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Mars, le dieu de la guerre

Le verdict de l'exploration spatiale (VI)

L'homme a envoyé des sondes d'exploration vers Mars depuis 1964, cela fait déjà plus d'un demi-siècle qu'il explore la planète Rouge par robots interposés.

C'est en 1965 que la sonde Mariner 4 survola Mars et retransmis les toutes premières photos numériques de la planète Rouge. A cette époque, les images étaient transmises par modem et reconstruites grâce aux premiers ordinateurs. Les valeurs indiquées dans les lignes de codes formatées représentaient des nuances de gris. Le fichier était ensuite envoyé sur une imprimante chargée de papier photographique. Il n'existait alors aucun moyen d'obtenir une photo couleur.

A voir : Five Ways Mariner 4 Changed Mars Exploration, JPL

Elaboration de la première image numérique en couleurs de Mars par les ingénieurs du JPL au cours de la mission Mariner 4 en 1965 à partir de pages de listing découpées en bandes et mises en couleur à la main !

Pour l'anecdote, comme on le voit ci-dessus, à titre d'amusement les ingénieurs ont fait le pari de reconstruire une image couleur... à la main ! Les ingénieurs du JPL ont découpé des bandes de listings codés qu'ils ont assemblé sur un tableau et coloré ensuite à la main en fonction de la valeur de gris ! Il faut le voir pour le croire ! On en ferait une oeuvre d'art que ne démentiteraient pas les Pointillistes ! Heureusement, étant donné les centaines de milliers d'image à traiter à chaque mission, la technologie a évolué et de puissants systèmes informatisés de traitement d'image ont pris la relève.

Quant au mythe martien, au grand dam des fervents défenseurs de la vie extraterrestre et des ufologues, les petits hommes verts et leurs canaux se sont évanouis avec l'avènement de l'exploration spatiale.

Au début du XXe siècle et pendant près de 20 ans, les astronomes ne disposaient que de méthodes visuelles d'études, observant la planète en lumière blanche ou en infrarouge. Au cours des quarante années qui suivirent ils eurent de plus en plus recours à des méthodes d'observation photométriques, polarimétriques ou thermoélectriques. Leurs méthodes se déplacèrent ensuite vers les moyens astronautiques et aujourd'hui des astronomes pensent y débarquer des hommes.

En 1976, l'atterrissage des sondes spatiales Viking 1 et 2 sur Mars marqua les esprits car pour la première fois un objet fabriqué par l'homme se posait sur la planète Rouge tant mystifiée. Les sondes Viking étant restées actives plusieurs années à la surface de Mars, elles ont récolté de nombreuses données sur les mouvements éoliens et les variations climatiques à sa surface. Leurs observations ont permis d’élucider bien des énigmes qui furent confirmées par les missions ultérieures.

Ci-dessus à gauche, Mars photographiée par la sonde spatiale Viking 1 à proximité de l'orbite d'insertion le 19 juin 1976. Au centre, la sonde Viking 1 Lander sur le site de Chryse Planitia le 30 août 1976 par 22°N et 50°O. La caméra est orienté vers l'horizon NO. A droite, croissant de Mars photographié par Viking 2 en 1976. On reconnaît le bassin d'Argyre (la zone blanche près du limbe supérieur) situé par 50° de latitude Sud, Valles Marineris (dans la zone rouge) et plus bas le volcan Arsia Mons associé à une plume d'eau glacée (ce n'est pas une plume de gaz associée à l'activité du volcan qui est éteint depuis au moins 50 millions d'années). A comparer avec cette image prise 42 ans plus tard le 10 octobre 2018 par Mars Express où on découvre une plume similaire s'étendant sur 1500 km. Cette plume d'eau glacée s'est formée suite à la présence de poussière dans l'atmosphère soulevée après la grande tempête de sable survenue en juin-juillet 2018. Ci-dessous à gauche, panorama photographié par Viking 1 sur le site de Chryse Planitia. A droite, Viking 2 sur le site d'Utopia Planitia le 26 septembre 1976 et regardant vers le SSO. Sur toutes les photos au sol la balance des couleurs a été établie sur une lumière blanche similaire à celle qu'on observe sur Terre sinon la tonalité réelle est orangée vert-olive (voir plus bas). Documents NASA/JPL traité par Emily Lakdawalla, NASA/Viking1/NSSDC, ESA/Mars Express et NASA/JPL/Viking2.

