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L'eau, l'or bleu

Le symbole Dogon de l'eau.

L'eau dans le monde (II)

L'or bleu : l'eau en otage

La mythologie dogon dit que c'est la vapeur d'eau qui créa le monde et l'union de deux eaux qui créa la vie. Nommo, le dieu-eau gère ainsi l'univers. Ce mythe pourrait un jour devenir réalité.

Si nous ne prenons aucune mesure pour limiter notre consommation d'eau, selon l'ONU, d'ici 2050 l'eau pourrait devenir un enjeu économique aussi puissant que l'est aujourd'hui le pétrole; à l'avenir l'eau pourrait faire l'objet de tous les chantages. C'est dire toute l'importance de cette ressource que d'aucuns appellent déjà " l'or bleu ".

Ainsi que nous l'avons évoqué, si l'eau devient rare, son appropriation peut devenir source de conflits. Aujourd'hui, plus de 40% de la population mondiale est établie dans les 250 bassins fluviaux transfrontaliers du globe. Autrement dit, toutes ces populations se trouvent dans l'obligation de partager leurs ressources en eau avec les habitants d'un pays voisin. Si les mentalités européennes nous mettent à l'abri de grands conflits, il est des pays à l'humeur plus sanguine où un fleuve traversant les terres peut devenir un véritable instrument de pouvoir aux mains du pays situé en amont. Comme un barrage érigé sur un fleuve, celui qui maîtrise du débit de l'eau dirige l'avenir économique de son pays et la bonne santé de ses habitants.

La fleur de lotus, fleur d'eau par excellence, semble tirer sa vitalité de nulle part. C'est le symbole bouddhiste de la renaissance, de la vérité et de la paix, tout un programme. Document Webshots.

Le rôle stratégique de l'eau n'est pas nouveau. Les historiens rapportent qu'en 1503 déjà, Léonard de Vinci conspirait avec Machiavel pour détourner le cours de l'Arno en l'éloignant de Pise, une cité avec laquelle Florence, sa ville natale, était en guerre.

Au Moyen Âge, les désordres sociaux en Afrique orientale ont coïncidé avec les périodes de sécheresse. Dans les sociétés asiatiques, l'eau était un instrument de puissance politique : l'ordre social, les répressions et les crises politiques dépendaient des caprices des pluies.

Aujourd'hui encore, au Proche-Orient par exemple, l'eau est source de tensions politiques. Ainsi l'Égypte, entièrement tributaire du Nil pour ses ressources en eau, doit néanmoins partager celles-ci avec dix autres États du bassin du Nil, notamment avec l'Éthiopie où le Nil bleu prend sa source, et avec le Soudan. La Turquie est le berceau du Tigre et de l'Euphrate qui alimentent l'Irak et la Syrie. Jadis la Turquie n'a pas hésité à ériger des barrages sur le cours supérieur de l'Euphrate afin de réguler selon son humeur politique le débit en aval et la pression sur ces ennemis.

Pour certains experts, avec l'explosion démographique et l'accroissement des besoins, ces tensions pourraient se multiplier à l'avenir. L'ONU doit donc tout mettre en œuvre pour changer les mentalités et calmer l'atmosphère houleuse qui risque de se développer si les discussions se transforment en palabres. D'autres en revanche pensent que la gestion commune de l'eau peut calmer les tensions internationales. Ils mettent par exemple en avant la coopération entre l'Inde et le Pakistan qui, au plus fort de la guerre qui les opposait dans les années 1960, n'ont jamais interrompu le financement des travaux d'aménagement qu'ils menaient en commun sur le fleuve Indus.

L'eau, une question politique

L'eau étant une ressource vitale et universelle, c'est-à-dire nécessaire à tous et que l'on doit partager, depuis les années 1980, les rencontres internationales sur l'eau se sont multipliées, signe d'une inquiétude des États participants qui reconnaissent tous qu'il est important de gérer durablement cette ressource très précieuse.

Si on n'y prend gare, l'eau sera un outil de pouvoir d'ici 50 ans, principalement dans les pays du tiers-monde. Document Corporate responsability.

Bien que ce débat touche de plus en plus de nations, jusqu'à présent toutes ces rencontres n'ont  aboutit à aucun résultat concret, les Etats ne parvenant pas à définir une stratégie d'action commune.

