Richard Guillaume

Pas d'Intelligence Artificielle, de Skynet de Terminator et pas d'ET ni d'UFO

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Euh, la conscience, c'est savoir qu'on existe, non ?... Le stade du miroir, tout ça, non ? Un réseau de neurones sait-il qu'il en est un ? J'ai comme un doute. D'ailleurs dans le film, Skynet devient soudain conscient de lui-même, conscient de sa propre existence, et commence à se débarrasser des humains à partir de là...

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PascalD, Si tu fais de la reconnaissance optique de caractères (ce qui est un problème très simple) tu peux essayer de faire fonctionner le bazar sans lui donner de base d'apprentissage et lui laisser trouver "tout seul" les caractères de l'alphabet. Ca donne des résultats, mais bon en général il confond de temps en temps deux caractères en un seul ou a contrario il sépare en deux caractères différents ce qui, pour nous, est un seul caractère.

Si on remarque que le moindre poussin dès les premiers instants de sa naissance est capable de suivre sa mère poule, de fuir à l'approche de dangers, de se nourrir, etc ... on se rend compte que les réseaux de neurones artificiels sont un peu loin du résultat. Il faut je ne sais combien d'heures de calcul pour trouver les bons paramètres qui vont permettre aux appareils photo d'un même modèle de repérer les visages sur l'image en quelques fractions de seconde.

On est un petit peu loin de l'apparition de la "conscience logicielle"

Kaptain

quote:
Euh, la conscience, c'est savoir qu'on existe, non ?

Tu déplaces le problème qu'est ce que "savoir qu'on existe" ? Les animaux le savent ? tous ? quelques-uns ? les enfants ? à partir de quelle âge ? faut-il le langage pour "savoir" ?

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quote:
On est un petit peu loin de l'apparition de la "conscience logicielle"

Oui ! Mais il y a eu des progrès significatifs ces dernières années (début 2000, presque tout le monde considérait les réseaux de neurones comme une impasse. Maintenant, presque tout le monde bosse là dessus).

Ecrire un programme de reconnaissance de caractères est un problème "simple".
Que le même programme soit capable de faire de la reconnaissance de caractère, de visage, ou de traduire d'une langue à l' autre, c'est déjà un problème un poil plus complexe, et c'est l'état de l' art actuel.

On y est pas , mais ça avance. Bien malin qui pourra prédire jusqu' où ça va s'arrêter

[Ce message a été modifié par PascalD (Édité le 08-01-2016).]

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C'est pour ça Kaptain que je soulevais que la conscience est liée au libre arbitre. Le fait d'avoir conscience d'être, fait que l'on est conscient de ses actes, et donc, que l'on considère que l'on est en mesure d'agir sur ses actes et de les influer : c'est le libre arbitre, la capacité de faire des choix conscients.

Certains résultats perturbants en neurosciences semblent montrer que le libre arbitre serait une illusion. En gros, tout se passe comme si on était spectateur d'actes et de décisions que l'on croirait avoir décidé consciemment alors que notre inconscient déciderait en réalité de tout.

Si le cerveau fonctionne réellement sur la seule base de la bonne vieille physique ou chimie, alors oui, nous sommes déterministes et déterminés. Que cela soit calculable ou pas ne change rien à l'affaire.

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quote:
Je voudrais aussi parler de la théorie de l'évolution mais je serais trop long ...

Essaie de synthetiser.
As tu une objection sur le fait de reduire le Darwinisme a une Machine de Turing?
(voire ANTITHESE partie II)

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Ici l'analyse de John R. Searle sur le travail de Penrose :


Pour Penrose, la réponse au problème de la conscience ne doit pas être cherché au niveau des neurones, qui sont trop gros et relèvent de la physique classique, mais plutôt du côté de la structure inter-ne des neurones, de ce qu'on appelle le cytosquelette, c'est-à-dire la structure qui est à la base de la cellule et sert de système de contrôle de ses différentes opérations. Le cytosquelette contient lui-même de petites structures cylindriques appelées microtubules qui, selon Penrose, jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement des synapses.

