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L'origine et l'avenir de l'Homme

La pollution engendrée par les activités industrielles rend malade et tue chaque année des millions de personnes dans le monde. Il a fallu deux siècles pour que les institutions internationales imposent le principe "pollueur-payeur".

La révolution industrielle (XVI)

Après avoir établi les bases de la civilisation, érigés des temples et des villes, l'homme bâtit des empires et se mit à conquérir le monde. Grâce à la témérité de grands explorateurs comme Amerigo Vespucci, Christophe Colomb ou Vasco de Gama, les premiers comptoirs commerciaux s'ouvrirent un peu partout autour du monde à partir du XVIe siècle.

Poussé par la curiosité et la demande d'une population toujours croissante, à partir de 1750 en Europe et vers 1900 dans d'autres pays, nous avons assisté au début de la révolution industrielle. Chronologiquement elle est marquée par quelques innovations majeures telles que le développement des machines à vapeur, l'industrie du charbon, métallurgique, textile, la formation des capitaux industriels, la découverte de l'électricité, l'aviation, les communications sans fil, les canaux artificiels, et quantités d'outils allant de l'hélice au marteau pneumatique et autre radar. Ce développement fut instigué par la croissance exponentielle et entraîna la flambée des usines, de la main d'oeuvre qui rejoigna les villes, du commerce et des prix.

Progrès pour les uns, exploitation et misère pour les autres, le développement de nos sociétés n'a pas toujours eu l'effet escompté, ou du moins les politiciens n'ont généralement jamais eu la volonté de changer leurs priorités pour des questions écologiques ou humanitaires ni envisager leur programme dans le long terme.

Un partenariat avec la nature

Ayant finalement pris conscience de la fragilité des écosystèmes et de l'humanité, en 1866 le biologiste allemand Ernst Haeckel inventa l'écologie. L'Europe et les Etats-Unis n'y adhéreront qu'une génération plus tard poussés par les associations alternatives.

Malheureusement bien des exemples nous démontrent que l'augmentation croissante de la population et l'inconscience politique sont à l'origine d'une bonne partie des problèmes de conservation de la nature et de la disparition des ressources naturelles que nous observons aujourd'hui. Si cela reste une simple hypothèse de travail pour certains politiciens irresponsables, les écologiques ont bien compris la leçon et nous mettent en garde contre les bouleversements que nous provoquons dans la biosphère.

Sans retenir la moindre leçon du passé, en moins d'un siècle nous avons été à l'origine de nombreuses catastrophes écologiques qui ont de quoi nous dégoûter du savoir-vivre et de l'humanité de certains industriels et fonctionnaires pour citer en premier lieu les effets incommensurables du réchauffement du climat qui nous affecte tous et toutes les formes de vie à long terme, les marées noires qui détruisent le milieu marin et souillent nos côtes, les plastiques qui envahissent tous les océans et toutes les plages, les accidents nucléaires qui touchent des millions de personnes, la pollution engendrée par les décharges industrielles, les pluies acides qui détruisent les ressources agricoles ou encore la pollution lumineuse qui perturbe les astronomes et certaines animaux nocturnes.

A voir sur le blog : Une brève histoire des buildings

New York, une ville qui ne dort jamais

A gauche, Manhattan, le coeur de New York City, une mégapole qui ne dort jamais. A droite, la foule à Time Square un 31 décembre, des individus d'une population qui ne cesse de croître. Voyez également les webcams installées sur place.

Aujourd'hui les méfaits de l'homme sur son environnement ne sont plus à démontrer. Pire, s'il ne s'en préoccupe pas, en exterminant les autres espèces, de nombreux chercheurs sont convaincus que l'homme court à sa propre extinction.

Si notre milieu change brutalement à l'avenir après avoir oublié notre devoir moral envers la nature, celle-ci reprendra peut-être les rennes et notre évolution stagnera quelque temps. Ce scénario catastrophe fait partie des "lois du hasard" et de l'évolution globale des systèmes. Nous avons peu d'emprises sur ces phénomènes à grande échelle et ne pouvons que subir les lois de la nature, même si avec le temps la technologie nous permettra de réduire ses effets ou de nous en affranchir.

Rappelons-nous bien que l'évolution est un phénomène très lent et sensible aux conditions initiales ainsi qu'à tout changement d'équilibre. Pour peu que la température de la Terre ait été fraîche lors de la phase prébiotique, que le fragment de l'astéroïde Baptistina n'ait pas percuté la Terre ou que l'avantage des mutants ait été infime pendant l'évolution des préhumains, ce n'est pas 100000 ou 1 million d'années que nous aurions dû attendre, mais probablement plus que la durée actuelle de l'Univers. Ne soyons donc pas impatients et en bouleversant notre environnement, pensons à l'avenir de nos enfants.

Si nous souhaitons garder le sourire et retourner à l'espace, non pas à l'état de cendres nucléaires mais pour explorer notre Galaxie, accordons-nous une chance pour rééquilibrer le monde dans la perspective d'un développement durable en partenariat avec dame Nature. Généreuse, elle nous le rendra bien.

Les derniers hommes libres et groupes autochtones

Si notre civilisation moderne semble prospère et généralement à l'abri du besoin et des risques naturels, on ne peut pas en dire autant de tous les peuples.

