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La Bible face à la critique historique

Les remparts occidentaux de la vieille ville de Jérusalem avec la tour de David surplombant la citadelle édifiée près de la Porte de Jaffa photographiés en 2014. Les remparts les plus récents furent construits vers 1537 sous le règne de Soliman Ier le Magnifique. La vieille ville et les remparts ont été classés au patrimoine mondial par l'UNESCO en 1981.

De la Palestine à l'État d'Israël

Qu'est devenu le peuple d'Israël après la destruction du second Temple en l'an 70 de notre ère ? Suite aux invasions barbares, on assista à la dissolution progressive de l'Empire romain tandis que la Palestine subit de nouvelles invasions. On assista à la dispersion du peuple juif notamment en Europe et au Moyen-Orient, donnant naissance à la Diaspora. Sur le plan religieux, le christianisme devint la religion de l'Empire romain à partir du IVe siècle et fut donc pratiquée dans tout l'Empire. La loi romaine n'interdit pas la pratique du judaïsme mais le législateur ne fit rien non plus pour encourager les Juifs à pratiquer leur religion, que du contraire. Au fil du temps, les politiques arabes et européennes allèrent dans le même sens. Face aux persécutions systématiques dont ils furent l'objet, les Juifs renforcèrent leurs liens communautaires mais cette exclusion volontaire des autres communautés manqua de leur être fatale. Mais rétrospectivement, cette volonté guidée par les principes de la Torah leur fut salutaire au point que les Juifs se considèrent toujours comme le "peuple élu". Voyons tout ceci en détails jusqu'aux derniers évènements concernant le statut de Jérusalem.

Les invasions et les croisades

Il y eut d'abord l'invasion byzantine entre 324 et 614 durant laquelle l'Eglise chrétienne instaura un patriarcat à Jérusalem (un patriarche c'est-à-dire un évêque gouverne la région). Puis on assista à l'invasion perse entre 614 et 629 durant laquelle de nombreuses églises furent détruites et les Juifs persécutés jusqu'en Orient.

Ensuite, il y eut l'invasion musulmane entre 638-1096 durant laquelle les Arabes construisirent sur le Mont de Temple le fameux Dôme du Rocher ou mosquée Al-Sakhrah que l'on voit ci-dessous à gauche et au centre, un édifice qui déplut aux Judéo-Chrétiens qui fut construit sur l'ordre du calife omeyyade Abd al-Malik bin Marwan entre 685 et 705 (ou 66-86 de l’Hégire). Les Arabes garantirent à Charlemagne l'accès aux lieux saints jusqu'à ce que divers chefs musulmans attaquèrent Jérusalem vers l'an 1000 et que les Turcs contrôlèrent la ville à partir de 1078.

A la demande de l'empereur byzantin Alexis Ier, le pape Urbain II lança la première croisade en 1096 pour venir en aide aux pèlerins et défendre les lieux saints. C'était également un pèlerinage et un moyen de pénitence. C'est à cette époque que naquit la dimension symbolique de Jérusalem.

Il y aura huit croisades jusqu'en 1272 qui compteront jusqu'à un millier d'hommes. Notons qu'aucun souverain ne participa aux croisades, en revanche des chefs féodaux se porteront volontaires parmi lesquels Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, Robert Courtehese, duc de Normandie, Robert, comte de Flandre et le célèbre Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie. Ensuite la noblesse allemande, des Balkans et d'Italie participa aux croisades. C'est pendant cette période que l'armée du calife abbasside Saladin conquit temporairement Jérusalem de 1187 à 1189.

Entourant le plan du Mont du Temple, à gauche la mosquée du Dôme du Rocher ou mosquée Al-Sakhrah que l'on confond souvent avec la mosquée Al-Aqsa au dôme gris (à droite vue depuis la façade est) située à une centaine de mètres au sud. Documents Idobi/Wikimedia, T.Lombry et Andrew Shiva/Wikimedia.

La persécution des Juifs d'Europe et statut de Jérusalem

Le clergé romain et la noblesse européenne étant loin de la Palestine, les pays européens se reconcentrèrent ensuite sur la défense de leurs intérêts politiques y compris l'affirmation de la chrétienté en Europe. A partir de l'an 1100 on assista progressivement aux premières expulsions des Juifs d'Europe, en particulier de France, d'Allemagne, d'Espagne, d'Angleterre, d'Italie et de Russie occidentale qui se réfugièrent en Europe centrale (où ils seront appelés Ashkénaze), notamment en Pologne et en Roumanie, et en Russie orientale. Cette Diaspora représentait une communauté de plus de 5 millions de Juifs parlant une langue commune, le yiddish, combinaison du hébreu, d'un dialecte allemand et de mots d'origine slave, araméenne et romane dont l'italien.