Voici quelle est son hypothèse : "Dans la perspective que je voudrais proposer ici, la conscience serait une manifestation de cet état cytosquelettique interne pris dans des phénomènes d'ordre quantique et de sa participation à l'interaction [...] entre les niveaux quantique et classique d'acti-vité" . Autrement dit, le niveau cyto-squelettique est entièrement pris dans des phénomènes relevant de la mécanique quantique et lorsque ce niveau micro entre en contact avec le niveau macro, la conscience apparaît. Les neurones se situent à un niveau qui ne permet pas d'expliquer la conscience. Ils ne sont peut-être qu'un "appareil grossissant" pour ce qui compte vraiment et qui se situe au niveau du cytosquelette. Le niveau neuronal de description pourrait n'être ainsi que "l'ombre" d'un autre niveau, plus profond, où l'on doit rechercher le substrat physique de l'esprit.

Fin de citation

Quels algorithmes seraient capables de pondre de telles choses
Inutile d'attendre de la mécanique quantique une telle prose

Bien qu'armé de références scientifiques et mathématiques avec Gödel
Penrose est un platonicien avoué, le métaphysicien classique originel

Il est clair que si la conscience n'est qu'un phénomène biologique
Si elle s'avère n'être rien d'autre qu'un processus physico-chimique

Si les microtubules des neurones de nos cerveaux ne vibrent aucunement
S'ils ne sont pas ce "substrat physique profond" à la base de nos raisonnements

Alors nos consciences sont régies par des phénomènes biologiques ainsi que les huîtres
Le temps est venu de sonner définitivement le glas de notre "libre arbitre"


Ding dong.. ding dong ..


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Oui mais ce faisant on a juste remplacé une expression par une autre (« être conscient » = « savoir qu'on existe », c'est-à-dire ?)

Si on veut savoir si tel ou tel être est conscient, il faut un test qui permette de conclure. Par exemple on met un truc sur le bout du nez d'un animal, il ne se rend compte de rien, puis on le place devant un miroir, et là il enlève le truc sur le bout de son nez : ça prouve qu'il a compris que l'image dans le miroir était la sienne. Là on a un test objectif (je l'ai décris de façon simpliste, mais vous voyez ce que je veux dire). Je viens d'essayer avec mon ordinateur, ça n'a pas marché : cet imbécile ne s'est même pas rendu compte que j'avais posé la webcam au mauvais endroit. (En fait il me semble que la conscience ne s'applique qu'aux être vivants par définition, donc ça n'a pas de sens de se demander si une machine peut être consciente, à moins d'avoir réussi à bricoler un être vivant comme l'avait fait le Dr Frankenstein...)

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Bruno :

" (En fait il me semble que la conscience ne s'applique qu'aux être vivants par définition, donc ça n'a pas de sens de se demander si une machine peut être consciente)"

J'ai du mal à suivre les fusées stratosphériques philosophiques à la Daniel ou çui qui habite à rodriguez, mais quand même :

Bruno, si on admet que la conscience n'est pas un truc "magique", mais est un truc qui émerge naturellement d'un cerveau complexe (un chimpanzé est plus "intelligent" qu'une amibe, pour faire simple) est ce que l'on ne peut pas aussi imaginer que le jour où un ordi aura plein de logiciels intégrés, avec des miiards de miiards de miiards de connexions, il deviendra pas, lui aussi, conscient d'exister, comme HAL, pour faire simple ?

Je sais pas quoi penser de ces trucs, par contre je suis sûr d'un truc, cogito ergo sum.

S

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Richard Guillaume :
quote:
As tu une objection sur le fait de reduire le Darwinisme a une Machine de Turing?

En fait le darwinisme (un peu comme la "théorie" du big bang) n'explique pas grand chose. Son mérite essentiel, à mes yeux, est de montrer que la vie (comme le cosmos pour la "théorie" du big bang) ont une histoire. C'est un apport essentiel : casser l'idée que les choses ont été créées ex nihilo.

Ceci dit, si on pouvait construire une théorie qui explique "mécaniquement" l'évolution des espèces (et celle de l'univers) ça remettrait sur le devant de la scène l'idée même de création car tout (les étoiles, les galaxies, les planètes, les animaux, "nous") serait potentiellement présent dès l'Instant Initial. C'est pour cela que je ne suis pas d'accord avec Hubert Reeves qui voit dans l'histoire du cosmos une progression vers la complexité depuis les particules vers les atomes, les molécules, les bactéries, les animaux, les primates, et enfin "nous" suprême aboutissement de la complexité avec notre Conscience.