On sait aujourd'hui que les variations de teintes et de formes observées depuis la Terre sont provoquées par les déplacements des nuages de sable durant les tempêtes martiennes. Des dépôts peuvent s'accumuler derrière les remparts des cratères où former de longues traînées si le relief fait obstacle à sa progression. Syrtis Major Planitia représente ici un exemple typique : lorsque le vent chasse le sable, on découvre un substrat rocheux plus sombre, que tous les observateurs ont dessiné sous la forme d'un large appendice sombre s'étendant vers le nord.

Il s'avère enfin que les poussières claires sont plus fines que les poussières sombres. Les premières s'étirent sur de longues distances tandis que les secondes sont courtes et larges. Cette activité éolienne est donc toujours active et développe une énergie considérable qui, lors des tempêtes, transporte facilement le sable sur la moitié de l'hémisphère. Il n'est donc pas étonnant que le visage de Mars change régulièrement, suivant à la fois le mouvement des marées d'équinoxes, les effets thermiques provoqués par les saisons et les effets locaux liés aux reliefs.

Le visage de Mars change également sur le plan figuré. En effet, dans le cadre de sa mission d’étude, en avril 1998 la sonde Mars Global Surveyor (MGS) fit toute la lumière sur la soi-disant formation artificielle de la région de Cydonia, le fameux site situé par 40.9°N et 9.45°O dans lequel se trouve un relief isolé représentant un visage qui fut découvert par la sonde Viking vingt deux ans plus tôt. Devant les allégations des journalistes la réaction officielle du JPL fut de dire à l'époque qu'il s'agissait d'un jeu trompeur d'ombres et de lumières sans pouvoir vraiment le démontrer.

Cydonia, le visage de Mars s'estompe

A gauche et au centre, deux images du site photographié par la sonde spatiale Viking en 1976. La résolution est de 50 m/pixel. A droite, l'image réalisée le 5 avril 1998 par la caméra MOC de la sonde Mars Global Surveyor et dont le contraste a été accentué. La résolution sur l'image originale atteint 4.3m/pixel, 10 fois supérieure aux meilleures images réalisées par la sonde Viking Orbiter. Cette structure mesure environ 415 mètres de haut et repose sur une base de 2.5 x 2.0 km. Cliquer ici pour charger une deuxième image en haute-résolution réalisée en avril 2001. Au grand dam des ufologues, c'est le jeu combiné de l'érosion sur un sol meuble et l'incidence de la lumière sur un relief accidenté qui ont donné cet aspect atypique à cette montagne. Documents NASA/MGS/NSSDC.

La nouvelle caméra orbitale de MGS étant dix fois plus sensible que celle équipant Viking, la NASA s’est permis de présenter une nouvelle image du “visage de Mars”, en prenant soin de la comparer à l’ancien cliché pris par Viking en 1976, sans ajouter de commentaire. De fait les images parlaient d’elles-mêmes : cette région de Mars subit une érosion si intense qu’elle sculpte littéralement les roches martiennes tendres délaissant naturellement les zones plus compactes, révélant les cratères sous-jacents et donnant à certaines montagnes des apparences trompeuses sous certains éclairages. Aujourd’hui, il faut délibérément aimer les images floues et y croire avec beaucoup de mauvaise foi pour y trouver les traces d’un visage !

Mars vue de l'espace

Mars Global Surveyor

Août 1997, Mov 3.9 Mb

Viking Orbiter

1998, Mpeg 842 Kb

Hubble

1999, Mpeg 757 Kb

Documents Solarviews/NASA/Calvin J.Hamilton et NASA/ESA/STScI.