En 1229, l'empereur d'Allemagne Frédéric II, époux d'Isabelle de Brienne, légitime héritière du royaume de Jérusalem fit valoir ses droits sur la ville sainte au sultan al-Kâmil. Les négociations aboutirent au Traité de Jaffa qui établit la souveraineté de Frédéric II sur Jérusalem pour dix ans. La ville fut restituée au royaume de Jérusalem, de même que les villes saintes de Nazareth et de Bethléem. Seuls le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aksa restèrent sous contrôle musulman. Dans les faits cela ne changea pas grand chose pour la population car depuis longtemps Jérusalem était gérée par différentes communautés et est cosmopolite pratiquement depuis sa fondation en raison de sa position stratégique et tampon entre l'Asie Mineure et l'Afrique.

La Palestine fut ensuite conquise par les Mongols en 1244 qui pillèrent Jérusalem, saccagèrent le Saint-Sépulcre et massacrèrent les Chrétiens. Les Mamelouks d'Égypte vainquirent l'armée Mongole à la bataille de 'Ayn Jalût et Jérusalem passa sous la domination musulmane. Les accords signés avec les Francs furent abrogés. En 1250, les Mamelouks prirent le contrôle de la Palestine et de la Syrie qui sont venus s'ajouter à l'Empire musulman construit par Saladin.

Jusqu'aux croisades, la ville était prospère et rayonnait à travers le monde. Mais après les invasions Mongoles, à partir de 1260 les habitants ont fuit la capitale et toute la région. La ville sainte finit par se délabrer et sombra dans l'indifférence générale, devenant une banale ville de province perdue dans un empire dorénavant islamique. En fait, les "chiens d'infidèles" que sont les non-musulmans firent l'objet de persécutions et les édifices religieux furent régulièrement saccagés, ce qui fit dire aux témoins de l'époque que la vie sainte a l'aspect "désolé" à l'époque mamelouke.

A gauche, une carte de Jérusalem extraite d'un psautier datant de c.1200. Au centre, le planisphère de Cantino réalisée 1502. A droite, une carte de Jérusalem réalisée par Franz Hogenberg en 1590. Documents Bibliothèque Nationale d'Israël

Comme à l'époque de l'esclavage en Égypte puis de l'exode à Babylone, les Juifs se sont de nouveau retrouvés sans pays et leur culture en voie de disparition. Rappelons que chaque année, lors de la fête de Pâque et du repas du Séder (le 14 Nissan) depuis plusieurs milliers d'années les Juifs expriment leur espoir de rejoindre la "Terre Promise" en déclarant : "L'an prochain à Jérusalem". Cet espoir ne les a jamais quitté.

Il fallut attendre le XIVe et XVe siècle pour que Jérusalem redevienne prospère et rayonne de nouveau par sa culture et son histoire. En 1516, Jérusalem fut prise par les Ottomans qui occuperont la Palestine jusqu'en 1917. L'empereur ottoman Soliman Ier le Magnifique autorisa les Juifs à regagner la Palestine. Les exilés revinrent dans la ville sainte qui reçut de nouveau la visite de pèlerins à présent de plus en plus nombreux. La communauté juive s'affirma de nouveau mais resta minoritaire. On estime qu'à la fin du XVe siècle, sur 10000 habitants, Jérusalem comprenait environ 1000 Chrétiens et 500 Juifs. C'est également à Soliman que l'on doit les nouveaux et imposants remparts qui aujourd'hui encore encerclent la vieille ville de Jérusalem.

Durant cette longue période, les Musulmans édifièrent des écoles coraniques tandis que le nombre de bâtiments chrétiens fortement taxés commença à décliner. C'est à cette époque que les Mamelouks obligèrent chaque communauté à porter un signe distinctif : un turban jaune pour les Juifs, rouge pour les Samaritains, bleu pour les Chrétiens et blanc pour les Musulmans. Pour des raisons de souverainté et de susceptibilités religieuses, on divisa également l'espace public, notamment le mont du Temple et le Saint-Sépulcre.

Emancipation et immigration des Juifs d'Europe

Pendant ce temps en Europe, si à la fin du Moyen-Âge les Juifs étaient mal considérés, grâce au changement de mentalité survenu à la Renaissance et qui se développa durant le siècle des Lumières (XVIIe-XVIIIe siècles), les Juifs devenus peu nombreux en Europe occidentale jouirent d'une meilleure réputation et acquirent presque les mêmes droits que les citoyens anglais, allemands, français ou hollandais. Les Juifs restèrent néanmoins exclus de certains professions et furent plus taxés que les Européens des autres confessions.

