Week-end à l'O.H.P.


4 et 5 décembre 99, observatoire de Haute-Provence.


On les a vus, ils existent vraiment.

Tout a commencé un samedi de décembre alors que nous roulions sur une route départementale à la recherche de notre chemin.
Un peu fatigué par les deux heures de route en partie sinueuses , c'est à ce moment que nous les avons vu : pas les envahisseurs comme David Vincent mais la grande coupole abritant le T193 de l'observatoire de Haute-Provence.
Arrivée devant l'entrée, une barrière nous empêche de pénétrer dans ce temple de l'astronomie et de l'astrophysique. Le gardien, depuis la fenêtre de sa maison, nous fait signe de rentrer tout en manoevrant la dite barrière.
Un grand moment d'excitation et d'enthousiasme nous envahi. Nous sommes dans le lieu où la première planète extra-solaire a été découverte.
Le cadre est très agréable. Les différentes coupoles sont situées un peu partout sur le domaine et entourées d'une végétation typique de la région ( chênes, garrigue ). Il y a le T193, le T800, deux T150, et un T400.

Le groupe est composé d'une quinzaine de personnes de tout âge dont cinq membres de notre club. Nous allons pouvoir visiter les installations et observer , après un repas, avec le télescope de 800 mm.

Visite guidée.

Ce petit séjour est organisé par l'OHP et par le centre d'astronomie de Saint Michel l'observatoire. Nous commençons donc par la projection d'un film qui nous présente le site et les missions de l'observatoire. Nous nous dirigeons ensuite vers le bâtiment où se trouve la salle de restauration et quelques chambres. Celles-ci sont réservées aux astronomes qui travaillent le jour et dorment la nuit. A 70 mètres, un autre bâtiment abrite des chambres qui sont destinées ,elles, aux astronomes qui travaillent la nuit et dorment le jour. Ce bâtiment est isolé afin que les personnels ne soient pas dérangés la journée.

Le T193

La suite de la visite nous amène dans la coupole du T193.
Là , un technicien de l'observatoire nous explique l'histoire de ce télescope et son fonctionnement. Il fera déplacer les 44 tonnes de l'instrument ainsi que la coupole. Grandiose de voir l'ensemble se mouvoir avec une telle aisance…. On se laisse à imaginer au VLT et ses miroirs de 8,2 mètres. Nous descendrons ensuite quelques étages afin de nous rendre dans la salle où se trouve les ordinateurs servant au pointage, au guidage et à l'acquisition des images à l'aide d'instruments électroniques.
Console du T193 Console du T193
Console de commande Salle des ordinateurs


Le T193 peut prendre plusieurs formules optiques en fonction de son utilisation. La plus grande configuration permet d'obtenir une focale de 64 mètres !
Le technicien nous a expliqué qu'il avait projeté une Lune de 70 cm de diamètre sur le sol de la salle des ordinateurs !

Au rez-de-chaussée du bâtiment abritant ce télescope, nous pénétrons dans la salle d'aluminure. Salle d'aluminure Nous nous arrêtons devant la cloche dans laquelle les différents miroirs sont installé en vue du traitement.

Le miroir du T193 est descendu par une trappe qui arrive directement dans la salle. Le procédé est unique et semble être le meilleur...
Après avoir débarrassé le miroir de son aluminure, celui-ci est placé dans la cloche qui est mise sous vide. Ensuite des résistances sur lesquelles se trouve de l'argent et qui sont placées tout autour de la cloche sont chauffées entraînant une évaporation de celui-ci qui se dépose sur la surface du miroir.
Toutes ces opérations sont effectuées tous les douze mois sur les différents miroirs des télescopes de l'OHP.

Le technicien nous explique qu'il existe d'autres procédés mais celui-ci semble être au pont et très efficace.
D'ailleurs les amateurs désirant réaluminer leurs miroirs peuvent le faire à l'O.H.P.

Après cette visite, nous nous rendons à la salle à manger où nous attend un repas des plus sympathiques dans un cadre convivial où se mêlent des sujets de conversations variés, et n'ayant rien à voir avec l'astronomie pour certains d'entre eux...

Le centre astro.

le sidérostat Après avoir pris des forces nous nous dirigeons vers le Centre d'Astronomie qui se trouve à l'extérieur du site. Là-bas, une coupole abritant un T60 nous attend. Le centre est bien équipé et présente une structure d'accueil digne de faire rêver les petits clubs d'amateurs.
Un bâtiment abrite le sidérostat, un instrument d'observation permettant de projeter l'image du soleil sur un grand écran dans une salle pouvant recevoir 60 personnes.

Après quelques explications sur le fonctionnement de cet appareil, nous sommes invités à nous rendre dans la couple de T600.

Le ciel n'étant pas des plus radieux , nous nous jetons sur Jupiter. Le résultat est un peu décevant du fait d'une météo médiocre en ce début de soirée. L'instrument reste néanmoins intéressant et laisse rêveur plus d'un d'entre nous…..

Tous au 800.

Nous repartons vers l'OHP, où nous attend le T800 pour toute la nuit. Les nuages s'effacent peu à peu et font place à un ciel des plus étoilés……

Après quelques explications et réglages de l'instrument, nous pointons les premier objets et biensûr Saturne. Viendront ensuite des galaxies, des nébuleuses pour ne citer que M42, M76, le Clown , …..etc. .
Nous aurons l'occasion de faire de nombreuses acquisitions d'images à l'aide d'une caméra CCD.




Les avis seront très partagés sur la qualités et le rendu des objets observés à l'oculaire. Il est à noter que tous ces instruments sont maintenant destinés à l'imagerie électronique. Certains d'entre nous, pensaient obtenir avec un 800 mm une vision extraordinaire des objets observés mais grande fut leur déception. En effet , le télescope était monté en SCHMIT-CASSEGRAIN et non en NEWTON. Le champ était petit, malgré un faible grossissement et donc peu lumineux.

La nuit se prolongea jusqu'au petit matin, alors que certains étaient déjà couchés en faisant des rêves d'astronomes.
Le dimanche matin, vers dix heures, nous prîmes un petit déjeuner avant de reprendre la route plein de souvenirs dans nos têtes et heureux de ce séjour à l'OHP.

- Marc Le Foll