Retour sur Mars

L'Aventure martienne a donc déjà commencé et pour la première fois dans l'histoire de l'exploration spatiale, l'homme a établi le premier réseau de communication satellite sur une autre planète.

MGS et Mars Pathfinder : Sojourner

En effet, rappelons que le 11 septembre 1997 la sonde Mars Global Surveyor (MGS) se mettait en orbite autour de Mars et commençait sa mission photographique qui s'acheva en 2007. L'orbiter largua également le module Mars Pathfinder équipé d'un petit explorateur miniature à six roues dénommé “Sojourner”. Ce rover eut un succès mitigé car il fut mis hors service 7 jours après le début sa mission après avoir heurté un rocher comme on le voit ci-dessous.

Le 3 janvier 1999, la NASA lança la sonde orbitale Deep Space 2 (DS2) du programme New Millenium Microprobes dans le but d'étudier la météorologie martienne et de rechercher la présence d’eau. Malheureusement la sonde fut perdue lors de la rentrée atmosphérique.

Entre-temps, MGS fut rejointe en 2002 par la mission Mars Odyssey qui a déjà à son actif la découverte de lacs souterrains sur Mars, découverte qui reste à confirmer sur site. Aujourd'hui l'Orbiter est toujours en activité.

Vue panoramique de la surface de Mars près des "Twin peaks" prise le 21 juillet 1997 (Sol 18) montrant le petit robot Sojourner du programme Mars Pathfinder qui buta contre le rocher Yogi le 7e jour de sa mission. Les deux pics mesurent 30-35 m de hauteur. Celui de gauche (North Twin) se situe à environ 860 m du lander Pathfinder et celui de droite (South Twin) à environ 1 km. Document NASA/JPL/Mars Pathfinder.

Mars Express

De son côté, grâce à une fusée Soyuz/Fregat, le 2 juin 2003 l'ESA lança la mission Mars Express comprenant deux sondes spatiales, un Orbiter et la sonde lander Beagle II. Malheureusement, après un voyage de 7 mois, au moment de l'atterrissage (ou "amarsissage") sur Mars, l'ESA perdit tout contact avec Beagle II, perdant par la même occasion environ 400 millions de dollars. Mais la mission Mars Express continua malgré tout grâce à l'Orbiter qui est en mesure d'analyser l'atmosphère de Mars, d'effectuer des mesures du sol et du sous-sol à distance et de prendre des photographies en haute résolution grâce à la caméra stéréoscopique HRSC.

Grâce à cet Orbiter et notamment à son radar et son spectromètre, l'ESA a pu estimer que la quantité d'eau glacée présente au Pôle Sud de Mars est équivalente à une couche liquide de 11 mètres d'épaisseur recouvrant toute la planète. Cette quantité est encore plus élevée au Pôle Nord de Mars.

Aujourd'hui la sonde orbitale de la mission Mars Express est toujours active.

Grâce à Mars Express, régulièrement l'ESA en collaboration avec le DLR allemand et l'Université Libre de Berlin (FU berlin) nous proposent notamment des images tridimensionnelles de formations martiennes remarquables comme par exemple Valles Marineris (voir page 1), Reull Vallis (voir page 3) ou le cratère Worcester présenté à droite situé dans Kasei Valles qui comme on le constate subit une débacle gigantesque qu'on peut qualifier de méga inondation voici 3.4 à 3.6 milliards d'années, tellement puissante qu'elle transforma durablement le paysage.

La mission MER : Spirit et Opportunity

Quelques semaines après l'arrivée de la sonde Mars Express, les robots géologues Spirit et Opportunity de la mission Mars Exploration Rover (MER) lancés respectivement le 10 juin et le 7 juillet 2003 par la NASA réussirent leur atterrissage sur la planète Rouge respectivement le 4 et le 25 janvier 2004. Ils commencèrent aussitôt l'exploration géologique de leur nouvel environnement.

