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 L'eau, l'or bleu

Pollution de la rivière Cataract en Australie suite à l'exploitation minière.

Préservation de l'eau (II)

Diminuer les sources de pollution

Le célèbre adage "Mieux vaut prévenir que guérir" s'applique à l'évidence à la préservation de l'eau. Pour éviter la pollution des différents réservoirs d'eau, nous devons tous lutter à la source même des pollutions, en encourageant le développement de technologies plus propres et l'utilisation de produits biodégradables, en limitant la pollution agricole, en gérant mieux les pluies d'orage et en garantissant l'étanchéité des décharges publiques et des dépôts de produits toxiques.

En matière agricole, les "bonnes pratiques" conciliant productivité et protection de la nature doivent être favorisées mais les points de vue des différents acteurs divergent quant aux méthodes.

Pour les défenseurs d'une agriculture de qualité, il faut apporter ce dont elle a besoin (eau, engrais ou pesticides) au bon moment. Certains vont jusqu'à moduler ces apports au sein d'une même parcelle, afin de prendre en compte la variation de qualité du sol. On parvient ainsi à diminuer la pollution en modérant l'épandage d'engrais minéraux et organiques, en fractionnant les apports d'azote dans le temps et en les répartissant mieux entre les différentes cultures. On peut également agir sur le choix des techniques de lutte contre les parasites, sur les modes de traitement et sur le moment où l'on traite.

Mais pour un fermier revendiquant une agriculture biologique, cette façon de raisonner n'a rien de naturelle et est fondée sur les mêmes critères de rentabilité et de compétition que l'agriculture intensive qui est à l'origine des dommages auxquels il faut désormais remédier. Ces fermiers "bio" craignent la mécanisation à outrance de l'agriculture qui ne garantit nullement la préservation de l'environnement et aboutit à la standardisation des aliments, ce qui n'est pas au goût du public quoiqu'en disent les statistiques des grands distributeurs.

L'agriculture biologique préconise d'oublier la culture intensive et de revenir à l'usage de variétés agricoles plus résistantes, la jachère et la rotation des cultures, le travail du sol, la réduction de la densité des semis et la limitation des semis précoces (deux facteurs favorisant l'accroissement des risques de maladie), l'utilisation de produits biologiques, ou encore une meilleure occupation des sols afin de limiter le ruissellement et le transfert des engrais et des pesticides vers les cours d'eau (couverture hivernale dans les vignes, couvert végétal sur les parcelles entre deux récoltes, enherbement des bords des cours d'eau et des fossés ...).

Singin' the rain. Document http://www.alaskasbest.com/

Bien sûr l'agriculture bio se paye par une perte de rendement qui peut atteindre 30% et des prix de vente très supérieurs aux produits classiques (mais peut-on les comparer ?). Toutefois cette perte de rendement peut être compensée par un développement généralisé des cultures biologiques, d'autant que les rayons bio des grandes surface occupent tous les jours une place plus importante, signe que le public veille à sa santé et privilégie de plus en plus les aliments de qualité.

Dans cette perspective, le prix des produits bio pourrait donc diminuer à terme et entrer en concurrence avec les produits standards et aseptisés que nous propose la grande distribution qui tente à remplacer tous les produits de qualité par des substituts bon marché et de qualité médiocre.

Le tout est de savoir si le secteur agricole comme l'Etat sont prêts à changer de mentalité et à cultiver plus écologique. Il en va non seulement de notre santé mais également de celle des écosystèmes.

Ces méthodes doivent être appliquées dans toutes les zones très urbanisées où les eaux de pluie pourraient également être assainies. Dans les zones à risque, des bassins d'orage ou des chaussées poreuses destinées à réduire le débit de pointe dans les égouts sont d'autres solutions qui permettent de stocker le trop plein d'effluents en attendant leur assainissement. Ici ce ne sont plus nécessairement les pouvoirs publics qui sont demandeurs mais la population victime d'inondations répétées.

Il faut ajouter le problème du ruissellement des pluies sur les sols imperméabilisés (rues, trottoirs, parkings, ...) et les toitures. En effet, les eaux de pluie entraînent jusqu'aux égouts, poussières, détritus, hydrocarbures automobiles, suies de combustion, résidus d'incinération d'ordures ménagères, sans parler des pollutions locales, huiles, peintures et autres liquides toxiques.

Or, les réseaux de collectes ne sont pas sélectifs, ils peuvent se boucher et déborder en cas d'orage et entraîner la pollution domestique directement et sans traitement dans les rivières. Il en résulte alors une pollution brève mais intense, à laquelle de nombreux poissons ne résistent pas et meurent asphyxiés. Pour remédier à ces accidents, il est impératif que les eaux de ruissellement et les eaux domestiques usées soient collectées séparément, dans des réseaux dits séparatifs afin que la pollution éventuelle reste limitée à celle des eaux de ruissellement, par nature beaucoup moins importantes.

Le ruissellement des pluies dans les zonings industriels et les agglomérations peuvent générer des pollutions. En effet, ces eaux se chargent parfois de produits toxiques et s'écoulent directement dans les cours d'eau et les lacs sans traitement. L'urbanisation irréfléchie sans tenir compte des réseaux hydriques et de la pente des versants drainant peut également provoquer des inondations. Les bassins d'orage capables de stocker plusieurs milliers de mètres cubes d'eau, tel celui de Niort en France (à droite) récoltent l'excédant d'eau que ne peut évacuer le réseau d'égoûts. Documents Topleftpixel et Projet de la Brèche.