De nos jours, il existe encore de nombreux peuples archaïques à travers le monde. Mais comme les Patagons (Selknam, etc) qui disparurent suite à la colonisation de la Patagonie au début du siècle dernier, la culture de ces peuples survit très difficilement et pourraît même disparaître d'ici quelques générations devant la pression démographique et les progrès offerts par la civilisation. Parfois c'est la politique qui s'en mêle pour expulser les tribus (au Brésil, en Chine, etc.) ou les intimer à se civiliser (en Papouasie). Mais ci et là, grâce à des accords signés entre les gouvernements et parfois grâce à la délimitation de territoires ou de réserves suffisamment étendus, certaines tribus résistent à l'homme blanc et sa technologie et parviennent encore à vivre en harmonie avec la nature en totale autarcie, parfois à la manière de nos ancêtres du Paléolithique (chasseurs-cueilleurs) ou du Néolithique (sédentarisation, agriculture, etc). Citons par exemple les peuples Papous (Huli, Kalam, Korowaï, Lazaro, Toulambis, etc) en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Zoé, Mashco-Piro, Kogis et Ashaninka en Amazonie ainsi que les Pygmées au Congo et les Bushmen en Namibie.

A voir : Les Korowai - Papua Barat, ExplorAction

Les Zoé d'Amazonie, Ushuaïa Nature

De gauche à droite, les Bushmen de Namibie, les Huli de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Kazakhs de Mongolie et un Maori de Nouvelle Zélande. Documents Jack Somerville et Jimmy Nelson.

Il faut y ajouter les populations isolées et les minorités ethniques sédentarisées, semi-nomades ou nomades dont certaines ont adopté certaines coutumes occidentales (vêtements, armes, habitations, objets domestiques, véhicules, moyens de communications, système économique, etc). Aujourd'hui on dénombre environ 5000 groupes autochtones qui représentent environ 250 millions de personnes dont la majorité vit en Asie (hors Russie). Si certains peuples sont bien intégrés à leur pays d'adoption, pour les minorités les plus pauvres ou mal protégées l'avenir est souvent incertain. Ainsi dans la majorité de ces familles on entend les parents se plaindre que leurs enfants ne respectent plus la culture ancestrale et préfèrent partir étudier ou travailler en ville. Très peu d'entre eux reviennent ensuite vivre dans leur village natal qui voit sa population vieillir et finalement disparaître sans laisser de trace de sa culture.

Parmi ces groupes autochtones citons les Samis, les Eskimos, les Kazakhs, les Tatares, les Tsaatans, les Nénètses, les Pachtounes, les Kurdes, les Hébreux, les Coptes, les Druzes, les tribus arabes, les Tibétains, les Dayaks, le peuple du Ladakh, du Mustang, les Drokpa, les Raika, les Alrabarry, les Mozo, les Mapuches, les Aymara, les Quechua, les Moxo, les Kayapo, les Algocho, les Masai, les Dogon, les Andamanais, les Samoans, les Papous, les Aborigènes, les Maoris, les Kanaks, etc. Le photographe Jimmy Nelson a photographié certaines de ces populations. En théorie les Tsiganes, les Flamands, les Bretons, les Basques et les Ecossais en font partie, un sentiment qui crée parfois des tensions entre communautés, l'actualité de ces dernières décennies nous le rappelant parfois de manière tragique.

La diversité linguistique

De nos jours, étant donné la diversité culturelle, on peut s'attendre à ce que les différentes populations parlent des dialectes voire de nombreuses langues différentes. De fait, selon l'UNESCO on parle plus de 7000 langues et dialectes dans le monde dont plus de 2000 couramment. Au grand dam des linguistes, environ 15 langues disparaissent chaque année.

Répartition des langues dans le monde et notamment de l'anglais.

Ceci dit, l'école supérieure américaine de Saint Ignatius en Ohio a publié une liste des principales langues parlées dans le monde. On y apprend que si le mandarin est la plus utilisée du fait de l'explosion de la population chinoise, c'est l'anglais qui reste la première langue officiellement parlée dans 115 pays suivie du français utilisé dans 35 pays et de l'arabe parlé dans 24 pays.

Tout facteurs confondus, y compris économiques ou tenant compte de la deuxième langue, ils classent ainsi les dix langues les plus utilisées au monde par ordre décroissant : anglais, français, espagnol, russe, arabe, mandarin, allemand, japonais, portugais et indi/urdu. Les radioamateurs habitués à communiquer avec "le monde" ne démentiront pas cette répartition.

L'évolution démographique

En profitant de son bien être, l'homme moderne a proliféré comme les lapins (ou les mauvaises herbes diront les mauvaises langues) et sa population n'a cessé de croître au détriment des autres espèces.

La croissance de la population obéit à la relation suivante dont la solution est une courbe exponentielle :

N = Noert

avec No, la population de départ

e, le logarithme népérien (2.71828...)

r, le taux de croissance naturel

t, l'intervalle de temps considéré.

A lire : L'évolution du nombre des hommes (INED)

Cliquer sur l'image pour lancer l'animation montrant la croissance de la population mondiale entre l'époque du Christ et 2020. Document préparé par John H. Tanton.

Combien d'êtres humains ont foulé le sol de la Terre ? Les premières annales relatives à la population remontent à 8000 ans avant notre ère. Les chercheurs estiment qu'à cette époque, à l'aube de l'agriculture la population mondiale s'élevait à environ 5 millions de personnes. Le taux de croissance resta très faible avec seulement 0.0512% par an jusqu'au début de notre ère. Les populations variaient d'une région à l'autre selon l'impact des maladies et des famines ainsi que des aléas climatiques et des guerres. Ainsi, les démographes estiment que dans la région actuelle de la France, entre 1100 et 1700 avant notre ère, 50% des nourrissons mourraient tandis que l'espérance de vie à la naissance ne dépassait pas 12 ans !