Fin 2009, Spirit et Opportunity avaient déjà parcouru plus de 15 km dans le désert glacé, forant, ponçant, photographiant et radiographiant les gisements intéressants dans la plaine, au fond des cratères, aux pieds des collines ou sur le versant des montagnes.

Panorama de Mars photographié par le rover Spirit le 13 janvier 2004. Document NASA/MER.

Les scientifiques perdirent le contact avec Spirit le 25 mai 2011. Opportunity est toujours actif et est mis périodiquement en hibernation, notamment lors des conjonctions (lorsque le Soleil s'intercalle entre Mars et la Terre) et durant les 5 mois que dure l'hiver martien. A cette occasion, la sonde s'immobilise dans un endroit abrité mais bien exposé au Soleil pour maintenir la charge de ses batteries.

De violents vents et tempêtes de sable soufflant sur Mars, comme tous les rovers, Opportunity se couvre rapidement de poussière. Par chance, en mars 2014 une violente tempête souffla la poussière qui s'était déposée sur ses panneaux solaires, augmentant ses réserves d'énergie.

En quelques années les sondes orbitales et les landers ont apporté des preuves probantes selon lesquelles de l'eau, parfois salée, a vraisemblablement coulé à la surface de Mars il y a plus de 3 milliards d'années. On a découvert des traces d'écoulements, d'alluvions, des sphérules, des structures formées par percolation, des galets, des couches sédimentaires stratifiées, etc.

Reportez-vous à l'article de bioastronomie sur les Traces d'eau à la surface de Mars pour plus de détails.

Vue panoramique du site de Spirit prise le 12 et 13 mars 2004 après que le robot ait parcouru 328 m jusqu'au bord du cratère Bonneville de 200 m de diamètre, une étape sur le chemin vers les montagnes jumelles situées à droite, les Columbia Hills. La couleur du ciel a été uniformisée et ne respecte pas le gradient de luminosité. Les couleurs ont été optimisées à partir d'un compositage RGB. Document NASA/JPL.

*

Vue générale de l'affleurement du cratère Erebus de 350 m de diamètre et pratiquement recouvert de sable exploré sur son pourtour nord par le rover Opportunity le 26 février 2006 (Sol 744). Ce petit mur de roches mesure environ 1 m de hauteur. Les plus petites pierres plates mesurent 10 cm et renferment des concrétions et des sels. Il s'agit soit de dépôts de cendres volcaniques ou de sédiments transportés par l'eau ou le vent. De l'eau a donc peut-être coulé sur cet affleurement où l'on retrouve également de petites concrétions arrondies. La couleur du ciel a été uniformisée et ne respecte pas le gradient de luminosité. Document NASA/JPL/Cornell U.

La mission MRO et les perchlorates

En 2005, la NASA envoya la sonde spatiale Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) prospecter l'atmosphère et la surface de Mars à la recherche de traces d'eau. L'orbiter fut placé en orbite d'insertion autour de Mars le 12 mars 2006 et est toujours en activité.

MRO est l'une des plus grosses sondes spatiales jamais envoyée vers Mars. Elle dispose non seulement des moyens radio, photographique et spectrométrique classiques, mais également et pour la première fois d'un radar fabriqué par les ingénieurs italiens capable de pénétrer sous le sable pour analyser les reliefs à la recherche d'anciens lits de rivières. Cette mission représente un investissement de 720 millions de dollars.

La découverte la plus importante réalisée par la mission MRO a été faite en 2015, lorsque la NASA annonça avoir des preuves confirmant la présence d'eau liquide aujourd’hui sur la planète Rouge. Le sujet étant aussi vaste qu'intéressant, nous y reviendrons en détails dans l'article consacré aux traces d'eau à la surface de Mars.

La mission Phoenix

En mai 2008, la mission Phoenix Mars Lander débuta. Le lander Phoenix atterrit près du pôle Nord dans la région de Vastitas Borealis et eut pour mission de confirmer la présence de lacs souterrains mis en évidence par la sonde Mars Odyssey. Un puissant bras robotisé équipé d'une perceuse et d'une ponceuse et muni d'une caméra haute-résolution creusa le sol jusqu'à 1 mètre de profondeur et analysa les échantillons qui n'ont sans doute pas vu la lumière du Soleil depuis quelques milliards d'années. Il découvrit notamment des traces d'eau et de carbonate de calcium.

