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La photographie numérique
Le capteur photosensible (III) Au coeur de l'APN se trouve un capteur CCD ou CMOS, une pièce de haute technologie au regard bleu métallisé ou vert bouteille. Les CDD (charge-coupled device) sont généralement utilisés sur les appareils compacts, les CMOS (complementary metal oxide semiconductors) sur les appareils réflex. Il existe un troisième type de capteur, le Fovéon, mais à ce jour il est uniquement disponible sur quelques appareils de marque Sigma. Depuis 2000, ces technologies ont fortement évoluées mais toutes les prévisions concernant leur régression ou leur progression se sont avérées fausses. A l'heure actuelle les trois technologies sont performantes et font preuve d'innovations. Comment fonctionne le capteur photosensible d'un APN ?
Vu de près un capteur photosensible ressemble à une
petite plaque solaire dont la surface irisée mesure tout
au plus quelques cm2.
Le tout est encapsulé dans un circuit électronique et présente des
"pattes" comme un processeur. La carte est fixée dans un boîtier
équipé de plusieurs entrées-sorties.
Microphotographie
de la surface d'un CMOS. Nous sommes à l'échelle de 2.5 microns
par pixel ! Document Semiconductor. Du point de vue
électronique, un capteur photosensible CCD, CMOS ou Fovéon convertit le
rayonnement (les photons) en électricité grâce à des photodiodes. On
appelle communément ces cellules photosensibles des pixels (de l'anglais
"picture elements", éléments d'image) mais le terme est
trompeur car il caractérise en fait les constituants de l'image résultante
(celle d'un écran ou d'un tirage sur papier par exemple). Nous continuerons
toutefois à l'utiliser car il est entré dans le langage courant. Le
spectre de sensibilité de ce capteur dépasse largement le spectre
visible et s'étend généralement de 200 à 1200 nm voire au-delà ainsi
que nous l'expliquerons dans cette page consacrée à la sensibilité
des APN aux rayonnements IR et UV. La
photodiode est un semiconducteur constitué d'une jonction P-N (positive et
négative) qui convertit les photons bombardant la jonction en une
proportion équivalente d'électrons. La
quantité de charges négatives ainsi accumulée doit ensuite être mesurée. Dans un
capteur CCD la charge de chaque photodiode est transférée vers une ou
plusieurs broches de sortie mais généralement une seule broche située dans un coin du
CCD, derrière lequel le signal est converti en tension, bufferisé et transmis au
système comme n'importe quel signal analogique. Une fois lu et mesuré,
le signal est amplifié puis converti en signal numérique. Il peut alors
être manipulé par le processeur d'image pour ensuite être enregistré. Plus
le rayonnement pénétrant dans la photodiode est intense (plus il y a de
photons) plus il y a d'électrons générés et une haute tension en sortie du
capteur. Puisque tous les éléments photosensibles capturent ce rayonnement,
le signal de sortie est très uniforme, ce qui fait la qualité de cette technologie et son point fort. En
revanche, dans un CMOS chaque photodiode (pixel) est relié à plusieurs transistors. Chaque pixel assure ainsi directement sa
propre conversion de charge en tension, le capteur contenant
généralement un dispositif complexe réalisant l'amplification, la
réduction du bruit et des circuits numériques annexes. On retrouve en
sortie non plus un signal analogique mais digital, des bits. Les CMOS
contenant tout leur hardware et étant donc beaucoup plus compacts que
les CCD, on préfère les utiliser pour fabriquer des systèmes
miniaturisés. Les caméras à base de CMOS sont de ce fait plus petites
que les caméras CCD. Un
appareil à base de CMOS consomme autant si pas plus d'énergie qu'un CCD mais
il a besoin de moins de périphériques (circuit CDS, DSP, etc) et par conséquent,
sauf exception (caméra Mintron série C), il consomme globalement 25 à 50%
moins d'énergie qu'une caméra CCD de même dimension. Galleries
à
visiter : Applications
scientifiques des CCD Fairchild Caractéristique CCD CMOS Signal