Selon les études conduites par l'Institut National d'Etudes Démographiques (INED), à l'époque du Christ il y avait 150 millions d'habitants sur Terre (mais une autre étude l'estime à 300 millions de personnes). Si on se base sur les chiffres de l'INED, il y en avait 300 millions en 1350, 600 millions en 1700 (l'autre étude cite 500 millions en 1650), ce qui ne représente pas encore une forte hausse en mille ans. Ensuite entre 1800-1830 on atteignait 1 milliard de personnes puis 2 milliards en 1940, 4 milliards en 1975, 6.1 milliards en 2000, il y en aura 8 milliards en 2020 et 10 milliards vers 2060 !

Au total, selon une analyse démographique publiée en 2018 sur le site du Population Reference Bureau (PRB) mais dont les dernières données remontent à 2011, la Terre aurait porté 107.6 milliards d'être humains. Les chercheurs précisent toutefois que ce nombre reste approximatif car "on ne dispose d'absolument aucune donnée démographique pour 99% de l'humanité ayant vécu sur la Terre". Avec une population actuelle de ~7.6 milliards d'habitants (mi-2018), sur l'ensemble de l'humanité, 7% des êtres humains vivent toujours. Félicitations, vous comptez parmi eux !

En revanche, étant donné qu'on ne connaît pas le taux de natalité avant l'ère moderne, les démographes ont fixé des taux arbitraires pour les périodes passées : 80 naissances pour 1000 habitants jusqu'en l'an 1 de notre ère, 60/1000 entre l'an 2 et 1750, 40/1000 jusqu'en 1949, 31 à 38 dans les décennies 1950-1990, 31/1000 entre 1995-2010 et encore plus faible de nos jours (23/1000 en 2011 et seulement 12/1000 en 2015). Selon les démographes, cette méthode très approximative pourrait sous-estimer le nombre total de naissances.

A terme, les experts ne s'accordent pas sur le sens de cette évolution. Si nous laissions faire la nature, il est évident que cette courbe exponentielle se poursuivra. Mais vivant sur une planète à l'espace et aux ressources limitées, il est probable que vers 2100, nos descendants prendront la sage décision de limiter le nombre de naissances artificiellement pour ralentir voire réduire cette démographie galopante.

Il est un fait que le jour où tous les endroits habitables seront occupés et que la nourriture sera comptée voire trop chère, il faudra bien se résigner à n'avoir qu'un ou deux enfants. Si par la suite il s'avère possible de conquérir de nouvelles terres du ciel, notamment de vivre sur Mars ou ailleurs, nous pourrons soulager la planète de quelques milliards d'habitants. Mais ainsi que nous le verrons en bioastronomie, à long terme cela ne fait que déplacer le problème.

Si vous voulez connaître l'évolution de la population par pays, consultez la base internationale du bureau américain Census. Voici en temps réel l'évolution de la population mondiale :

A consulter : Compteur de la population mondiale

Index Mundi - World Population, Census

Rappelons que ces compteurs n'ont rien à voir avec un quelconque relevé de la population en temps réel; il ne s'agit que d'une fonction mathématique (voir ci-dessus) valable pour n'importe quelle population dès le moment où son taux de croissance naturel est connu.

Nous voilà arrivé au terme de cette étude consacrée aux origines et à l'évolution de l'Homme. Nous avons parcouru plus de 10 millions d'années d'histoire et découvert l'existence d'une vingtaine d'espèces d'hominidés dont une petite quinzaine d'homininés dont il ne reste aujourd'hui qu'une seule espèce ! Toutefois, ce représentant que nous sommes tous contenons dans nos gènes les traces d'au moins une espèce (H.neandertalensis) ou deux espèces éteintes (H.neandertalensis et H.desinova) qui contribuent à divers degrés à favoriser notre adaptation au climat ou à résister aux agents pathogènes. Puisque cette évolution continue mais dépend de plus en plus des progrès technologiques, essayons de décrire de quelle manière pourrait évoluer l'être humain au cours des prochains millénaires.

L'avenir de l'Homme

Bien que l'évolution des systèmes vivants nous ait démontré que les espèces progressent selon une stratégie complexe combinant adaptation et hasard, plus d'un biologiste ou anthropologue n'hésitent pas à spéculer sur l'avenir de l'humanité. Deux points de vues sont possibles : soit on extrapole l'évolution de l'ADN soit l'évolution du phénotype sur base de ce que nous avons observé au cours de l'évolution de l'humanité depuis quelques millions d'années, sans oublier l'impact des progrès technologiques sur notre bien-être et plus généralement sur notre survie.

L'avenir incertain du chromosome Y

Parmi les 23 paires de chromosomes constituant chaque cellule somatique humaine, une seule paire détermine le genre, c'est-à-dire le sexe d'un individu : les femmes possèdent deux chromosomes XX tandis que les hommes possèdent un chromosome X et un chromosome Y. Ce chromosome sexuel porte le gène "maître-interrupteur" SRY qui détermine si un embryon se développera en tant que mâle (XY) ou femelle (XX). Il contient très peu d'autres gènes et est le seul chromosome non indispensable à la vie. En effet, les femmes se débrouillent bien sans chromosome Y.

A gauche, caryogramme du génome humain réparti en 23 paires de chromosomes réalisé par la technique de FISH (Fluorescent In-Situ Hybridization). A droite, photographie des chromosomes X et Y humains. Documents Science Photo Library.

Le chromosome Y est donc le symbole de la masculinité, mais depuis qu'on l'étudie il est clair qu'il s'affaiblit et n'est pas aussi robuste et durable que les autres chromosomes. En fait, les femmes ont deux chromosomes X parfaitement normaux, alors que les hommes ont un chromosome X normal et un Y dégénéré. Selon les généticiens, si le même taux de dégénérescence persiste à l'avenir, le chromosome Y aura totalemernt disparu dans... 4.6 millions d'années !