Phoenix trouva également des indices de l'existence probable de perchlorates dans le sol de Mars mais la découverte ne fut pas confirmée et il fallut attendre la mission MRO pour en avoir confirmation.

Le coût de la mission Phoenix s'éleva à 325 millions de dollars. La sonde spatiale cessa de fonctionner le 25 mai 2010.

La mission MSL : Curiosity

Le 26 novembre 2011, dans le cadre de la mission Mars Science Laboratory (MSL), la NASA envoya la sonde d'exploration Curiosity explorer la région martienne d'Aeolis Mensae (mont Sharp) et du cratère Gale situés près de l'équateur. Après un voyage de plus de 6 mois, le rover atterrit avec succès sur Mars (cf. cette vidéo sur YouTube) et explora la région à partir du 6 août 2012. Curiosity est toujours en activité.

A voir : Curiosity Rover Report (2016): Four Years on Mars, NASA/JPL

Ci-dessus à gauche, un selfie ou autoportrait de Curiosity réalisé le 27 avril 2014 au 613e Sol. Cette image résulte du compositage de 75 photographies. Au centre, une vue panoramique de la surface de Mars et notamment d'une petite dune de sable que traversa le rover Curiosity le 9 février 2014 (538e Sol). La balance des couleurs a été établie sur une lumière blanche similaire à celle qu'on observe sur Terre. Voici la photo originale non traitée, à la lumière orangée-vert olive de Mars. A droite, une roche de 12 cm de longueur de la baie de Yellownife dans la région du cartère Gale qui s'est brisée lorsque Curiosity roula dessus, révélant sa structure interne particulière. Notez sa couleur légèrement bleutée. Photo prise par la Mastcam au 174e Sol le 31 janvier 2013. Ci-dessous à gauche, le site de Kimberley aux pieds du Mt Sharp culminant à 5500 m d'altitude exploré par le rover Curiosity le 25 mars 2014. A droite, le site de "Whale rock" aux pieds du Mt Sharp photographié le 2 novembre 2014. Concernant l'échelle, la roche en lamelles située sur la gauche mesure environ 70 cm de longueur. Sur toutes ces photos, la balance des couleurs a été établie sur une lumière blanche similaire à celle qu'on observe sur Terre. Documents NASA.JPL/Caltech, NASA/JPL, NASA/JPL/MSSS, NASA/MSL et NASA/JPL/MSSS.

Comme ses prédécesseurs, le robot a récolté des échantillons de roches et de gaz atmosphérique. Il a effectué des analyses spectrométriques pour identifier d'éventuels composants carbonés, des analyses par diffraction X et fluorescence pour identifier la nature du sol et mesuré le taux de rayonnement en surface. Curiosity est également équipé de caméras HD stéréo et couleur.

Opportunity a réalisé quelques découvertes et notamment des émissions de méthane dans une roche de surface en 2013. L'origine organique des émissions de méthane n'est pas confirmée. En effet, il peut très bien s'agir d'une réaction temporaire entre des molécules d'eau prisonnières de la roche et un matériau comme l'olivine présent sur Mars. Les recherches se poursuivent.

En 2014, comme on le voit ci-dessous, il photographia également des roches stratifiées contenant des sédiments dans le site de Kimberley et de Whale rock situés aux pieds du mont Sharp situé au centre du cratère qui sont également en relation avec l'ancien lac asséché qui devait remplir le cratère Gale.

Selfie du rover Curiosity à proximité de Aeolis Mons, alias le mont Sharp situé au centre du cratère Gale et culminant à 500 m d'altitude. Il s'agit d'une mosaïque de photos prises le 27 avril 2014 (Sol 613) par la caméra installée sur le bras robotique (MAHLI). Document NASA/JPL-Caltech/MSSS/Jason Major.