Lors de la première conférence internationale sur l'eau qui se déroula à Mar del Plata en Argentine en 1977, l'eau fut définie comme un "bien commun", un bien auquel chacun devait pouvoir accéder pour ses besoins primordiaux. Mais à cette conception toute théorique s'est progressivement substituée, au fur et à mesure de sa raréfaction, une vision beaucoup plus pragmatique et marchande : en 1992 à la conférence de Dublin, l'eau fut cette fois clairement déclarée "bien économique".

En 1997, au cours du premier Forum mondial de l'eau qui s'est tenu à Marrakech au Maroc, 4500 représentants d'un peu plus de 100 pays exprimèrent leur crainte de voir l'eau devenir, comme le pétrole, une denrée monnayable et chère à courte échéance, et l'enjeu de nouvelles guerres.

Aujourd'hui le constat est unanime parmi les experts : une crise grave peut se produire si les gouvernements n'améliorent pas leur gestion des ressources en eau.

Quels sont les remèdes pour enrayer cette crise ? Les opinions divergent. Certains participants parlaient de privatiser le secteur de l'eau à l'échelle mondiale mais de nombreuses ONG condamnèrent cette vision "technico-économique et marchande" et relancèrent l'idée que l'accès à l'eau devait faire partie des droits fondamentaux de l'homme, l'eau doit être gratuite ou tarifé à prix coûtant.

A l'issue de ce Forum, les divers ministres de l'environnement ou des ressources hydriques se sont finalement entendus pour rédiger une déclaration commune qualifiant l'eau d'élément "indispensable à la vie et à la santé des hommes et des écosystèmes et une condition fondamentale au développement des pays".

Actions pour demain

Le deuxième Forum mondial de l'eau s'est tenu en 2000 à La Haye. Si les participants se sont accordés pour juger qu'un changement de politique global est impératif, nous sommes encore loin d'avoir transcrits dans les textes et des actions concrètes les solutions visant à changer la situation actuelle.

En effet, deux conceptions opposées s'affrontent quant à la manière de procéder pour préserver nos ressources en eau. La principale inquiétude concerne les pays en développement. Dans ces pays, les réseaux de production et de distribution de l'eau répondent rarement aux normes de potabilité. Selon le Conseil mondial de l'eau, si rien n'est fait, la démographie de ces pays et surtout des pays du Sud va entraîner de très graves problèmes d'approvisionnement en eau potable.

D'énormes investissements seront donc nécessaires pour moderniser les réseaux existant et créer de nouveaux équipements (usines de production, réseaux de distribution, stations d'assainissement), mais aussi pour développer de nouveaux systèmes d'irrigation. Ces investissements ont été évalués par le Conseil mondial de l'eau à 180 milliards de dollars par an pour les 25 prochaines années, contre 75 milliards de dollars actuellement investis chaque année.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, les pays pauvres ne pouvant supporter ces investissements, le Conseil de l'eau recommande fortement de faire appel aux investisseurs privés, lesquels ne gèrent aujourd'hui que 5 % des ressources mondiales. Le Conseil de l'eau accepte également l'idée d'attribuer un prix à l'eau, évalué sur la base de son coût total (production, distribution, assainissement) et dans le cadre de la libre concurrence et du libre commerce à l'échelle internationale, un prix qui serait directement répercuté sur les consommateurs.

A gauche, la mangrove du Coeur de Voh photographiée en 1990 sur la côte ouest de la Nouvelle Calédonie française. C'est un motif naturel qui nous fait encore plus aimer notre planète qui nous le rend bien. Comme dans les Everglades ou en Amazonie, il s'agit d'une région d'eau douce mêlée d'eau salée où se trouve parfois des zones surélevées et sursalées appelées tannes. Voici une autre photographie du Coeur de Voh prise en 2002. Le motif situé près de la ville de Voh a pratiquement disparu suite à la montée des eaux comme le montre cette autre image satellite de Google maps. L'endroit est totalement vert. Au cours du siècle dernier la moitié des mangroves ont disparu. A droite, les chutes du Niagara vues depuis le Canada. Ici l'eau n'attire pas le poisson mais 12 millions de touristes par an ! 2.8 millions de litres d'eau s'écoulent chaque seconde d'une hauteur de 52 m. Documents Yann Arthus-Bertrand et Niagara Parks.