Le chromosome Y n'a pas toujours été ainsi. Si nous remontons l'horloge génétique de 166 millions d'années, c'est-à-dire jusqu'à l'époque des tout premiers mammifères, on constate que le chromosome primordial "proto-Y" présentait à l'origine la même taille que le chromosome X et contenait tous deux les mêmes gènes.

Cependant, dès l'origine le chromosome Y présentait un défaut fondamental. Contrairement à tous les autres chromosomes dont nous avons deux copies dans chacune de nos cellules, le chromosome Y n'existe qu'en un seul exemplaire qui est uniquement transmis du pères au fils. Cela signifie que les gènes du chromosome Y ne peuvent pas subir de recombinaison génétique; il n'existe pas de brassage génétique à chaque génération, une méthode qui contribue à éliminer les mutations génétiques dommageables.

Résultat des lois naturelles, privés des avantages de la recombinaison, les gènes chromosomiques Y dégénèrent avec le temps et finissent par disparaître du génome. Malgré cela, des recherches récentes ont montré que le chromosome Y a développé des mécanismes assez efficaces pour ralentir le taux de perte de gènes.

Ainsi, selon une étude publiée dans "PLoS Genetics" en 2017 par Laurits Skov et Mikkel Heide Schierup du "Danish Pan Genome Consortium", les chercheurs ont séquencé des parties du chromosome Y de 62 hommes et constaté qu'elles étaient sujettes à des réarrangements structurels à grande échelle permettant l'amplification génique, c'est-à-dire l'acquisition de multiples copies de gènes fonction de la qualité du sperme afin d'atténuer la perte de gènes.

L'étude a également montré que le chromosome Y a développé des structures inhabituelles appelées "palindromes" (séquences d'ADN qui se lisent dans les deux sens) qui le protègent contre toute dégradation ultérieure. Ils ont également noté un taux élevé de réparer les gènes endommagés grâce à une copie de sauvegarde non endommagée utilisée comme modèle.

Si on se tourne vers d'autres espèces (et pas uniquement chez les mammifères), un nombre croissant de preuves indique que l'amplification du gène du chromosome Y est un principe général à tous les niveaux. Ces gènes amplifiés jouent un rôle essentiel dans la production de spermatozoïdes (chez les rongeurs) et dans la régulation du rapport sexuel des descendants. Comme l'ont expliqué des chercheurs dans la revue "Molecular Biology and Evolution" en 2017, cette augmentation du nombre de copies de gènes (chez la souris) est le résultat de la sélection naturelle.

Sur le plan paléogénétique, les chercheurs ont découvert en 2015 qu'il y a environ 7000 ans et pendant les deux millénaires suivants, quelque chose d'étrange s'est produit : la diversité du chromosome Y s'est effondrée. On l'a constaté chez les populations d'origine africaine, asiatique et européenne. Cette homogénéisation génétique est la principale raison pour laquelle les humains sont aujourd'hui identiques à 99.9%.

La raison de ce "goulot d'étranglement" observé dans le chromosome Y néolithique comme on le surnomme a intrigué les anthropologues et les biologistes. Aujourd'hui, ce mystère a peut-être été résolu.

Après des décennies d'études, aujourd'hui les chercheurs connaissent les taux de déclin de la diversité génétique dans une population humaine donnée. A plusieurs reprises, des catastrophes naturelles (cf. l'éruption d'un volcan ou d'un supervolcan) ont anéanti des populations. Pendant le goulot d'étranglement néolithique, curieusement, seuls les hommes ont été touchés.

Dans une étude publiée en 2015 dans la revue "Genome Research", l'équipe de la biologiste Monika Karmin de l'Université de Tartu en Estonie avait proposé que ce goulot d'étranglement observé dans le chromosome Y néolithique coïncidait avec un changement culturel global affectant négativement la reproduction des mâles mais les chercheurs n'ont pas précisé l'origine de ce changement.

A gauche, évolution de la démographie mondiale depuis 65000 ans. Document extrait de "Population et Société" de J-N.Biraben (2003). A droite, phylogénie et évolution de la taille des populations (haplogroupes) dans différentes régions du monde établie à partir de données de séquençage génomique de 456 échantillons d'ADN masculins actuels et de reconstructions démographiques basées sur des modèles statistiques. Les lignes pointillées indiquent l'époque d'une forte expansion démographique. Le graphique de gauche concerne le chromosome Y transmis de père en fils, celui de droite l'ADN mitochondrien transmis de mère à enfant. Document M.Karmin et al. (2015).

En revanche, en 2018 le biologiste Marcus W. Feldman de l'Université de Stanford et l'étudiant en sociologie Tian Chen Zeng ont apporté quelques précisions dans une étude publiée dans la revue "Nature Communications". Les chercheurs sont partis de l'hypothèse que l'effondrement du chromosome Y dans les populations fut le résultat de guerres tribales entre clans. En effet, dans de nombreuses sociétés néolithiques, le pouvoir et les richesses appartenaient aux hommes sous un régime patriarcal. Il y a environ 12000 ans, les sociétés étaient souvent organisées autour de groupes de parenté étendus dont beaucoup étaient formés de clans patrilinéaires (où les titres, les terres et le nom de famille sont transmis par les hommes d'une génération à l'autre). Alors que les femmes pouvaient se marier avec les hommes de divers clans, les hommes étaient génétiquement liés à leurs ancêtres masculins et avaient donc tendance à avoir le même chromosome Y.