de sortie du chip Tension
(analogique) Bits
(digital) Hardware
de traitement Séparé
du chip Intégré
au chip Facteur
de remplissage Elevé Moyen Complexité
du système Elevée Faible Complexité
du capteur Faible Elevée Coût
en R&D Faible Plus
élevé Hardware
de traitement Séparé
du chip Intégré
au chip Utilisation
(en général) APN
compacts, vidéo APN
réflex, ordinateur, jouets Performance CCD CMOS Sensibilité
à la lumière Elevée
(0.1 lux) Plus
faible (10 lux) Sensibilité
aux UV et à l'IR Etendue Plus
étroite Réponse Moyenne Rapide
(10-100x plus) Consommation
d'énergie Elevée
(2-4x plus) Faible Dynamique Elevée Moyenne
Uniformité du capteur Elevée Faible
à modérée
Bruit électronique Faible
Elevé
(10x plus)
Shuttering Assez
rapide Faible
Windowing Limité
Etendu Antiblooming Elevé
ou absent Elevé
Biasing
Multiple Unique
Signal d'horloge Tension
élevée Basse
tension L'avantage
des CCD est qu'ils sont fabriqués pour transporter les charges à travers
le chip sans distorsion, ce qui garantit la très haute qualité des
capteurs en terme de fidélité et de sensibilité. Ils sont également
plus performants que les CMOS car dans ces derniers la lumière a tendance à
frapper plus souvent les transitors que la photodiode. Les CMOS utilisent
le même processus de fabrication que les microprocesseurs équipant les
ordinateurs. Comme
pour les semiconducteurs (processeurs et mémoires), il existe peu de
fabricants de capteurs photosensibles au monde car l'investissement
matériel est très élevé, de haute technologie et requiert du personnel
hautement qualifié. Qu'une usine viennent à brûler et c'est un pays au
bas mot qui peut se retrouver du jour au lendemain sans pièces détachées...
Ainsi, si vous achetez un APN Nikon, la plupart du temps son CMOS sera
fabriqué par... Sony, si vous achetez un APN Kodak son CMOS proviendra de
chez National Semiconductor qui fabrique également le Fovéon de Sigma.
Autrement dit, si ce n'est pas le capteur qui fait la qualité d'un
APN, ce sont tous les circuits annexes qui l'entoure, la logique (les fonctions
logicielles) et bien sûr les optiques. Bien
que les CMOS soient apparus dans les années 1970, près de dix ans après
les CCD, les constructeurs ne s'y sont pas vraiment intéressés jusqu'aux
années 1990, époque à laquelle ils recherchèrent des solutions
consommant moins d'énergie, augmentant la miniaturisation
("camera-on-a chip") et réduisant les coûts de production tout
en préservant la qualité des images. Il faudra une autre décennie,
beaucoup d'argent et des adaptations mais le résultat fut très probant
et a fini par faire exploser le marché des APN. Sensibilité
et rendement des capteurs CCD et CMOS En
nous limitant au spectre visible, le
taux de conversion des photons en électrons représente le rendement ou
l'éfficacité quantique du capteur. En théorie le rendement dépasse
99.9% mais il varie en fonction de la longueur
d'onde. Dans les APN grands publics le rendement peut atteindre 60% dans le rouge
mais il dépasse 90% dans certains systèmes professionnels.
Le capteur présente également une excellente linéarité (le signal de sortie est
presque proportionnel au nombre de photons incidents), sans échec à la
loi de réciprocité durant les longues expositions comme leurs homologues
argentiques. A titre de comparaison, même des émulsions aussi
performantes que l'ancien Kodak TP2415 hypersensibilisé ne peut pas se
mesurer face au temps de réponse et à la résolution d'un capteur CCD ou
CMOS. La différence est au moins d'un facteur 2 en faveur du
capteur numérique, un capteur CCD capturant la lumière au moins 100 fois
plus rapidement qu'une émulsion argentique, d'où son intérêt en
astronomie pour la photographie du ciel profond. Un
oeil humain est capable de percevoir un object illuminé sous 1 lux, ce
qui équivaut à la lumière de la pleine Lune. La sensibilité d'un CCD
est dix fois plus élevée et varie entre 0.1 et 3 lux. En revanche le
CMOS est encore 3 à 10 fois moins sensible avec 6 à 15 lux seulement.