C'est au XVIIIe siècle que se développa la pensée Haskala, un mouvement intellectuel visant à intégrer totalement les communautés juives ashkénazes dans les sociétés européennes et en effaçant ou minimisant leur particularisme culturel. Suite à la Révolution française, on observa une émancipation des Juifs dans tous les pays européens jusqu'à ce qu'ils obtinrent l'égalité de leurs droits au XIXe siècle, sauf en Pologne et en Roumanie qui appartenaient à l'Empire russe. A partir de 1822, la Prusse interdit aux Juifs de prétendre à un emploi dans le secteur public et limita les mariages entre Juifs. Suite à ces persécutions, à partir de 1836, quelque 10000 Juifs originaires de Bavière immigrèrent aux Etats-Unis, suivis en 1870 par les migrants d'Europe orientale. Ensuite pour des raisons essentiellement politiques et économiques (ruée vers l'or, guerre de religion, persécution, révolution russe), entre 1870 et 1920, quelque 20 millions d'Européens dont plus de 2 millions de Juifs de Russie immigrèrent aux Etats-Unis.

A la fin du XIXe siècle, c'est toujours en Europe orientale, dans une bande allant de la Lithuanie à la Roumanie que se rassemblait la majorité des Juifs d'Europe qui représenta jusqu'à 9 % de la population de certains pays.

A voir : Artefacts de l'archéologie biblique, Wikiwand

Preuves de l'historique antique des Hébreux et du pays de Canaan

Définitions

Israël : La racine du mot est "sar" qui évoque une notion de force, de puissance, de domination, de pouvoir. De nos jours, "sar" en hébreu moderne signifie "ministre". "Ra" est également le dieu solaire égyptien (devenu Horus par la suite).

Le terme el est un terme sémitique ancien qui évoque également la puissance et le pouvoir (cf. Genèse 31:29) et par extension la divinité, le dieu (cf. Psaumes 18:31, 44:21, 81:10, Deut. 32:12, etc.). On retrouve sa forme allongée dans le terme "elohim" (dieu).

Le terme is est l'abréviation de Isis, la déesse funéraire égyptienne remontant à la 5e dynastie. A partir du 1er millénaire avant notre ère, elle fut associée à une puissance universelle et son culte se propagea jusqu'en Grèce et en Italie jusqu'au IVe siècle de notre ère.

Littéralement, "Isra-el" se traduit par "Dieu montrera sa puissance", "Dieu se montre fort ou "celui qui a lutté avec Dieu". Il sous-entend aussi que Dieu montra sa puissance par l'entremise du Peuple élu descendant de Jacob, qu'il ordonna de renommer "Israël" (cf. Genèse 33:28).

Sémite : personne originaire d'Asie mineure (Mésopotamie, Moyen-Orient) qui selon la tradition juive descend de Sem, fils de Noé. Ce peuple comprend toutes les personnes parlant les langues dites sémitiques (hébreu, arabe, araméen, babylonien, assyrien et amharique). Ce terme n'est pas synonyme de juif.

Juif : du mot hébreu Yehoudi, il signifie habitant de Judée, l'un des deux royaumes ayant survécu après le schisme du royaume d'Israël. Par extension, il s'agit d'une personne appartenant à la communauté juive, qu'elle réside en Israël ou à l'étranger. Le terme "juif" (appartenant au royaume de Judée) s'oppose à "israélite" (appartenant au royaume d'Israël).

Hébreu : selon la tradition juive, ce mot dérive du mot hébreu ivri et du mot arabe aber lui-même dérivé de Eber (ou Heber) signifiant "traverser". Selon la tradition, Eber est le descendant de Sem, fils de Noé. Il s'agit d'une personne appartenant au peuple Hébreu. Il s'agit de tribus sémitiques semi-nomades vivant en Syrie au cours du XIXeme ou XVIIIe siècle avant notre ère et qui se sont installées au pays de Canaan. A partir du VIe siècle avant notre ère, ils sont appelés les Judéens d'où dérive le mot juif.

Judaïsme : religion des juifs mais le terme s'étend aux lois et traditions du peuple juif.

Israélite : selon la tradition juive, il s'agit d'une personne descendant du peuple d'Israël formé par les douze fils de Jacob dont les tribus ont quitté l'Egypte pour la Terre Promise sous le commandement de Moïse. Le terme "israélite" s'oppose à "juif" mais est souvent confondu ou utilisé à tord à la place de ce dernier pour soi-disant ne pas froisser les susceptibilités.

Israélien : personne résident en Israël (elle peut être juive ou non juive).