Je réfléchissais aux limites du darwinisme en examinant sur une plage corse la pince d'un petit crabe dont ne subsistait que la cuticule (qui ressemble à du celluloïd) et dont l'articulation est absolument admirable du point de vue de l'ingénierie. J'ai vraiment de la peine à imaginer que le simple jeu de la sélection naturelle puisse aboutir en un temps finalement assez court à un tel résultat, ne serait-ce que parce qu'il faut imaginer que toutes les innombrables étapes intermédiaires ont dû être viables et présenter un avantage sélectif par rapport aux précédentes. Y a dû falloir faire chauffer sérieusement la machine à Turing

Enfin, il me semble qu'après le "tout ADN" on commence à réaliser l'importance de l'épigénétique, ce qui complique encore la question et rend le darwinisme un tout petit peu plus simpliste .

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P Cygni,

"Ceci dit, si on pouvait construire une théorie qui explique "mécaniquement" l'évolution des espèces (et celle de l'univers) ça remettrait sur le devant de la scène l'idée même de création car tout (les étoiles, les galaxies, les planètes, les animaux, "nous") serait potentiellement présent dès l'Instant Initial. "

Là, tu poses simplement la problématique du principe anthropique...

Comme tu sais, il est "réglé" par Aurélien Barrau et consorts en mettant en plus un "super darwinisme" cosmologique, lequel pose que, dans une infinité d'univers, nous existons dans çui dans lequel nous pouvons exister.

S

[Ce message a été modifié par Superfulgur (Édité le 10-01-2016).]

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Tu as raison Super, c'est vrai que dans le cadre du "super-darwinisme" le "struggle for life" des multivers est un peu difficile à concevoir vu que, par définition, ces multivers ne communiquent pas, mais bon ...

Bref, de toutes façons, ça ne fait que déplacer le problème comme avec des poupées russes : les multivers ne sont que la conséquence "mécanique" de la théorie gravito-quantique-aurélio-barréenne

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J'ai vraiment de la peine à imaginer que le simple jeu de la sélection naturelle puisse aboutir en un temps finalement assez court à un tel résultat, ne serait-ce que parce qu'il faut imaginer que toutes les innombrables étapes intermédiaires ont dû être viables et présenter un avantage sélectif par rapport aux précédentes.

Non, justement. C'est une idée fausse. Cf Richard Dawkins au sujet de l'oeil ou des machines à ATP. La complexité de l'oeil ou des machines à ATP au niveau cellulaire, est souvent mise en avant par les créationnistes pour soit-disant mettre en doute le rôle de la sélection naturelle. Mais c'est une idée fausse, qui souvent ignore en plus la quantité importante de travaux modernes sur le sujet, impliquant entre autres des études numériques.

La plupart des travaux (paléontologiques, biologiques et numériques) montrent :

1. Que la complexité n'est qu'apparente. Si tu enlèves plein de pièces ou si tu les changes, tu n'altères pas le résultat final.

2. Qu'en réalité seuls quelques gènes impactent sur la morphologie extérieure, contrairement à l'organisation interne (quels organes, leurs connections, ...) qui elle dépend de nombreux gènes. Cf. Andrew Parker.

3. De fait la convergence évolutive s'obtient avec peu de modifications en réalité au niveau du génome, et les études sur la formation de l'oeil, par exemple, montre qu'en réalité on aboutit en peu d'étapes au résultat final.

L'efficacité de la sélection naturelle a largement été démontré numériquement. Car oui, aujourd'hui, la simulation et la modélisation informatique des processus évolutifs est un champ de la science, de plus très instructif.

La sélection naturelle fait partie d'un concept plus large, celui de sélection (peu importe comment) parmi une population d'éléments tests.
L'aspect thermodynamique du problème est connu, et mis en application pour traiter des problèmes de recherche d’optimum en physique ou en ingénierie à partir d'algorithmes génétiques mettant en jeu une sélection du plus performant.