Ce dernier est pratiquement inutilisable
sous 10 lux et présente un niveau de bruit fixe 10 fois supérieur au
CCD. C'est la raison pour laquelle toutes les caméras vidéos et les
capteurs dédiés à l'astronomie sont équipés d'un capteur CCD. Le
CMOS est normalement utilisé dans les jouets et les appareils de
sécurité domestique bon marché. Mais il a deux exceptions. D'une part
on peut fabriquer de très grands CMOS qui présentent la même
sensibilité que les CCD. D'autre part les CMOS réagissent 10 à 100
fois plus rapidement à la lumière que les CCD d'où leur utilisation
dans les APN et des applications spécialisées (Canon DSC D-30) ou
nécessitant une cadence d'images très élevée (15-30 fps). Un
capteur photosensible CCD ou CMOS est constitué d'une seule matrice
photosensible qui est recouverte d'un filtre coloré appelé une grille
de Bayer. Contenant des éléments de différentes couleurs, elle permet
de sensibiliser les pixels à une seule des 3 couleur primaire : le
rouge, le vert ou le bleu. A
lire : Sensibilité des APN aux rayonnements IR et UV Adapté
d'un document de Vincent Bockaert/123di.com Le
processeur d'image associé au capteur photosensible combine ensuite ces trois couleurs primaires RGB pour créer
par synthèse additive (une multiplication) une image couleur. Comme
l'écran d'une télévision, vu de près, le capteur n'est qu'une
juxtaposition de pixels rouges, verts et bleus alignés. Mais ne mesurant
quelques microns chacun, à bonne distance la mosaïque de la grille de Bayer
constituée de millions pixels forme une image couleur uniforme et apparemment
sans "escalier" ou "alias". Toutefois nous verrons plus
bas que la pixelisation et ces fameux "escaliers" deviennent
apparents lors des agrandissements. Si
généralement cette technologie donne d'excellents résultats, pour sa
part, Sony
a préféré adopter une technologie originale en remplaçant la grille de
Bayer par une grille 4 couleurs dite RGBE : une grille RGB classique plus
un filtre émeraude pour remplacer le deuxième vert comme indiqué dans
ce schéma RGBE. Le
système fut exploité en 2003 dans son modèle DSC-F828
mais qui eut un succès mitigé. Le résultat donne des couleurs plus
conformes à la réalité bien qu'elles paraissent légèrement plus
chaudes que la solution de Bayer comme on peut le voir sur ces deux
images. Simulation
très agrandie de la grille de Bayer fixée sur les CCD et CMOS des
APN. Constituée d'une mosaïque de filtres RGB, elle permet au
processeur d'image (non visible) de reconstruire une image couleur. Pour
sa part, pour ses modèles SD9
et SD10, Sigma a adopté le système Fovéon X3 dans
lequel 3 grilles respectivement rouge, verte et bleue sont superposées,
à l'image des émulsions argentiques. Les photosites mesurent 9 microns. Actuellement, pour un oeil
professionnel du moins, le résultat reste inférieur aux
performances de la grille de Bayer. Par ailleurs l'appareil est assez cher