C'est à la fin du XIXe siècle que se développa le Bund en Russie, un mouvement socialiste juif militant pour l'émancipation des travailleurs juifs. Il était opposé au sionisme fondé à la même époque (voir ci-dessous). Il perdit cependant beaucoup de membres qui se ralieront au bolchévisme après la révolution de 1917 dont la plupart disparurent au cours de l'Holocauste.

Le sionisme

Suite à la persécution des Juifs de Russie, le mouvement sioniste (du mot hébreu sion, l'une des collines de Jérusalem) se développa parmi les Ashkénazes, un sentiment nationaliste remontant en fait à l'époque de la première Diaspora et dont le porte-parole fut Theodor Herzl. Cet Hongrois d'origine juive âgé de 35 ans était journaliste et fut révolté par l'antisémitisme régnant notamment en France (cf. l'affaire Dreyfus), le pays soi-disant des Droits de l'homme. Comprenant qu'il était illusoire que les Européens ou que quoiconque d'autre défendent les Juifs et que ces derniers ne trouveraient pas le salut en Europe ni ailleurs, il publia en 1896 un manifeste intitulé "L'État des Juifs" dans lequel il défend l'idée que les Juifs doivent posséder leur propre Etat sur la terre de leurs aïeux, en Palestine.

Cette colonisation fut résumée par les Sionistes par le slogan "Une terre sans peuple pour un peuple sans terre", sous-entendant que la Palestine était un no man's land. On critiqua la politique des Sionistes du fait qu'elle éluda le fait que la Palestine était en réalité déjà habitée depuis pratiquement deux mille ans par des Musulmans, des Chrétiens et même des Juifs, et surtout parce que Theodor Herzl lui-même n'excluait pas la possibilité d'expulser les "indésirables". Cette colonisation unilatérale de la Palestine n'était finalement pas très différente de la ségrégation européenne envers les Juifs que prétendait dénoncer Herzl, ce qui valut au sionisme l'animosité des mouvements arabes et un avis pour le moins prudent des diplomates des grandes nations européennes. De nombreux rabbins et Juifs allemands s'opposèrent également au mouvement sioniste qui finalement trouva refuge à Bâle, en Suisse en 1897.

C'est au cours des congrès du parti Sioniste que le mouvement fonda une banque nationale juive ainsi qu'un Fonds national juif pour acheter des terres agricole et constructibles en Palestine ottomane. Entre-temps, en 1882 le baron Edmond de Rothschild acheta des terres en Palestine et finança la construction de la première ville sioniste (ou israélienne) à Rishon LeZion, située au sud de Tel-Aviv. Ces initiatives furent à l'origine de la création de l'État d'Israël en 1948. Aujourd'hui Rishon est la 4e ville d'Israël.

L'histoire du peuple juif et Israël d'hier à aujourd'hui. Graphique préparé par Odyeda et carte anonyme adaptée par l'auteur (DR).

Le partage du Moyen-Orient

La Palestine passa sous mandat britannique entre 1917 et 1947. Insistons que jusqu'au XXe siècle il n'y a jamais eu véritablement de guerre de religion ou même de conflits entre Juifs et Musulmans ou entre Juifs et Arabes (en revanche, les croisades visaient notamment à défendre les pèlerins chrétiens contre les attaques des musulmans). Mais suite à l'Accord Sykes-Picot de 1916 qui partagea le Moyen-Orient entre Français et Britanniques sans consulter les Arabes (cf. le terrorisme), les anciennes provinces ottomanes se sont retrouvées sans État et sans organisation pour les gérer. C'est à cette époque que les Britanniques ont rendu obligatoire la mention de la religion sur les cartes d'identité des Sémites habitant en Palestine. Créant une distinction de fait entre les personnes selon leur foi, c'est alors que la religion s'est insidieusement immiscée dans les conflits ethniques jusqu'à s'imposer au coeur de la géopolitique. C'est également depuis cette époque que la vieille ville de Jérusalem-Est divisée en quatre quartiers religieux (juif, chrétien, arménien et musulman) aux limites bien marquées par des murs d'enceinte et des portes alors que jusqu'ici les résidents de toutes les religions vivaient ensemble sans problème.

L'Holocauste

Puis il se produisit le plus effroyable des génocides avec la persécution et l'extermination de près de six millions de Juifs d'Europe par les Nazis du IIIe Reich d'Adolf Hitler qui débuta en 1938 pour ne s'achever qu'en 1945 avec la fin de la Seconde guerre mondiale. On reviendra sur l'Holocauste également appelé la Shoah à propos des guerres de religion et de l'intolérance.