Mais une nouvelle fois les ONG ont vivement critiqué cet aspect commercial, où l'État ne jouerait plus qu'un rôle de "simple régulateur". Selon les ONG, une telle privatisation se ferait toujours au détriment des populations les plus pauvres de la planète et n'assurerait pas forcément une plus grande efficacité. Ce serait en revanche susceptible de favoriser la corruption. Les ONG réaffirmèrent leur conviction selon laquelle l'eau est un "droit fondamental" pour tous.

Plus que le mode de gestion, c'est la question de la fixation du prix de l'eau qui est au cœur du problème. Beaucoup d'ONG pensent qu'effectivement le prix de l'eau devra couvrir les frais de traitement, de distribution et de dépollution, mais refusent qu'il soit fixé par le marché. Cependant, même dans ces conditions, payer l'eau restera hors de portée des populations les plus pauvres.

En conclusion, le défi majeur du XXIeme siècle en matière d'environnement sera donc en priorité d'assurer la rentabilité de la gestion de l'eau, tout en garantissant aux plus pauvres le droit d'accéder à cette ressource vitale. C'est un choix politique.

Pour plus d'informations

Les questions relatives à l'eau sont très bien prises en charge en Occident. Quantité d'organismes publics et de sociétés privées apportent des conseils techniques aux élus, aux industriels et aux agriculteurs. Elles leur fournissent des aides financières afin d'entreprendre les travaux nécessaires pour lutter contre la pollution des eaux et proteger les ressources en eau.

Les intercommunales ou les agences de l'eau perçoivent des redevances auprès des différents usagers de l'eau pour la pollution que ceux-ci occasionnent ou pour les prélèvements d'eau qu'ils effectuent. Ces fonds sont ensuite redistribués sous forme d'aides financières (prêts, subventions) aux collectivités locales, aux industriels et aux agriculteurs pour la réalisation de travaux d'assainissement et des réseaux de collecte des eaux usées, mise en place de procédés de production plus économiques, plus propres, etc.

En français

Plaidoyer : quand la Terre tourne à l'envers (sur ce site)

L'eau à découvert, Agathe Euzen, CNRS Editions, 2015

Directives pour la qualité de l'eau de boisson, OMS, 2011

D'où vient l'eau des océans, U.Liège

Analyse de 240 eaux minérales (fichier .xls de 54 KB)

Manifeste de l'eau, Riccardo Pettrela et Mario Soares, Labor, 1998

Centre d'information sur l'eau (F)

Office international de l'Eau (F)

Société Publique de Gestion de l'Eau (SGPE, B)

Center for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED, B)

Environnement Wallonie

Eau de France

Bataille planétaire pour l'or bleu, 1997, Le Monde diplomatique

Le génie et le pouvoir de l'eau, Olats

Eau Vive (Education)

L'eau, CNRS

L'eau, ENS-DESCO

Biorevo (lessive bio)

Kits d'analyse de l'eau

Kit Analyse (F)

Orchidis (F)

Trousses multiparamètres, HANNA Instruments

Analyse bactériologique, Lab. Bio-Services (Can.)

Zayo

Chemetrics

Tetra

En anglais

Ocean, portail du Smithsonian

Global Change Master Directory, NASA/GCMD

Global Change, GCRIO

World Water Assessment Programme, UNESCO

Water cycle, NOAA

Water on the web (lake ecology)

Global Invasive Species Database

La culture de l'eau dans la préfecture de Kansai, Japon, KIPPO

Desalination Journal

Directives européennes

91/271/CEE (PDF) du 21 mai 1991 relative au traitement des eaux urbaines résiduaires

2000/60/CE (PDF) de 23 octobre 2000 établissant un cadre politique communautaire dans le domaine de l'eau

Aquariophilie

Association Aquariophilie

Passion Bassin

Aqua Design Amano (Japon, QG) (Aquariums ADA)

About Amano Takashi (commentaires, interviews)

Critique du livre "Nature Aquarium" World d'Amano Takashi (en anglais)

Forum fr.rec.aquariophilie

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