(environ 1700-2000 € avec optique pour une résolution de 10 Mpixels). Malgré
tout, la société Semiconductor
insights par exemple, experte dans ces technologies et qui assure du
conseil auprès des entreprises estime que le Fovéon pourrait
révolution l'industrie de la photographie. En effet, actuellement
les technologies CCD et CMOS exigent que les APN s'entourent d'algorithmes
mathématiques complexes pour évaluer les couleurs, ce qui requiert des
processeurs d'images dédiés dans l'appareil. Cette technologie ajoute
des coûts et de la complexité à la conception des APN, ce qui explique
le délai entre l'instant où vous appuyez sur le déclencheur et le
moment où vous entendez le "clic" de l'enregistrement réel de
l'image. On y reviendra. Grâce
au Fovéon X3, le capteur enregistre les trois couleurs primaires dans
chaque pixel, éliminant le recourt à des processeurs additionnels d'où
résulte en théorie de plus belles images, une conception simplifiée des
appareils et une amélioration de leurs performances. A
lire : Nikon
a déposé un brevet de capteur RGB dichroïque Les
innovations Le
Nikon D3s sorti en 2009 n'impressionne ni par la taille de son capteur
(24x36mm) ni par sa définition (12.1 mpixels), mais par... sa
sensibilité. Pour la première fois un capteur a franchi la barrière
des 100 000 ISO ! Le CMOS affiche 200 ISO mais une puce spécialement
programmée permet d'atteindre 12 800 ISO sans perte de qualité et même
102 400 ISO au prix d'une dégradation de l'image. Avec une telle
sensibilité, la photographie ou la vidéo nocturne devient un jeu d'enfant
! Kodak
vient d'avoir une idée flash : Le fabricant américain Kodak a annoncé
en 2007 l'introduction de ce qu'il appelle "une percée majeure dans la technologie
des capteurs d'image". La technologie qui ne porte pas encore
de nom, augmente de 2 à 4 fois la sensibilité des photo-capteurs, ce
qui permettrait d'éliminer le recours au flash dans des conditions de
faible éclairement. Le nouveau photo-capteur utilise des pixels RGB et
panchromatiques. Lire
la suite.
Le
photo-capteur du Nikon D2H de 4.1 Mpixels sorti en 2003 utilise une technologie "JFET
LBCAST" (des transistors à effet de champ). Le capteur ressemble au CMOS mais le débit de données
en sortie est beaucoup plus élevé. Grâce à sa logique et son hardware
innovants, ce capteur est capable de réagir plus rapidement, il offre une
plus grande résolution, consomme moins d'énergie et présente moins de
bruit d'obscurité qu'un capteur traditionnel, autant de caractéristiques
qui justifient déjà son prix très au-dessus de la moyenne. Lire
la suite.
Dimension
du capteur Sur
la plupart des APN, la surface du détecteur est beaucoup plus petite que
celle d'un film de 35 mm. Comparé à la surface d'une image de 24 sur 36
mm, le capteur d'un APN de 3, 4 ou 5 Mpixels mesure en général 7.20 x 5.35 mm.
Vous placez donc plus de 20 capteurs CMOS de cette dimension sur une image
24x36 ! Pas étonnant que la qualité s'en ressente.