Selon les chercheurs, il y a environ 7000 ans les guerres intenses entre clans ont tué tellement d'hommes qu'au bout de 2000 ans il n'en resta qu'un pour 17 femmes, ce qui réduisit drastiquement la diversité du chromosome Y pendant les siècles voire les millénaires qui suivirent. A défaut d'hommes pour gérer la société, les femmes ont pris le pouvoir. On retrouve l'idée du régime matriarcal dans le rôle des femmes chamanes et la vénération de la déesse-mère de la fertilité qui assurent la stabilité et la paix des communautés. Encore aujourd'hui, dans certains groupes éthniques minoritaires comme les Na' en Chine et les Khasi en Inde, le pouvoir est resté entre les mains des femmes.

Parmi les lignées mâles qui survécurent au goulot d'étranglement du chromosome Y, le modèle démographique développé par les auteurs montre que quelques lignées ont subi des expansions spectaculaires, en accord avec le modèle du clan patrilinéaire mais les auteurs soulignent qu'on ne peut pas appliquer ce modèle culturel à toutes les évolutions démographiques. Comme le montre le graphique présenté ci-dessus au centre, il y a environ 5000 ans on observe une chute démographique en Afrique et à l'inverse une colonisation des autres territoires et continents avec une explosion démographique au Proche-Orient, dans l'est et le sud de l'Asie ainsi qu'en Europe.

Structures des chromosomes X et Y de la souris et des humains. Document P.J.Wijchers et al.

Aujourd'hui en raison de l'explosion démographique et le brassage des populations, le chromosome Y a retouvé une diversité largement supérieure à celle qu'il présentait il y a quelques dizaines de milliers d'années. Mais cela ne veut pas dire que sa survie est assurée.

La question de savoir si le chromosome Y va un jour disparaître est encore largement débattue dans la communauté scientifique. Ceux qui estiment qu'il va survivre font valoir que ses mécanismes de défense font un excellent travail et ont prouvé depuis des millions d'années qu'ils peuvent préserver le chromosome Y. Mais ceux qui pensent que le chromosome Y disparaîtra affirment que tous ces mécanismes permettent seulement au chromosome Y de s'accrocher à ce qu'il peut avant de disparaître. La question reste donc ouverte.

Selon Jenny Graves de l'Université de La Trobe en Australie, à long terme le chromosome Y est inévitablement voué à disparaître. Dans un article publié dans la revue "Bioessays" en 2016, Graves souligne que des rats et des campagnols japonais ont tous perdu leur chromosome Y et soutient que les processus de perte ou de création de gènes sur le chromosome Y conduisent inévitablement à des problèmes de fertilité. Mais cela peut aussi déboucher sur l'apparition d'une nouvelle espèce.

Cela peut-il conduire à la disparition des hommes ? Selon les chercheurs, même si le chromosome Y humain disparaît, cela ne signifie pas nécessairement que les mâles sont en train de disparaître. En effet, même chez les espèces qui ont complètement perdu leur chromosome Y, les mâles et les femelles sont toujours indispensables à la reproduction. Dans ces cas, le gène SRY "maître-interrupteur" qui détermine la virilité génétique s'est déplacé sur un autre chromosome, ce qui signifie que ces espèces produisent des mâles sans avoir besoin d'un chromosome Y. Cependant, le nouveau chromosome déterminant le sexe, celui sur lequel SRY s'est fixé devrait alors à son tour subir le processus de dégénérescence en raison du même manque de recombinaison qui a condamné leur chromosome Y antérieur.

Le fait intéressant dans le cas des humains est que bien que le chromosome Y soit nécessaire pour la reproduction naturelle, plusieurs des gènes qu'il transporte ne sont pas nécessaires si on utilise des techniques de reproduction assistée. Cela signifie que le génie génétique pourrait bientôt remplacer la fonction génique du chromosome Y, ce qui permettrait aux couples homosexuels de concevoir un enfant, indépendamment des questions éthiques.

Ceci dit, même s'il devenait possible de concevoir un enfant de cette manière, il semble hautement improbable que les humains fertiles cessent de se reproduire par voie naturelle. Bien qu'il s'agisse d'un domaine intéressant et controversé de la recherche génétique, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. En réalité, nous ne savons même pas si le chromosome Y disparaîtra un jour. Et comme nous l'avons expliqué, même si c'est le cas, l'humanité continuera probablement à avoir besoin des hommes pour réaliser une reproduction naturelle. L'idée d'imaginer comme l'évoque parfois la science-fiction l'existence de quelques mâles "étalons" sélectionnés pour engendrer la majorité de nos enfants n'est certainement pas à l'horizon. Quoi qu'il en soit, l'étude du chromosome Y et des inquiétudes qu'il suscite deviendra une préoccupation croissante au cours des prochaines décennies et siècles.

L'évolution de l'homme dans 1000, 10000 et 100000 ans

Le docteur Oliver Curry de l'Ecole d'Economie de Londres (LSE) et spécialiste de l'évolution, publia le 17 octobre 2006 un article pour la chaîne de télévision Bravo intitulé "Bravo Evolution Report" (voici la press release en RTF) dans lequel il décrivit l'évolution de l'être humain pour les prochains 1000, 10000 et 100000 ans.

Curry a étudié tous les facteurs qui font évoluer l'homme, notamment l'impact de la génétique, de l'environnement, de la société et des technologies. Toutefois il ne tient pas compte de l'impact des maladies de civilisation sur la santé (qui augmentent dans les pays Occidentaux).

Selon sa thèse, la mixité des populations donnera naissance à des êtres humains présentant une peau de couleur café. La taille moyenne sera de 1.83 m pour les femmes et de 2.14 m pour les hommes pour une espérance de vie (naturelle) de 120 ans vers l'an 3000.

Les hommes auront des détails faciaux symétriques, une voix plus grave et un pénis plus grand tandis que les femmes auront des cheveux plus brillants, une peau imperbe et douce, de grands yeux et une poitrine plus importante.