Comme expliqué plus haut, en 2012 le rover Curiosity découvrit du perchlorate de calcium dans le cratère Gale notamment, relançant le débat sur l'existence d'eau liquide sur Mars.

Notons qu'au cours de ses explorations géologiques, comme on le voit ci-dessous, en 2015 Curiosity photographia une roche pyramidale. En fait, comme le confirma l'astronome Jim Bell de l'Université d'Arizona et responsable du programme de recherche Mastcam (la caméra attachée en tête du mat du rover), ce type de relief est connu des géologues et n'est pas spécifique à Mars. Sa forme est le résultat de l'érosion éolienne. On observe des roches similaires appelées "ventifacts" sur Terre dans les endroits très venteux, notamment dans la Vallée de la Mort et en Antarctique.

Un rocher en forme de pyramide photographié par Curiosity le 7 mai 2015 à 23:03:40 UTC (Sol 978) qui alimenta de nouvelles rumeurs chez les conspirateurs et dont certains majors de la presse dont l'Huffington Post se sont fait l'écho. A gauche, l'image brute générale (le rocher pyramidal est près du centre) et l'agrandissement au centre. A droite, des "ventifacts" formés par l'érosion éolienne photographiés sur Terre dans la Vallée de la Mort. Documents NASA/JPL/MSSS et Marli Miller.

Le 5 novembre 2013, l'agence spatiale indienne ISRO envoya sa première sonde d'exploration Mangalyaan (Mars Orbiter Mission) vers Mars. Elle atteignit l'orbite s'insertion le 24 septembre 2014. Ce projet qui coûta 74 millions d'euros a pour principal objectif de démonter que l'Inde est une puissance spatiale capable de développer un engin interplanétaire. A ce titre la mission est un succès. L'objectif scientifique est donc secondaire même si la sonde a déjà détecté des traces de composés hydratés à la surface de Mars, de l'eau dans son sous-sol et du méthane dans l'atmosphère.

A son tour, le 18 novembre 2013, la sonde orbitale MAVEN (Mars Atmosphere and Volatile EvolutioN) de la NASA fut envoyée vers Mars pour étudier son atmosphère. Elle fut placée en orbite d'insertion le 31 septembre 2014 et commença sa mission d'une durée d'un an. Maven est placée sur une orbite basse et elliptique lui permettant de se rapprocher jusqu'à 150 km de la surface de Mars (périgée) et s'éloigner jusqu'à 6000 km (apogée). Les données recueillies durant cette mission devraient permettre aux chercheurs de déterminer l'évolution de l'atmosphère martienne. Comme les autres orbiters, Maven peut également servir de relai entre les rovers et les stations de poursuite terrestres.

Dans le cadre du programme ExoMars, l'ESA envoya un orbiter GTO et un lander sur Mars en 2016 mais le lander Schiaparelli s'écrasa au sol au mois d'octobre suite à dysfontionnement des rétrofusées. Si les observateurs (et les mauvaises langues) y virent un échec de la politique scientifique européenne, l'ESA préféra parler de "demi-échec". On y reviendra à propos des retombées de l'espace.

Enfin, en 2016 la NASA en collaboration avec l'ESA proposèrent la mission InSight afin d'étudier la structure interne de Mars (activité séismique et chaleur irradiée) et sa météorologie. Mais suite à un problème avec le sismomètre de l'ESA, le lancement fut reporté à 2018. Finalement, le lander se posa avec succès sur Mars en novembre 2018 et débuta sa mission scientifique qui devrait durer toute une année martienne soit environ deux années terrestres.

NATIONAL GEOGRAPHIC

Tour virtuel de la planète rouge

Prochaines missions vers Mars

Concernant les prochaines années, la mission Mars Sample Return prévue vers 2020-2022 qui devrait ramener des échantillons sur Terre. La NASA a également planifié la mission Mars 2020 dont le lander devrait se poser sur Mars entre janvier et mars 2021.