Il faut utiliser
des capteurs d'au moins 6 Mpixels pour couvrir à peu près les 2/3 d'une
image 24x36. Ces capteurs de 23.7 x 15.7 ± 0.1 mm fixés dans des chips de 40 x
30 mm équipent les systèmes APS-C (Advanced Photo System Classic) dont
quelques réflex Canon et les Nikon de la série D que Nikon appelle le format DX
(de même que les optiques Nikkor DX qui leur sont destinés). Le
CMOS
"full
frame" équipant les Nikon D3 et D700. En
fait la dimension des capteurs n'est pas exprimée en mm mais se réfère
à une vieille mesure anglaise dans l'"imperial system" (inches,
etc) remontant aux années 1950 utilisée à l'époque pour définir la
dimension des tubes des caméras TV. Elle s'exprime en fraction et
correspond à peu près aux 2/3 du diamètre de la matrice originale qui
sert à les fabriquer. En effet, on a découvert à l'époque que seuls
les 2/3 environ de la surface située au centre de la galette (wafer) de silicium
étaient exploitables. Pour des capteurs des APN réflex de plus de 3 Mpixels
cela correspond à une dimension ou type 1.8" (à ne pas confondre
avecc le type 1/1.8" des compacts) également appelé APS-C qui correspond
à un diamètre de 45.720 mm et une matrice de 15.7 x 23.7 mm (rapport 3:2),
donc assez proche du 24x36. Aujourd'hui, seul Olympus utilise
encore sur ses réflex des capteurs au rapport 4:3. Depuis
2001, il existe des capteurs CMOS de 24 x 36 mm dit "full frame"
(FF ou FX) mais ils sont encore réservés à des appareils de milieu et haut de
gamme (leur prix dépasse 4000 € avec une bonne optique). Les CMOS
"full frame" équipent par exemple
le Canon EOS-1Ds Mark II de 16.6 Mpixels (8000 € boîtier nu), à 1
ou 2 mm près le Canon EOS 5D de 12.8 Mpixels (2500 € boîtier nu), le
Kodak DCS-14n de 13.8 Mpixels déjà retiré du marché, et tout
récemment les Nikon
D3 et D700
de 12.1 Mpixels (respectivement 4599 € et 2600 € boîtier nu). Cette très lente
pénétration du format 24x36 s'étendra aux autres marques à mesure que
le prix des composants électroniques diminuera et de la stratégie, de
l'envie également des sociétés d'investir dans ce format car elles
devront fabriquer de nouvelle optiques adaptées au format "full
frame" numérique (comme Nikon propose des optiques DX et des
optiques FX). Chez Canon par exemple, il a
fallut attendre 17 ans d'évolution technologique pour atteindre le format
"full frame". Quant à Nikon, il a seulement franchit le pas en 2007 sur son
modèle D3, exploitant toujours le format DX (APS-C) sur le restant de sa
gamme, y compris sur le D300 sorti en même temps que le D3. Sony supporta le format "full frame" fin 2008. Paradoxalement,
on imagine que plus les pixels sont petits, plus la résolution spatiale sera
élevée et donc l'image de qualité. En pratique on constate que si
techniquement on est capable de créer des éléments de 5.5 microns par
exemple comme sur les Olympus E300 et E500 de 8 Mpixels (et même deux
fois plus petit), Canon par exemple a sorti en 2005 le modèle EOS 5D de 12.8
Mpixels dont les pixels ont pratiquement la même taille que ceux du
modèle 1D Mark II de 16 Mpixels, soit 8.2 microns. Il
apparaît qu'un capteur mesurant 24 x 36 mm
donnera une image plus nette s'il utilise des pixels proches de 9
microns. En effet, plus petits, le système électronique perd sa
capacité à capturer les photons et génère plus de bruit électronique
et dans un spectre plus étendu. La diffraction est également beaucoup
plus importante. Mais
de son côté, Canon ne l'entend pas ainsi et espère agrandir la taille
des pixels pour produire des images aux couleurs plus riches et augmenter
la dynamique de l'EOS 20D qui utilise des pixels 20% plus petits, de 6.4
microns. Le
CMOS ClearVid de Sony sorti en 2006 permet d'augmenter la résolution du capteur de
40% ainsi que sa sensibilité sans augmenter la densité des pixels. Le
record de miniaturisation est détenu par la société Micron
qui est parvenue en 2005 à diminuer la taille des pixels jusqu'à 1.7
microns. Selon Hisayuki Suzuki, directeur du markering Imagerie de Micron,
"réduire la taille du pixel permet d'envisager des applications
mobiles et domestiques offrant une plus grande résolution et de plus
petits facteurs de forme. En outre, de plus petits pixels permettent
d'augmentation les fonctions dans d'autres applications telles que
médicales, biométriques et la haute vitesse". Sony
a trouvé une autre astuce pour augmenter la résolution des images.
