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Histoire du programme SETI

Document Lombry.

Avant-propos (I)

Avant de commencer, précisons que SETI et les OVNI n'ont rien en commun. Et ne me dites pas que tous deux concernent les extraterrestres... Les observations alléguées de soucoupes volantes et autres triangles n'ont à l'heure actuelle convaincu aucun homme de science. Des OVNI ont été observés depuis plusieurs siècles mais aucun événement ne prouve qu'il s'agit de visiteurs extraterrestres.

Ainsi que nous l'expliquerons dans le dossier consacré au phénomène OVNI, nous n'avons que des indices et non des preuves témoignant de la présence de "soucoupes volantes" ou d'êtres extraterrestres; nous disposons d'enregistrements photographiques et de films, d'enregistrements d'échos radars, de "lock on" d'avions militaires ainsi que des traces de brûlures sur les objets ou certaines victimes. Mais malgré toutes les histoires d'abduction par des extraterrestres que nous relatent principalement les Américains, les autopsies de soi-disant créatures telle celle de Roswell et bien d'autres allégations, il n'existe à ce jour aucune preuve physique faisant état de l'existence d'extraterrestres.

Quant aux rumeurs selon lesquelles les militaires en auraient capturés ou testent leurs soucoupes volantes dans la "Zone 51", il n'existe aucune preuve physique pouvant étayer cette hypothèse quoiqu'en pense le Dr Stanton Friedman de l'Université de Chicago et fervent défenseur de cette hypothèse.

Comme les scientifiques ne cessent de le répéter aux ufologues, le statut d'une hypothèse ne se détermine pas par la quantité de faits observés, mais par leur qualité car une théorie trouvera toujours des adeptes. Aussi, dans le doute, ayons l'esprit critique. Ceci étant précisé, revenons si vous le voulez bien à SETI.

La radioastronomie

En construisant son télescope à miroir, Newton a probablement remarqué ses limites. Que peut-on faire lorsque la lumière est cachée par un nuage ou lorsque le temps est maussade ? L'invention du radiotélescope remonte à Karl Jansky et démontra rapidement sa supériorité sur l'astronomie optique.

A ce jour la radioastronomie nous permet de franchir des distances extragalactiques jusqu'aux confins de l'univers. Nous pouvons l'utiliser 24 heures sur 24, sur un large spectre de fréquences. La méthode est moins coûteuse que l’astronautique par exemple, rapide, évidente pour une autre civilisation, car il nous faut "dialoguer" avec qui que ce soit, sans tenir compte de son degré d'évolution, il faut qu'il découvre cette méthode sans devoir y appliquer trop de règles.

Le radiotélescope mis au point par Karl Jansky en 1930 lui permit de découvrir le rayonnement radioélectrique des étoiles et la Voie lactée. Grâce à cette invention aujourd'hui les radioastronomes sont capables d'enregistrer l'émission des atomes situés aux confins de l'univers.

Document Bell Labs.

Le débat est lancé. La radioastronomie a-t-elle pour but de rechercher une "civilisation" extraterrestres où est-ce un moyen d'appréhender la nature[1] ? A priori c'est une erreur d'imaginer la vie dans l'univers en termes de "petits hommes verts". Scientifiquement parlant, aucune théorie ne vient étayer cette hypothèse. Nous n'avons à ce jour aucune preuve de l'existence d'une autre forme de vie dans l'univers. Le débat qui nous occupe concerne notre curiosité intellectuelle. Philosophes, biologistes et astronomes se sont à toutes les époques posé une question : Pourquoi existons-nous ? A défaut de trouver une réponse simple, nous pouvons orienter le débat vers une approche plus réaliste.

Nous avons déjà dit que dans l'univers il existe un langage commun. Les lois de la nature ont conditionné la science, car communes à tout l'univers observable pour une raison qui nous échappe encore : les lois de la physique quantique sont partout les mêmes. Le spectre d'une bougie est identique sur Terre et probablement à 15 milliards d'années-lumière d'ici. Bien que le spectre d'une flamme n’est pas identique à celui d'une étoile, nous comprenons parfaitement l’un et l’autre. Si la vie est un phénomène convergeant dans l'évolution de l'univers, on peut poser les conditions de son existence et se demander si l'histoire de la Terre peut se reproduire ailleurs.

Posé en ces termes, le radiotélescope se transforme en un outil très précieux. Ainsi le plus grand radiotélescope fixe actuellement en fonctionnement est à Arecibo, sur l'île de Porto-Rico. Tellement vaste, sa parabole épouse le fond d’un volcan éteint sur lequel pousse une végétation tropicale. Avec son antenne fixe de 300 mètres de diamètre, cet instrument pourrait capter les signaux d'une civilisation identique à la nôtre à 15000 années-lumière, si elle utilise une antenne de la même puissance et sensibilité.

