors de la dernière tentative de forage sur le site nommé "Sebina"... le 1er décembre 2016.. On aborde donc le quatrième mois sans foreuse et sans perspective annoncée !

Sinon on peut voir l'échelle sur la carte plus haut, on est à un peu plus d'un km de la crête d'hématite, et on doit rajouter 600 à 700 mètres pour atteindre la zone des argiles.

Position au 6 mars 2017 (sol 1628) :


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[Ce message a été modifié par vaufrègesI3 (Édité le 07-03-2017).]

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Ce jour 8 février (sol 1630) Curiosity a franchi environ 40 mètres en cheminant au Sud Est et sur un terrain de plus en plus sableux et parsemé de blocs rocheux stratifiés.
Il semble que l'équipe du rover ait décidé de reprendre la marche en avant malgré l'absence de possibilité de forer (qu'on espère provisoire, mais ça devient inquiétant)..

Le sol 1631 sera consacré à la science "non ciblée". ChemCam procèdera à une observation aotomatisée "AEGIS", ainsi qu'à certaines observations d'étalonnage. Suivront les Navcam et Mastcam pour des observations atmosphériques, y compris plusieurs observations pour rechercher des dust devils.


Position au 8 février (sol 1630) :


HAZCAM avant - 8 février (sol 1630) :

NAVCAM - 8 février (sol 1630) :



Pano de Jan van Driel - 8 février (sol 1630) :



ORIGINAL : http://www.unmannedspaceflight.com/index.php?act=attach&type=post&id=40958

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Sean Doran a réalisé une image interactive en y intégrant le parcours de Curiosity depuis son site d'atterrissage avec sa position actuelle !

Il faut pas mal zoomer pour que le parcours apparaisse (une fine ligne blanche) et avoir un peu en mémoire le cheminement du rover.
La crête d'hématite est impressionnante ainsi que les reliefs sur les pentes du Mont Sharp.

http://www.gigapan.com/gigapans/196659

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EX-TRA-OR-DI-NAIRE, ce "giga pan", merci infiniment, Daniel !

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Oui Kaptain c'est magnifique, on reconnaît certains points notables du parcours comme "Dingo Cap" et bien d'autres. Sean Doran fait un travail fabuleux sur les images d'HiRise


Nouvelle progression d'environ 27 mètres vers le sud le 10 mars (sol 1632) qui place le rover dans une bonne position pour les activités du week-end.
Depuis son arrivée à "Bradbury Landing" en août 2012, Curiosity a parcouru 15,73 kilomètres.

Les images MAHLI prises sur ce sol semblent bonnes, et le couvercle pare-poussière fonctionne correctement, donc MAHLI est prête à revenir de nouveau aux opérations nominales.
L'équipe de planification tactique a sélectionné des cibles dont un bloc juste devant le rover (voir image Hazcam) qui montre des variations de couleurs intéressantes. Mais ce bloc rocheux est trop proche du rover pour permettre l'acquisition en toute sécurité des données ChemCam, de sorte qu'un autre bloc à proximité a été sélectionné pour une mesure analogue.

Au début du sol 1635, les Navcam vont rechercher des nuages ​​et la Mastcam mesurera la poussière dans l'atmosphère. Plus tard dans la journée de nouveaux tests sur le système de forage sont planifiés, suivis par un autre ensemble d'observations Mastcam de la poussière atmosphétique. Ensuite, le rover va se diriger vers une dune à proximité et acquérir des données qui seront utilisées pour sélectionner une prochaine cible.


Position au 10 mars 2017 (sol 1632) :



HAZCAM AVANT - 10 mars 2017 (sol 1632) :


NAVCAM - 10 mars 2017 (sol 1632) :



"Ireson Hill" s'éloigne


Un horizon bouché par le sable et la poussière atmosphérique


Pano de Paul Hammond - 10 mars 2017 (sol 1632) :


Original : http://www.unmannedspaceflight.com/index.php?act=attach&type=post&id=40990

Gif de l'horizon très poussiéreux entre les sols 1614 et 1631 (19 février au 9 mars) :

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