Selon Curry, l'humanité atteindra son apogée en l'an 3000, après cela l'homme sera trop dépendant des technologies comme la bionique et la chirurgie esthétique qui auront pour effet d'homogénéiser les types raciaux.

Alors que la science et la technologie ont le potentiel de créer un habitat idéal pour l'humanité au cours du prochain millénaire, Curry entrevoit un risque que l'humanité stagne et dégénère en raison de sa dépendance chronique envers la technologie, réduisant notre capacité naturelle à résister aux maladies ou notre capacité d'évoluer et de nous entendre les uns avec les autres.

Au-delà de l'an 3000, les choses pourraient empirer, avec l'apparition éventuelle d'individus "qui ont" et d'autres "qui n'ont pas" les caractères requis.

L'humanité pourrait payer génétiquement le prix fort de cette évolution technologique. Gâtés par des prothèses et des membres bioniques, utilisant des gadgets et des produits domestiques toujours plus polyvalents et robotisés, Curry prédit que les humains pourraient finir par ressembler à des animaux domestiques. Plusieurs de leurs facultés comme la communication et l'interaction avec les autres pourraient se dégrader et les émotions comme l'amour, la sympathie, la confiance et le respect pourraient s'affaiblir, les humains devenant moins capables de s'entraider et de travailler en équipe.

Vers l'an 10000, les humains pourraient avoir un aspect plus juvénile. Les femmes paraîtront plus jeunes et plus attirantes tandis que les hommes subiront un amincissement progressif de leur mâchoire accompagné de la disparition du menton, autant d'évolutions qui transformeront physiquement le visage de l'humanité. Les humains ressembleront de plus en plus à des enfants sous-développés.

Curry estime que la dépendance de la technologie, les progrès de la médecine et l'obsession grandissante pour l'hygiène changeront notre aspect en raison d'une surconsommation d'antibiotiques et d'autres drogues rendant notre système immunitaire plus faible.

Etant donné que la taille des nourrissons continuera d'augmenter, les mères enceintes devront de plus en plus recourir à la césarienne et par conséquent les enfants seront moins immunisés dès leur naissance contre les agents pathogènes que ceux naissant par les voies naturelles.

Les progrès en génétique moléculaire permettront aux humains de remplacer les brins défecteux de leur ADN et pourraient éventuellement conduire à une uniformité génétique à mesure que l'humanité recherchera la perfection. En parallèle, selon le docteur Laurent Alexandre de DNAVision, grâce aux progrès en médecine et en nanotechnologie, l'homme pourrait vivre 1000 ans.

Foetus. Document Discover.

Arrivé à ce stade, si les types raciaux seront plus homogènes, les risques de ségrégation et la non mixité sociale peuvent diviser l'humanité. En effet, Curry estime que dans 100000 ans, on observera une mutation physique dans l'évolution avec une sélection sexuelle qui divisera l'humanité en deux espèces. Les gens descendants d'une classe génétiquement supérieure seront de plus en plus susceptibles de se reproduire entre eux et de choisir leur partenaire en fonction de critères de santé, de jeunesse et de fertilité. On verra apparaître des individus grands, minces, beaux, intelligents et en bonne santé, et les descendants d'une sous-classe faites d'individus petits, robustes, moins intelligents et en mauvaise santé.

Ce scénario catastrophe qui ne peut laisser personne indifférent, à la fois fascinant et révoltant nous fait prendre conscience qu'en l'espace de 1000 ans, l'humanité peut totalement se transformer sous l'influence de facteurs extérieurs. Cela nous rappelle le roman de H.G. Wells, "La machine à explorer le temps" où le héro rencontre dans le futur une civilisation élitiste, riche, intelligente et dotée de pouvoirs paranormaux face aux Morlocks, une race humaine rejetée depuis des millénaires qui évolua dans une direction négative, devenant des animaux horribles et violents travaillant dans des cavernes au profit de la civilisation élitiste.

Certains ont déjà dit que nos ancêtres avaient évolué de cette manière plusieurs fois au cours de l'évolution. Un exemple est le chimpanzé : l'espèce commune est robuste, violente, chasse les singes, alors que le bonobo est plus intelligent, vit en paix et est un végétarien obsédé par le sexe. Les Australopithèques comprenaient également des espèces graciles et des espèces robustes (A.gracilis et A.robutus). Et ce ne sont pas toujours les plus robustes ou les plus forts qui gagnent la partie mais ceux capables de s'adapter à un changement de situation, les plus agiles ou les plus intelligents, bref ceux qui sont capables d'évoluer.

Il semble qu'on observe déjà une telle évolution chez les enfants porteurs du SIDA. Comme nous l'avons expliqué dans l'article consacré aux bactéries et virus, selon une étude publiée en 2016 par une équipe internationale de chercheurs de l'Université d'Oxford, il apparaît qu'entre 5 et 10% des enfants de la nouvelle génération sont des porteurs sains du rétrovirus VIH et semblent immunisés contre le SIDA. Si notre organisme s'immunise régulièrement contre certains des nouveaux virus qu'il rencontre (par exemple contre les rhinovirus à l'origine des rhumes), cette immunisation naturelle contre un rétrovirus mortel en l'espace de moins de deux générations serait une première dans l'histoire humaine.

A voir : What will humans look like in the distant future?

A lire : L'homme qui vivra 1000 ans est déjà né (sur le blog, 2013)

Could this be humanity's LAST century?, interview de Seth Shostack (SET Institute)

En guise de conclusion

Quand on réfléchit d'où on vient, le résultat de l'évolution d'un petit préhumain farouche et incertain sur ses jambes qui se transforma en ce superprédateur bipède qu'est l'Homo sapiens sapiens, on ne peut que s'émerveiller devant les prodiges de dame Nature, à ces millions d'années d'errance et de conquête qui nous séparent de Toumaï ou de Lucy pour aboutir à la seule espèce d'homme restante !