Pure spéculation pour les uns, hypothèse raisonnable de travail pour les autres, il est un fait qu’entrer en contact avec une civilisation extraterrestre serait très précieux. Car si cette civilisation a survécu tant à l’évolution stellaire que géologique, cela signifie qu'elle a aussi appris à survivre, que l'autodestruction n'est pas inévitable.

Mais la radioastronomie n'est pas une discipline à sensations qui émeut les média. Elle n'a qu'une utilité scientifique pour le public. Pourtant cette science n'est pas chère. En frais de fonctionnement, elle équivaut en une année de recherche au portefeuille journalier réservé à la Défense nationale d’une démocratie occidentale...

L'histoire des programmes SETI

Cela n'a pas empêché les astronomes d'essayer de capter ces éventuels signaux en provenance de civilisations extraterrestres. Tout commença en 1959, lorsque le magazine anglais Nature publia un article de deux physiciens, Giuseppe Cocconi alors à l'Université de Cornell et Philip Morrison du MIT intitulé "Searching for Interstellar Communications"[2].

A gauche, l'équipe du projet OZMA près de l'antenne de 26 m (85') de Green Bank. Le Pr.Frank Drake se tient debout à la 2eme place à partir de la droite. A droite, l'antenne de 42 m (140') de Green Bank du NRAO inaugurée en 1959.

Indépendamment de tout projet les deux auteurs faisaient remarquer que si des civilisations extraterrestres existaient, elles se manifesteraient probablement en émettant des signaux radioélectriques sur la raies de l'hydrogène neutre à 21 cm de longueur d'onde (1420 MHz).

Leur projet tombait à pic car les premiers radiotélescopes venaient juste d'entrer en service, celui de Cambridge en 1958 et NRAO en 1959 (Arecibo sera opérationnel en 1963). C'est à cette époque que les radioastronomes prirent conscience qu'ils pouvaient non seulement étudier les radiosources naturelles mais également scruter le ciel en quête d'éventuels signaux provenant de civilisations extraterrestres.

Située à 11.9 a.l., Tau Ceti est une étoile naine jaune (G8 Vp) de la Séquence principale, de 0.82 Ms et 41% plus pâle que le Soleil. A ce jour ce système n'abrite aucune exoplanète. Il contient en revanche dix fois plus d'astéroïdes et de comètes que le système solaire. Document T.Lombry.

L'année suivante, à l'observatoire radioastronomique national du NRAO de Green Bank en Virginie occidentale, le radioastronome Frank Drake assisté de deux étudiants voulurent savoir à quelle distance le radiotélescope de 26m de l'université pouvait capter l'énergie émise par la Terre. Drake trouva une distance de 20 années-lumière. Il en déduit que s'il existait une civilisation extraterrestre dans cette limite, un radiotélescope pouvait la détecter.

Quand on analyse les signaux émis par la Terre en ondes radios, ses émissions sont si intenses que notre planète est devenue un million de fois plus brillante que le Soleil ! Inversement une civilisation technologique doit être détectable de la Terre. C'était la naissance du Projet OZMA 1[3]. CETI (Communication with Extra Terrestrial Intelligence) fut le premier de ces programmes, devenu depuis SETI (Search for...) car il était devenu peu probable que l'on puisse les contacter.

Pour la première tentative les radioastronomes utilisèrent le radiotélescope de 26 m de Green Bank (aujourd'hui remplacé, voir plus loin) qu'ils pointèrent vers les étoiles Tau Ceti et Epsilon Eridani. Ces étoiles étaient proches du Soleil (~12 a.l.) et présentaient un spectre similaire (G8 et K2).

Pendant tout le mois de mai 1960, Drake et son équipe enregistrèrent tous les signaux de l'espace sur la raie de l'hydrogène à 21 cm. Un jour, alors qu'ils écoutèrent l'étoile Epsilon Eridani une émission fut détectée. Pour s'assurer de la réalité du signal les radioastronomes déplacèrent l'antenne de quelques degrés, l'émission cessa. Ils la redirigèrent vers Epsilon Eridani, mais l'émission avait disparu. Dix jours plus tard l'émission réapparu. Cela était-il si facile ? Avec le recul, ce phénomène dû exciter plus d'un chercheur. Il s'avéra cependant qu'un avion U2 avait survolé le site au moment des enregistrements.

Au bout d'un mois de recherche l'équipe de Drake devait se rendre à l'évidence, il n'avait capté aucun signal d'intelligence artificielle. Mais ici se pose le problème de savoir ce qu'est un signal "intelligent"... ce que nous définirons dans une autre page. Quoi qu'il en soit, cette tentative était la première d'une longue série d'écoutes.

Prochain chapitre

La formule de Drake

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[1] En isolant le cas où les "civilisations" sont également des produits de la nature.

[2] G.Cocconi et P.Morrison, "Searching for Interstellar Communications", Nature, 190, 19 sept.1959, p844-846.

[3] L'histoire complète des projets de Drake est exposée dans C.Ponnamperuma et A.G.Cameron, "Interstellar Communications: Scientific Perspectives", Houghton Mifflin Company, 1974.


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