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Bien d'accord avec toi Tournesol : nous sommes ici cernés par des gueux, des ignorants de l'état de l'art en biologie, c'est la loose !
Par contre pour une fois j'aime bien les interventions de ChiCyg : il me semble que dans tous les cas et configurations envisagées même par nos "super fusées stratosphériques philosophiques" (au rang desquelles je n'ai certes pas la prétention de me compter ! ) on ne fait que déplacer le problème...
La problématique des origines, même du point de vue de la physique la plus spéculative, reste en effet celle de la création "ex nihilo".
Une question extrêmement épineuse, qu'on l'aborde sous l'angle de la seule logique ou qu'on y incorpore des ingrédients métaphysiques, comme la plupart des humains éprouvent le besoin de le faire... (mais ce faisant en aboutissant à des paradoxes non moins redoutables )
Il n'est pas exclu d'ailleurs que cette question échappe définitivement au champ de la science, par essence, même sous l'angle du "comment ?" : si notre conscience est vraiment l'enfant de notre univers, il se peut qu'elle demeure "par construction" prisonnière du seul univers qui l'a permise ; dans ce cas les limites du cognitif pourraient hélas coïncider avec celles des lois physiques qui l'ont produite et la gouvernent...
L'hypothèse des multivers comme le souligne ChiCyg, postule tout de même en filigrane la pré-existence d'un "principe générateur" - appelons cela ainsi pour ne pas verser dans l'ambiguité du "divin créateur", même si les mathématiques qui sous-tendent toute la physique peuvent paraître divines à certains et bien énigmatiques à d'autres...
Un principe capable d'engendrer d'innombrables configurations dont une infime partie - voire une seule - aboutit à un univers viable au sens où nous l'entendons (comprenons ?) parce que nous l'habitons ; à savoir permettre l'éclosion de la vie et de la conscience...
Si l'on se heurte encore et toujours à la question des origines, c'est peut-être car elle est justement hors des limites de notre entendement : origines des univers, de la complexité, de la vie, de la conscience ?... Le problème récurrent de l'auto-analyse en somme, qui échoue, par définition contradictoire, à s'auto-objectiver en tant qu'expérimentateur et sujet d'expérience car il s'influence lui-même à chaque tentative
Ainsi la tautologie nous guette au détour du principe anthropique
Je ne peux m'empêcher de relever que cette limite du connaissable ressemble à celle qu'impose notre condition d'être vivant : condamnés dès notre naissance à la finitude, il nous est extrêmement difficile - pour ne pas dire impossible - de penser l'infini.
Notre trajectoire dans cet univers, nous nous la représentons en tant qu'individu, et à présent en tant qu'espèce, sur un intervalle borné, avec un commencement et une fin (quand bien même cette dernière reste indéterminée de notre vivant ! )
Cela ne nous fait pas plaisir mais nous devons nous y résoudre
Or c'est justement dans cette perception toute émotionnelle de notre finitude que se trouve, je crois, l'obstacle à penser notre existence consciente - pour prendre une image - à la façon dont la mécanique quantique discrétise le monde physique en orbitales probabilistes : une réalité ambivalente, à la fois ondulatoire et corpusculaire, fondamentalement unifiée mais de nature indéterminée et complexe (voire même au sens mathématique) que toute mesure/interaction détruit en la réduisant à une "entité" objectivable, identifiable, une interprétation monovalente d'un réel sous-jacent infiniment plus riche mais dont cependant la complexité se dérobe à l'instant même où nous tentons de la saisir ! (bougresse ! )
Ce constat de finitude semble bien s'appliquer non seulement à l'individu, à l'espèce, à la vie en général (au moins sur Terre) mais s'étendre à notre univers entier (selon nos observations les plus solides et les mieux établies, sans spéculer comme déjà dit sur le sexe des anges - qui demande encore confirmation )
Il découle ainsi de nos expériences vécues un sentiment de fatalité, au sens premier voire primal du terme selon qu'il est plus ou moins conscient, qui influence profondément notre façon de penser le monde.
Sentiment que ne font que renforcer les concepts fondamentaux d'entropie et d'évolution, convoqués explicitement ou implicitement plus haut dans ce fil et bien ancrés désormais chez tout humain doté d'un rudiment de culture scientifique...
Un sentiment qui nous imprègne certes, mais avec lequel nous devons néanmoins vivre - ce qui s'avère plus ou moins difficile selon qu'on soit ou non croyant ou/et peu ou prou philosophe...
C'est pourquoi je pense, que scientifiques ou pas, nous produisons sans cesse de nouvelles théories, supputations, spéculations : pour supporter la frustration, l'incompréhension, la peur du néant et de l'anéantissement auquel nous semblons inéluctablement voués.
Un destin stupide et assez vain au fond, malgré le caractère très exceptionnel dans cet univers - de notre propre point de vue - que semble nous conférer notre statut d'entité bel et bien pensante et consciente, renvoyée à son unicité et sa solitude terrifiantes par le "silence assourdissant " des profondeurs cosmiques...
La conviction chez certains qu'on mériterait mieux - c'est humain - n'est forcément pas loin... (...de la tentation si vous voyez la pomme à laquelle je fais allusion, mais dont je ne voudrais pas qu'elle devienne entre nous celle de la discorde enfants cultivés que nous sommes, donc pomme à laquelle nous avons tous croqué respectueux par principe de toutes les croyances, mais surtout de celles qui ne font de mal à personne (cependant en existe-t-il de telles ? )
On retrouve ici la racine de la dualité déterminisme/finalisme, selon qu'on adopte pour traiter la question des origines et des fins (/des finalités pour le second ) l'approche mécaniste ou téléologique