Notre espèce est unique en son genre. Nous sommes la créature la plus évoluée que la Terre ait jamais portée et peut-être, mais nous ne le saurons peut-être jamais, la seule existant dans l'Univers. Nous reviendrons sur ce sujet dans un autre article.

L'être humain n'a jamais cessé d'explorer sa planète, d'imaginer un avenir meilleur, et finit par conquérir les étoiles. Son évolution est extraordinaire !

Mais où notre longue marche nous conduit-elle ? Nul ne le sait et même la thèse d'Oliver Curry reste à démontrer. Nous savons en revanche que notre évolution culturelle est loin d'être terminée et notre évolution biologique est en changement permanent. Depuis l'homme de Néandertal, la taille de notre cerveau se modifia peu, elle diminua même depuis cette époque. Nous savons aussi que la vitesse des réactions chimiques dans les synapses n'a jamais dépassé un millième de seconde. Il est fort probable que ce temps de réaction n'évoluera pas non plus.

Représentation du trafic régional européen. Voici l'image globale. En rouge, les 87000 vols quotidiens. En bleu, les routes maritimes de 3500 navires commerciaux représentant seulement 10% du trafic total. En vert, les routes terrestres utilisées par plus d'un milliard de véhicules à moteur. Document NOAA/SOS.

Pour savoir dans quelle direction nous conduit l'évolution et la société, regardons autour de nous. Avec la civilisation, l’éducation toujours plus poussée et la vie en communauté, notre culture devient exponentielle, encouragée par les acquis antérieurs et la sollicitation de l'environnement. Hier notre savoir tenait sur une tablette d'argile, aujourd'hui tellement conséquent il quitte progressivement les livres pour être transposé sur une tablette numérique connectée à des supports virtuels.

Au seuil du troisième millénaire, l'homme est redevable à tous ceux et celles qui depuis des générations ont imaginé quel serait son avenir. Aujourd'hui, le progrès est tellement rapide que nos avons du mal à imaginer notre futur.

Dans ce village global électrifié et informatisé, la communication joue un rôle clé et chacun peut tout savoir sur tout instantanément avec tous les dérapages que cela peut impliquer en terme d'éthique, de vie privée et de sécurité.

Malgré son intelligence et sa faculté d'adaptation, l'Homo sapiens sapiens du XXIe siècle se perd dans ce dédale digital tandis que les plus jeunes, tombés dedans étant petit comme on dit, n'y trouvent rien de particulier; cela fait partie de leur quotidien. Mais en jouant le jeu des grandes entreprises du web, ils perdent aussi leur esprit critique en acceptant l'intrusion du monde extérieur dans leur vie privée. On reviendra sur la question sensible des dérives de la société.

Mais l'Avenir de l'homme avec un grand A, celui qui nous projète réellement dans le futur à l'image du scénario de Curry, celui-là reste indéterminé. Si nous pouvons entrevoir certaines tendances à 20 ou 30 ans (cf. l'article sur les technologies du futur), toutes les études de prospectives qui se sont projetées au-delà de quelques générations se sont égarées faute d'être réalistes car il y a trop de facteurs politico-socio-économiques qui influencent notre avenir, nous empêchant de poser les repères qui guideront nos pas.

Si notre curiosité nous poussera toujours à aller de l'avant, notre avenir est lié à celui de notre société, à la diversité de ses individus et de ses populations, de sa complexité ainsi qu'à sa sagesse et sa responsabilité.

A côté des problèmes humanitaires et écologiques qui sortent du cadre de ce dossier, il y a le risque que nous perdions notre identité : si nous acceptons à l'avenir que notre savoir soit partagé avec les ordinateurs, que notre mémoire soit stockée sur des substrats protéiniques hybrides carbone-silicium, que nos employés de maison, nos guides ou nos conducteurs soient des robots, il n'y a plus qu'un pas à franchir pour céder la place à l'intelligence artificielle, aux machines.

Les cybernéticiens affirment qu'il est possible de construire des robots à l'image de l'homme, les fameux androïdes, gynoïdes et autres cyborgs. Les biologistes et beaucoup d'autres chercheurs en doute car ils estiment qu'il est peu probable qu'on puisse construire une mémoire et un système de contrôle capables de manipuler ne fut-ce que l'information quotidienne. Mais quand on voit les prouesses d'un ordinateur comme Watson, on peut réellement s'interroger sur le pouvoir futur des ordinateurs.

Ce greffe sur ce problème la prise de décision, le langage, la locomotion, la reconnaissance des formes, et bien d'autres subtilités propres à notre espèce, autant d'actions "réflexes" que nous exécutons quasi instantanément et que l'on voit mal fonctionner au même rythme dans une machine. Mais c'est sans compter avec les ordinateurs quantiques dont les performances théoriques nous laissent rêveur.

A voir : Jeopardy - L'ordinateur Watson contre l'être humain : 1-0 (sur le blog)

Deux indicateurs de l'orientation informatique de notre civilisation : La "société de l'information" symbolisée par Internet et les liaisons à haut débit et la robotique avec ses gynoides domestiques (Repliee Q2 Hiroshi Ishiguro de l'Intelligent Robotic Laboratory de l'Université d'Osaka). Mais cela ne représente que son aspect "soft" visible du grand public car derrière cette technologie apparemment bienveillante les géants du web et de la cybernétique mettent en place les balises qui jalonneront la société et la politique 2.0 de demain. Si nous ne préservons par l'humain et laissons ces GAFAM et autres majors de l'informatique dériver comme bon leur semble, cette société n'aura plus qu'un lointain rapport avec celle que nous avons bâtie et tenté de préserver tout au long du XXe siècle.