Reprenant un concept déjà proposé en 2003 par Fujifilm sur son APN SuperCCD, sachant
que la densité des pixels sur un chip dépend de la largeur des pixels,
une manière d'augmenter la densité du chip sans modifier la taille des
pixels est de placer ces derniers non plus dans une matrice rectangulaire
mais en losange. Ainsi, en 2006 Sony a sorti un chip baptisé ClearVid
(Clear + Vivid) pour sa nouvelle caméra vidéo DCR DVD505 qui utilise des
pixels de 2.9 microns mais dont le pitch, l'écart de centre à centre, au
lieu d'être de 2.9 microns et de 2.05 microns. Le gain est appréciable
car les résolutions horizontale et verticale ont ainsi augmenté de 40%
et par conséquent la sensibilité par pixel est également plus élevée
que sur les chips classiques. Notons,
car on l'apprend souvent à ses dépens et après avoir réalisé des tirages par
exemple, que si vos tirages vous reviennent tronqués c'est parce que le
capteur de votre APN ne respecte pas le rapport 3:2 du format 24 x 36. Il est
sans doute plus étroit de 14%. Vous possédez vraisemblablement un compact ou
l'un des derniers APN réflex respectant le rapport 4:3. Par ailleurs les optiques classiques couvrant un champ plus étendu
que celui calculé pour un capteur numérique, les images auront l'impression
d'être agrandies de 30 à 65% voire 200% selon les capteurs. On reviendra sur ces dimensions et leurs conséquences
sur les images lorsque nous discuterons des objectifs. Pixels
et résolution du capteur Ainsi
que nous venons de l'expliquer, le chip d'un APN (mais également d'une
caméra vidéo numérique) est constitué d'une matrice de lignes et de
colonnes de photodiodes ou "pixels". Un
amateur qui souhaite agrandir ses photographies est vite confronté au
problème de la pixelisation des images et de la perte de résolution dans
les détails. C'est ici qu'on prend conscience de l'intérêt d'utiliser
un APN offrant une grande résolution (en nombre de pixels) et de
réaliser des impressions en haute définition (200-300 dpi).
Résolution
d'un capteur numérique (seconde d'arc/pixel) P
: Taille des pixels (microns) F
: Longueur focale du système optique (mm) R(")
= 206 * P / F Pour
une focale de 20 mm, en utilisant un capteur CMOS dont les pixels
mesurent 9 microns, la résolution est d'environ 93" par
pixel. Pour améliorer la résolution et donc la quantité de
détails, vous devez soit augmenter la longueur focale soit
utiliser un capteur offrant des pixels plus petits. Ainsi
que nous le verrons page suivante à propos de la résolution
des images, pour un tirage amateur (ni pour des expositions ni pour des
publications), un APN de 3 Mpixels
permet déjà de réaliser des agrandissements A4 (20x30 cm) et même
jusque A1 (50x70 cm) après traitement d'image. Mais si vous envisagez une
publication A4 à 300 dpi dans un magazine photo, il est vivement
conseillé de travailler avec une résolution d'au moins 8 Mpixels. On y
reviendra. La
haute résolution est également nécessaire pour les portraits où la
qualité d'une image ne dépend pas seulement de la mise en scène, des
lumières ou de l'optique mais également de la netteté des détails de la peau. Pour
les distinguer sur des agrandissements, il faut augmenter la résolution
jusqu'à 10 Mpixels minimum. L'écran
TFT du Sony Alpha DSLR-A100 et les boutons et autre sélecteur permettant d'accéder
au menu et aux fonctions. Comparé à ses concurrents, ce design est très épuré.
