Visite du Kennedy Space Center


quelques photos de vacances...

( Miami, Floride, U.S.A )



Les Etats-Unis, un pays mythique, légendaire pour certain, un pays de conquête qui nous a fait rêver et qui fait encore rêver.
Pour nous, passionné d'astronomie et de toutes les sciences de l'espace, il y a un lieu que nous aimerions visiter , un lieu qui est chargé d'histoire et qui respire la conquête spatiale américaine.
La Floride, 27ème état, située sur la côte Est des Etats-Unis près du golfe du Mexique est très connu pour ses orangeraies, son climat tropical, ses plages magnifiques mais aussi et surtout pour le centre spatial Kennedy, ex-cap Canaveral.
Celui-ci est à environ une heure de voiture à l'Est d'Orlando ( la ville de Mickey…) et couvre 34 000 hectares de terres, de marais et de voies navigables.
Il abrite deux rampes de lancement, une des pistes d'atterrissage les plus longues du monde et le troisième bâtiment du pays de par sa taille.

Le 08 août 1999, je suis allé au KSC afin de visiter ce complexe historique duquel fut lancé le premier homme sur la Lune en 1969.

Pour se rendre au centre spatial, nous devons d'abord emprunter la NASA causeway West et franchir un pont qui nous fait arriver sur l'île où se trouve le complexe.
On peut déjà apercevoir le VAB au loin, laissant entrevoir son gigantisme.

Après quelques kilomètres à travers les marais, nous arrivons aux portes du KSC Visitor Complex.

La visite du centre est payante.
Vous avez le choix entre deux types de parcours. Le circuit bleu ( minimum de visite) et le parcours rouge ( maximum access + IMAX ).
Je vous conseille le deuxième choix, car il serais regrettable de faire plus de 8 000 km et de ne voir qu'une partie de toutes les installations….

Une fois acquittés de votre droit d'entrée, vous pouvez commencer la visite en car d'une partie des installations (celles ouvertes au public...).

Le bus climatisé.. vous fait parcourir un trajet à travers le centre en coupant à plusieurs reprises la crawler way, cette route qui part du Vehicle Assembly Building ( VAB) vers les deux pas de tir, 39A et 39B.
Biensûr, on peut apercevoir l'un des deux transporteurs à chenilles, le Crawler, qui est chargé de transporter la navette jusqu'à son pas de tir.
Il a la superficie équivalente à la moitié d'un terrain de football et pèse plus de 2 727 tonnes.
La vitesse normale de cet engin est de 1,6 km/h lorsqu'il transporte la navette.
A vide, sa vitesse peut atteindre 3,2 km/h !..
Une des caractéristiques du crawler, est son système hydraulique qui permet au tracteur géant de transporter la navette sur la légère pente du pas de lancement tout en conservant la navette parfaitement de niveau.
Ces deux véhicules, ont été classés "  National Historic Mechanical Landmark " par l' "American Society of Mechanical Engineers " en 1977.

En passant devant le crawler, notre regard est attiré par l'immense bâtiment , le VAB , ou les fusées Saturne V et maintenant la navette étaient assemblées.
Haut de 175 mètres , avec une superficie de 32 376 m2 et un volume de 3 664 833, le VAB est le troisième bâtiment du monde de par sa taille et peut-être aperçu à des kilomètres à la ronde !
Il a été conçu pour l'érection simultanée de quatre fusée lunaires Saturne V et reste le symbole le plus visible du Kennedy Space Center et de la Florida Space Coast.

Launch Complex 39

Le bus , nous dépose au pied de la tour d'observation du Launch Complex 39.
Ici, nous pouvons assister à des animations réalisées à l'aide de maquettes nous montrant les différentes étapes dans le lancement de la navette.
Des panneaux exposent des différents vues dans le montage de cette dernière .
Des boutiques sont à notre disposition pour acheter des souvenirs de toutes sortes…( casquettes, tee-shirts, porte-clés, pim's, fanions, etc.…)

Depuis la tour d'observation , au pied de laquelle se trouve un des moteurs de la navette, on peut admirer les différents pas de tir.
Non seulement, de la navette et des Saturne V (pad B , pad A) mais aussi des autres pas de lancement tel que celui des Titan, des Starbird, Atlas sans oublier ceux réservés aux militaires à savoir les Pershing, Polaris, et autre Delta….
Les deux pas de tir des navettes sont pratiquement identiques. Ils sont tous deux de formes plus ou moins octogonale avec le pas de tir surélevé construit de 52 000 mètres cubes de béton armé.

Des réservoirs d'hydrogène liquide et des combustibles à base d'hydrogène liquide , ainsi que des produits chimiques toxiques utilisés pour l'alimentation des jets de direction et du système de manœuvre sont situés à l'intérieur des enclos des pas de tir.

Chaque pas comprend deux grandes tours grises. La plus grande est appelée "  Fixed Service Structure ". Elle comprend l'ascenseur et le bras amovible que les astronomes utilisent pour monter à bord de la navette.
La tour la plus petite et plus carrée est appelée " Rotating Service Structure " ou RSS.
La RSS tourne sur une gigantesque charnière et couvre entièrement la navette lorsqu'elle est sur le pas de tir. Elle protège la navette du mauvais temps et permet aux travailleurs d'accéder à la soute de la navette.