Fondation de l'État d'Israël

Après la guerre, les revendications des Sionistes ne furent pas toujours pas entendues car très difficiles à négocier compte tenu des sensibilités religieuses des parties mais leur idée se concrétisa malgré tout. Le 29 novembre 1947, le conseil de l'ONU vota le partage de la Palestine en deux États : un juif israélien et un arabe, Jérusalem n'étant pas comprise dans ces territoires et considérée comme une zone sous contrôle international. Finalement, le 14 mai 1948 le président Ben Gourion déclara l'indépendance de l'État d'Israël et son contrôle sur la partie juive de Jérusalem. 

A partir de 1949, la Palestine perdit toute existence légale, ce qui déclencha la révolte des Palestiniens (guerre des Six Jours, guerre du Kippour, Intifada, etc.) qui comme nous le savons de tristes échos perdure aujourd'hui.

Point de vue démographique, en 1948 la population juive d'Israël représentait environ 600000 personnes. Trois générations plus tard, ils sont 10 fois plus nombreux et leur nombre augmente d'environ 1.9 % chaque année. Israël rassemble 8.5 millions d'habitants (en 2016) dont près de 75 % de Juifs et 20 % d'Arabes. On compte environ 5.4 millions de Juifs aux Etats-Unis (1.7 % de la population) et environ 1.4 million de Juifs en Europe (0.2 % de la population). On y reviendra à propos du statut des religions.

Pour des raisons politiques, le statut de Jérusalem reste non résolu. Malgré le plan de partage de l'ONU, en 1980 une loi israélienne décréta que Jérusalem était la capitale "éternelle et indivisible" d'Israël. Or Jérusalem-Est est toujours occupé, raison pour laquelle la communauté internationale n'a pas reconnu cette loi annexant la capitale au détriment des Palestiniens. Seuls les États-Unis qui ont toujours supporté les Israéliens en raison de leur importante Diaspora juive ont fait passer une loi au Congrès en 1995 établissant que "Jérusalem devrait être reconnue capitale de l'État d'Israël". Peu après, les État-Unis ont souhaité que leur ambassade soit tranférée à Jérusalem avant le 31 mai 1999.

Ci-dessus, Jérusalem vue depuis le cimetière juif en direction de l'ouest avec la vallée du Cédron à l'avant-plan. Ci-dessous, la vieille ville de Jérusalem avec l'église du Saint-Sépulcre. Documents T.Lombry et Rostislav Ageev.

En parallèle, le parti islamiste du Hamas dont une branche est armée déclara en 2017 accepter le fait que les Palestiniens occupent les territoires définis en 1967, à savoir la bande de Gaza et la Cisjordanie. Mais la question de Jérusalem et de l'occupation par les Juifs des "territoires occupés" n'est toujours pas résolue. C'est donc le status quo avec tous les troubles et attentats que cela suscite entre les communautés juives et arabes. La religion se mêlant à la politique dans d'interminables incidents frôlant la guérilla urbaine, on voit mal comment la question de Jérusalem et des "Territoires Occupés" pourrait être résolue par la diplomatie. L'avenir sera juge.

Finalement, conformément à sa promesse électorale, le président Trump déclara le 6 décembre 2017 que les États-Unis reconnaissaient désormais Jérusalem comme capitale d’Israël et déménageraient l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, disant en suspens que cela "aurait dû être fait depuis longtemps [...] et serait bon pour la paix" (sic!).

Sur le plan légal, cette décision unilatérale qui ne flatta que l'égo de Donald Trump et des Israéliens viola toutes les résolutions internationales de l'ONU votées depuis 1967 et réduisit à néant tous les efforts consentis lors de la dernière réunion sur la paix au Proche-Orient qui s'était tenue en janvier 2017 à Paris, un avis qu'évidemment ne partagent pas les Israéliens. 

Aussitôt après cette annonce, le Hamas s'est violemment opposé à cette décision et on observa une recrudescence des violences à Jérusalem-Est, à Gaza et à Amman en Jordanie, un état d'intifada qui força le Conseil de sécurité de l'ONU à se réunir d'urgence le 8 décembre 2017 pour discuter de la suite des évènements. Bref, l'isolement des États-Unis sur la scène internationale s'est accentué et la diplomatie des États-Unis n'est même plus crédible. On y reviendra à propos des guerres de religion.

Nous verrons dans le prochain article à quelle époque nous retrouvons la première référence au Dieu unique et dirons quelques mots sur les différents noms de Dieu avant de résumer ce que nous avons appris sur l'histoire du peuple d'Israël et les origines du monothéisme.

A lire : L'origine du Dieu unique et les noms de Dieu

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