Si l'informatisation du village global de demain se limite à des tâches routinières, dangereuses ou est susceptible de nous rendre service dans la vie et en corollaire de participer au progrès de la société, il n'y a pas à hésiter et son introduction est la bienvenue tant que nous préservons notre liberté. Il y a danger en revanche si notre éthique ou nos droits sont bafoués comme ils le sont déjà parfois du chef de certains gouvernements ou d'entreprises.

Une chose est certaine, si un robot à l'image de l'homme voit le jour dans un lointain avenir, c'est tout le concept de la société qui sera bouleversé. Il sera grand temps de s'inquiéter et de demander aux responsables à qui appartient la prise de décision.

Un jour ou l'autre l'homme vivra sur la Lune ou dans des colonies spatiales et s'envolera peut-être un jour vers les étoiles à la recherche d'une nouvelle terre à conquérir. Il sera bientôt un extraterrestre et trouvera certainement là haut tout ce dont il a besoin. S'il est aussi intelligent et sage qu'il prétend, il n'aura plus d'excuse pour répéter les mêmes erreurs que ses ancêtres. Au contraire, il bénéficera de toute l'expérience de l'humanité et tout le loisir de tirer les leçons du passé.

Si l'homme n'est peut-être pas le seul à sonder l'univers, il est le seul qui ait conscience de la fragilité de son existence et qui puisse disposer de son destin. L'équation de sa survie ne tient qu'à un seul facteur : sa sagesse.

Pour plus d'informations

Sur ce site

Homo sapiens, un taxon polytypique ?

Origine et évolution de l'Homo sapiens

Les techniques de recherches paléontologiques

Le squelette humain (planches anatomiques)

L'évolution des systèmes vivants (Darwin et consorts)

Le rire est le propre de l'homme (le langage)

Le meilleur des mondes où les dérives de la société

L'espérance de vie d'une société

Les robots

La vie sous toutes ses formes (IA et cyborgs)

Sur le web

L'évolution du nombre des hommes (PDF), INED, 2003

Museum National d'Histoire Naturelle, France

L'homme préhistorique, Préhisto

Le corps humain, René St-Jacques

Le blog Arts d'Australie, Stéphane Jacob

What will humans look like in the distant future?, YouTube

Demain, les animaux du futur : la Terre dans 10 millions d'années, interview de M.Boulay et J.S.Steyer sur TV5, YouTube

Origins: Exploring the Fossils Record, Bradshaw Foundation Paleoanthropology

Resources for the study of Palaeolithic, Don's Map

How To Print Your Own 3D Replicas Of Homo Naledi And Other Hominin Fossils, Forbes

Visible Body, blog éducatif US

Homo Sapiens, human, U.Michigan (description de l'espèce)

Genera of human lineage, C.Cela-Conde et F.Ayala, PNAS, 2003

Human Evolution Evidence, NMNH

National Museum of Natural History, NMNH, USA

National History Museum, NHM, GB

Modern Human Origins

Pangea Institute

Popular Archaeology (webzine)

Compteurs de population et statistiques

Population mondiale

Index Mundi

World Population, Census

Census (statistiques)

Livres

Classification phylogénétique du vivant (2 vol.), Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader, Belin, 2016-2017

Notre préhistoire, Sophie A. de Beaune et Antoine Balzeau, Belin, 2016

L'Histoire du corps humain, Daniel Lieberman, JC.Lattès, 2015

Les origines de l'homme : L'odyssée de l'espèce, Pascal Picq et Yves Coppens, Points-Sciences, 2014

Principes de paléontologie, Thierry Tortosa et al., Dunod, 2013

Chasseurs-cueilleurs : Comment vivaient nos ancêtres du Paléolithique supérieur, Sophie A. de Beaune, Biblis, 2013

Au commencement était l'homme : De Toumaï à Cro-Magnon, Pascal Picq, Odile Jacob-Sciences, 2003/2013

Toumaï, l'aventure humaine, Alain Beauvilain, Table Ronde, 2003

L'homme de la Combe d'Arc (roman), Gérard et Sylvie Aubriot, La Mirandole, 2000

Les berceaux de l’Humanité. Des origines à 10000 ans avant Jésus-Christ, Collectif, s/dir Göran Burenhult, Bordas, 1994

L'émergence de l'homme, Josef Reichholf, Flammarion, 1991

La fille de Lucy, Donlad Johanson et James Shreeve, Robert Laffont, 1989

Histoire générale de l’Afrique (8 vol.) dont les vol. I et II, UNESCO, 1986

Lucy une jeune femme de 3500000 ans, Maitland Edey et Donald Johanson, Robert Laffont, 1983

Introduction à la Génétique Moderne, Monget Veitia, Ecole Polytechnique, 2014

Paléoclimats, Jean-François Deconinck, Vuibert, 2014

Les roches, mémoire du temps, Georges Mascle, EDP Sciences, 2014.

Dictionnaire de démographie et des sciences de la population, France Meslé et al., INED, 2011

Quoi de neuf depuis Darwin ?, Jean Chaline et al., Ellipses, 2006

Écologie générale, Robert Barbault, Dunod, 2008.

Our Human Story, Louise Humphrey et Chris Stringer, The Natural History Museum, 2017

Human Evolution, Robin Dunbar, Pelikan Books, 2014

The Gregory Rift Valley and Neogene-Recent Volcanoes of Northern Tanzania, s/dir J.B.Dawson, Geological Society, 2008

Race. The reality of human differences, Vincent Sarich et Frank Miele, Westview Press, 2004.

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