Une autre caractéristique des pas est une tour ressemblant à un château d'eau qui contient 1,1 millions de litres d'eau.
De l'eau est aspergée sur le pas de tir juste avant le lancement pour absorber une partie du bruit.
Ce qui est incroyable et très émouvant, c'est d'imaginer que se sont les mêmes pas de tir qui ont servi durant la période des Apollo/Saturne V.

La prochaine étape où nous conduit le bus, nous amène au Apollo/Saturne V Center.

Un immense hangar à l'intérieur duquel, on peut admirer et toucher un, je veux dire le joyaux de la conquête spatiale américaine : une Saturne V complète et couchée.
moteur de Saturn V
Vous prenez ,à ce moment là, conscience de la grandeur, du gigantisme et de la démesure des américains.
111 mètres de haut, 2600 tonnes de puissance pour élever les 2400 tonnes que représente la Saturne V.
Un total de 13 fusées Saturne V ont décollé du KSC, 2 vols d'essais sans équipage, 10 vols avec équipage et une fusée Saturne V modifiée pour transporter le laboratoire orbital SKYLAB.
J'ai ressenti une forte émotion en contemplant ce bijou et en imaginant les sensations que les pionniers de l'espace ont pu avoir au moment du décollage…

Tout autour de la fusée, se trouve de nombreuses expositions qui couvrent des aspects spécifiques du programme Apollo.
On peut admirer, un authentique Lunar Excursion Module et le Command Service Module.
Il ne faut pas oublier aussi , la véritable combinaison spatiale de Jim LOVELL, le commandant de bord de la mission Apollo 13.
Pour les mordus de roche lunaire, on peut toucher un fragment de quelques grammes qui se trouve néanmoins bien protégé.

salle de lancement

La visite se poursuit par un spectacle multimédia relatant l'histoire l'histoire de la NASA jusqu'à la mission Apollo 8.

Une des attractions qui m'a le plus amusé, est la simulation du compte à rebours du lancement d'Apollo 11 dans le Flying Room Theater qui est une reproduction de la salle de contrôle et de lancement du KSC.

Nous remontons dans le bus, après ce moment d'excitation, pour nous diriger vers le "  International Space Station Center ".
Nous montons sur une passerelle qui nous amène dans un hangar duquel nous pouvons regarder certains modules qui serviront à la Station Internationale.

Des techniciens vêtus de leurs combinaisons, s'affairent autour des modules .
Des pays de chaque continent joignent leurs efforts pour créer cette station qui pèsera prés de 500 tonnes et dont la superficie couvrira prés de deux terrains de football ! ! !

Le jardin des fusées

Lorsque vous retournez au point de départ, la visite n'est pas terminée puisqu'il vous reste encore les installations qui se trouvent à l'entrée du centre.
Vous pouvez vous diriger vers le " Jardin des fusées " .
Les premiers pas dans l'espace ont été possibles grâce aux fusées exposées dans ce jardin.
Les premiers satellites utilitaires mis en orbite, le premier américain dans l'espace, le premier vaisseau spatial en orbite avec deux hommes à bord et les premières sondes envoyées sur d'autres planètes ont tous été lancés par les fusées américaines qui y sont fièrement exposées.

A l'exception de la gigantesque fusée Saturne 1B qui est couchée, toutes les fusées étaient à l'origine des missiles militaires adaptés pour la NASA pour l'exploration pacifique de l'espace.
Ensuite, vous pouvez vous diriger vers le GALAXY CENTER pour assister à la projection de films en IMAX, sur des écrans haut de cinq étages et demi…
Des prises de vues impressionnantes prises dans l'espace par les astronautes donnent à chacun des films une sensation de " comme si vous y étiez.. "
Il y a même un film qui donne un aperçu sur ce que la vie d'une colonie orbitale pourrait être dans le futur.

Des boutiques et des salles de restaurants sont à votre disposition si vous avez un creux après cette grande visite.

Lorsque vous repartirez avec la tête remplie de souvenirs, n'oublier pas de vous arrêter au HALL OF FAME qui est un centre dédié aux sept premiers astronautes de la conquête spatiale.
L'étoffe...
Vous y verrez des documents inédits, des capsules , des maquettes, et vous pourrez même effectuer un vol dans une navette grâce à un simulateur de vol (coeur fragile s'abstenir !).
capsule Mercury Capsule Gemini IX

Un petit détour s'impose avant de terminer cette visite.
Il s'agit du Miroir de l'Espace.
Miroir de l'espace
Ce monument national High Tech dédié en Mai 1991 aux héros américains tombés, occupe 2,4 hectares du Complex des visiteurs.
Les noms des astronautes américains qui sont morts dans l'exercice du devoir sont gravés sur la surface en granite noir polie comme un miroir.
Le miroir est conçu pour permettre à la lumière du soleil de le traverser pour être reflétée par derrière par des miroirs. L'effet produit donne l'impression que les noms des astronautes flottent parmi les nuages dans le ciel.

Je suis reparti de cette journée bien chargée avec une grande joie et une grande satisfaction.
C'est un endroit chargé d'histoire où l'on peut ressentir tout le point de cette aventure humaine qui a conduit l'homme sur la Lune le 21 juillet 1969 et qui continue encore.


- Marc Le Foll, Août 99