Enfin, il faut signaler que durant les orages d'été, l'eau des fleuves perd son oxygène et met en danger la faune piscicole lorsque le débit ou la profondeur d'eau est faible. Pour y remédier, la commune de Paris par exemple n'a pas hésité à installer des rampes d'oxygénation sur la Seine afin de créer des zones où les poissons peuvent se réfugier. Sur la Tamise, des "bubble boats" (bateaux bulles) équipés de pompes et de diffuseurs, insufflent de fines bulles d'oxygène dans l'eau en cas d'orage estival.

Assainissement

Lorsqu'une pollution déborde des limites des zones de stockage prescrits, qu'elle provoque des nuisances et perturbe l'environnement on parle de contamination. En ce qui concerne les rejets d'eaux polluées, s'ils ne peuvent être évités, la seule issue possible est de les assainir avant qu'ils ne contaminent l'environnement. Cela concerne essentiellement les eaux usées urbaines et industrielles.

Tous les pays occidentaux collectent et traitent les eaux usées avant de les rejeter dans la nature afin de les débarrasser de la plus grande partie de leur pollution. 

Désormais, la directive européenne 91/271/CEE du 21 mai 1991 relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (dont voici la version PDF) étend ces mesures à l'ensemble des pays de l'Union et, par extension dans des délais déterminés, à des villes de moindre importance.

Pollution industrielle dans le lagon de Venise en 2002. L'insert a été photographié en 1998. Venise est en violation avec les lois européennes.

Ainsi depuis 1991 toutes les communes de plus de 2000 habitants sont concernées par cette directive, autant dire pratiquement toutes les communes, y compris les petits villages isolés. Cette directive impose également aux petites collectivités ainsi qu'aux habitats dispersés qui utilisent encore des procédés sanitaires plus rustiques (fosses septiques ou simples lagunages), un certain degré d'épuration des eaux usées avant leur rejet dans le milieu naturel, dont elle fixe les valeurs limites.

Les grandes pollutions que l'ont connu jadis dans tous les grands fleuves et les rivières de nos villes devraient dorénavant ne plus être qu'un mauvais souvenir.

Quant aux rejets industriels, nous savons de tristes expériences qu'ils renferment toutes sortes de polluants plus ou moins toxiques allant des simples rejets organiques biodégradables aux métaux lourds difficiles à éliminer, en passant par les poisons organiques, les détergents, les hydrocarbures ou les solvants.

Généralement, tout entrepreneur scrupuleux veille à ce que son usine soit raccordées à un réseau urbain d'égouts afin que les eaux usées soient traitées dans des stations d'épuration classiques en même temps que les eaux urbaines.

Mais ce n'est possible que si les effluents industriels ne renferment pas de substances toxiques pour le personnel ou susceptibles d'endommager le matériau des réseaux d'égouts, ou encore de nuire à l'exploitation des stations d'épuration. En effet pour être accepté dans une station d'épuration, les déchets doivent être biodégradables et ne pas contenir de substances inhibant la croissance des bactéries qui réalisent l'épuration biologique. Les effluents industriels sont donc souvent prétraités avant d'être mélangés aux eaux urbaines : ils sont homogénéisés et refroidis, débarrassés des huiles, graisses et hydrocarbures, les rejets acides ou alcalins sont neutralisés et les sulfures comme les éléments métalliques éventuellement présents sont éliminés). Ensuite seulement ils peuvent rejoindre le circuit des eaux usées.

Document Stevensmart.

La plupart des traitements mécaniques et biologiques effectués dans une station d'épuration éliminent moins de 80 % de la pollution organique carbonée. Ces traitements ne suppriment qu'une faible partie de la pollution due à l'ammoniac, aux nitrates et aux phosphates. D'autres procédés d'épuration complémentaires doivent donc souvent être mis en œuvre : procédés biologiques pour la pollution azotée, procédés physico-chimiques ou biologiques pour la pollution phosphorée.

Pour éliminer plus de 90 % des polluants, on utilise parfois des traitements dit de finition : absorption sur charbon actif pour éliminer les matières organiques carbonées non biodégradables (détergents, pesticides, ...), et même une désinfection par des traitements physiques ou chimiques pour éliminer tout germe pathogène.

Enfin, tout filtrage s'accompagne de ses inévitables résidus, en l'occurrence des boues issues du processus d'épuration. Selon les matières extraites, leur quantité peut dépasser des dizaines de tonnes de gaz et des milliers de tonnes de résidus solides chaque année.

 La plupart de ces déchets contiennent encore jusqu'à 99% d'eau. Ces boues sont soit incinérées soit mises en décharge ou sont parfois utilisées sous forme déshydratée comme engrais en agriculture. Toutefois cette dernière utilisation n'est pas sans risque, et il est arrivé que ces substances contaminent les sols, notamment par des métaux lourds ou des microbes pathogènes qui peuvent ensuite entrer dans la chaîne alimentaire. En bref, ne croyez jamais qu'une station d'épuration rejète des produits sains dans l'environnement car du fait de la nature même des polluants le risque de contamination, même au bout de la chaîne, n'est jamais nul.

Dernière partie

Surveillance des écosystèmes aquatiques

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