[Ce message a été modifié par Alain MOREAU (Édité le 11-01-2016).]

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Magnifique intervention mister Moreau, un vrai plaisir de vous lire !

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Superfulgur :
quote:
[...] est ce que l'on ne peut pas aussi imaginer que le jour où un ordi aura plein de logiciels intégrés, avec des miiards de miiards de miiards de connexions, il deviendra pas, lui aussi, conscient d'exister, comme HAL, pour faire simple ?

Si cet ordinateur est bel et bien un ordinateur et non un être vivant (on peut toujours imaginer construire une machine suffisamment complexe pour qu'elle soit un être vivant), alors je ne crois pas qu'on puisse dire qu'il est conscient, juste qu'il *simule* la conscience.

Un exemple pour illustrer ce que j'ai en tête : mettons qu'on place un ordinateur devant un miroir (il est équipé d'une webcam, donc il peut se voir). Va-t-il se reconnaître ? Par exemple on lui met un truc sur le bout de l'écran, va-t-il l'enlever s'il se voit dans le miroir ? Il serait très facile de le programmer pour ça (le programme compare l'image de référence à l'image qu'il observe, s'il y a un truc en plus, le programme lance l'instruction « enlève-moi ce truc que j'ai sur le bout de l'écran »), mais bien sûr ça ne signifierait pas que l'ordinateur est conscient, juste qu'il a été programmé pour en donner l'illusion.

Évidemment, mon exemple est simpliste. Oui mais même si le comportement de 'ordinateur est définie de façon plus subtile que juste quelques programmes du style ci-dessus, ça n'empêche que c'est un ordinateur et que son comportement, par définition d'un ordinateur, est défini par des programmes. Donc dans tous les cas, il me semble qu'on en revient à l'exemple simpliste (même quand c'est plus subtil) : l'ordinateur ne peut que simuler la conscience.

Mais le comportement d'un être vivant n'est-il pas, en quelque sorte, programmé (via l'ADN) ? Il me semble que ça n'a rien à voir avec l'ordinateur (par exemple ce qu'on appelle un réseau de neurones en informatique n'est pas un réseau de neurones, mais un programme qui en simule le fonctionnement), et que si le comportement d'un ordinateur (ou d'un robot) était défini par un programme de type ADN, alors on aurait créé un être vivant, comme l'a fait le Dr Frankenstein.

(Mais bon, ce ne sont que des réflexions personnelles qui n'engagent que moi...)

[Ce message a été modifié par Bruno Salque (Édité le 11-01-2016).]

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quote:
Évidemment, mon exemple est simpliste. Oui mais même si le comportement de 'ordinateur est définie de façon plus subtile que juste quelques programmes du style ci-dessus, ça n'empêche que c'est un ordinateur et que son comportement, par définition d'un ordinateur, est défini par des programmes

Exact
c'est exactement ce que Penrose veut dire. Dans son livre il utilise la pensée des mathématiciens comme exemple. Ce n'est pas pour rien, et ce n'est pas pour rendre les choses plus compliquées mais au contraire plus simples.
Dans cette vidéo:https://www.youtube.com/watch?v=eJjydSLEVlU il utilise justement le cas d'un mathématicien, (à 19'32" théorème de Goodstein) , qui trouve un théorème dont il a été démontré qu'il ne pouvait pas être dérivé de théorème pré-existant sur les nombres (entiers). Donc à la question:
Quel ensemble de règles et algorithmes le cerveau du mathématicien, considéré comme un ordinateur, a t-il utilisé pour trouver ce théorème?
La réponse est qu'il n'y a pas d'algorithme pré-existant qui aurait pu induire son cerveau/ordinateur à trouver ce théorème.
CQFD un ordinateur n'aurait pas pu découvrir ce théorème par lui même., quelle que soit sa puissance de calcul et capacité à apprendre deep machine learning or whatever.
re-CQFD le cerveau du mathématicien ne fonctionne pas uniquement comme un ordinateur.
Même si toute la partie classique du cerveau fonctionne comme un ordinateur il y quelque chose d'autre.