Par la suite, la NASA ne devrait plus envoyer de sondes orbitales vers Mars mais uniquement des landers éventuellement associés à des véhicules mobiles sur les sites où l'on a découvert des traces d'eau.

D'ici là le Télescope Spatial Hubble (HST) et le James Webb Space Telescope (JWST) en 2021 garderont un oeil discret sur la planète Rouge.

Ajoutons pour mémoire, une éventuelle mission habitée vers Mars mais qui ne sera probablement pas planifiée avant 2045 n'en déplaise à Elon Musk qui l'envisage déjà vers 2022 ou 2024. On y reviendra.

Avec toutes ces missions, cette constellation de sondes spatiales forme un réseau complexe de communication permettant à la Terre de communiquer à la fois avec les sondes orbitales et les rovers explorant Mars. Mais tout ceci ne serait pas possible sans le développement depuis les années 1990 du réseau d'antennes de poursuite du Deep Space Network.

Ceci termine notre revue de Mars. Nous aborderons dans d'autres articles la question des traces d'eau à la surface de Mars, la toxicité de l'environnement martien, le terraforming, son observation durant les oppositions, etc. y compris ce qu'il en est des projets de colonisation de Mars qui reviennent périodiquement comme l'Arlésienne.

Pour plus d'informations

Sur ce site

Terraforming de Mars

Le mythe martien

La toxicité de l'environnement martien

Attirantes oppositions

L'exploration de Mars (missions spatiales)

1001 links (rubrique Astrophysique - Mars)

Missions vers Mars

Jet Propulsion Laboratory

Spirit a quitté son module d'atterrissage pour explorer la surface de Mars.

Mars Sample Return, ESA

Mars 2020, NASA

ExoMars, ESA

InSight, NASA/ESA

Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), NASA

Mars Exploration Rover Mission (MER, Spirit, Opportunity), NASA

MAVEN, NASA

Mars Express, ESA

Mars Global Surveyor (MGS), NASA

Mars Science Laboratory (MSL, Curiosity), NASA

ISRO, Agence indienne

Phoenix, NASA

Mars Polar Lander, NASA

Mars Pathfinder (Sojourner), NASA

Netlanders(et sur Nirgal), ESA/CNES

Mars Odyssey, NASA

New Millenium Program, NASA

Viking : Viking, NASA, NSSDC

Autres ressources

Google Mars

Geologic Map of Mars, USGS

Carte HD de Mars 2001 (6 MB) National Geographic

Carte HD de Mars (Viking) (14 MB)

La planète Mars. Histoire d'un autre monde, François Costard et al., Belin/Pour la Science, 2006

A microphone supporting LIBS investigation on Mars (PDF), JPL, 2016

NASA's Journey to Mars, NASA, 2014

Moon to Mars, A Journey to Inspire, Innovate, and Discover (PDF), NASA, 2004

Mars Trek, JPL

Geologic Map of Mars, USGS

Mars Nomenclature, USGS

Mapping the Mars Canal Mania: Cartographic Projection and The Creation of a Popular Icon, Maria D.Lane, Imago Mundi, Vol.58, 2, 2006

Mars Previewer II, logiciel

Map-A-Planet, USGS

HiRISE (Images HD de Mars)

Mars terrain, NASA

Views of the Solar System, Calvin J.Hamilton

Google Earth (dont le module d'exploration de Mars en 3D)

MOLA Data Records (jusqu'à 128 pixels/degré), PDS Geosciences

Polygon Worlds ou Mars 3D (cartes 3D établies à partir des données MOLA)

Malin Space Science Systems (toutes les images de Mars)

USGS Planetary names (noms des formations martiennes)

Mars 2007 and Beyond, les futures missions vers Mars

Scenario for Possible Crewed Mission (NSSDC)

Bibliographie concernant Mars, Nirgal

Les Autres Mondes sont-ils habités ? (extrait pp.77-127), abbé Moreux, Ed. Gaston Doin, 1923

La planète Mars d'après les travaux récents (PDF), abbé Moreux, Revue Générale des Sciences, 1906.

Retour sur Mars

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