Mais l'essentiel est qu'il soit pratique. C'est
dans ce contexte, ainsi que pour la création de posters et autre
"wallpapers" qu'on apprécie l'avantage de disposer d'un APN offrant
une très haute résolution, des photodiodes relativement petites et
disposant d'une excellente optique. Ceci
dit, la photographique numérique reste en retard sur la qualité des
images argentiques. En théorie, si on veut obtenir avec un APN le même
piqué d'image qu'en photographie argentique, compte tenu de la taille
actuelle des photodiodes, il faudrait utiliser un APN offrant une
résolution d'au moins 150 Mpixels ! On en reparlera dans une
génération... Heureusement,
en attendant de résorber ce retard, le traitement d'image permet de pallier à cet inconvénient ainsi que les
techniques d'impression offset lorsqu'on envisage des impressions grand
format. On y reviendra. Le
bruit électronique Les
capteurs photosensibles émettent un bruit thermique lié à la
température des composants et un courant d'obscurité provoqué par le
déplacement aléatoire des électrons, même en l'absence totale de
photon. Le niveau de bruit augmente avec la sensibilité (ISO) et la température
du capteur ou de la température ambiante (il double tous les 5°). Bruit
électronique du Canon EOS 20D à 1600 ISO équipé d'un objectif
zoom de 10-22 mm à f/4.5. Document Imatest. Ce
bruit devient apparent à partir d'environ 1600 ISO au point de détruire
les plus fins détails de l'image. Ce problème a été accentué avec la
technologie CMOS. Il est plus apparent chez certaines marques (Canon) bien
qu'à faible sensibilité (inférieure ou égale à 400 ISO), Nikon comme
Canon présentent un niveau de bruit équivalent. Ce
bruit qui parasite les images prend soit la forme de pixels brillants
dispersés aléatoirement dans l'image soit d'un motif constitué de
bandes parallèles parfois colorées qui apparaissent lors des poses
nocturnes prolongées. Il peut-être réduit sur certains APN grâce à
une fonction de réduction de bruit (NR) ou l'enregistrement d'une image
noire (dark frame) qui sera soustraite des images. On y reviendra dans
d'autres articles consacrés aux caméras CCD
et aux appareils photos
numériques en astrophotographie. Notons
qu'à ce bruit électronique peut s'ajouter les poussières présentes
sur le filtre anti-aliasing qui protège le capteur photosensible.
Elles apparaissent surtout lorsque l'APN est fortement
diaphragmé (f:8 et supérieur) sous forme d'anneaux concentriques comme
on le voit sur ces images
réalisées avec un Canon EOS 20D et analysées grâce au logiciel Imatest
(Light Falloff). Des problèmes optiques comme le vignetage peuvent
accenter les défauts de l'image. Protection
du capteur Malgré
la présence de l'obturateur mécanique sur la plupart des APN réflex, les fabricants
ont dû inventer de nouvelles techniques pour prévenir le dépôt de
poussières sur le capteur photosensible ou l'effet indésirable des
rayonnements. Plusieurs solutions ont été proposées car ce problème
affecte le capteur à différents degrés. Olympus
par exemple utilise un filtre SSWF sur lequel Sony semble également avoir
capitalisé. Un revêtement anti-statique constitué d'une couche mince d'oxyde
d'indium est appliqué sur un filtre passe-bas placé juste devant le CCD pour
s'assurer qu'aucune poussière ne vienne s'accumuler sur le capteur par
électricité statique. Un vibreur anti-poussière "supersonique"
(en fait ultrasonique à 35 kHz) se déclenche ensuite lorsque l'appareil
est mis sous tension. D'autres modèles utilisent une bande
adhésive pour capturer les poussières. Si
cela ne suffit pas, ainsi que le montre cette vidéo,
le Canon EOS 400D (Digital Rebel XTi) vous propose un système dénommé
"Integrated Cleaning System" comprenant notamment un filtre passe-bas
(IR bloquant) sur lequel est fixé un piézo-élément qui le fait vibrer pour faire
chuter les poussières. Mais comme visiblement cela ne suffit pas, le
constructeur a prévu de réaliser une
"white frame" : vous photographiez une surface blanche dont se