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Il y a une faille dans vos raisonnements :

Quid d'un ordinateur simulant un réseau de neurone ? Point de code, point de programme au sens algorithme, sinon dans la simulation du réseau. Mais au final, si on se focalise sur le réseau de neurones simulés, il n'y a pas d'algorithmes,... Les réseaux de neurones informatiques on le sait, ont des comportements parfois totalement inattendus et imprédictibles comme leurs cousins biologiques. Les réseaux de neurones informatiques "rêvent" aussi...
http://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/20150624.OBS1430/quand-google-reconnait-des-images-qui-n-existent-pas.html

https://photos.google.com/share/AF1QipPX0SCl7OzWilt9LnuQliattX4OUCj_8EP65_cTVnBmS1jnYgsGQAieQUc1VQWdgQ?key=aVBxWjhwSzg2RjJWLWRuVFBBZEN1d205bUdEMnhB

Si en plus vous considérez les projets Blue Brain et Human Brain Project, la simulation d'un réseau de neurones voir d'un cerveau humain complet, copie totalement la réalité, au point de prendre en compte les processus physico-chimiques en oeuvre dans le cerveau. La question est, dans l'hypothèse où l'on arrive à simuler ainsi la totalité du cerveau humain, ce cerveau simulé aura t'il conscience de lui-même ?
En fait, on cherche à émuler le cerveau humain, et le terme d'émuler a son importance.

Enfin, dernier point concernant l'idée qu'un ordinateur n'aurait pu découvrir tel ou tel théorème de lui-même contrairement à un matheux, c'est faux là-aussi. De nombreux travaux en mathématique et en physique ont montré qu'on pouvait concevoir justement des codes neuronaux (entre autres) capables même de "voir" ce qu'un cerveau humain ne verrait pas, et donc de proposer des théorèmes...

Et encore, là je parle de petits réseaux de neurones, pas d'un ensemble comparable à celui d'un cerveau humain.

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quote:
Dans cette vidéo:https://www.youtube.com/watch?v=eJjydSLEVlU il utilise justement le cas d'un mathématicien, (à 19'32" théorème de Goodstein) , qui trouve un théorème dont il a été démontré qu'il ne pouvait pas être dérivé de théorème pré-existant sur les nombres (entiers).


C'est une illustration du théorème de Gôdel sur l' arithmétique:
Le "théorème de Goodstein" n'est pas un théorème dans le système d'axiome de Peano (qui regroupe, pour faire simple, les axiomes qui suffisent pour faire des calculs sur les nombres finis).
Pour le prouver il faut ajouter des axiomes supplémentaires (et donc, changer de théorie des nombres).
quote:

Donc à la question:
Quel ensemble de règles et algorithmes le cerveau du mathématicien, considéré comme un ordinateur, a t-il utilisé pour trouver ce théorème?


Les mêmes que d'habitude : l' imagination (pour exprimer la conjecture, puis ajouter les axiomes qui manquent) et le calcul (de logique formelle), pour s'assurer d'une part que la nouvelle théorie est toujours cohérente, et d'autre part, que la conjecture est prouvable dans cette nouvelle théorie.

Simuler ça par ordinateur est difficile, mais pas impossible si on autorise d'introduire le hasard dans l' algorithme de simulation :
On remplace la phase "imagination" par un tirage aléatoire de formule (pour fabriquer la conjecture), puis un tirage aléatoire d'axiome (pour étendre la théorie). Ensuite, on laisse une machine de Turing classique s'assurer de la cohérence de la nouvelle théorie, et de la véracité de la conjecture dans cette théorie.

Puis on laisse cuire jusqu'à ce que le système sorte le théorème de Goodstein.
ça risque d'être long, mais j' ai comme l' impression que ça marche, non ? Evidemment, on ne peut pas prouver que ça marche à tous les coups pour n'importe quelle combinaison "théorème, théorie" (on tombe pile poil dans le "problème de l' arrêt"). Mais c'est pareil pour un mathématicien biologique

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