servira le processeur d'image pour supprimer les traces de poussières qui
s'obstineraient à rester sur les images. Cette méthode semble plus
efficace que les fonctions équivalentes existant dans les logiciels de
traitement d'image. Nettoyage
du capteur Comment
voit-on que le capteur contient des poussières ? Généralement vous
remarquez qu'il y a de petites taches sombres plus ou moins floues sur vos
images. Vous pouvez également photographier une surface blanche en
fermant le diaphragme au maximum afin d'avoir une grande profondeur de
champ. Tous les points sombres sont en principe les traces laissées par
des poussières collées sur le filtre protégeant le capteur. Comment
nettoyer le capteur ? En fait on nettoie le filtre qui le recouvre et
jamais le capteur, sauf en laboratoire. En effet, vous pouvez également
nettoyer le capteur mais vous allez devoir ouvrir l'appareil ce qui
signifie perdre la garantie, dévisser des modules, soulever des circuits
imprimer, retirer le filtre avec plus ou moins de difficulté et seulement
ensuite accéder physiquement au capteur. A réserver aux professionnels. Pour
nettoyer ce filtre et par la même occasion votre objectif, travaillez
sous une lumière forte et dans un endroit à l'abri des courants d'air et
des poussières. Retirez l'objectif
et nettoyez-le séparément avec un produit d'entretien pour optique (Hama par
exemple ou tout autre produit à base d'alcool isopropylique). L'usage des
poires à air est déconseillé (au mieux en aspiration) car un jet d'air trop
puissant peut déplacer des grains de poussières et rayer les surfaces. Pour le capteur, si le
système est doté d'un obturateur mécanique, via le menu verrouillez le
miroir réflex en position haute puis enfoncez le déclencheur à fond
afin de procéder à l'ouverture de l'obturateur. Généralement cette ouverture
couplée au verrouillage du miroir ne fonctionne que si la batterie est
chargée à plus de 50%. Cette mesure de sécurité évite la fermeture du
dispositif et de coincer éventuellement vos doigts ou le pinceau dans la
chambre noire si la batterie était presque vide. A défaut de cette
sécurité, ne procédez au nettoyage qu'avec une batterie totalement
chargée dans l'appareil. Un accident signifierait pour votre APN un
retour garanti au service technique. Bien
que cela puisse fonctionner, ici aussi évitez d'utiliser une poire ou même un
mini-aspirateur. Utilisez plutôt une petite brosse anti-poussière électrostatique.
Visible Dust par exemple vend un pinceau
électrique "Arctic Butterfly" (~80 € plus 2 piles AA) conçu à cet usage.
Allumez-le et le pinceau va se charger d'électricité statique en quelques rotations.
Ne faites jamais tourner le pinceau près du capteur !! Il suffit ensuite de
l'appliquer sur le filtre recouvrant le capteur pour extraire en douceur les petites
poussières, du moins celles qui n'adhèrent pas au support. Pour les rares éléments résistants, l'idéal serait d'utiliser
du coton chirurgical et de l'alcool isopropylique à 99% (comme on le fait pour
nettoyer un miroir ou une lame de fermeture) mais notre capteur est vraiment trop
petit pour utiliser ce matériel. Vous pouvez remplacer cette solution par un
coton-tige imbibé de produit d'entretien pour optique mais offrez le moins de pression
possible sur la surface pour ne pas endommager le système. Une fois le
nettoyage terminé, refermez l'obturateur mécanique et déverrouiller le
miroir réflex. Cette méthode est couramment utilisée et, correctement
pratiquée, elle ne pose aucun problème. Vous pouvez même
répéter l'opération plusieurs fois si des poussières subsistent. Nikon va même jusqu'à
conseiller de nettoyer le filtre avec une souflette et une peau de chamois. Ceci
dit, si vous n'êtes pas sûr de vous, il vaut parfois mieux laisser une
poussière récalcitrante en place que de vouloir à tout prix l'enlever
et risquer d'endommager le système. La prudence est reine des vertus. En
cas d'hésitation, bien compréhensible la première fois, consultez votre
photographe qui n'hésitera pas à vous faire une démonstration. Prochain
chapitre |